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 Lorsque la séance est levée...

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Sénateur

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MessageSujet: Lorsque la séance est levée...   Dim 24 Mar - 6:08

Le vernis du bois sauta finalement sous l'assaut de ses ongles. Borievnin observa le petit morceau et le laissa tomber au sol avant de passer son doigt sur le bord du bureau, là où il avait gratté. Il était assis derrière, sur sa chaise de sénateur, les bras maintenant croisés sur son ventre et la tête à moitié dans les fourrures d’apparat de sa tenue de sénateur. Tenue qu'il n'appréciait que trop peu d'ailleurs. Il s'agissait d'une chemise d'un bleu très sombre brodée de fils d'argent au niveau du col, des manches et de la ceinture. Sur ses épaules, sa cape de sénateur dargonais, avec le blason des Dragomirov sur la boucle et les couleurs le long du tissu, cette même cape qui lui fournissait des épaulières en fourrure de loup gris. Le nordique semblait presque faux dans cet accoutrement sobre mais raffiné, on le voyait bien mieux dans une armure...

Il affichait un air maussade en regardant un à un ses collègues quitter le sénat par petits groupes. Les jeux de la politique... Un véritable ennui, surtout qu'il n'était pas bon ! Il pouvait voir d'ici que des alliances existaient, que des sénateurs s'arrangeaient et se soutenaient entre eux. Et lui ? Il était seul, coincé entre le représentant d'une province dont il n'arrivait jamais à se rappeler du nom et un Van Lähre d'Überhal. Le Dargon était seul. C'est ce que lui avait confié la comtesse, avant son départ du nord.

"Agissez avec prudence, Dmitri. Les combats à la capitale se mènent d'une manière bien moins violente, mais sont plus déloyaux et peuvent conduire à des défaites aussi grandes que sur un champ de bataille. Vous êtes une légende dargonaise. Le peuple, la noblesse et moi-même avons tous foi en vos capacités pour défendre nos intérêts devant l'Empereur. Ne vous égarez pas dans la neige, chevalier."

Son regard se porta sur le régent, au centre du sénat. Quelques-uns conversaient avec lui encore, mais il ne devait rester qu'une dizaine de personne dans le bâtiment. Ce fameux régent que le sénat devait contrôler... Comment diable contrôler un Walhgren ?! C'était plutôt l'inverse qui se déroulait ici... Les sénateurs venaient implorer les faveurs de cette famille surhumaine et le régent n'avait qu'à se constituer un réseau d'agréables et importants collaborateurs et à profiter des dons et attentions de chacun... Et Borievnin enrageait... Car il savait déjà qu'il allait devoir jouer au même jeu que tous, s'il souhaitait servir Dargon.

Ses années de combat dans le nord ne l'avait absolument pas préparé à ramper devant un citadin, son fief lui manquait, depuis son premier jour. Son père, sur le déclin, risquait de léguer à son cher frère Vadil la totalité des terres... Et lui que lui resterait-t-il ? Son titre de sénateur et une place de choix pour observer la corruption de l'aristocratie ishtarienne.

Le bélier noir se releva, faisant craquer son fauteuil, et se glissa hors de son bureau pour se diriger vers le régent. Quelques sénateurs lui jetèrent un regard légèrement amusé... Il est vrai qu'il faisait tâche parmi tout ceux-là... Déjà que dans le district les gardes ne cessaient de lui lancer des regards bizarres. Cela faisait plus d'un mois qu'il était à Ishtar, pourtant il n'avait rien changé de ses accoutrements du nord. C'était son identité, ce qui lui restait de son pays, et même s'il pouvait avoir trop chaud, c'était le prix à payer pour rester lui-même.
Sa prothèse émettait un sifflement de vapeur discret à chaque pas tandis qu'il boitait tranquillement.

Le dernier sénateur venait de s'incliner devant le régent, quittant l'édifice. Walhgren jeta un œil au nordique alors qu'il approchait. Borievnin fit quelques pas de plus, s'arrêta et inclina la tête. Il passa par réflexe ses doigts sur son imposante moustache avant de prendre la parole d'une voix rocailleuse et fière.

"Régent Walhgren. Je suis le sénateur Dmitri Borievnin, représentant des intérêts de Dargon et de la famille Dragomirov."

Il marqua une pause pour observer la réaction de son interlocuteur, puis reprit.

"Je souhaiterais discuter avec vous d'affaires concernant le nord."

Il se demanda s'il ne devait pas ajouter une formule de politesse à tout cela... Après tout c'était un surhomme qui pourrait facilement l'étriper et le laisser ici, pendu à ses intestins... Enfin... C'était trop tard maintenant !
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Régent impérial

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MessageSujet: Re: Lorsque la séance est levée...   Mar 26 Mar - 5:05

Au centre de la pièce l'obséquieuse obsession tente d'enfermer dans une prison de mots le Régent Impérial. Et comme à chaque fois, elle se brise sous l'imperméabilité de l'esprit du Grand Homme. Offrant tour à tour son jugement – la verve maîtresse et une sensation de couperet – Maximilien ne défaille point. Le talent d'Orateur et le psyché puissant qui est sien analyse et déchiquette les pourparlers. Il n'y a, de sa part, aucune reddition. Juste le tranchant d'une lame qui frappe avec justesse, justice les moindres intrigues pécuniaires, humaines qui touchent l'Empire.

L'astre du matin est clairement visible dans le ciel de début de printemps lorsque la ronde des démêlés s'achève. Les sénateurs s'échappent hors des murs, un à un comme un noyau d'atome à peine déstructuré. La matrice du Sénat contemple cette échappée d'hommes politiques les uns aussi pressés que les autres. Bientôt, il ne reste en son sein que le Pilier des Walghrens, le Bélier Noir et le Sénateur Eldehard. Le dernier suscité s'échappe par la porte.

Seul ou presque, l'orage des prunelles de Maximilien se dépose sur l'homme du Nord. Fier et droit dans sa robe d'austérité, il porte son attention sur la marche de son voisin. La carrure du Noble Nordique reste assez impressionnante. Il le surpasse en taille. Se sentir minimaliste demeure une sensation pour le moins rare. Sa stature assez grande lui offre l'avantage d'être assez souvent haut perché en toute occasion. Cependant, en ce cas, il souffre d'une dizaine de centimètre en moins.

Silencieux, toute ouïe, l’Émissaire de l'Empereur écoute les mots qui s'envolent. Cette brève présentation exprime une personnalité forte et sauvage. Un tempérament franc.. Ce petit quelque chose qu'il apprécie insidieusement. Peu de ses collègues disposent d'un temps soit peu d’honnêteté. Seul leur profit personnel dicte leur acte. Appréciateur de cette différence, il se prépare à lui répondre. Hélas.. Dans son dos, un poison corrode l'entrevue.

« Pour parler avec l'un des illustres membres de la Famille Impériale, on utilise son titre. Pour notre cher Régent on emploie : Son altesse impériale, le Grand-Duc Maximilien Walhgren, Régent impérial, substitut du Saint Empereur d'Ishtar. Seul un rustre personnage est incapable de retenir ces termes. » Les orbes émeraudes jettent un regard amusé sur le Bélier Noir. Il a fait exprès d'utiliser un terme à rallonge. Une main se pose de façon amicale sur le dos du Pilier des Walhgrens. « Pourquoi perdre votre temps avec ce sauvage du Nord ? Un Homme, qui de prime d'abord, fait tâche parmi nous, mais, en plus, ne connaît pas l'étiquette pour vous parler, n'a pas à mériter votre attention.. Venez avec moi. Vous pourrez dîner chez nous ce soir. Ma fille sera ravie de vous voir. Et ma femme heureuse de parler avec un être aussi cultivé que vous. »

La paume de l'homme du Sud flatte l'épaule de Maximilien. Il le pousse amicalement à marcher. A le suivre Implicitement hors de la gueule du fauve. Les rouages de son esprit tournent et tournent sans cesse. Il espère grappiller un minimum de pouvoir en entrant dans les proches du Gouverneur d'Ishtar. Son silence implicite l'approbation et il poursuit donc... Assuré de la réussite. Subitement, un regard polaire posé sur son visage lui donne une sensation d'écrasement. L'aura du Régent déverse une houle acide, symbole de son impatience. Elle donne l’impression de vagues brutales renversant une chétive barque engagée sur les flots de l'océan. Une tempête houleuse où de pauvres carcasses en bois reposent à jamais dans l'abime liquide.

Mine sévère gravée sur les traits, son charisme étouffe. Maximilien semble beaucoup plus imposant qu'à l'accoutumé. Lui si patient fut exaspéré par le manque de politesse. Et cela se ressent. Les lippes fines doucement s’entrouvrent. Le filet de voix suave dessine sa partition sinistre, un glas effrayant..

« Le Sénateur Borievnin à le droit de bénéficier de mon attention au même titre que vous, Eldehard » La poigne d'acier du Régent Impérial pousse le poignet amical. « Au contraire de vous, il veut discourir des sujets concernant le Nord. Le seul intérêt que vous-même me portez est mon rang honorifique et ma consanguinité. Votre seul profit est lier votre famille à la mienne qu'importe les moyens utiliser... Vous allez même offrir votre fille en jachère sans vous demandez si moi-même m'intéresse à elle... » Silence et il poursuit. « Charmante soit-elle, je ne prendrais pas sa main. Je n'éprouve aucune attirance pour les esprits manipulables ou des poupées sans conscience... Le cas de votre douce enfant incapable de s'échapper de votre giron bien ficelé. La relation restera dans l'ordre du Cordial... »

Le Pilier des Walhgrens se détourne de l'être qui manque de peu de déglutir. Dans les oreilles du Grand Homme s'envole des mots impolis.. Insultant. Un poison qui exprime de manière peu dangereuse la folie du moment. Les miroirs d'âme se mêlent à ceux du Belier Noir. Ils expriment silencieusement de ne pas bouger. La situation est maîtrisée... Ou le sera incessamment sous peu. Le calme presque polaire de son expression contraste avec les milliers d'aiguilles piquant la peau... Son manteau de pouvoir enveloppe les êtres d'une cruelle lourdeur. Il n'aime pas qu'on l'insulte de cette manière.

Des gardes alertés pénètrent le seuil de la porte. Devant le Régent Impérial, ils attendent les ordres. Bien vite, les syllabes de Maximilien tissent leur commandement...

« Raccompagnez le Sénateur chez lui. Veillez à ce qu'il prenne du repos. Et qu'il ne revienne aux prochaines sessions qu'une fois l'esprit clair et limpide.... »

Sous le regard des deux imposants personnages, les Cerbères accompagnent le fautif à l'extérieur. Enfin seuls, les mers gris bleus du Walhgren reviennent se poser sur le Nordique. L'Homme d’État lui porte tout son intérêt.

« Maintenant que la situation s'est éclaircie, je suis à votre entière disponibilité. Comment se porte les Provinces du Nord ? »


[hrp : Pardon du retard. J'espère que le post te convient Smile ]


Dernière édition par Maximilien Walhgren le Lun 8 Avr - 3:35, édité 2 fois
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Sénateur

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MessageSujet: Re: Lorsque la séance est levée...   Mer 27 Mar - 5:33

[HRP : Tu as juste pris un jour de plus (que ce que tu avais prévu) pour me répondre, ce n'est pas un drame, surtout pour me fournir un post aussi riche. Et puis je ne suis pas pressé, savourons !]



C'est dans l'étrange flottement entre sa présentation et la réponse attendue que Borievnin eut l'occasion de se rendre compte de deux choses. La première réalisation vint avec son inspection brève du régent, maintenant qu'ils étaient assez proches pour se regarder dans le bleu du sang. Ce Walhgren n'était pas l'être qu'il s'était imaginé. Presque aussi grand que lui, bien plus mince certes, mais ce n'était pas le plus important. Le plus important, c'était ce visage. Ce visage et ces traits à la fois si fourni en vie, et si dénué d'émotions véritables. Le bélier crut pendant un instant voir là un compatriote. La sévérité des traits, le sérieux et l'importance qui se dégageait de ce faciès si particulier, tout cela ne pouvait concorder avec l'image qu'il s'était fait des hommes de la capitale, et surtout de la famille Walhgren.
Était-il le sujet d'un de ces tours de magiciens ? Un charme peut-être ? Un ensorcellement ? Il eut l'agréable mais troublante sensation d'avoir trouvé là une oreille attentive. Comme si, sans un mot ni signe en sa faveur, simplement en posant ses yeux sages sur lui, le régent l'avait accueilli avec une chaleureuse accolade.

Il s'obligea à dissimuler son léger étonnement lorsque la deuxième réalisation le frappa : ils n'étaient pas seuls. Sa surprise se dissimula bien vite sous les sourcils drus qui se froncèrent tandis que fusait l'attaque. Il réalisa, derrière sa colère, qu'il avait là le parfait exemple de ce dont la comtesse l'avait mis en garde : le pouvoir, représenté par le régent ici, accaparé et gardé par d'horribles serpents à la longue langue, frétillant autour pour en être les seuls gardiens et possesseurs.
Qui était cet homme ? Borievnin devait-il lui répondre à lui lorsqu'il s'adressait au régent ? Était-ce ainsi que fonctionnait les choses ici : des tas de personnes se parlant par messager, mais jamais de vive voix ?
Et que penser de ses paroles ? Certes le nordique n'allait pas s'outrager des étroites pensées d'un individu n'ayant jamais connu le froid, mais les sénateurs pensaient-ils tous ainsi ? Les politiciens, dirigeants de l'Empire, voyaient-ils les terres du nord comme la réserve des derniers sauvages et arriérés d'Ishtar ? Si cela était vrai, le sénateur dargonais allait effectivement avoir fort à faire ici pour faire valoir les droits de ses terres grises et froides.

L'étrange reptile sembla sur le point de s'échapper avec l'interlocuteur premier de Borievnin. Il ne fit qu'un pas, sans que le dargonais ne réagisse, lorsque soudain la température chuta. Quelque chose se passait. C'était Walhgren.
Il était devenu l'avatar de l'exaspération, son visage n'exprimait rien, tandis que ses yeux déversaient des flots de sentiments peu recommandables à l'égard du reptile. La bouche bée, Borievnin observa le corps du régent, cherchant des yeux la brume insaisissable qui semblait avoir envahi la pièce en un instant. Quelque chose d'étouffant, un mal-être profond qui lui donnait envie de tourner les talons et de s'éloigner de ce duo.

Et le régent parla alors. Adoptant la voix d'un doux dieu venu martyriser l'humanité. Le ton était agréable, mais le contenu mortel. L'humiliation devait être grande pour ce serpent, d'autant plus devant témoin. Le surhomme montrait-il là son vrai visage ? Où s'agissait-il encore d'une facette ? D'un autre masque ?

Des mots volèrent. Des mots qui n'auraient dû être prononcés. Là encore il ne fut qu'un spectateur muet, d'autant plus qu'une force l'intimait de ne pas faire un seul mouvement. Et il ne fut que trop heureux d'y céder. Il n'avait aucune envie de se jeter dans ce qui semblait se muer en tempête. Allait-il être témoin d'une mise à mort ? Que ferait-il alors ? Un Walhgren pouvait-il tuer impunément ? Que disait la loi dans ce cas... ?

Mais la vague se brisa soudainement et la dignité l'emporta face à l’intempérance. Et alors qu'ils se retrouvaient, enfin, seuls, le sénateur eut l'impression de s'éveiller d'un rêve. Il réalisa que l'attention du régent revenait sur lui. Qu'allait-il se produire ? Allait-il lui aussi être sujet à une folie destructrice ? Ces yeux avaient-ils le pouvoir de faire sortir un homme de ses gonds... ?

Mais, tel un acteur, le régent changea son masque une nouvelle fois. Borievnin sembla respirer à nouveau, le soleil revint se poser sur le sol propre du sénat, et les bruits de la ville furent autorisés à voler jusqu'à ses oreilles. Les yeux gris-bleu croisèrent ceux aussi noirs que la plume du corbeau, aucun choc ne se produisit. Il était autorisé à parler, il était même écouté.

"La neige est toujours là, altesse impériale."

Le sénateur n'était pas certain qu'un résidant d'Ishtar connaisse cette fameuse expression nordique pour indiquer que le cours des choses se poursuivait normalement, mais il préféra enchaîner, ne se laissant pas trop le temps de réfléchir sur le titre qu'il venait d'employer.

"Pour les détails concernant Gells et Überhal, il faudra s'entretenir avec les sénateurs des provinces respectives. Je peux cependant vous parler de la situation à Dargon. Nous forons de plus en plus profondément sous la glace, mais de nos mines partent toujours autant de chargement en direction de la capitale. Fridebourg est toujours à même de résister face à une éventuelle contre-attaque de l'Archipel Nord."

Les Dragomirov étaient depuis le début les responsables du port fortifié. Véritable place-forte, bunker titanesque pensé et armé pour tenir un siège naval. Borievnin se rappelait tout à fait avoir caressé le métal impressionnant de cet endroit, avoir ressenti la puissance de l'empire, avoir suivi des yeux les innombrables soldats servant la cause.

Frigidebourg, disait les soldats avec un rire gras. Plus froide et impénétrable qu'une femme. Cela ne volait pas haut du tout, mais il n'avait pas tort concernant le port, tout du moins...

"Le Nord tient, régent Walhgren, et vous aurez toujours le soutien de Dargon. La comtesse Alicia Dragomirov vous transmet ses plus nobles et estimés sentiments à vous, et à notre empereur. Et je serais heureux de lui transmettre un message de votre part."

Le nordique s'arrêta un instant. Ces nouvelles étaient plates, fades, et ne reflétaient pas sa raison d'être à Ishtar... Mais il fallait savoir introduire un sujet, respecter l'ordre des choses et répondre avant tout aux questions de son interlocuteur. Le mieux serait que le régent en vienne lui-même à poser la question de la répartition du territoire dans le Nord. Mais Dmitri Borievnin n'aborda pas lui-même le sujet maintenant. Il avait le temps et préférait attaquer les sénateurs de Try Orym ou de Van Lhäre en face, plutôt que d'être ce même serpent perfide qui venait de faire une honteuse sortie.

Pendant toute sa réponse, il s'était tenu droit devant le régent, son langage corporel en disant long sur son passé de soldat. Il faisait son rapport, rien de plus. Et alors que le régent semblait lui avoir offert une chaleureuse attention, il ne répliquait qu'avec un froid respect, ne dévoilant que trop peu son âme par ce biais. Sa moustache cessa de s'agiter alors qu'il accorda un moment de répit à son interlocuteur, attendant de voir si ce dernier souhaitait poursuivre sur une question particulière... Ou simplement le congédier, déjà lassé de lui.
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Régent impérial

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MessageSujet: Re: Lorsque la séance est levée...   Jeu 4 Avr - 11:29

Et dans le silence du Sénat, où ne réside maintenant que deux Grands Hommes, une discussion amorce doucement son commencement. Maximilien, fier et droit, visage toujours marqué par la sévérité, offre tout son intérêt à l'Originaire du Grand Nord. Le bleu gris des yeux fusionne avec le noir corbeau pour ne former qu'un noyau unique, une attention pleine pour l'un et l'autre.. Après un temps d'attente, les mots du Sénateur - enchaînements de syllabes et de termes - tiennent au courant des derniers événements.

Au vue des nouvelles fortes favorables du Continent Glacial, l'aura de pouvoir du Pilier des Walhgren se charge de Bienveillance. Une tempête qui caresse la peau amoureusement, la couvre d'une douce tiédeur. Elle bat au même tempo qu'un cœur logé dans une poitrine. Pom pom pom pom. Et ce, sans discontinu. Tout l'inverse du tumulte polaire qui s'était profilé plus tôt pour une cause fatalement risible aux prunelles de Maximilien.

Ledit personnage, les mains croisées derrière le dos, le visage ferme, laisse prévoir le contentement d'un sourire furtif. Ce stigmate de plaisir s'efface aussitôt remplacés par les lèvres qui doucement s'ouvrent. La voix de l'Emissaire de l'Empereur s'échappe librement.

« Je suis ravie de savoir que les Provinces du Nord ne rencontrent aucun problème. Vous m'offrez là, une joie délectable et exquise. Assez occupé par les Affaires de l'Etat, je n'ai pas eu la possibilité de le voir par moi-même. Vous me soulagez de ce poids en m'apprenant que rien de soucieux n'entache ce Froid Territoire. » Quelques pas et les mires ombrageuses se reportent dans celles du Bélier Noir. « Quant aux Provinces de Gells et Überhal, je me renseignerais auprès de leurs Sénateurs respectifs... Je doute qu'ils refusent de me tenir au courant des dernières nouveautés. »

Les mains se décroisent, Maximilien arpente du regard la vastitude du Sénat. L'architecture demeure à ses prunelles un véritable bijou. Une cage démesurée pour emprisonner un oiseau rare entre ses barreaux. Tout autour, ses gardiens mortels se tiennent. Leur fatal rôle : exercer un contrôle total sur lui. En l’occurrence.. Mais en vérité, un jeu d'échec s'engage perpétuellement entre eux. Un jeu où lui-même excelle. Le renverser est une bataille de tous les jours. L'immuable Régent file entre leurs doigts crochus. S'échappe du filet. Et parvient à se rendre nécessaire.

Quelques secondes, tout au juste s'écoule de la dernière parole à la contemplation des lieux. Puis, l'honni et apprécié personnage, revient poser le flot de ses rivières dans l'encre des yeux du Bélier Noir. Cette haute stature, droite et imposante trahis bien le guerrier un homme de Valeur. La personnalité atypique et cruellement intéressante ne peut lui échapper. Même dissimulé, son regard expert savait reconnaître un confrère quant il en voyait un... Si complémentaire. Si proche de son psyché captif, caché derrière le masque du Régent. Si loin des âmes corrompues et trop personnelle. Contenté, visage bienveillant, Maximilien offre ses termes entremêlés.

« Dites à la Comtesse Dragomirov qu'elle pourra toujours compter sur le soutien de la famille Impériale et de moi-même. Nous remercions toujours comme il se doit la fidélité qu'on porte à notre égard et à l'Empire. Nous ne tournons le dos qu'à ceux qui l'ont déplu. » Silence. La dureté des traits reprend son droit. « Qu'en-est-il de vous, Sénateur Dmitri ? Quelles sont vos réelles pensées sur la Capitale ? Et sur cet accueil dont vous avez été le malheureux tributaire ? »

Libre. Le bélier Noir est libre de couler ses exactes pensées. Le Grand Homme ne s'en sentira pas offusqué. Même si c'était un chapelet de plomb déversé sur sa tête. Dans l'attente de la réponse, le visage se tourne vers la porte présentement ouverte. Les gardes présentent les excuses du Sénateur Eldehard.

« Excuse Acceptée.. Cependant.. Je ne fus pas le seul à être, à ce jour, offensé. » L'attention froide, proche d'un couperet se porte sur l'Homme du Nord. « Il est libre à vous de pardonner l'attitude du Sénateur Eldehard. Ou non. Je ne vous forcerais pas la main. »

De façon évidente, Maximilien n'appréciait pas le tumulte ou l'offense au sein même du Sénat. La paix se devait d'être immuable dans le lieu où les décisions importantes de l'Empire se jouaient.

[hrp : Merci merci merci <3 Le tien était super. J'espère que le mien t'offriras assez de matière. ><]
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Sénateur

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MessageSujet: Re: Lorsque la séance est levée...   Lun 8 Avr - 4:39

Ce fut lorsque le régent eut fait trois pas que Borievnin se rendit compte qu'il était resté immobile, laissant le surhomme marcher seul l'espace d'un instant. Le nordique se dépêcha de le rejoindre, ayant pris son déplacement pour un début d'aller et retour devant lui, à la manière d'un général haranguant ses troupes. Il était également concerné par la formulation de la réponse de son révéré interlocuteur. Le sénateur se demanda s'il n'avait pas fait trop de zèle dans la mise en valeur de la puissance et l'autonomie de sa chère nation. Aurait-il dut commencer immédiatement par les problèmes de frontières ? Le régent devait forcément être au fait de rivalités anciennes et belliqueuses entre les trois provinces. Avait-il saisi l'occasion pour se dédouaner, en prenant pour vérité absolue les paroles de Dmitri ? Borievnin préférait ne pas y croire et conserver ce sentiment de confiance qu'il voulait accorder à ce politicien tout-puissant.

Il suivit donc la pièce maîtresse du sénat dans son déplacement. Le chevalier boitait, le bruit de son pas de géno frappant le sol au rythme des petits sifflements. Le régent s'arrêta à nouveau, évoquant les sénateurs des provinces voisines au Dargon, avant de se plonger dans la contemplation de l'architecture. Durant ce court répit, Borievnin considéra ses options concernant ses rivaux. Comme il le pensait déjà plus tôt, se plaindre dans l'ombre au régent n'était pas dans ses habitudes, il aurait préféré accuser ouvertement Gells et Überhal, devant les envoyés des deux provinces... Mais la situation compliquée du nord rendait la chose périlleuse. Les trois provinces étaient bien évidemment assujettis à Ishtar et à l'Empereur, et œuvraient ensemble pour un but commun : la prospérité de l'empire. Et officiellement il n'existait là-bas que des inimités mineures, de petits heurts sans importance...

En réalité, les provinces nordiques cachaient beaucoup à la capitale, comme d'autres provinces. Ça, Borievnin en était sûr. L'espionnage industriel, militaire, économique, les raids sous déguisement de bandits, les opérations clandestines, le règlement de comptes par milices non-officielles ou groupe de mercenaires... Les trois provinces jouaient à un véritable jeu de guerre, tirant les ficelles depuis leurs hautes sphères. Le chevalier avait déjà entendu quelques conseillers proches des Dragomirov énoncer que l'Empereur n'ignorait rien de ces actes déshonorants, mais qu'il ne prenait aucun parti ni acte pour faire conserver au nord son chaotique équilibre. Car cette même rivalité boostait la production, l'industrie et la science de chaque province pour une course à la domination... Et cette production revenant à Ishtar même et bien... Il était facile de voir là l'intérêt des Walhgren... Si tant est que cela fusse vrai.

Ainsi... Pour peu que le chevalier Borievnin soit trop direct, qu'il avance les preuves concernant certains faits occultes à l'encontre de Dargon, il était tout à fait sûr que les accusés répliqueraient également avec moult arguments et indices pour contrer Dragomirov et son sénateur. Lui-même ne savait que peu de choses des manipulations et actes secrets entrepris par les dirigeants de sa province, il était un chevalier honorable, une figure de la propagande dargonaise... Les acteurs de ces tragédies sombres préféraient donc le laisser à l'écart, de crainte d'éclabousser leur parangon d'un quelconque scandale... Enfin... Au moins à Ishtar ne risquait-il rien...

Revenu à lui, le régent lui fournit une réponse protocolaire, face à sa salutation du même style, rien de bien palpitant, mais il était toujours bon de pouvoir rappeler à un grand qu'il avait assuré son soutien. Ce fut lorsque le nordique s'inclina de manière très brève et martiale que le régent le pris au dépourvu. Le pauvre dargonais s'en retrouva momentanément bloqué dans son salut, considérant cette question qui semblait à la fois si anodine... Et si dangereuse.

Il se redressa, faisant face au surhomme. Ses yeux trahirent un instant son désarroi alors qu'il cherchait une réponse intelligente et correcte à fournir à Maximilien Walhgren. Il se rendit compte au même moment que cela allait à l'encontre de ce que lui demandait le régent. Il ne voulait pas de lui une énième phrase fade et presque rituelle, du moins en apparence... Mais Borievnin n'aurait su dire si cela était sincère, ou encore un piège de ce jeu mortel qu'était la politique. Il se décida alors, se recomposant un visage, à n'offrir qu'une réponse à demi-sincère, invitant ainsi son interlocuteur à saisir le morceau qui l'intéressait réellement, pour délaisser l'autre.

"Ishtar est une belle capitale, moderne et représentative de la diversité de notre empire. C'est peut-être cela qui me donne l'impression d'y être perdu, de ne pas encore y avoir mes marques. Ce n'est pas mon fief, ce n'est pas le Dargon, pourtant c'est chez moi."

Il prit un instant, tandis que deux gardes s'approchaient d'une démarche parfaite vers eux.

"Je suis honoré de servir ma comtesse et ma province au sénat, et je n'échangerais ma place pour rien au monde. Il me faut toutefois un peu de temps pour me faire à mon nouvel habit de sénateur... Au sens propre comme au figuré d'ailleurs..."

Il tira sur sa tunique un instant puis s'éclaircit la gorge, faisant trembler son imposante barbe.

"Je sais que le sénat est la clé pour obtenir un empire uni... J'ai seulement... Parfois... L'impression qu'une minorité de sénateurs, et je ne nomme personne en particulier, n'y n'accuse formellement, ont plus à cœur leurs petites alliances et marchandages que l'unité et la défense des provinces..."

Il se demanda s'il n'y était pas allé trop fort, si le régent n'allait pas exiger de lui qu'il revienne également au sénat une fois les idées plus claires, comme ce serpent de tout à l'heure.
A ce propos justement, les gardes abordèrent avec respect les deux hommes, présentant des excuses formulées par le repentant reptile. Le régent joua encore de son impeccable sens royal, celui de la bienveillante justice, et Borievnin n'épilogua pas bien longuement quant à cette histoire d'insultes.

"Je pardonne son ignorance concernant les atouts qu'apportent les hommes du Nord à l'Empire."

… D'autant qu'il n'était plus sûr lui-même des bienfaits des contrées chaudes... Les fermes, le blé et la nourriture peut-être ?

"Ce n'est, comme vous vous en doutez, pas le premier affront que je reçois. Il semble que les résidents de la capitale pensent que du nord ne viennent que le produit extrait des mines et des sauvages incapables de distinction. Fort heureusement, nous savons parfaitement que l'Empereur n'est pas de cet avis, tout comme vous régent."

Les gardes s'éloignèrent après s'être incliné. Le visage si neutre et à la fois si inspirant du régent revint sur lui. Dmiri Borievnin réalisa alors en l'espace d'une seconde, que cette première rencontre avec cet homme qu'il pensait si inatteignable s'était déroulée d'une manière tout à fait encourageante de son point de vue. Le chevalier s'était efforcé d'être le plus sincère possible dans le contexte donné... C'est à dire discuter de questions sensibles avec un inconnu capable de vie ou de mort sur vous. Il ne restait plus qu'à espérer que Maximilien Walhgren donnait là également son vrai visage et ses vraies pensées. De plus, ce surhomme semblait au moins avoir feint de s'intéresser à ses pensées, de creuser la question, comme s'il se doutait que le nordique pensait plus qu'il n'en disait. Et il avait vu juste... Peut-être parce que lui-même s'adonnait à cette pratique prudente.

"Et vous ? Que pensez-vous de tout ça ?"

Son cœur rata un battement. Avait-il réellement parlé ? Il fixa un instant sa main ouverte, qui avait présenté ce ça : le sénat, et plus largement la ville l'abritant. Dmitri Borievnin, jeune sénateur et vieux chevalier bourru, face à l'un des hommes les plus importants du royaume, venait-il vraiment d'exiger de connaître à son tour le fond des pensées du régent à propos du sénat, des sénateurs et d'Ishtar ?

Ses lèvres blanches contrastèrent un instant avec la noirceur de sa barbe, attendant avec crainte la réaction du régent.
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Régent impérial

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MessageSujet: Re: Lorsque la séance est levée...   Mar 23 Avr - 5:58

[hrp : pardon pour cet horrible retard. T'auras le droit de me fouetter jusqu'à ce que mort s'ensuive >w<. Ou me disséquer pour voir mes boyaux sortir de ma carcasse. >< ]

Les affres du Nord et leur entente parfois chaotique ne parvenaient pas toujours jusqu'à lui. Placé au dessus de tout, avec un pouvoir colossal que de nombreux hommes jalousent ou craignent, Maximilien se savait écarté de toute information trop compromettante. Cette diablerie possédait le don de l'agacer, de percer l'abcès de sa froideur. Et malgré tout, malgré son déplaisir certain, il feignait de ne pas s'en rendre compte. Un véritable masque d'indifférence empêchait aux fautifs de jauger son intelligence. Et sa réelle perspicacité. Cela serait trop facile d'offrir de nouvelles cartes à leur jeu de contrôle.

Le Grand Duc aimait se placer en maître des Clés, âme aux deux visages : Imperturbabilité et Imprévisibilité. Avec tout le monde ou presque. En ce moment, ici, où l’Émissaire de l'Empereur marche quelques pas dans le Sénat, il n'y avait de place qu'à sa grande condescendance. Le calme étant revenu, la traîne de son pouvoir n'avait pas besoin de se teinter de lourdeur. La Paix et la Sérénité. Ces deux belles Dames s'invitaient à la Conversation. Une discussion forte intéressante. Enrichissante. Dénuée de la ribambelle d'ennui et d'hypocrisie. Une discussion sur l'instant reportée par la Contemplation de sa Cage.

Masque du Régent dessiné sur ses traits sévères, le bleu gris des yeux revient se poser sur l'imposant Bélier Noir. L'écoute attentive de sa démarche le renseigne sur un léger détail : le bruit discret de la jambe. N'émettant aucune syllabes sur cette particularité, Maximilien s'intéresse à la lueur qui apparaît dans les limbes noirs de son voisin. Cela aurait été étrange qu'il ne se sente pas perdu sur un sentier de braises. Pourtant, le but était bien de parler sincèrement. De poser cartes sur tables. D'installer entre eux, si similaires et si éloignés à la fois, une sainte franchise. Le piéger n'était pas son dessein. Une mention qu'il taira. L'Homme du Nord finira bien apercevoir les pensées derrière le non dit.

Silencieux, il écoute attentivement la réponse. Il la dissèque minutieusement. Le Politicien n'en retient que ce qu'il souhaite : la sincérité qui se glisse sournoisement comme un serpent autour d'une musaraigne. Puis le final. Ce petit quelque chose qu'on ne portait pas jusqu'à ses oreilles. Les conflits d'intérêts. Les rivalités. Les cachoteries. Un sujet qu'il ne manquera pas de vouloir connaître en son intégralité. Mais avant, sa voix - jusqu'ici éteinte - offre la suavité de ses notes.

« J'espère sincèrement que vous arriverez à vous acclimater à ce changement d'atmosphère qu'offre la Capitale. Et si vous en éprouvez une certaine difficulté ou un mal du pays, vous pourrez demander mon aide, Sénateur Dmitri. Je serais ravi de vous l'apporter. » Silence pour offrir à l'imposant homme du Nord un temps de réflexion. Il lui offrait la chance de pouvoir discourir à d'autres moments que les séances, en toute impunité, bien sûr. Aucun sous-entendu. Aucune corruption. Maximilien repris sur un ton plus sérieux. « Vous devez vous douter que je ne suis pas au courant de tout, Sénateur Dmitri, sur ce qui se passe dans les Provinces. Mes connaissances n'appartiennent pas à l'omnipotence. Ni à l'Absolu. Même si celles-ci me seraient fortes agréables. »

Un instant, les mires de Maximilien se teintèrent d'une profondeur dérangeante, pour reprendre un aspect plus naturel. Le but n'étant pas de le mettre mal à l'aise. Juste de faire passer le message sur un point important : il ne possédait pas l'Ubiquité. Sa tête se tourne pour poser l'intérêt sur les gardes. Pardon offert, il ne manquait plus que celui du Bélier Noir. L'Homme du Nord l'offrit lui aussi au Sénateur Eldehard. L'affront étant excusé, il n'est pas nécessaire de revenir sur la faute. Cependant, dans un coin de son esprit, au plus profond de son psyché, l’Émissaire de l'Empereur ne tolérerait pas une récidive de sa part. La prochaine fois, l'épée de justice tombera sur la gorge délicate. Le repentir ne changera rien au sort qui l'attend... Sa patience possédait des limites et il était fort malvenu de vouloir les découvrir.

Prit sur cette légère pensée, le Pilier des Walhgren écoute d'une oreille distraite les propos du Chevalier. Le temps d'un soupir et l'attention se porte des gardes à lui. Vissage sévère gravant ses traits, le timbre de voix s'écoule.

« Les jeux de pouvoir sont parfois le reflet de la cruauté humaine et l'hypocrisie. Il est dur de garder en tête ses principes fondamentaux lorsqu'on possède entre ses doigts la vie d'autres âmes. Le Sénateur Eldehard en est le parfait représentant par son erreur à s'être arrêté sur votre unique apparence. » Les mains se croisent derrière le dos. « Chaque âme est un maillon manquant pour le bon équilibre de l'Empire. Personne ne doit être lésée. Nous ne l’ignorons point. »

Ces Syllabes entremêlées en disaient long sur le grand Homme qui se tient à la tête de l'Etat. Une main de fer dans un gant de velours. Une personnalité à l'écoute. Une montagne inébranlable aux épaules solides. Quelqu'un qui ne pouvait être moulé dans la duplicité et le mensonge. Il était droiture, justice et Respect... Et le resterait jusqu'à ce que l'Ombre ne l'absorbe en elle, le moment venu.

Ou presque. En cet instant précis, quelque chose pouvait surprendre le Bélier Noir. Le rire de Maximilien en réponse à La question. Le Régent Impérial ne s'était pas attendu à une telle interrogation. Celle-ci avait de quoi bien le surprendre. Ce qu'il pensait de CA ? Jamais personne avait démontré un quelconque intérêt pour son point de vu sur l'Empire et le Sénat. De nouveau sérieux, un sourire s'ourle aux commissures de ses lèvres. Le visage de Maximilien parut un peu plus jeune, moins dur, plus humain. Quant à son aura, une vague de bienveillance pure, preuve de sa bonne grâce.

« Votre tête ne tombera point, Sénateur Dmitri. Vous n'avez pas à vous recouvrir d'une traîne de frayeur car vous m'avez questionné sur le fond de mes pensées. Votre question est tout à fait légitime. » Lourd silence. Quelques pas. Posture impeccable. « Le Sénat. Ma cage est un mal nécessaire pour la bonne marche de l'Empire. Laisser un pouvoir incommensurable à un seul homme peut l'amener sur les limbes d'une dictature cruelle et sanglante. Le Peuple et les Provinces auraient été lésées. Ce lieu a donc sa propre importance. Tant pis si je ne détiens pas l’entièreté de ma Liberté. Puis... » Le bleu gris des yeux de l’Émissaire de l'Empereur s'enfonce dans les mers noirs de l'Homme du Nord. « Mon propre sacrifice me permet de protéger ma famille. Je n'apprécierais guère qu'ils ne puissent vivre comme ils l'entendent, dans le respect de l'étiquette. Leur libre arbitre m'importe comme leur propre bonheur. »

A coeur ouvert. L’Excellence offrit au Nordique une franche sincérité. Les paroles d'un Homme prenant soin du bien être de tous : du Peuple, de sa Famille sans penser à ses désirs personnels. Une figure plus paternaliste que chaotique. Des petites miettes sur la face cachée de l'un des plus puissants Politiciens.

Un lourd silence se glisse sur eux. Une autarcie voulue par l'authentique personnage. Il ne voulait pas brusquer le Sénateur après le long pourparlers. Il avait de quoi réfléchir. Penser. Se questionner. Torturer son esprit d'une avalanche d'interrogation. Remettant en place sa robe d'austérité, Maximilien replace sur son visage le masque de fermeté.

« Bien, maintenant que j'ai fait montre d'une totale sincérité à votre égard, Sénateur Dmitri, me direz-vous ce qui se passe réellement dans les Provinces du Nord ? Vos propos sur vos impressions ne m'ont pas échappé. Et je me doute qu'il y a un maillon manquant sur la situation de Dargon. »



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MessageSujet: Re: Lorsque la séance est levée...   Mer 1 Mai - 4:04

[HRP : Pas de soucis, comme je te l'ai dit, je ne cherche pas l'empressement dans le RP. Je profite de ce post pour te signaler à toi en particulier mon absence prochaine (je vais faire un post dans le sous-forum adapté de ce pas). Du coup tu es libre de clore le RP comme tu l'entends à la suite de ce post, ou de m'attendre pour le poursuivre. J'espère avoir fourni une bonne réponse avec celui-là. J'ai des doutes concernant les traits du caractère que j'essaye de faire passer dans la dernière partie, mais bon, tu es seul juge. A très vite !]

Le rire prit le sénateur au dépourvu, le surprenant presque dans l'attente d'une réaction chez son interlocuteur. Quand bien même le régent s'était conduit de manière extrêmement louable envers Borievnin et que ces humeurs présentes, l'étrange aura qu'il projetait autour de lui, trahissaient que son rire était franc, le chevalier ne pouvait s'empêcher de trouver la présence et le discours de ce surhomme déstabilisant. Ce n'était en effet pas tous les jours qu'il était amené à faire face à l'un de ces dieux au corps d'homme. Il ne s'agissait pas d'une discussion normale, chaque mot sortant de sa bouche était analysé, chaque réponse nourrissait son interlocuteur.
En effet il ne se sentait nullement proie du régent Walhgren, et ce dernier semblait tout faire pour le mettre à l'aise... Mais tout de même, c'était une rencontre pour le moins surnaturelle.

Puis les paroles viennent avec une impression de franchise désarmante. Borievnin ne fait que fixer, droit également, son interlocuteur tandis que celui-ci livre une confession de sa condition. Les mots semblent avoir été réfléchi à l'avance, choisi avec le temps. Des impressions diverses envahissent le bélier noir. À commencer par l'impression de sacrifice, comme nommé par la personne du régent elle-même. Ce surhomme n’œuvrait pas ici pour sa propre condition, pour ses propres intérêts. Il servait de bouclier pour sa famille. Le code d'honneur d'un homme bon et désintéressé.
Et puis... Il y avait cette mise en garde sous-jacente. Pas contre Borievnin en particulier, non. Mais contre les ennemis des Walhgren. C'est du moins comme cela que l’interpréta le sénateur. Dictature. Ce mot possédait une force en lui-même. Une menace pour ceux ayant foi dans les pouvoirs du sénat. La gouvernance d'un seul homme pouvait être dévastatrice en effet. Qui désignait le régent ici ? Lui-même ? L'empereur ? Était-ce une promesse envers ceux souhaitant lui nuire ? Une mise en garde pour protéger les valeurs des sénateurs et le pouvoir de ces lieux ?
Et cette fidélité familiale pourrait jouer des tours bien sûr, que le danger vienne de la famille elle-même, ou de l'extérieur.
Tout cela donnait à penser... Mais semblait honnête. Et le régent l'avait sûrement voulu ainsi. Il voulait mettre Borievnin en confiance, quelque soit le dessein final. Il n'y avait qu'à voir la délicate attention qu'il lui avait fait plutôt. L'invitation pour l'homme du nord de faire de cette figure de la capitale son confident en d'autres occasions. C'était osé, surtout pour quelqu'un enfermé dans une cage contrôlée par des sénateurs, que de tenter de nouer un lien avec un de ces fameux sénateurs.

Mais le représentant de la famille Walhgren révéla finalement son but, ou du moins l'un de ses buts. Borievnin se retint de grimacer. Il est vrai qu'il risquait l'affront à refuser de se confier à son régent, maintenant que celui-ci lui avait fait l'honneur d'ouvrir la marche sur le sujet. Et en parlant de sujet... Celui choisit par son interlocuteur était pertinent, pour en dire le moins. Borievnin venait de goûter là à l'intelligence affinée qui semblait caractériser le régent. Que ce dernier ne lui veuille que du bien ou non ne changeait pas grand chose : il était tout de même à sa merci.

Mais le chevalier faisait face à un dilemme. Il était fidèle aux Dragomirov et fidèle à l'empire. Il ne voulait trahir ni l'un ni l'autre et ses prochains propos l'obligerait cependant à désobéir à l'un. Il n'était bien sûr au cœur d'aucune conspiration et ne possédait aucun lourd secret. Il savait seulement que les intérêts de Dargon n'allait pas dans le sens des provinces voisines, et que se confier maintenant reviendrait à engager son cheval sur un lac gelé.

Le désespoir l'envahit. Il était un bien piètre politicien. Sans doute le pire d'Ishtar. A déblatérer avec un représentant de l'empereur, à ne pas calculer ses mots, ses actes. Satané fou, la comtesse aurait sa tête. Non, il ne pouvait la trahir, pas même pour le régent. Pas après tout ce qu'il avait vécu en Dargon. Mais il ne pouvait non plus cracher dans la main tendue, pas même si elle dissimulait une lame, c'était à l'encontre de l'étiquette et de bon nombres de préceptes auxquels croyait le chevalier.

Il mit un genou à terre, surprenant geste en plein milieu du sénat vide. La tête courbée, offrant sa nuque charnue au régent.

"Pardonnez-moi, régent. Car je ne peux en toute honnêteté répondre à vos questionnements. Cela reviendrait à trahir ma suzeraine, à qui j'ai juré fidélité, comme à l'Empire. Cela salirait mon nom, mon honneur et mon fief."

Il n'osait, à aucun moment, relever la tête, attendant de sentir le poids écrasant d'une aura, ou de sentir la lame d'un garde sur lui. Au moins n'aurait-il pas failli pour son sang. Il reprit. Sa voix grave ne trahissant que sa sincérité.

"Je ne peux que vous jurer qu'en aucun cas le Dargon œuvre pour le malheur d'Ishtar. Il s'agit de vieilles affaires qui concernent le Nord et je prie mon régent de croire qu'il m'en coûte de ne pas me confier à lui... Mais que je n'ai d'autres choix. Je suis fidèle aux miens."

Un silence s'installa, pendant un instant.

"Si mon régent souhaite me mettre aux fers, me punir ou disposer de moi. Je suis à son service."

Il demeura là, à la merci du représentant de la famille Walhgren. Étrange manifestation de la fidélité que voilà, surtout dans une ville où il était facile de conspirer et trahir. Encore par ce comportement, le chevalier se démarquait d'un certain nombre de ses pairs. Il était lié aux pierres anciennes des forts de Dargon, lié à la neige des toits de son fief, lié au sang des Dragomirov. Il s'agissait d'un honneur et d'une fidélité de glace, comme son pays. Il avait prononcé des vœux qui signifiaient, et si cela le menait à la mort en ce jour, il s'y rendrait en sachant avoir bien agi.
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MessageSujet: Re: Lorsque la séance est levée...   Jeu 23 Mai - 13:53

[Hrp : Une réponse de fou que tu m'as fait o/ Et non non, je ne clôture pas. XDDD On peut encore très bien poursuivre. T'attendre pour continuer ne me dérange pas du tout. C'est à toi de voir si Dmitri oserait faire comprendre à Max' qu'il est temps de boustifailler XD. Car les heures coulent comme la salive pendant la discussion o/]

Du début à la fin, Maximilien s'était fait monstre de Sincérité envers l'Homme du Nord, tant par respect pour cet imposant être qui mesure quelques centimètres de plus que lui que pour lui et sa nature profonde. Par ses syllabes entremêlées, par ses actes et ses gestes, le Sénateur Dmitri reçu une cruelle franchise. La preuve en était qu'il n'avait pas chercher à dissimuler son rire au grand étonnement de son voisin. Pourquoi aurait-il du le faire ? Partager sa franche bonne humeur est un geste de confiance qu'il ne communiquait qu'avec des êtres incroyables. Les autres restaient aveugles de cette facette et le demeuraient jusqu'à rejoindre l'Ombre.

Le Bélier Noir pourrait donc se sentir honoré de cette faveur qui était en grande partie le résultat de sa personnalité forte atypique. En une rencontre, il parvint à charmer le Pilier des Walhgren. Il lui prouvait que dans la fosse de ses détraqueurs, des esprits surprenants existaient. Des forces de la nature qui sortaient du lots d'hypocrites en soufflant des questions que personne encore n'avait oser soumettre. Hélas, cette différence frappante comportait des risques néfastes. Les moutons blancs crachaient leur dégoût sur les noirs. Ils rejetaient leurs pairs de manière sournoise, édulcorée ...

Maximilien veillerait donc à ce qu'une telle entorse à l'étiquette ne se reproduise plus à l'encontre de lui ou à l'un des représentants des contrées...Tous. Tous se situaient au même niveau. Pas un ne se devait montrer publiquement son animosité à l'égard de son voisin. S'il devait le faire, il vaudrait mieux qu'il la garde bien secrètement au fin fond de soi. Car LUI ne supportait pas ce genre de bassesse. C'était fort inqualifiable, intolérable.. Surtout lorsque son rôle est de garder une certaine unité pour le Bien du Peuple et de l'Empire. Des dissensions intérieures pouvaient fatalement détruire la Bonne Régence de l'Etat et le mener à sa perte. Ce que refusait totalement le Grand Duc.

Le Grand Homme veillerait à avoir une discussion sérieuse avec le Sénateur Eldehard lorsque le temps le lui permettrait. Jusqu'ici, d'humeur conciliante et ravie, de ses lèvres, sortie la réponse tant attendue. Son avis sur sa situation présente : sa cage aux barreaux dorés et l'Empire.. Celle-ci donnait matière à réfléchir à son vis à vis et de précieuses minutes pour le sujet sérieux qu'il aborda ensuite. Masque de gravité dessiné sur le visage, l'authentique personnage dévoilait au Nordique une part de sa perspicacité affinée.

Ses propos ne reçurent pas l'effet escompté. La réaction fut au-delà des prévisions pour le grand Dam de l'Emissaire de l'Empereur. Il n'avait pas présagé que les syllabes soufflées créeraient sur le faciès voisin un voile de désarroi. La crainte prenait le dessus sur l'Originaire de Dargon. Réaction qu'analysait sur le moment le regard scrutateur.

Sous le tumulte des yeux bleus gris, le Chevalier mit genoux à terre, la nuque offerte au passage d'une lame coupante. Face à ce geste surprenant, le sourcil de Maximilien se lève, la sévérité des traits s'accentua. Emmuré dans un profond silence, l'Illustre Membre de la Famille Impériale écoute impassible. Il attend de manière implacable son Heure... Celle de faire entendre de nouveau dans ce Sénat vide de Monde autre qu'eux deux sa Voix... Il patiente, ici-même. Il laisse intentionnellement le règne à son Mutisme. Nulle autre chose ne tentait de prendre le dessus sur lui.

Maximilien était calme, fermeté, impassibilité. Une véritable statue de chair qui se contente uniquement de ouïr les paroles. De les décortiquer. Les analyser. De ne garder que le noyau central. Le Sénateur Dmitri ne dirait rien de plus sur la situation de Dargon et des Provinces du Nord. Il comprenait la situation délicate qui le menait à s'abaisser devant lui... Les codes de la Chevalerie étaient incroyables, inimitables... Un lien de Loyauté absolue entre le Suzerain et son Vassal. Mais, tout ceci n'amenait-il rien de bon ? Le Grand Duc ferme ses paupières.

Lui qui jusqu'ici avait attendu que le Bélier Noir ne finisse ouvrit ses lèvres. Du fin passage, s'échappe sa voix, douce rivière, proche d'un murmure, plus douce que l'aura qui se propage, intense.. Lourde. Un tumulte puissant qui passe sur le grain de la peau.

« Debout, Sénateur Dmitri. » L'Orage des prunelles se loge sur le Chevalier. Le toise de toute sa hauteur. « Vos propos ne méritent pas une juste sentence... Demander une Grâce pour une offense qui n'a pas été perpétuée est inutile... L'insistance sur elle peut provoquer tout au plus mon Impatience. Et je doute que désirez me voir moins conciliant. »

Bruissement de tissu.. Marche. Et le Pilier des Walhgrens est dorénavant plus proche du Nordique. S'abaissant, le neigeux de sa crinière tombe sur la nuque charnue. Si proche et éloigné à la fois, il poursuivit.

« Je connais les liens qui vous lie à la Sénatrice Dragomirov : le Suzerain et le Vassal, le code de la Chevalerie. Des préceptes qui se perdent au fil du temps. »

Il les connaissait tous ou presque... L'histoire, un domaine qu'il connaissait et savait apprécier à sa juste valeur... Le temps des Chevaliers... des Guerres. Des paix.. Lui n'en était pas un.. Il agit et agissait comme le Bouclier de la Famille Impériale. Le Chef des Armées, l'Epée et son précieux trésor, le Soigneur.

« Je ne ferais rien qui salisse votre nom, votre honneur et votre fief, Sénateur Dmitri. Vous avez ma parole. »

Maximilien se détache. S'éloigne. Contemple la bouche immense qui lui sert de "Prison". Les rouages de son psyché tournent et tournent sans cesse. Ils cherchent LA solution pour en connaître d'avantage sur les Provinces du Nord et ce sans éclabousser son vis à vis.. Elle est si évidente.. Elle lui crève les yeux.. Dans un bruissement d'étoffe, le Grand Duc se tourne.

« Il y a-t-il des choses que vous pouvez me faire part sans trahir votre promesse et l'Etat ? »

Indubitablement, l'illustre Membres de la Famille Impériale laisse au Bélier Noir le choix de ses mots. De ce qu'il souhaitait lui exprimer bien avant que lui-même n'amorce le sujet délicat. Une liberté totale sur la chose, dépouillé de toute impression d'abîme... Un discours qui s'éternisera dans le temps.. Encore. Alors que dans quelques heures, d'autres sessions s'ouvriront et que ni l'un ni l'autre n'avait pu se sustenter. Un détail relégué au second plan dans les flots sombre de Maximilien.
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