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 La Neige et le Sahara [PV : Jhanë]

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Inquisiteur

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MessageSujet: La Neige et le Sahara [PV : Jhanë]    Ven 28 Déc - 8:00


© Björk — Isobel

« Jhanë, je vous suis très reconnaissant de m’avoir répondu si brièvement. Je n’en attendais pas moins de vous, et j’ai maintenant hâte de vous rencontrer à nouveau. Permettez-moi de vous présenter à nouveau mes plus sincères voeux de remise en forme après ce que vous avez vécu il y a quelques semaines. Pour être franc, j’ai fait un rapport à la garde concernant les deux types qui s’en sont pris à vous. Vous n’avez plus rien à craindre. Au pis, je veillerai sur vous. »

Lorsqu’il rencontra Jhanë pour la première fois, le jeune Sia-Aÿ, il se souvint avoir été ébloui par une telle fraicheur, une telle douceur en sa personne. Mais les circonstances de leur rencontre ne lui permirent pas immédiatement de profiter de la vue de ce corps délicat. Au cours d’une promenade, la jeune femme avait poliment refusé à deux hommes leurs avances machistes et avait continué sa route. Mais, enivrés, les deux hommes se faisaient insistants. Sia, qui passait dans les environs observait passivement la scène, sans y prendre vraiment attention. Les yeux rivés sur le sol, il n’avait même pas encore remarqué la présence de la nymphe blanche. Les trois personnages continuèrent alors d’avancer, dans ce sentier vide d’hommes, et dépassèrent le jeune homme à la peau brune. Mais lorsque la jeune femme réprima un cri, Sia riva immédiatement les yeux sur les trois protagonistes. L’un la forçait à le regarder droit dans les yeux, tandis que l’autre lui maintenait les poignets.
Sia était loin derrière. Mais lorsqu’à deux, ils la jetèrent violemment au sol et commencèrent à la déshabiller avec leurs regards salaces, le Khorafien s’était mis à cavaler. Sans perdre un seul instant, il s’était jeté sur le plus fort des deux, avait dégainé sa lame et le menaçait. L’autre avait pris ses jambes à son cou et avait laissé tombé son ami, et courrait déjà au loin, tout en titubant. Sia aurait pu faire sa fête au type, il aurait pu l’éventrer, le tuer. Mais comme celui-ci le suppliait, et qu’il y avait une jolie jeune fille encore en état de choc à côté de lui, il se contenta de l’assommer. Il s’était ensuite jeté par terre, près de la jeune et tout en évitant de trop la secouer, tentait de la rassurer. Il l’aida à se relever, se retourna pour la laisser se revêtir et l’avait raccompagné. Elle lui avait plus ou moins promis, après qu’Aÿ ne l’ait plus ou moins suppliée, de prendre un thé avec lui, dans le meilleur salon qu’il connaissait dans le District Tchï.

Cela fait quelques semaines que l’incident est passé. Et Sia, à la suite d’une longue missive qu’il s’était pourtant interdit d’écrire -il ne voulait pas passer pour un lourd-dingue-, avait fini par obtenir son rendez-vous. Satisfait, il s’était rendu dans le district, vêtu d’une chemise blanche, manches retroussées, déboutonnée, de son sobre pantalon bouffant en lin noir, d’une paire de sandales en electrum, de sa chaînette argenté à sa cheville, ses deux bracelets fétiches, de quelques colliers, d’un pectoral en or, une paire de boucles d’oreilles en bois, et avait parsemé ses tresses de perles noires. Celles-ci venaient tout juste d’être refaites, auprès d’un coiffeur Khorafien. Sia avait d’ailleurs été surpris de la longueur réelle de ses cheveux crépus lorsqu’il eut enlevé ses mèches synthétiques. Il avait également refait ses tatouages sur le torse, brodés ses yeux de khôl, s’était rasé de près, avait épilé ses sourcils, qu’il trouvait trop broussailleux, après deux mois, et s’était rendu au sauna. Il s’était fait beau pour sa créature aux cheveux d’ivoire, sa peau de neige, sa nymphe blanche. Amoureux ? Il ne savait pas. Et dans tous les cas, n’en ferait pas toute une histoire. Il avait commencé la matinée, après un repas copieux composé de viande et de féculents, à effectuer quelques exercices physiques pour garder la forme, quelques techniques de méditation pour relaxer son corps et son esprit, et s’était rendu après le sauna, dans les bains chauds. Quoi de mieux pour bien commencer la journée ? Le rendez-vous n’étant qu’en fin d’après-midi, il en avait profité pour s’affairer à ses quotidiennes besognes, s’était rafraîchit la peau d’un onguent parfumé.

Fin prêt, à l’heure fixée, il se rendit au Salon de Thé « Au Bonheur », tenu par une amie à lui. « On y déguste le meilleur thé et les meilleurs pâtisseries », disait-il dans sa lettre. « Vous ne risquerez pas de me louper. Un petit nègre costaud, coquet et maquillé comme moi, cela ne se loupe pas. J’ai hâte de vous revoir, avec mes salutations les plus distinguées. »

Assis sur l’un des coussins disposés autour d’une table, le khorafien attendait dans cette atmosphère zen, la venue de sa belle qu’il avait sauvé de griffes de satyres. Il avait donné à l’une des hôtesses des directives à prendre lorsque ladite jeune femme aux cheveux tirant sur le blanc au visage tatoué apparaîtrait dans l’enceinte de l’établissement. Elle viendrait s’installer auprès de lui, et on leur servirait le thé et les pâtisseries.

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MessageSujet: Re: La Neige et le Sahara [PV : Jhanë]    Ven 28 Déc - 10:10

La servante frappa à la porte de la chambre, ce qui eut le don de la réveiller. Jhanë entrouvrit les yeux pour noter le fait que la journée avait déjà du commencé depuis longtemps, vu que le soleil était bien avancé dans le ciel. Elle se leva, tout d’un coup, comme si elle paniquait d’être en retard. Ce qui, d’un côté, était le cas. Comme elle n’était pas certaine de l’être totalement, elle préféra sortir du lit tout de suite plutôt que d’y traîner comme elle appréciait à le faire de temps à autre. Elle laissa s’échapper un cri pour laisser la femme entrer dans la pièce. Celle-ci s’exécuta sur le champ. Dans ses mains, elle tenait une lettre. Un instant, Jhanë oublia ce qu’elle était en train de s’apprêter à faire et soupira longuement. Quand la servante fut à sa hauteur, elle lui tendit l’enveloppe qui contenait la feuille. Elle s’inclina sans mot dire, alors que la Duchesse laissait échapper un « Encore. », et finit par sortir pour laisser Jhanë seule à ses occupations.

Plusieurs semaines auparavant, Jhanë avait été victime d’une tentative de viol. Elle avait entendu nombre d’histoires de viol, notamment parmi les femmes nobles et belles autour d’elle. Mais cela ne lui était encore jamais arrivé. Ce jour-là, elle avait vraiment eu peur. Elle ne comprenait pas encore ce qui lui avait pris de rentrer toute seule de chez son frère, alors qu’en plus, la nuit était déjà bien avancée. Elle n’était pas passée inaperçue aux yeux de deux hommes plutôt ivres et qui l’avaient accostée. Malgré les refus, ils l’avaient suivie et finalement, dans une ruelle, s’en étaient pris à elle. A ce moment-là, la panique se lisait dans ses yeux. Elle s’était toujours dit qu’elle tenterait de réagir d’une façon courageuse, de dire quelque chose pour les repousser quand même, mais elle n’y parvenait pas du tout. Quelques secondes plus tard, ils la firent tomber sur le sol, ce qui la blessa au dos et à la tête quand ceux-ci heurtèrent la pierre dure. Heureusement, les deux hommes ne firent rien de plus que de la déshabiller un tout petit peu. Un troisième, qu’elle reconnut comme étant l’un de ceux qu’ils avaient croisé plus tôt, était venu la sauver et éloigner les deux hommes.

Une fois que tout cela se fut terminé, Jhanë remit les habits que les hommes lui avaient enlevés et se jeta dans les bras de son sauveur. Ce dernier avait alors insisté auprès de la jeune femme, afin qu’elle acceptât de le revoir et prendre un thé avec lui. Jhanë n’avait rien dit sur le moment, mais devant la détermination dont celui-ci faisait preuve, elle avait finit par craquer et lui avait promis que, très prochainement, elle le reverrait. Après tout, elle lui était redevable et elle se devait de lui remercier de lui avoir évité d’avoir été violée. Depuis, elle avait reçu plusieurs missives, de temps à autre, où il lui donnait l’heure et la date du rendez-vous, tout comme l’endroit. Ou, tout simplement, lui expliquait diverses choses. Au bout d’un moment, la Duchesse en eut assez des lettres et lui en renvoya une, dans laquelle elle confirmait sa venue en ce jour.

Quand Jhanë déchira l’enveloppe, elle y découvrit certes une lettre, mais celle d’une de ses amies, ce qui la rassura. Celle-ci passait quelques jours à Ishtar avant de retourner dans la province dans laquelle elle habitait, avec ses enfants. Elle était donc curieuse de rencontrer la Duchesse pendant son petit voyage à la capitale. Quand elle termina la lecture de la lettre, elle la posa sur la table de nuit afin de ne pas oublier de lui répondre dès qu’elle revenait de son rendez-vous. Enfin, elle se jeta sur son armoire, dans laquelle elle gardait tous ses habits, notamment les nombreuses robes. Sa sœur Mharyäne entra à ce moment dans la chambre et vint vers elle en souriant. Elle semblait avoir compris que sa sœur avait du mal à choisir ce qu’elle souhaitait mettre. Elle sortit donc une robe bleue ciel qui accentuait le teint pâle de Jhanë et qui lui allait à ravir. Sans rien d’autre, elle regardait celle-ci et partit plusieurs secondes plus tard. La petite sœur ne contesta pas, observa la robe choisie par sa grande sœur et finit par la mettre. Plus tard, une servante arriva pour la coiffer et la maquiller avant qu’elle ne sortît.

Une fois prête, elle descendit pour prendre la voiture qui l’attendait dans la rue. Le cocher démarra les chevaux tout de suite après. C’était certes une vieille méthode de transport, mais depuis ce qui s’était déroulé, son frère refusait qu’elle prît les transports en commun toute seule pendant un certain temps. Et Jhanë avait refusé de traîner avec deux gardes du corps à ses côtés. Elle détestait cela car elle se sentait surveillée et prisonnière presque, alors que tout ce qu’elle souhaitait, c’était de se sentir au contraire, libre. En tout cas, le carrosse était bien plus rapide, malgré tout ce que l’on eût pu croire. Il n’avait pas besoin de s’arrêter à des stations différentes et surtout, il ne faisait pas de détours inutiles pour la jeune femme. Elle arriva donc à destination, dans le district Tchï, assez rapidement. Le salon de thé dont l’homme lui avait parlé ne se trouvait pas très loin non plus, et Jhanë y fut en quelques minutes. Le cocher la laissa descendre de la voiture en l’aidant, bien évidemment. Quand elle eut le pied sur le sol, elle balaya les environs des yeux pour voir où était donc ce salon. Elle le trouva très rapidement.

Elle entra dans le salon et tout de suite, une femme vint à sa rencontre. Quand la Duchesse se présenta, alors la dame s’inclina sur le champ et la pria de la suivre. Visiblement, elle était au courant et elle la conduisit à l’intérieur. Il ne lui fallut pas très longtemps pour reconnaître l’homme qui l’avait sauvée. Après tout, il avait la peau noir et un physique qui rappelait ceux des hommes du Sud Ardent, notamment la province de Khorafa. Jhanë y avait passé quelques semaines et découvert de nombreuses choses, tout comme une culture et des pensées très intéressantes à ses yeux. L’homme s’appelait Sïa-Aÿ, d’après ce qu’il lui avait dit et surtout, ce qu’il marquait comme signature sur ses missives. La dame l’amena jusqu’à lui, avant de tendre ses bras pour la débarrasser d’un manteau ou d’un sac encombrants. Mais Jhanë n’avait rien à lui laisser et la remercia en la congédiant. Enfin, elle se tourna vers l’homme.

- Comment dois-je vous appeler : Sïa, Aÿ, ou Sïa-Aÿ ? demanda-t-elle. J’avoue être un peu perdue.

Elle lui sourit et attendit une réponse avant de s’asseoir.

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MessageSujet: Re: La Neige et le Sahara [PV : Jhanë]    Ven 28 Déc - 12:26


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Assis sur l’un des coussins disposés autour d’une table, le khorafien attendait dans cette atmosphère zen, la venue de sa belle qu’il avait sauvé de griffes de satyres. Il avait donné à l’une des hôtesses des directives à prendre lorsque ladite jeune femme aux cheveux tirant sur le blanc au visage tatoué apparaîtrait dans l’enceinte de l’établissement. Elle viendrait s’installer auprès de lui, et on leur servirait le thé et les pâtisseries. Sia n’était pas non plus du genre à compter les minutes. Il était d’un naturel serein. Il lui suffit de se concentrer sur le pétale d’une fleur posée dans un vase sur la table pour oublier le temps. Il ne la vit pas tout de suite arriver. Il fut éveillé de sa méditation lorsque la serveuse l’en extirpa, sa ‘dulcinée’ sur ses talons.


« — Comment dois-je vous appeler : Sia, Aÿ, ou Sia-Aÿ ? » demanda-t-elle. « J’avoue être un peu perdue. »

Sia se leva, pour lui baiser la main, et se rassit aussi vite, l’invitant d’un geste sensuel de la main à en faire autant. Elle lui souriait, radieuse, attendant ostensiblement une réponse. Sia bouillonnait rien qu’en l’apercevant. Elle secoua la tête lorsque l’hôtesse tenta de la débarrasser de ses affaires et s’installa avec grâce sur le coussin qui lui était réservé. Sia parvenait mal à détacher ses yeux de ce visage blanc maculé d’encre. Il souriait, le regard absent, avant de répondre, sans trop la regarder, tout en dessinant des arabesques dans l’air, de sa main, de laquelle une bague d’argent enserrait le médius.

« — En réalité, je me nomme Sia-Aÿ Neferher Hatchepset. La plupart de mes camarades pendant mon enseignement militaire me charriaient beaucoup et préféraient de loin m’appeler... » Sia réprima un mauvais souvenir lointain d’un petit sourire nerveux en coin. « Oh, laissez tomber. Appelez-moi ‘Sia’ ou ‘Aÿ’, à votre guise, mais je n’utilise que très rarement l’extension ‘Neferher’. Évitez juste, par pitié, de m’appeler ‘Monsieur Hatchepset’, cela me vieilli ! »

Il se mit à rire, avant de commander à l’hôtesse, -qu’il semblait connaître vu la familiarité avec laquelle il lui parlait- un thé épicé, comme il l’adorait, proposant à sa convive la carte des thés, il suggéra à son hôtesse de lui proposer les parfums les plus réputés pour commencer. Il commanda également un assortiment de pâtisseries, histoire de goûter un peu de tout. Il insista sur le fait qu’il invitait. On ne mit pas très longtemps à tout leur apporter. Mais un léger blanc s’installa. Sia essayait de ne pas la regarder, il se concentrait sur ce qui ornait la table, et restait relativement calme et serein. « Voici vos thés. » susurra doucement la voix de la serveuse, qui se courbait avant de s’éloigner. Une autre arriva dans la foulée avec une pyramide de desserts. Il y avait de tout. Tout en bas, il y avait même des gâteaux aux dates, au miel et aux épices de sa région regrettée de Khorafa, plus haut, des assortiments orientaux, aux niveaux du milieu, des assortiments de gâteaux occidentaux et demeurait également quelques entremets des plus classiques, pour les papilles les plus difficiles. Ce plateau lui-même traduisait la promiscuité culturelle de la Capitale. C’était la « Pyramide découverte », un choix hétéroclite, sans prétention, traduisant une certaine ouverture d’esprit culinaire, de l’audace. C’était une certaine manière de traduire son goût de l’Autre, mais c’était surtout ce qu’il avait pris la première fois qu’il s’était rendu ici. Gourmand, il n’était pas difficile et pourrait piocher dans tout. Il invita d’un petit sourire coquin la jeune femme à goûter à tout, avant de tremper ses lèvres pulpeuses dans son breuvage épicé. Il se laissa prendre par l’ambiance sereine de la pièce, fermait parfois les yeux longuement, et profitait du son d’une joueuse de shamisen qui était apparue aussi vite que le khorafien eut cligné des yeux.

— J’aime venir ici. Je m'y baigne tel un poisson dans l'eau. Émit-il, en engouffrant entre ses lèvres l’une des diverses pâtisseries prises au hasard, avant de boire quelques gorgées de son thé. « C’est très relaxant, invitant à la réflexion, au repos de l’esprit. Parfois, lorsqu’on se sent trop submergé, il est bon de ne penser à rien. L’Ombre-même confirmerait mes dires, il m’arrive souvent d’avoir un peu trop la bougeotte. »

La joueuse allait de plus en plus fort dans ses notes, émettant des sons un peu plus nasillards, avant de reprendre plus lentement, gardant un certain rythme. Elle avait un doigté particulier, le son était à la fois relaxant, déroutant et enivrant.

— Votre thé vous plait-il ? S’enquit-il, d’une voix quelque peu formelle. N'hésitez pas à goûter les gâteaux au miel, ce sont les meilleurs. 

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Duchesse

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MessageSujet: Re: La Neige et le Sahara [PV : Jhanë]    Sam 29 Déc - 4:04

Après que son sauveur lui eût fait le baisemain, la Duchesse finit par s’asseoir confortablement sur les coussins qui jonchaient le sol. L’homme commanda un thé pour lui, ainsi qu’une montagne de pâtisseries – mais cela, elle ne le savait pas encore – pendant qu’elle observait attentivement la carte afin de faire son choix. Elle n’était pas une très grande buveuse de thé, ce n’était pas très commun dans sa famille et dans la culture de sa province. Elle se décida finalement pour un classique, le thé à la menthe et au gingembre. Au moins, ainsi elle savait qu’elle ne serait pas déçue. Pour le moment, elle n’avait pas spécialement envie de faire d’expériences quelconques, même si bien souvent, elle adorait prendre des risques pour découvrir de nouveaux goûts et saveurs. Ce n’était pas le cas en cette journée.

L’homme commença alors à lui faire tout un discours pour répondre à la simple question qu’elle avait posé. Cela la fit sourire. Tant de mots et de paroles pour pas grand-chose au final. Elle nota ainsi le fait que ce dernier semblait être plutôt bavard. Elle ne pouvait pas être certaine car ce n’était que le début, mais elle sentait tout de même qu’il allait continuer dans la même direction par la suite. Cela la changeait de tous ces hommes qui ne parlaient pas beaucoup, et qui ne parlaient que quand ils le jugeaient nécessaire, la plupart du temps pour ne pas dire grand-chose. Ceux qui l’écoutaient raconter sa vie, sans dévoiler la leur par la suite. Yashaïn avait été comme cela au début, mais au fur et à mesure qu’ils s’étaient connus, il s’était ouvert beaucoup plus à la jeune femme. Toutefois, quand Sïa-Aÿ cessa de parler, un petit silence s’installa, et il régna un léger sentiment de mal être dans l’atmosphère entre les deux jeunes gens. Bien, désormais elle savait la façon dont elle le nommerait et surtout, celle dont il n’avait pas envie qu’on l’appelât.

Heureusement, très vite après, leur commande arriva. Jhanë écarquilla alors les yeux sur toutes ces pâtisseries qui leur avait été amenées. Elle n’en revenait pas. Elle aimait beaucoup les friandises et tout ce qui était sucré, mais elle n’en mangeait pas tout le temps. Non seulement cela commençait à l’écœurer si elle en prenait trop, mais en plus, elle n’avait pas envie de prendre trop de poids. Elle se faisait plaisir de temps à autre. Mais là, c’était beaucoup trop. Elle en resta bouche bée et ne savait plus par quelle pâtisserie elle devait commencer. Elle en reconnut certaines qui provenaient des différentes provinces qu’elle avait visitées au cours de sa vie. Elle en appréciait certaines plus que d’autres. Puis, bien évidemment, il y en avait également quelques unes qu’elle n’avait jamais vues ni goûtées. Elle était donc très curieuse et attirée par ces dernières. Elle espérait simplement pouvoir se contrôler et ne pas en manger trop. Elle avait un dîner qui l’attendait et elle n’avait pas envie de s’empiffrer non plus de friandises avant.

Sïa-Aÿ se remit alors à parler et cela combla le vide qui s’était installé entre eux. En même temps, cela tira la Duchesse de toutes ses pensées concernant les pâtisseries qui se trouvaient devant ses yeux. A nouveau, elle l’écouta débiter un flot de paroles importantes, mais surtout des mots qui paraissaient être dit sur le ton de la confidence. Elle lui répondit par un sourire avant de finalement, plonger ses douces lèvres dans le thé qui lui avait été servi. Il était encore très chaud, bien qu’il ne fût plus aussi brûlant que quelques secondes auparavant, au moment où la servante l’avait apporté. Elle en frissonna tellement la différence de température fut grande pour son corps. Elle sentit également qu’elle venait de se brûler le bout de sa langue, ce qu’elle détestait par-dessus tout. Elle pesta alors intérieurement, quelque peu en colère contre soi-même, surtout de ne pas avoir fait plus attention. Extérieurement, elle ne montra rien, sauf une expression rapide de douleur passa sur son visage. Elle reposa sa tasse quand son interlocuteur lui posa une question.

- Oui bien évidemment, qu’il est bon, lui répondit-elle machinalement et presque par politesse, même si c’était la vérité. Il est cependant encore un peu trop chaud à mon goût. Je vais attendre qu’il refroidisse un peu plus.

Elle continua à le regarder, toujours avec le même sourire, qu’elle ne perdait presque jamais. Elle était connue pour sourire presque tout le temps. A ce moment, Jhanë se rendit compte qu’une douce et agréable musique avait commencé. Elle tourna alors la tête pour apercevoir une joueuse de shamisen. Quelque part, elle se demanda si tout cela n’avait pas été mis en place et pensé par Sïa-Aÿ. Rien qu’à cette pensée, la jeune femme laissa échapper un long soupir accompagné d’un sourire très chaleureux. Cela la faisait vraiment rire, mais elle ne pouvait pas non plus exploser de rire. C’était inconvenant et elle se doutait que l’homme ne comprendrait probablement pas. Pire, il pouvait même se vexer, ce qu’elle ne souhaitait pas du tout. Elle riva à nouveau ses yeux vers les pâtisseries, ce qui eut le don de l’éloigner de ses pensées précédentes. Elle se laissa alors tenter par celles au miel, comme le lui avait conseillé Sïa-Aÿ. Elle en croqua une bouchée et laissa ses papilles – celles qui n’avaient pas été brûlées par le thé trop chaud – dévoiler les saveurs de ce gâteau.

- Mmh ! Je dois avouer qu’ils sont en effet très bons, dit-elle une fois qu’elle eût avalé la première bouchée.

Elle termina donc la gâteau avant de tenter une nouvelle de boire son thé, qui avait quelque peu refroidi, même s’il restait encore bien chaud. Cette fois-ci, elle ne se brûla pas et put donc apprécier le goût de la boisson. Puis, elle se concentra pour trouver une façon de relancer la conversation. Elle n’avait pas aimé le fait qu’un silence se fut installé entre eux, quelques minutes auparavant.

- Je comprends parfaitement ce que vous voulez dire en ce qui concerne la relaxation en un tel endroit. Je ne suis jamais venue dans un salon de thé pour réfléchir en ce qui me concerne, mais c’est vrai que c’est plaisant.

Elle se rendit alors compte que cela ne faisait pas vraiment avancer une quelconque discussion, mais venait simplement confirmer les dires de Sïa-Aÿ. Après cela, il ne restait certainement pas grand-chose à dire. Il acquiescerait et, de nouveau, ils n’auraient plus rien à se raconter.

- Ecoutez, je vous suis vraiment très reconnaissante pour ce que vous avez fait pour moi la dernière fois, enchaîna-t-elle en changeant subitement de sujet. Mon grand frère souhaiterait vous gratifier dignement pour vous remercier, au nom de toute ma famille.

En effet, Jhulÿan avait dit à sa petite sœur qu’il était prêt à donner une récompense à cet homme, mais qu’il ne savait pas encore quoi. Il lui avait promis de réfléchir sur ce sujet-là. En tout cas, Jhanë avait déjà abordé la partie plutôt embarrassante, probablement celle qui la mettait encore un peu mal à l’aise alors qu’elle se trouvait à ses côtés. Elle regretta alors ses paroles, pensant qu’elle n’aurait pas du le dire tout de suite. Il aurait mieux valu attendre encore un peu, peut être, le temps de raconter encore bien des choses sur leurs vies. Mais les mots lui avaient échappé de la bouche, tout simplement. Ce qui était dit, était dit, elle ne pouvait plus reculer. Elle espérait que cela ne le dérangeât pas trop…


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MessageSujet: Re: La Neige et le Sahara [PV : Jhanë]    Lun 31 Déc - 1:03


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La joueuse allait de plus en plus fort dans ses notes, émettant des sons un peu plus nasillards, avant de reprendre plus lentement, gardant un certain rythme. Elle avait un doigté particulier, le son était à la fois relaxant, déroutant et enivrant.

— Votre thé vous plait-il ? S’enquit-il, d’une voix quelque peu formelle.
— Oui bien évidemment, qu’il est bon, lui répondit-elle avec une pointe de politesse. Il est cependant encore un peu trop chaud à mon goût. Je vais attendre qu’il refroidisse un peu plus.
— N'hésitez pas à goûter les gâteaux au miel, ce sont les meilleurs. 
— Mmh ! Je dois avouer qu’ils sont en effet très bons,
dit-elle une fois qu’elle eût avalé la première bouchée.

Elle ne cessait de sourire. Elle avait ce petit sourire plein de malice que le jeune inquisiteur aimait bien, il fallait l’avouer. La prestation du shamisen se terminait sur une note finale, et la jeune musicienne s’éclipsa aussi vite qu’elle était arrivée. Cette femme resterait un mystère pour le reste de la journée.

— Ecoutez, je vous suis vraiment très reconnaissante pour ce que vous avez fait pour moi la dernière fois, la jeune femme avait brusquement changé de sujet, ce qui perturba légèrement le khorafien qui ne s’y attendait nullement. « Mon grand frère souhaiterait vous gratifier dignement pour vous remercier, au nom de toute ma famille. »
— Comment ? Oh ! votre grand frère n’a pas à se donner cette peine. Je n’ai fait que mon devoir.

À la suite de cela, Sia-Aÿ se rendit compte qu’il n’avait pas grand chose à dire. Le silence planait autour de la table, et le plateau à gâteau se vidait petit à petit. Tout comme les tasses de thé. Le silence se fit, les rumeurs devenaient elles-mêmes presque aussi audibles que le son de l’instrument de la joueuse précédente. Après une dizaine de minutes, voilà qu’une danseuse à tambourin vint remplacer la joueuse. Les têtes se tournaient à nouveau pour la voir se mouvoir. À la plus grande surprise de la clientèle, la jeune femme descendit de son estrade et vint se évoluer devant chacune des tables. Elle se présenta également à celle des deux jeunes gens. Charmeuse et envoutante, elle semblait jeter à Sia un regard langoureux, avant de fixer ses yeux de bohémienne sur la femme au teint de glace. Elle était accompagnée par une flute traversière et d’un autre tambourin, joué par un homme de Khorafa. Quant à la danseuse, elle, devait être originaire de Taalar, ou de quelque chose dans ce goût-là. Lorsqu’elle termina son spectacle, la jeune danseuse envoutante vint retourner son tambourin, et demander une légère rémunération, non-obligatoire. Sia cherchait quelques pièces de cuivre à offrir à la jeune femme, il les glissa dans le tambourin avant que la danseuse ne l’en remercie en lui offrant un clin d’oeil. Elle vint quêter auprès de Jhanë, tout en lui offrant un sourire interrogatif. Allait-elle donner quelque chose ? La jeune femme continua sa quête auprès de chacune des tables, tandis que la joueuse de shamisen revint subtilement. Profitant du fait que le spectacle improvisé soit terminé, le jeune khorafien se décida à dire quelque chose :

— Je ne voulais absolument pas vous vexer, seulement, je n’ai rien fait de particulier si ce n’est que vous extirper des griffes de satyres. N’importe qui en aurait fait de même.

Sa voix était entre la froideur, la politesse et la contrariété. Sia baissait les yeux pour cacher sa gêne. Il passa aussitôt du coq à l’âne : « Je ne m’attendais pas à un tel spectacle, lorsque je vous ai invité ici, mais j’avoue avoir été bluffé par la prestation de la danseuse de tout à l’heure ! Mais j’aime également le son de l’instrument de cette joueuse... Elle vient souvent ici, et sa musique est agréable. »

Son corps ne mentait pas. Ses mains semblaient trembler au son de la musique, et même les muscles de ses épaules semblaient prêt à se mouvoir. On aurait cru que le jeune danseur se retenait pour ne pas se lever et se donner en spectacle devant tout le monde. Mais il était bien trop timide pour faire ici, une démonstration de capoeira devant tant de personnes.

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MessageSujet: Re: La Neige et le Sahara [PV : Jhanë]    Lun 31 Déc - 4:09

Il refusait toute récompense de la part de son grand frère. C’était certes honorable de sa part, cependant, la jeune femme doutait fortement que Jhulÿan le laisserait faire. Si ce dernier avait décidé quelque chose, il était tellement têtu et borné, qu’il faisait tout pour parvenir à obtenir et atteindre le but désiré. Alors elle était certaine que son frère allait probablement insister jusqu’à ce que Sia-Aÿ craquât et acceptât la proposition. Mais elle préféra ne rien dire pour le moment et laisser les choses se dérouler, tout simplement. En même temps, elle acquiesçait de la tête pour signifier qu’elle avait compris les paroles de l’homme et surtout, qu’elle était d’accord avec lui. Elle ne dit aucun autre mot et ne se contenta que de sourire à toute réponse, comme toujours.

A ce moment, un nouveau silence s’installa entre eux. Celui-ci dura bien plus longtemps que le précédent, ce qui embêta la jeune femme. Elle n’était pas venue en cet endroit pour simplement boire un thé et observer un spectacle de danse. Bien évidemment, la danseuse connaissait parfaitement son art et était très douée. Jhanë appréciait la musique et la danse qu’elle avait sous les yeux. Elle affichait donc un sourire franc et son visage rayonnait de bonheur. Toutefois, elle n’aimait pas trop que l’homme l’eût invitée et ne souhaitait pas parler avec elle. En effet, elle avait espéré que celui-ci tentât de la connaître davantage que de simples mots de présentation. Si au début elle avait cru qu’il était bavard, elle se rendit compte que ce n’était que lors de certains moments. Il avait d’abord parlé franchement, débitant un flot de paroles importants quand il s’était présenté ou qu’il avait tout simplement expliqué le choix de ce salon de thé. Toutefois, par la suite, il s’était tu. Jhanë avait presque l’impression qu’il ne savait pas non plus ce dont quoi il voulait parler avec elle.

Le vide entre eux fut long de dix minutes, des minutes pendant ni l’un ni l’autre essaya de le combler par une nouvelle conversation. En vérité, la Duchesse ignorait totalement ce qu’elle pouvait bien dire. Après tout, elle était venue suite à une invitation et elle estimait que c’était à Sia de relancer la discussion dans un tel instant. Puis surtout, c’était sa responsabilité pour ne pas laisser planer dans l’atmosphère un silence de plus de quelques secondes. Elle reconnaissait que cela n’était pas évident, cependant. Mais, en réalité, l’ambiance commençait à se faire un peu plus gênante. La jeune femme se sentit mal à l’aise à cause de ce long silence et, tout ce qu’elle trouva comme activité pour éloigner ses mauvaises pensées, ce fut de continuer à regarder le spectacle. Quand ce dernier se termina, elle se demanda si son interlocuteur dirait enfin quelque chose ou si, le vide ne serait toujours pas comblé. Elle le vit donner quelques pièces à la danseuse qui, s’approcha d’elle par la suite. Bien évidemment, Jhanë sortit une pièce en argent et la lui offrit également.

Enfin, le silence fut rompu. Le sujet fut le même que celui que la Duchesse avait lancé quelques minutes auparavant. A nouveau, il prétendait que tout le monde aurait fait la même chose. Même si la jeune femme doutait de la véracité de ces propos, elle ne le fit pas savoir. Après tout, il y avait forcément des personnes qui auraient préféré la fuite et l’aurait laissée se faire violer, trop couards et lâches pour agir, probablement trop craintifs de subir la même chose ou alors, de se faire battre. Des personnes courageuses, il y en avait certes, comme Sia-Aÿ, mais cela ne courait pas les rues autant qu’il le pensât. La jeune femme avait eu de la chance donc d’être tombée sur l’une d’entre elles, mais elle savait qu’elle aurait très bien ne pas avoir cette chance. Néanmoins, l’homme dévia tout de suite après vers un autre sujet. A nouveau, il se remit à parler longuement et à expliquer certains détails concernant le lieu mais également le spectacle, ou tout simplement la musique jouée par cette femme qui était revenue après le spectacle de la danseuse.

- Je vois, répondit-elle simplement tout en rivant ses yeux sur la joueuse de shamisen, sur un ton un peu perdu.

Elle revint se concentrer sur son thé la seconde suivante. Elle avala les dernières gorgées qui lui restaient de la boisson. Elle en avait bu pas mal pendant le spectacle, notamment pour combler le vide de paroles. Elle déposa alors sa tasse sur le côté, comme pour signifier qu’elle avait terminé et que la serveuse pouvait la rependre. La jeune femme se servit d’une nouvelle pâtisserie, cette fois-ci une qu’elle appréciait énormément et qu’elle n’avait pas l’occasion de manger tous les jours. Elle l’avait également découverte lors de ses nombreux voyages à travers l’Empire. Enfin, ses yeux se posèrent sur les mains de l’homme. Elle s’aperçut alors, au bout de quelques instants, que ces dernières tremblaient. Cela l’intrigua beaucoup et la surprit en même temps.

- Qu’avez-vous ? demanda-t-elle, sans détourner son regard des mains de Sia-Aÿ. Vous tremblez tellement…

Elle précisa cela, tout en attendant une réponse. Ses yeux se relevèrent et se plongèrent dans ceux de son interlocuteur. Quant à son sourire, il avait disparu l’espace d’un instant, car en réalité, une once d’inquiétude venait de s’installer dans son esprit.

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MessageSujet: Re: La Neige et le Sahara [PV : Jhanë]    Ven 4 Jan - 0:25


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On aurait cru que le jeune danseur se retenait pour ne pas se lever et se donner en spectacle devant tout le monde. Mais il était bien trop timide pour faire ici, une démonstration de capoeira devant tant de personnes.

— Qu’avez-vous ? demanda-t-elle, sans détourner son regard des mains de Sia-Aÿ. Vous tremblez tellement…
— Oh... Ne vous en faites surtout pas pour moi ! Ce n’est que la musique... je ne m’étais pas rendu compte que je tremblais autant.


Sia vit en Jhane l’inquiétude la gagner. Il se contenta de lui sourire pour la rassurer, tandis que ses tremblements se calmèrent.

Jamais le jeune homme n’aurait cru, en l’invitant ici, qu’il perdrait ses mots et ne saurait pas quoi dire. Il avait pensé que la conversation s’animerait toute seule, mais il fallait que les deux jeunes gens lancent la conversation. De plus, les diverses représentations du jour venaient prolonger ces silences au cours desquels ils ne parlaient encore moins. Sia mangeait pour ne pas rien faire, tandis que Jhanë semblait mal à l’aise vis à vis de ce silence. Le jeune homme regrettait amèrement de ne pas être moins timide. Mais c’était ainsi, et il ne pouvait faire autrement. Alors que la musicienne termina sur une dernière note, sous des regards ébahis, une légère pluie d’applaudissement eut lieu l’espace d’un instant, quelques secondes, pour être exact, pas plus de dix, puisqu’il n’était pas dans l’habitude de la maison, de créer de tels brouhahas. Les mains claquèrent légèrement, sans trop de zèle. Sia en fit de même, tandis que joueuses d’instrument à trois cordes, bohémiennes et musiciens apparurent tous ensemble, saluant leur public avant de s’éclipser. Sia remarqua qu’une table leur était réservée, à l’écart de la foule, un peu à côté de la leur, où ils avaient le droit à de nombreuses pâtisseries, autant voire plus que celles contenues dans leur Pyramide. Tous choisirent un coussin, et regardèrent vers Sia, qui ne quittait pas son regard d’eux. Ils lui sourirent, et Sia en fit de même, avant de se tourner vers son interlocutrice.

« J’aime la musique. » S’exprima-t-il, avant de poser un regard interrogatif : « Et vous ?»

Un temps passa, et le jeune khorafien relança à nouveau la conversation, tandis que son regard s’attardait toujours sur le groupe de musicien hétéroclite.

« Vous aimez voyager, aussi. N’est-ce pas ? Parlez-moi un peu de vos itinéraires. Je n’ai pas trop eu l’occasion de voyager, si ce n’est que pour venir jusqu’ici. De Khorafa à Ishtar, il y a de la route... »

À ces simples mots, il eut une pensée pour Khorafa, sa ville natale, son hameau résidentiel, sa villa et pour son père, sa nourrice, ses frères et soeurs qui étaient restés là-bas. Khorafa était son berceau, son enfance. Il repensait à la musique locale, les sons, les danseurs de rue, les cracheurs de feu. L’Ombre, les guerriers, les chasseurs, les trappeurs. Tant de choses. Tant de visages, tant de sons. Tant de paysages, ces couchers de soleil, ces terres, ce sable et cette chaleur. Tant d’émotions, tant de souvenirs. Il aimait sa contrée d’origine, mais il aimait également tout ce qu’il avait vu sur son chemin, les autres terres, et aurait bien aimé prolonger son voyage. Mais il était venu à la Capitale pour suivre son grand-père, le sénateur sexagénaire. Rêveur, le khorafien arborait son plus beau sourire, un sourire nostalgique, son menton posé sur sa paume. Il dévorait la belle des yeux. Puis soudain, il changea de sujet :

— Excusez-moi, si je vous ai offensé, tout à l’heure, en disant vouloir refuser le cadeau de votre grand frère... Cela me met juste mal à l’aise, mais j’adorerais discuter avec lui.

Sia était sincère. Il avait peut-être fait preuve d’un peu trop de condescendance. Il avait peut t’être été un peu trop dur et trop fier.

— Parfois, Khorafa me manque... ! C’est une belle province. Je l’aime. Mais j’aime aussi la Capitale, l’Empire. L’Ombre en est témoin. Aujourd’hui je sers l’Empire, fidèlement, et je suis les traces de mon aïeule. Vous savez, mon grand-père siège au sénat. Enfin, vous avez peut-être déjà entendu parlé de lui, le Sénateur Hatchepset.

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MessageSujet: Re: La Neige et le Sahara [PV : Jhanë]    Lun 7 Jan - 3:47


La jeune femme sentit l’inquiétude se dissiper dès lorsqu’elle apprit que les tremblements de l’homme en face d’elle n’étaient pas importants. Il lui avoua alors qu’il adorait la musique et Jhanë en déduisit qu’il aimait probablement la danse également. Peut-être même dansait-il. De cela, elle ne pouvait pas en être sûre tant qu’il ne le lui eût pas dit. En tout cas, à nouveau un silence s’installa pendant lequel il mangeait quelques pâtisseries et observait le spectacle qui se poursuivait. Quant à elle, elle commençait non seulement à être sérieusement mal à l’aise, mais en plus, l’ennui la gagnait peu à peu. Elle soupira discrètement. Normalement, elle était bien plus sociale et ouverte. Pourtant, avec cet homme – qui avait insisté longtemps pour l’inviter ici même et la revoir – ce n’était pas la même chose. L’ambiance était différente, tout comme la situation. C’était peut être tout cela mélangé qui l’empêchait d’être aussi sociale et bavarde qu’à l’accoutumée.

Finalement, le spectacle prit fin et tout le monde applaudit les comédiens qui avaient joué de la musique ou dansé. Bien évidemment, la Duchesse se joignit aux autres et affichait un sourire franc et sincère alors qu’elle observait les artistes. Après tout, elle avait bien apprécié leur représentation. Ce qui la dérangeait, c’était le silence entre elle et Sia-Aÿ. Lorsque les clients cessèrent leurs applaudissements, ils partirent vers une table un peu à l’écart où les attendaient de nombreuses pâtisseries. Jhanë remarqua que l’homme les regardait quelques instants avant de river ses yeux à nouveau sur elle. Enfin. Elle espérait que désormais il ne détournât pas trop sa tête d’elle. La conversation devait se faire alors que les deux étaient attentifs à l’un et l’autre, et non dans les conditions d’un spectacle. Ce n’était pas pour rien qu’au théâtre il était fort rare que les personnes parlassent entre elles, trop absorbées par la représentation qui avait lieu sur la scène.

- Oui, j’aime la musique, dit-elle comme si c’était une évidence. C’est en effet fort relaxant.

Toutefois, elle n’était pas en train d’en écouter tout le temps. De temps à autre lui suffisait amplement. Puis, encore une fois, les yeux de l’homme dérivèrent vers le groupe d’artistes. Jhanë eut du mal à ne pas serrer ses dents cette fois-ci, même si en apparence, elle ne montrait pas sa petite frustration. Heureusement pour lui qu’il trouva un sujet digne pour relancer la conversation. Il sembla alors s’intéresser davantage à elle plutôt que de lui poser des questions en ce qui concernait la musique. Désormais, elle était capable de lui répondre correctement et surtout, en parlant un peu. Cela n’allait plus être de rapides réponses qui satisfaisaient simplement la curiosité de l’interlocuteur pendant un instant et surtout, qui montraient qu’elle ne portait pas énormément d’intérêt à ce sujet-là. La musique c’était fort bien comme elle le lui avait dit, et elle en écoutait car elle l’appréciait, mais ce n’était pas un sujet de conversation sur lequel elle était prête à discuter pendant de nombreuses heures. En revanche, quand il s’agissait de voyage, tout changeait. Son visage rayonna alors quand elle entendit ce mot-là.

- Les voyages et les aventures sont mes passions, en effet, lui répondit-elle sans se préoccuper du fait qu’il se perdait probablement dans ses pensées concernant sa province natale. J’aime découvrir de nouvelles choses, de nouvelles cultures et visions du monde. Je suis très curieuse, ce qui m’a beaucoup aidé lors de mes voyages. J’ai quitté ma province d’Überhal quand j’avais 17 ans et j’ai foulé les terres de l’Empire pendant plusieurs mois. J’ai également vécu dans la province d’Al-Haïr pendant quelques temps.

Elle avait envie de parler énormément maintenant. De lui raconter toutes ses aventures. Mais pour le moment, elle préférait s’arrêter à un résumé général, tout simplement parce qu’ils ne se connaissaient pas encore assez. Notamment, elle ne lui révéla pas le fait qu’elle avait été dans une relation avec un marquis d’Al-Haïr, d’où le temps qu’elle y passa dans cette province. Elle ne lui dit pas tout ce qu’elle avait découvert dans chaque province différente qu’elle avait visité. Mais surtout, elle évita de parler de l’impact de toutes ces merveilles sur sa propre vision du monde. Pour le moment, il valait mieux qu’elle ne parlât pas de certaines choses, comme par exemple, le fait qu’elle était contre l’esclavage. De nombreuses personnes ne comprenaient pas ce genre de pensées et Jhanë ignorait si Sia-Aÿ en faisait parti ou non. Pour ne pas faire d’erreur, elle préférait se taire tout simplement. Tout comme elle ne savait pas s’il était pour ou contre les génos, un autre sujet très sensible de l’Empire.

Puis, quand elle cessa de parler, il enchaîna un instant sur ce qu’elle lui avait dit concernant la récompense donnée par son frère. Elle ne comprit pas vraiment le rapport et s’était attendue plutôt à ce qu’il continuât sur les voyages ou sur les provinces. Mais, elle ne dit rien, ne réagit pas et ne changea pas d’expression. Toujours souriante, cela ne la dérangea pas.

- Vous ne m’avez pas du tout offensée, le rassura-t-elle de sa voix mielleuse. Si vous ne souhaitez aucune récompense, ne vous forcez pas. Mais je doute que mon frère se laisse faire et il risque de vous embêter jusqu’à ce que vous acceptiez quelque chose.

Elle n’osa pas dire que cela lui faisait penser à la façon dont Sia-Aÿ avait insisté pour qu’elle acceptât son invitation. Cela la fit sourire, mais l’homme ne pouvait pas savoir la raison de cela. Enfin, il recommença à parler sur sa province. Khorafa était en effet une merveilleuse province où Jhanë avait appris énormément de choses. Elle appréciait notamment le caractère de la population, plutôt ouverte et souriante. Elle avait eu la chance de rencontrer des personnes qui étaient heureuses de partager tout avec elle. Elle repensa donc à ses bons souvenirs avec une pointe de nostalgie. Il fallait avouer que la jeune femme aimait énormément les provinces du Sud bien plus sympathiques, même si le paysage y était sec et dur, puisque leurs populations étaient bien plus accueillantes que dans certaines autres provinces, comme celles du Nord.

- Je reconnais que j’ai énormément apprécié me mêler aux habitants de Khorafa. Ils font partis de mes meilleurs souvenirs de voyage.

Puis, elle se concentra sur ce qu’il avait dit sur son grand père, le sénateur. Elle hésita quelques instants à lui dire que son grand frère l’était également, puisqu’elle ignorait les relations que ces deux hommes avaient entre eux. Elle n’avait pas envie de le révéler à Sia-Aÿ et se rendre que, finalement, il y avait quelques mésententes entre les deux familles. Pour cacher un nouveau petit mal être qui s’était immiscé en elle, elle prit une nouvelle pâtisserie et la goûta. Mais elle finit par décider que cela n’avait pas spécialement d’importance.

- Je ne connais pas votre grand père personnellement. Peut-être l’eussé-je croisé quand je rendais visite à ma famille, notamment mon grand frère qui est également sénateur. Peut-être se connaissent-ils.

Jhanë finit sa pâtisserie, toujours souriante.


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MessageSujet: Re: La Neige et le Sahara [PV : Jhanë]    Sam 23 Mar - 10:20


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— Je ne connais pas votre grand père personnellement. Peut-être l’eussé-je croisé quand je rendais visite à ma famille, notamment mon grand frère qui est également sénateur. Peut-être se connaissent-ils.

La femme au visage tatoué dévorait sa pâtisserie, toujours le sourire aux lèvres.

Dans son esprit, Sia restait pensif et absent. Il ne savait plus comment réagir vis à vis de son interlocutrice. Elle avait répondu à ses questions concernant sa province, ce qui l’avait touché. Elle appréciait Khorafa.

— Soit. Sa réponse resta des plus simples et des plus sobres.

Le Khorafien ne mit pas longtemps à remarquer que la matinée qu’il avait prise touchait à sa fin. Fixant le ciel derrière la couche de glace qui les séparaient de l’extérieur, il se rendit compte qu’encore nombreuses étaient les commissions et les obligations de fonctions qui allaient l’obliger à abandonner la jeune femme. Prenant une grande inspiration, il se tourna de nouveau vers son interlocutrice :

— J’ai passé un agréable moment en votre compagnie, mais je dois maintenant, malheureusement vous fausser compagnie ! Il eut un sourire qui ressemblait plutôt à une grimace de dépit et de désarroi.

Il aurait tant voulu rester ne serait-ce qu’un peu plus longtemps pour continuer à lui parler de sa province, de la musique, de la danse ou bien même des autres contrées qui le faisait tant rêver. Cependant, il avait encore un ou deux rapports à rédiger, et quelques formalités à régler, ce qui allait lui prendre une bonne partie de l’après-midi voire même de la soirée. Le menton posé sur le dos de ses mains, le jeune homme se mit à réfléchir un court instant. Lorsqu’il eut fini, il leva le regard sur la douce blafarde qu’il avait face à lui et ajouta ces mots :

« En revanche, je peux peut-être vous donner rendez-vous plus tard. Ce soir, ou un autre soir, peu m’importe j’y suis presque tous les soirs, vous n’aurez qu’à me demander... Ce sera donc au district Dietrich. Il s’agit d’un squat monté avec quelques amis artistes. Peu conventionnel pour un fils de bonne famille, quoi que je me vois plus comme un bohémien. On s’amuse assez, l’ambiance y est frénétique, parfois quelques débordements, mais dans l’ensemble, je gère très vite la situation. » Il parlait tout en faisant de grands signes pour illustrer ce qu’il disait, tandis que ses jambes commençaient à se préparer à se lever. Il se leva donc finalement d’un bond, les jambes légèrement tremblantes dues aux courbatures de l’inaction. Il continua debout, tout en rassemblant ses affaires et arranger son accoutrement son récit. « Certains ne tiennent pas l’alcool, d’autres fument très mal. En espérant que vous ne nous prendrez pas pour des fous. Pour les indications, il n’est qu’à quelques pas des quartiers résidentiels, un peu à l’écart, mais vous ne le manquerez pas. C’est un lieu assez sobre, avec des murs en tôle et en béton, un style simple et épuré, et une populace plutôt ouverte et chaleureuse, des projections de feu et de la musique. Venez, si ça vous intéresse. J’y serai ce soir après le boulot. Mais comme vous n’êtes pas une habituée, il est possible qu’on vous demande un mot de passe : répondez « Cadavre Exquis ». »

Il disait ces derniers mots tout en quittant l’établissement, un peu pressé par le temps.

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