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 Un même moyen pour différentes fins [Ludwig]

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MessageSujet: Un même moyen pour différentes fins [Ludwig]   Sam 19 Jan - 14:35

Le Ono Tofû était un des salons de thé les plus réputés de la capitale. Situé dans le quartier Tchï, il accueillait parmi ses clients tout l’habituel gratin de la capitale. On y allait avant tout pour passer un moment agréable : boire du thé évidemment, mais aussi s’allonger et se détendre près d’une table basse, affalé sur quelques coussins entourés « d’amis ». L’ambiance s’y voulait moins formel qu’ailleurs, mais les contrats et autres accords se réglaient souvent sur les tables du Ono Tofû. Hommes d’affaires, politiques, se retrouvaient souvent en ces lieux pour discuter, comme on le disait.

Ciphol était un habitué. Il côtoyait le salon depuis son arrivée à la capitale. Un vieux client donc, à la commande tenace en demandant toujours à ce que son thé soit servi brûlant. Il aimait jouer aux jeux occidentaux qui étaient posés sur les petites tables, en mangeant quelques sucreries avec son thé. Du temps, Ciphol en avait passé ici. Il aimait la luminosité tamisée, la musique relaxante, l’encens et tout le reste du folklore occidental. Mais le Ono était avant tout pour lui, un lieu chargé de souvenirs. Il allait souvent ici avec sa première femme, c’était pour dire. Le salon restait tout de même assez kitch faisant du folklore occidental son unique référence. C’était néanmoins un nom incontournable où bon grands de ce monde s’étaient alors croisés.

« Je vais simplement prendre un thé vert très chaud pour le moment, merci. »

La jeune femme s’en alla. Les employés faisaient aussi partie du décor. L’homme appréciait ce souci du détail. Ciphol s’était rendu dans une des arrières salles secrètes du Ono. Les Grands avaient droit à un peu plus d’intimité que le reste du commun des mortels, on le consent. Le mot « secrète » ne doit cependant pas nous faire penser à quelque chose d’obscur ou de glauque. Cette arrière-salle était en fait la plus belle pièce du salon, réservé aux invités de prestige. Tout ce Bling-bling qui ne disait pas son nom, avait fait sa renommée.

Tout ce tape-à-l’œil ne saurait sans doute plaire au prince Ludwig. CIphol le savait « prince des déshérités » et d’un étonnant conservatisme. Le magnat de la finance avait plutôt l’habitude de fréquenter des industriels ou des politiciens plutôt tourné du côté de la Science que de l’Ombre. Fallait dire que la Science rapportait gros. Génos, armes, prothèses… La science crée des marchés potentiels plus vite qu’elle ne les détruits, et tout ça… rapporte. Les livres, l’Ombre… tout ça rapporte moins. La logique voulait donc que Ciphol côtoie plutôt le purulent monde Industrialo-politique que conservatiste dont devait se rapprocher le Prince Ludwig.

« Prince », voilà un mot devant lequel même Ciphol devait trembler. Mais même les princes ont besoin d’argent, et il le savait bien. L’homme avait réfléchi pour organiser le rendez-vous à l’endroit adéquat. Il avait initialement pensé au Gusto, haut restaurant gastronomique. Un peu trop chiqué pour notre humble Prince, Ciphol avait alors opté pour le Ono Tofu, en après-midi. Ca se voulait déjà plus convivial, et cela se rapprocherait peut être plus de la personnalité du Prince. Il l’espérait en tout cas. Il s’agissait de faire bonne impression, et le choix du décor était toujours important. On jouait là avec de grosses fortunes : Les prêts impériaux sont toujours de très gros coups pour la Guardia Bank. Il ne s'agissait pas de placer la fortune de la première grande-mère en slip du coin.

La mort arrivait, et l’idée d’un dernier baroud d’honneur plaisait à Ciphol. La conclusion d’un dernier gros contrat avec l’Empire comme pour dédicacer sa très prochaine mort. Se pensait comme le grand homme d’affaire qu’il a été, c’était finalement ce qui le faisait tenir debout tout court, aujourd’hui.

« Comte Ciphol, votre invité va arriver. »

On le prévint, mais sans lui apportait son thé. Flûte, Ciphol en aurait bien pris une gorgée pour soulager sa gorge, irritée par son addiction. L’homme se rehaussa douloureusement. Il sortit ensuite son petit mouchoir de sa veste, essuyant quelques petites perles sur son front au passage, les mains moites. La situation était étrange : le Prince en personne voulait le rencontrer mais il ne savait toujours pas pourquoi. Il lui avait même demandé de choisir un endroit agréable afin de convier à quelques discussions intéressantes . Il espérait que le Ono fasse l’affaire, mais il se mit à douter en voyant l’immense frise d’éléphants sculptés dans le mur. Ciphol avait des goûts un peu vieillots parfois, il fallait l’admettre. Même s’il restait dans l’air du temps, en ce qui concerne le domaine des affaires, le milieu mondain qu’il côtoyait avait pris des rides. Tout ça le turlupinait, d’autant plus qu’il ne savait pas ce que voulait le Prince ni même quel homme il était réellement. Il ne l’avait jamais rencontré. Impossible donc d’envisager quoi que ce soit, tout va se jouer sur le feeling, l’instinctif. Challenge intéressant. Ciphol craignait d’engager une conversation trop politique. Après tout, la Guardia Bank finançait bon nombre de projets étiquetés « génos », et nul n’est point sans savoir que Ludwig Walhgren est un farouche partisan de la lutte « anti-géno ». Si la conversation éthique n’allait pas dans le bon sens pour négocier, Ciphol resterait ravi de connaître les convictions de son Prince. Peut être même pour pouvoir les confronter aux siennes, si cyniques et sceptiques soient-elles.

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MessageSujet: Re: Un même moyen pour différentes fins [Ludwig]   Sam 19 Jan - 22:30

Avançant, léger comme un chat, Ludwig s'apprêtait à faire une bêtise. Pas la première de sa vie et, probablement, pas la dernière. Mais sans doute une grande. Pour une histoire pareille, son frère aurait sans doute été prêt à faire des dégâts sur le mobilier du Palais Impérial... Néanmoins, il n'en savait rien. Et il valait mieux que cela en reste là. L'Ordre avait toujours besoin d'argent. Il ne s'agissait pas d'une industrie moderne, mais d'une association, certes réputée, mais caritative. Pas un sou ne rentrait dans les caisses de lui-même. Parfois, les anciens patients venaient aider les Frères et les Soeurs dans leur travail... Mais c'était tout.

Alors le dur devoir de rassembler des fonds retombait souvent sur le jeune marquis Walhgren, troisième fils de l'Empereur... Au moins son nom, sa prestance et le caractère de son frère aîné imposaient le respect. Lui, aucun noble ne lui riait au nez. Tous écoutaient poliment et refusaient en présentant des excuses. Mais cela n'avançait pas vraiment les choses. Bien entendu, des donateurs fidèles, convaincus du bien-fondé des agissements de Saint Dietrich, il y en avait toujours. Les Princes Nocturnae, par exemple. Une puissante famille toujours très tournée vers la religion. Il fallait plus, c'était un fait. L'Ordre agissait dans tout l'Empire. La Capitale n'était pas la seule qui avait besoin de soutien financier. Si le Temple principal pouvait soutenir ses plus petits homologues provinciaux, la situation s'améliorerait.

Ainsi, chercha-t-on quelqu'un disposant de fonds considérables et réputé pour sa discrétion. Abraham Ciphol était sans doute une personne dont le nom n'était plus à faire, même si Ludwig n'a jamais eu l'occasion de le rencontrer. Ce n'était pas vraiment un homme charitable... Mais le jeune prince tenait à le rencontrer, malgré tout. Avec un peu de chance, ils parviendraient à un accords. Cela serait sa première négociation avec un banquier... Il était donc passablement nerveux et sa nervosité, bien que teintée de sa gentillesse naturelle, se répandit rapidement autour de lui, dans le salon de thé alors qu'il y entra, vêtu du plus simple apparat de son Ordre. Des vêtements noirs, valant moins d'une pièce d'argent, faciles à salir et à jeter, c'était plus hygiénique ainsi. Simples et efficaces. Il respira les parfums agréables de l'endroit et sourit. Un lieu plaisant, même si, à regarder la clientèle, de l'argent était clairement gaspillé ici... Enfin, il n'était pas là pour convertir, mais pour sortir avec de l'or. Ou une promesse de recevoir l'or, plutôt.

Ludwig ne se présenta pas, le nom de la personne qui l'invitait suffisait. Il fut accueilli et mené dans une salle à l'arrière, à l'ambiance nettement plus propice aux négociations. La discrétion... Oui, c'était de ça qu'il avait besoin. Et il était prêt à faire l'impasse sur le prix que leur thé allait leur coûter. Le fait qu'ils soient pratiquement seul, hors de la portée d'oreilles indiscrètes, le rassura et cela fit se sentir dans l'aura qui l'entourait. Il salua son interlocuteur comme il se devait, lui serrant la main.

- Sous le ciel et sous le soleil, monsieur le comte. J'espère que vous vous portez bien ? Merci de m'accorder un peu de votre temps...

Ils s'installèrent, demandé ce qu'il désirait, il commanda la même chose que Ciphol. Le thé semblait être une excellente idée. Ensuite, le jeune homme supposa qu'il serait bon de présenter son affaire... N'ayant pas une idée précise en tête, il n'avait pas dit grand-chose au banquier... C'était probablement impoli, mais il valait mieux cela que de dire une sottise dont il allait se mordre les doigts par la suite. Il devait négocier avec un vénérable magnat de la finance, pas un malade mental scatophile, comme celui qu'il aida à soigner plus tôt dans la journée. Bref...

- Monsieur le comte, je désirais vous rencontrer pour vous demander d'apporter votre soutien à l'Ordre Saint Dietrich.

Non, malgré sa connaissance de la Cour et de la noblesse, Ludwig ne savait pas mener une négociation en tournant autour du pot. Ainsi, il y alla franchement, en présentant ce qui l'amenait d'entrée.

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MessageSujet: Re: Un même moyen pour différentes fins [Ludwig]   Dim 20 Jan - 15:16

Saint Dietrich… Ciphol resta perplexe quelques secondes. En temps normal, il aurait sans doute sorti son petit sourire machiavélique, mais il faisait face au Prince Ludwig Walhgren. L’homme ne l’oubliait pas. Il ne put, néanmoins, s’empêcher de rétorquer naturellement :

« Votre demande m’honore votre altesse. » Des plus poliment qu’il soit. Après tout Ciphol avait su, en quelques décennies de présidence, attirer dans les coffres de la Guardia la fortune des plus Grands. Il avait su faire de la Guardia, une banque de prestige destinée à l’élite de ce monde. La demande du Prince l’honorait réellement.

« Voyons-là une bien noble cause. » Lança t-il comme banalité pour aller dans le sens du Prince. « Mais je ne comprends pas totalement le sens de votre requête. De quelle façon souhaiteriez-vous que j’aide l’Ordre ? »

Ciphol s’avérait être obligé de clarifier la situation. Le Prince semblait vouloir rester flou, pour une raison qu’il ignorait. Stratégique, lui suggéra son esprit cartésien, impromptue, lui disait son instinct. A vrai dire, on le sentait comme un peu mal à l’aise. Il n’était certainement pas dans son monde, au vu de sa modique tenue. Et pourtant il était Prince. En fait, il avait même eut le luxe de choisir son propre personnage. Cette pensée amusa Ciphol, cynique qu’il était.

La demande du Prince l’interrogea néanmoins. Il préférait le laisser parler, pour mieux pouvoir rebondir sur ses propos. La négociation avait déjà commencé. Il savait parfaitement tenir une conversation, et amener là où bon lui semble son interlocuteur. Voilà ce qu’il savait depuis toujours, telle était sa force.

Il se laissa quelque instant distraire par l’exotisme du Ono. On leur apporta leurs thés, servis brûlant, bien entendu. Il profita de la venue de la serveuse pour demander un caramel salé, une extravagance de Ciphol… L’ambiance était comme apaisante en ces lieux. Les petites bougies multicolore parsemées de par et autres dans la pièce, se laissaient confondre avec des lucioles. L’odeur de l’encens et l’aura du Prince ne faisant qu’aggraver ce ressenti.

Malgré tout ce décor, Ciphol ne perdait pas le bout. Il avait l’habitude de jouer, même en terrain hostile. Ce n’était pas la première fois qu’il emmené ses clients au Ono Tofu. Un vieux jargon de commercial disait qu’il fallait mieux être le premier à faire la première offre : Fallait-il encore que Ciphol sache ce que voulait le Prince. En attendant qu’il précise, autant tisser des liens avec les Walhgrens, ça pourrait toujours servir un de ces quatre. Et au passage commencer à glisser tout doucement vers la partie « contrat ».

« Je serais ravi de pouvoir participer à une humble cause. » Il s’arrêta, puis repris. « Mais je dois être franc avec vous, si je vous aide à réaliser vos desseins, je dois être en mesure d’en attendre de même. »

Ah les desseins de Ciphol… il y en avait bien un, un de ces de vieux rêve à réaliser. Il porta sa tasse de thé à la bouche, comme pour se laisser une trêve dans ce combat verbal, le temps de rêvasser à cet unique espoir. Seul lui pouvait le libérer de son eschatologie personnelle…

« Je suis sûr que vous serez d’accord avec ceci. A égalité des hommes, égalité des échanges. » Il ne put s’empêcher de laisser apparaître ce vieux sourire de charognard laissant entrevoir toute l’horreur de son personnage. Un avide magnat de la finance, comme on en faisait plus. Un ripoux de la première heure…

« Pourquoi l’Ordre Saint Dietrich a-t-il besoin de fonds, si je peux me permettre mon Prince. Je pensais que l’Empire soutenait cet Ordre ? »

Tiens, une bonne question dont la réponse pourrait donner sorte à tout un tas de questions et autres effusions sophistiques sorties du néant. Les idées giclaient en Ciphol comme quand la mousse jaillit quand elle sort d’un bon baril de bière. Pourquoi ne pas enchaîner avec une conservation sur l’état de santé des finances impériales ? Ou sur les nécessités financières de l’Ordre Saint Dietrich ? Ou sur les étranges convictions du Prince à propos des miséreux. A vrai dire, une grande question intriguait Ciphol : Pourquoi Ludwig se souciait-il de la basse caste sociétale ? Ciphol n’effectuait ses choix que selon ses intérêts. Si le Prince s’était voué à leur cause, c’était bien pour une raison. Celle du cœur ne compte pas. Après tout, l’intérêt de ces gens n’est pas celui du Prince, l’intérêt des autres n’est jamais le sien. Telle était la philosophie de Ciphol, et le pire c’est qu’il s’en félicitait. Après tout, grâce à elle n’était-il pas devenu un Grand ? Mais à quel prix ?

[ Eh oui, pas si facile que ça de placer ces fameux mots je trouve X_X ]

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MessageSujet: Re: Un même moyen pour différentes fins [Ludwig]   Lun 21 Jan - 4:41

Ludwig constata directement que l'idée de faire un don n'allait pas passer facilement. On l'avait prévenu, c'est vrai. Difficile à croire que lui, qui était né dans la plus grande Maison de l'Humanité, allait avoir besoin d'aller demander la charité. Certes, pas pour lui. Laurenz l'aurait fait enfermer dans une cage en or s'il venait à apprendre que son frère mendie pour sa propre subsistance. Mais cela revenait au même. Même avec un nom qui lui collait à la peau, telle une marque congénitale, il fallait se baisser. Et cela ne lui posait pas de problème.

Cela pouvait paraître louche... Des familles plus fortunées que les Walhgren, il y en avait peu. Les Wu Zang avaient sans doute plus d'or que quiconque autre n'en aura jamais. Cependant, Ciphol pouvait s'attendre à ce que les fonds impériaux soutiennent l'Ordre Saint Dietrich. Cela était certes le cas, mais il ne s'agissait pas d'un soutien sans réserve... Il y avait des limites à la générosité du Régent, tout comme aux moyens disponibles. Sans parler du fait que la puissance des Walhgren se maintenait aussi grâce à des dépenses titanesques, notamment au niveau militaire. Si Laurenz cédait une fraction de son budget aux pauvres, son cadet n'aurait pas à être là. De toute évidence, la fabrication de nouveaux génos était plus importante que les citoyens mourants de faim. Même le vitriol que buvaient les soldats impériaux était plus important que de l'eau potable pour les protégés de Saint Dietrich.

Ainsi, commettait-il une autre indélicatesse au niveau de sa franchise, presque enfantine.

- L'Ordre aurait besoin d'une rentrée supplémentaire de vingt milles pièces d'or, avant la fin de l'hiver.

Et voilà, on parlait de quelque chose de concret. Puis vint la déclaration du banquier. Le vieil homme voulait absolument une contrepartie. Après tout, le gros de sa fortune venait de la banque. Et une banque n'était pas faite pour distribuer son or à tout va, même pour les beaux yeux d'un prince impérial. La question qu'Abraham posa jeta un froid sur leur entrevue. Ludwig ne répondit rien, laissant sa tristesse couler, avant de la maîtriser pour répondre en des mots politiquement corrects. Même si ses sentiments émanaient de lui en affectant son entourage, il n'avait pas à parler de ses problèmes familiaux à cet homme. Sûrement pas.

- Les caisses de l'Etat connaissent des limites, hélas, inférieures à ce que réclame le peuple. Ainsi, il est de mon devoir de trouver un maximum de donateurs charitables qui nous aideront. Comme je l'ai dit, aider nos malades et autres protégés à passer l'hiver nécessite bien des moyens. Il serait bon de soutenir les temples provinciaux de l'Ordre également...

Il s'arrêta et but un peu de thé. Ce dernier était brûlant, mais très agréable. Son parfum délicat pouvait largement rivaliser avec ce qu'il était possible de recevoir au Palais impérial... Le liquide procurait un plaisir supplémentaire de part sa qualité. Le thé servi au Temple, dans l'unique but de réchauffer les corps, n'avait certainement pas cette qualité. Evitant de penser qu'il buvait une infusion de pièces d'or, Ludwig poursuivit.

- La couperose s'est propagée cette année dans les quartiers pauvres, plus que par le passé. Il est difficile de la guérir, même avec nos talents... Le temps que tous puissent être traités, il nous faut des moyens de soulager leurs souffrances...

Hélas, le progrès de la science et de l'industrie impliquait généralement l'apparition de maladies de plus en plus tenaces. Certains malades devaient être soignés par plusieurs mages du sang à la fois. Ces derniers étaient ensuite incapables de travailler pendant deux ou trois jours, devant se reposer et récupérer leur énergie. Les anciens de l'Ordre, ou Ludwig, devaient juste dormir le reste de la journée et une bonne nuit... Mais à ce rythme, les rares mages du sang de l'Ordre ne pourraient jamais endiguer ce genre de problèmes. Il fallait également des fournitures plus conventionnelles. Et pour cela, il fallait de l'or. Beaucoup d'or.



[En fait, ça va. Je me cultive à chercher des sens alternatifs aux mots et ça rentre assez bien ^^]
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MessageSujet: Re: Un même moyen pour différentes fins [Ludwig]   Mer 23 Jan - 0:14

Charité… voilà ce que le prince demandait à Ciphol. Mais une charité qui se chiffrait à 20 000 pièces d’or. Donc pour traduire : une perte sèche. Le Prince semblait oublier le but premier d’une banque : faire du profit. Pourquoi devrait-il sacrifier le fond de ces adhérant dans une telle quête insensée ? Ce qu’il redoutait tant allait finir par arriver. Tant pis si tout cela, devait geler les négociations.

« Votre majesté, je me dois de vous rappeler que je n’ai pas le pouvoir de placer l’argent de mes épargnants dans une œuvre caritative… Cela reviendrait à sacrifier leur épargne tout bonnement. »

Ce que disait Ciphol était vrai dans un sens. Même si, bien entendu, il s’agissait avant tout d’un énième subterfuge sophistique visant à prendre l’avantage sur le Prince. Le Prince avait l’avantage d’être Prince, et donc d’être naturellement en position de force. Mais Ciphol détenait ce qu’il voulait. Il pouvait, avec différents tours de passe-passe financiers injecter des capitaux là où bon lui semblait. Sauf que, généralement ces investissements frauduleux lui rapportaient, et même beaucoup. Ce qui ne serait pas le cas de celui envers Saint Dietrich… Bref, après avoir rappelé ce léger détail au Prince, Ciphol reprit de plus belle. Il n’avait pas l’intention de repartir d’ici sans rien. Il trouverait bien un compromis avec le Prince, il avait tellement de choses à offrir….

« Néanmoins, je ne peux que m’incliner devant de si belles convictions, votre altesse. » La couperose, l’hiver,… Le flasque plaidoyer de son altesse constituait à invoquer la pitié de Ciphol… Pas de bol, il n’en avait pas. Le problème, encore une fois, c’est qu’il était Prince. Tout était question de savoir émettre ses exigences en douceur.

« Comprenez-moi… » implora t-il.

« J’aimerais vous aider, à condition qu’il existe une contrepartie. » Il s’interrompit. Ca y est, il l’avait clairement signifié : cela n’allait pas être un don. Mais comme toujours, il entrouvrit une porte de sortie. Une première proposition… Celle-là devait toujours se faire comme si elle se voulait unique et inflexible. Une vieille règle de charlatans…

« Bien entendu, j’accepte l’idée que vous ne me remboursiez jamais ces 20 000 pièces. Mais en échange, je veux tout de même, « quelque chose » qui me permette de récupérer cette somme, voire plus. Dans ce cas là uniquement, j’aurais l’honneur d’accepter votre requête. Puisque seulement dans ce cas, je pourrais faire fructifier l’argent de mes épargnants, ce qui est… mon travail et donc ma seule et unique prérogative.»

Première gorgée. Succulente. Le thé était comme il l’aimait, brûlant. Il se rendit compte un peu trop tard de la possible brutalité de ces propos. Il parlait au Prince… certes. Mais il n’allait pas se faire embobiné par un jeunot un peu trop idéaliste, lui, le philosophe cynique, le manipulateur. Il avait exposé sa morale à Ludwig, à lui le « rêveur ». La couperose pouvait faire des ravages chez les consanguins, Ciphol s’en fichait éperdument. Il n’avait d’ailleurs même pas rebondi dessus. Pire il ne comprenait même pas pourquoi cela devrait l’intéresser. Après tout, qu’avait-il à y gagner ?

« J’espère ne pas vous avoir désobligé votre majesté. » Il porta sa tasse à la bouche, assis en tailleur sur les innombrables et moelleux coussins sur lesquels ils reposaient. Il prit le temps d’observer le Prince. Il le trouvait doux rêveur, dévoué, un peu enfantin encore. Il avait beaucoup de charme, c’était indéniable. Une véritable beauté romantique. Son aura se propageait dans l’atmosphère déjà très particulière du salon. Elle l’intriguait sans savoir pourquoi. Son regard s’attarda toujours sur ses mêmes lucioles colorées… Elles avaient fait la réputation de l’arrière-salle. Il se souvint qu’il appréciait déjà de les voir, à l’époque de Sylvia… Déjà, hélas. Le temps passait si vite. Cette mélancolie obsessionnelle allait finalement le tuer plus vite que ce que l’Ombre en avait décidé.

Le caramel salé arriva sans plus tarder. Plus personne ne devrait pouvoir les déranger.

« J’ai préféré être franc avec vous, plutôt que de vous faire perdre votre temps. » Répliqua t-il comme « excuse », en espérant passer pour un honorable financier plutôt que comme l’avide banquier qui comptait même profiter du Prince, en « nature »… Ce que Ciphol n’espérait plus. Tout le monde savait bien qui il était. Et ce Prince savait pourquoi il avait choisi la Guardia Bank plutôt qu’une autre… Pas si facile que ça que de récupérer 20 000 pièces d’or sans guerre. Ciphol hésita à détailler une de ces choses qui l’intéresserait bien et que le Prince pouvait lui donner en retour, mais cela aurait pu être interprété comme de la présomption. Il préféra donc se ranger du côté du silence pour le moment.

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MessageSujet: Re: Un même moyen pour différentes fins [Ludwig]   Jeu 24 Jan - 8:42

Le thé était effectivement délicieux et ce qui leur fut apporté pour l'accompagné était... raisonnable. Nous ne pouvons pas parler de collation frugale, mais au moins, Ludwig n'avait pas à souffrir une surabondance de mets divers et variés. Le banquier avait été prudent sur le choix du lieu, une attention appréciable.

Ce qui était nettement moins appréciable, c'était la suite de la conversation. Pas de soutien sans contrepartie. La cause de l'Ordre avait beau être "noble", selon les dires du comte, elle ne méritait d'être soutenue qu'à condition qu'il puisse y trouver son compte. Y avait-il seulement encore quelqu'un qui s'intéressait vraiment aux pauvres ? Pas dans les hautes sphères de l'Etat, semblait-il. Le jeune prince sourit, amusé par la petite erreur dans les formules employées par le banquier... Cela faisait-il partie de sa stratégie ? En tout cas, Sa Majesté n'était pas là. Dans le salon de thé, il n'y avait que son altesse impériale, le prince Ludwig Walhgren. L'Empereur était occupé, comme toujours.

- Je vous comprends, bien sûr. Je m'attendais peut-être à un geste... plus personnel de votre part, monsieur le comte.

Ludwig plongea ses yeux dans son thé, alors qu'il écoutait son interlocuteur lui servir une réponse emphatique. Pourquoi les choses ne pouvaient-elles pas êtres simples ? Après tout, ils étaient là pour une affaire simple. Pas pour devenir amis ou alliés sur la scène politique. L'un voulait de l'argent, l'autre en avait... Pourtant, le tout ressemblait à une danse subtile, aux pas inventés au fur et à mesure.

Et après toutes ces paroles inutiles, l'autre parlait de franchise ? Manifestement, la haute société avait vraiment du temps à perdre. Mais il fallait jouer le jeu, maintenant qu'il avait énoncé ses intentions. De toute évidence, il fallait donner plus qu'une plaque commémorative en l'honneur du bienfaiteur de l'ordre. Plus qu'une statue, sans doute aussi. L'autre voulait clairement quelque chose qui rapporte de l'argent et non du prestige pur. Ciphol s'en foutait de laisser une marque sur l'histoire, comme un homme bon et généreux. Il voulait amasser le plus d'or possible... Et on ne pouvait le blâmer pour cela : il était à la tête d'une Maison Marchande, après tout.

- Je vous serai reconnaissant de savoir ce que vous désirez. Demandez, je ne vous en tiendrai pas rigueur. Après tout, nous sommes là pour conclure un accord. Puisque vous ne désirez pas vous montrer charitable, ce qui est votre droit, je m'attend à entendre vos exigences... Ne perdons pas le temps, comme vous le dites.

Ludwig fit de son mieux pour être ferme. Le résultat n'était pas mauvais, mais ne collait pas à son aura de joie et d'amour. Il était loin de ressentir de la colère... Un mage du sang moins stable aurait fait exploser les parties turgescentes du corps d'Abraham, une à une, jusqu'à obtenir satisfaction. Lui, en tant que membre de l'Ordre Saint Dietrich n'avait pas ce genre de pensées. Lâché sans aucun contrôle et sa capacité énergétique, il serait à lui tout seul plus meurtrier qu'un bataillon d'inquisiteurs. Mais nous ne sommes pas là pour parler de cela.

Le prince déposa sa tasse et regarda poliment son interlocuteur, le temps qu'il lui réponde, formulant au final ce qu'il voulait vraiment.
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