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 Racontes moi mon enfant la langueur de ta solitude et je t'offrirais l'étreinte de ma confiance [pv Lucilius]

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Régent impérial

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MessageSujet: Racontes moi mon enfant la langueur de ta solitude et je t'offrirais l'étreinte de ma confiance [pv Lucilius]   Dim 24 Mar - 11:44

Le temps joue sa farandole sans connaître la fonction arrêt pour le plus grand déplaisir du Régent Impérial. A là fois sur les réponses des nobles qui jonchent son bureau et les derniers événements, il ne dispose pas du pouvoir de stopper la machine infernale. Cette course endiablée ne cesse de lui rappeler à l'Ordre. Même avec sa nature hors norme, il est comme tout être humain face au compteur des minutes et des heures. Un pantin prisonnier d'une chaîne temporelle qui l'aspire dans sa gueule de monstre chronophage. Une créature de rouages et de pistons qui crache sur le sol des tas de chair décomposés...

Si seulement il pouvait ouvrir la panse de cette bête et ne plus subir les affres du temps. Si seulement il pouvait vivre une vie de suspension, il disposerait d'avantage de répit. Mais ce n'est que chimère. Conscient de cette impossibilité, Maximilien poursuit son travail sans relâche. Il ferme son esprit à toute distraction possible et inimaginable. Il n'existe plus que la réalisation de son labeur. A force de patience, il marque de son sceau la dernière lettre. Un sourire ravi glisse sur la commissure de ses fines lèvres. Il va pouvoir goûter au mot repos, ce petit bonbon sucré qui lui échappe si souvent.

Il commence à le savourer dès maintenant. Paupières nouvellement closes, le Grand Duc s'écrase contre le dossier rembourré. Le confort du cuir anthracite détend son corps. Ses mains se posent sur les accoudoirs. Ses jambes s'étendent. Il se sent réellement bien, en paix, ici où personne n'ose le déranger. Nulle âme ne frappe à la porte. Personne ne brise la grâce du moment. Il n'y a que dans le grand bureau le silence et lui. Un tête à tête parfois nécessaire si on tient à garder un minimum d'aplomb. Même lui en a besoin. Être inébranlable comme le roc n'empêche pas de désirer une quelconque paix pour le salut de l'esprit.

Mais l'aiguille tourne. Il lui est impossible de rester indéfiniment détendu. Le gris bleu se libère de leur prison de peau pour mieux contempler la pendule. Le cadran de l'horlogerie l'informe qu'il est temps de quitter la grâce de sa pause. Rangeant ses papiers, Maximilien quitte ensuite le confort de l'office. Habillé de l'éternelle robe d'austérité, le Grand Duc escorté de la Garde, se dirige droit vers le quartier Tchï. La bise de début de printemps leur caresse les flans amoureusement. Des oiseaux volent en spirale au dessus de leur tête. Les passants scalpent de leur regard la marche silencieuse avant d'eux même repartir.

La mine patibulaire des Impériaux armés les en convaincs. Les badaud évitent de traîner près de la horde hostile. Comme une traînée de poudre le passage se dégage, se libère, se fait vide. Les Cerbères ont remplit leur Office. Par leur simple présence, la curiosité aussi brutale que la houle des vagues s'est brisée. Le rendez-vous ne souffrira pas d'un manque de ponctualité.

Arrivée aux portes du salon de thé, l'escorte s'entasse à l'extérieur. Seul Maximilien s'unit à l'intérieur. Tout autour de lui, les âmes sensibles à la magie se grisent de sa puissance. Le Walhgren distille la traîne de son aura, imposante, bienfaisante. L'orage des prunelles cherche le Guerrier de l'Ombre. Éloigné de la masse compacte des clients, le de L'ombrage l'attend. Venant à sa suite, ses mots s'écoulent.

« Sous le Ciel et les Ténèbres je vous salue, Lucilius. » Silence durant le moment où le Pilier s'installe. Puis, revient le chapelet de syllabes, toujours autant courtoises. « C'est un ravissement de pouvoir profiter de votre présence sans les cérémonies officielles. Juste vous et moi... »




Dernière édition par Maximilien Walhgren le Lun 8 Avr - 3:37, édité 3 fois
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Inquisiteur

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MessageSujet: Re: Racontes moi mon enfant la langueur de ta solitude et je t'offrirais l'étreinte de ma confiance [pv Lucilius]   Mar 26 Mar - 22:20

Les paupières à demies closes, Lucilius poussa un léger soupir. Allongé sur un divan pourpre, la tête posée sur un coussin de velours, il quittait le doux sommeil, et les chimères qui l'avaient accompagné. L'esprit encore embrumé par les songes, l'homme respirait tranquillement l'odeur d'opium. Ce parfum l'emmenait vers des rivages qu'il ne connaîtrait jamais dans cette réalité, ce parfum lui donnait des désirs qu'il ne pouvait posséder, et ce parfum l'aidait à oublier la douleur atroce persécutant sans cesse sa hanche. Lucilius était persuadé que seul l'opium était en mesure de l'aider, l'aider à quoi ? À ne plus avoir mal, mais pas seulement. L'opium était sa consolation, son seul et véritable ami. La drogue ne lui mentirait jamais, se disait-il, alors qu'il se perdait peu à peu dans sa dépendance.

Toutefois, le soleil s'était déjà levé, répandant dans sa chambre des doigts dorés et chauds. L'homme tourna lentement la tête vers la fenêtre, et il admira le retour du printemps, en pensant qu'il n'aurait plus à souffrir du froid. Là, il n'avait pas envie de bouger, il voulait simplement poser ses lèvres sur la pipe, et inhaler son amour. La paresse lui arrachait la moindre pensée raisonnable, si bien qu'il resta dans cet état de béatitude une vingtaine de minutes. En réalité, jusqu'à ce qu'on vienne frapper à sa porte. Déjà las, Lucilius ne répondit rien, et examina le domestique qui entra malgré tout. Celui-ci resta un instant debout au milieu de la chambre, avant de s'apercevoir que Lucilius était réveillé, mais charmé de sa douce amante. Son regard vitreux se voila de sa fausse gentillesse, suivis de son sourire, et de sa voix rauque :

— Oui ? Qu'y a-t-il ?

Sa jambe douloureuse strictement tendue sur le divan, Lucilius commença à se relever en cachant les crispations de ses membres. Son domestique fit quelques pas vers lui, avant de s'arrêter, et il lui répondit :

— Votre rendez-vous avec le Régent avance, jeune Maître.
— Ah... ? Oui, sans doute.

Toujours avec la même mollesse, Lucilius saisit la canne posée contre son divan, et il déplaça doucement sa jambe jusqu'à ce que le pied touchât le sol. Il mordit sa langue, puis il s'appuya de toutes ses forces sur sa canne, et il se mit debout. Dans la lumière du soleil, on aurait dit le fantôme d'un Dandy dépravé : sa pâleur était cadavérique, son corps squelettique, et sa belle chemise de soie était froissée avec les deux premiers boutons ouverts. Le domestique ne lui proposa pas son aide, mais consciencieusement, il le fixa pour s'assurer qu'il ne tomberait pas de fatigue. Lucilius marcha péniblement vers la porte, puis il ordonna :

— Je vais déjeuner, pendant ce temps, préparez mon bain, je vous prie.

Et une heure plus tard, Lucilius savoura la délicieuse chaleur de l'eau. Le cerveau encore déconnecté de la réalité, il baignait comme un mort dans son bain. Les yeux fermés, il réfléchissait calmement à la façon dont il devrait agir avec le Régent. Comme les autres De l'Ombrage, il donnait moins d'importance à la famille impériale qu'à l'ordre Saint. Néanmoins, Maximilien Walhgren n'était pas qu'un Walhgren « comme les autres », il était le Régent, cela faisait toute la différence. Méfiant comme un petit garçon voulant protéger à tout prix son secret, Lucilius avait fait mettre dans l'eau de son bain bon nombre d'huile, et ce dans le but que personne ne puisse découvrir qu'il fumait dès que possible l'opium. C'était selon lui montrer l'une de ses nombreuses faiblesses, alors Lucilius prenait soin de les conserver pour lui. C'était les décadents qui fumaient comme des porcs dans des bordels, lui, il était au-dessus d'eux. Malade et infirme, certes, mais supérieur ; ne serait-ce parce qu'il n'avait jamais partagé l'étreinte d'une putain.

Il bougea un peu la tête, prêt à tout moment à sombrer de nouveau dans le sommeil, mais il se redressa, et mouilla son visage. Il lui fallut une demi-heure pour se laver, toujours avec des précautions pour ne pas gêner sa hanche capricieuse. Les marques de morsures sur ses bras luisaient à cause de l'eau, tandis que ses cheveux grisâtres cachaient les cicatrices de griffures sur sa nuque. Il finit par se relever en s'appuyant sur le rebord de la baignoire. Il se hissa hors de son bain avec de nombreux efforts, puis il s'habilla difficilement. Malgré la confiance qu'il portait à ses serviteurs, il s'entêtait à refuser qu'on le voie nu. Par honte, par pudeur, par consternation.

Vingt minutes s'écoulèrent ensuite, on lui donna son haut-de-forme qu'il jucha sur sa tête. Brusquement, Lucilius n'était plus le même homme ; il était loin du minable drogué qu'il avait incarné quelques heures plus tôt, et à présent, il ressemblait à un aristocrate de goût, et de fortune. Seule sa démarche traduisait ses peines dans sa raideur, néanmoins la noblesse de son rang l'habitait. Quand il examina le reflet que lui renvoyait le miroir, Lucilius jugea qu'il aurait pu rivaliser avec l'élégance de son père, lorsque celui-ci avait son âge. Ce qui le chagrinait, c'était qu'il ne paraissait pas aussi viril que lui. Il quitta sa demeure après une poignée de paroles agréable à ses domestiques, il s'enfonça dans le ventre de la Capitale impériale. Sa silhouette haute et élancée se faisait dévorer par celles de la masse ; c'était avec agacement qu'il contemplait le peuple l'oppresseur de sa hideuse présence.

Soudain, un enfant en haillon surgit sur son chemin, avec sa face misérable et sale, il lui demanda une pièce d'or. Sur le moment, Lucilius s'arrêta net, un fort sentiment de répulsion dans la gorge, il s'en écarta en silence. Il ignora les plaintes du garçon, puis il prit plusieurs chemins pour parvenir à son lieu de rendez-vous. Au salon de Thé, il donna son nom, on lui donna l'une des meilleures tables. On l'aida à se défaire de son manteau, et dès qu'il fut assis, une jolie serveuse vint prendre sa commande. Lucilius était un habitué, si bien qu'il reconnut Éveline, il lui accorda son gentil sourire auquel elle répondit en rougissant. Droit sur sa chaise, Lucilius patienta jusqu'à l'arrivée du Régent qu'il sentit grâce à son aura. Serré par une horde de gardes, il s'approchait de lui, tandis que Lucilius se levait avec peine. Aux salutations de Maximilien, Lucilius s'inclina très légèrement :


— Sous le Ciel et le Soleil, je vous salue, Excellence. Et je ne peux qu'appuyer vos paroles.


Dernière édition par Lucilius De l'Ombrage le Lun 20 Mai - 22:53, édité 1 fois
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Régent impérial

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MessageSujet: Re: Racontes moi mon enfant la langueur de ta solitude et je t'offrirais l'étreinte de ma confiance [pv Lucilius]   Jeu 4 Avr - 4:00

La langueur - doux moment de repos – s'établit enfin sur lui. Drape ses épaules de sa douce félicité. Mais, ne parvient pas à rendre lisse l'expression sévère du Grand Duc. Malgré le détachement de la horde de gardes, de l'odeur des denrées et thés fruités, le tête à tête avec un hôte des plus charmants, il restait le Régent Impérial. Un Homme Public. Un homme prisonnier de l'image et surtout du devoir. Un mental d'acier aux traits obligatoirement fermés, caché derrière le masque éternellement érigé sur le visage. Immuable, il se devait d'être du bout des pieds à la pointe des cheveux. Souffrir d'une quelconque imperfection dans l'attitude qui est sienne restait inconcevable. Impossible. Voir même absolument déplacé.

Toujours droit, parfait dans la tenue, le bleu gris des yeux se focalise sur le visage, le corps si douloureux de son voisin. L'ouïe écoute le flot de paroles. Un plaisir juste partagé. Ce simple détail glisse sur les lèvres un sourire de connivence. Vite effacé. Remplacé de l'écrasante bienveillance, cette tumultueuse houle qui tente de folâtrer sur l'épiderme. D'en arracher des soupirs. De la plier à ses touchers. Et la rendre entièrement dépendante à son contact, de manière aussi brutale que l'effet de l'Opium sur l'organisme. A controverse, elle représente aussi la bonne humeur du Pilier des Walhgren, de ses bons jours.

Les doigts se croisent, l'attention se porte entièrement sur le De l'Ombrage. Les yeux rivés sur Lucilius, il ne prête guère intérêt aux médisances proches.. Celle qui ne cesse de revenir en boucle, qui bouscule les plus simples pensées : "Que fait le Régent, Homme Bienveillant avec celui qu'on nomme affectueusement le "Boiteux" ? ". Des cancans qui s'étouffent sous l'inflexibilité de Maximilien. Tout attentif à son vis à vis, son timbre grave s'échappe, forme ses syllabes.

« Comment vous portez-vous depuis notre dernière entrevue, Lucilius ? Pris par les affaires de l'Etat, je n'ai eu guère le plaisir de pouvoir discourir avec vous hors des cérémonies officielles. Et ce, pour mon plus grand déplaisir. » Rapide coup d'oeil derrière et les curieux cessent de se tordre le cou pour ouïr leur discussion. « C'est fort dommage. Il m'est toujours agréable de pouvoir parler de tout et de rien avec des personnes atypiques. »

Une légère confession.. Discrète et policée manière d'exprimer que l'auguste Personnalité est sans arrêt entouré de reptiles aux doctrines fortement intéressées, conservatrices et rarement sincères. Une cage d'or et de pierreries. Une cage belle certes mais qui reste une cage. Une cage gardée par des dragons. Quoique, cette belle et noble créature souffrirait d'une telle comparaison. Les Politiciens les plus véreux avaient de quoi l'honnir. Ils n'arrivaient pas à le contrôler en son entier. Ils ne pouvaient tout au plus que grappiller des miettes de sa substance.

Un instant les paupières se ferment. Le Grand Homme s'enferme des micros secondes derrière la porte de ses pensées. C'est ce moment que choisi la dirigeante de l'établissement, enroulé de sensualité, pour les rejoindre. S’accommoder de leur présence. Crever la bulle d'intimité nouvellement créée avec sa doucereuse politesse. Le tissu de sa robe de jade émet de doux froufrous durant ses mouvements. Sa crinière de soie coule sur le dos telle nappe d'encre interminable. Courtoise, la Dame les saluts. Puis rajoute à l'attention de Maximilien.

« Excellence, c'est toujours un plaisir de vous compter parmi mes chalands. » De manière charmante, elle se baisse, offrant le départ de son décolleté aux mires orageuses. « Je vous sers comme à l'accoutumée ? Thé et corne de gazelle ? »

D'un signe de tête, le Pilier des Walhgrens lui exprime la réponse : Oui. Il n'a pas besoin de la faire entendre oralement. Elle se souvient parfaitement de ses habitudes, cette douce poupée de jade... Sa tête se tourne, un aimable sourire dessinée sur ses lèvres colorée de pourpre.

« Je vous porterais aussi votre commande. Laissez-moi un instant. »

Puis, de sa démarche féline, elle laisse de nouveau Maximilien et Lucilius en tête à tête. L'attention sur le guerrier de l'Ombre, il ne peut s'empêcher d'exprimer tout haut.

« N'est-elle pas charmante, Lucilius ? »

[hrp : La voilà enfin o/]
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MessageSujet: Re: Racontes moi mon enfant la langueur de ta solitude et je t'offrirais l'étreinte de ma confiance [pv Lucilius]   Ven 26 Avr - 7:05

Lucilius écouta d'une oreille la petite discussion entre le Régent, et la serveuse, sans un grand intérêt. Il s'appuyait sur sa canne, sa main blanche, crispée, et osseuse semblait être celle d'une statue. Lorsqu'on serrait cette main, on se rendait compte qu'elle était froide, comme s'il l'avait plongé dans la glace. Lucilius tentait de rester droit, malgré la fatigue dans tous ses membres. Il inspirait l'odeur discrète de l'opium, qui s'était incrustée dans ses cheveux, ce délicieux et maudit parfum l'envouta l'espace d'une seconde. Enfin, le Régent se rappela de so[/color]n existence, après ce qui lui sembla être une éternité. Il lui donna un regard surpris, semblant ne pas comprendre ; au fond de lui, il avait envie de hausser les épaules. Ce n'était pas que Lucilius n'aimât pas les femmes, c'était surtout qu'il ne pouvait pas. Au lieu de cela, l'homme se contenta de répondre dans un sourire :

— Certes...

Lucilius finit par se rasseoir, après avoir invité le Régent à en faire de même. Sous la table, après avoir constaté qu'elle ne risquait pas de gêner, il étendit sa longue jambe décharnée. Son visage ne marqua pas la douleur qui lui pourrissait la chair, il posa ses paumes sur la table. Il pensa alors à ce que lui avait affirmé le Walghren, il ne fronça pas les sourcils, il se contenta de caresser sa lèvre avec son pouce. Ainsi donc le Régent le considérait comme quelqu'un d'atypique ? Lucilius ne savait pas comment prendre cela. Il avait juste conscience qu'il était atypique, mais comme tous les De l'Ombrage. Sa famille était une véritable usine de fous, ou d'incestueux. Et de traîtres. Lorsqu'on lui parlait de son histoire, Lucilius pensait aussitôt à Marius De l'Ombrage, son ancêtre ayant tout fait basculer. Il haïssait ce héros, il haïssait cette figure révolutionnaire, autant qu'il haïssait le monde de lui avoir donné un corps aussi fragile. Néanmoins, il lâcha :

— Ainsi suis-je atypique ? Sans doute, comme tous les véritables membres de ma famille.

Car selon Lucilius, sa famille était composée de « faux » et de « vrais » membres. Les « faux » membres étaient par exemple ceux ayant un physique différent des De l'Ombrage « habituel » ; ceux qui comme lui ne possédaient pas des cheveux gris, et un regard de saphir, aussi froid que la glace. Lucilius avait réglé cette tare en transformant la couleur de ses cheveux, ainsi était-il devenu un véritable De l'Ombrage. Avec l'orgueil et la folie de leur sang. Ses soeurs, et sa mère n'étaient pas de vraies De l'Ombrage, surtout sa mère, issue d'une autre famille. Lucie De l'Ombrage que son père avait été obligé d'épouser pour assurer la descendance. Sa cousine était une véritable De l'Ombrage, et cela dans toute sa splendeur : chevelure grise, yeux bleus, et un esprit corrompu par la froideur de son éducation, et par ses vices. Toutefois, Lucilius pensait férocement que ce n'était rien d'autre qu'une pute.

— Et vous, comment vous portez-vous, Excellence ?

Cette question, Lucilius la posait juste pour les formes. Cependant, cela ne pouvait pas y paraître : maître de politesse, et de paroles caressantes, Lucilius avait souri avec sincérité, dont personne n'aurait pu deviner la fausseté. Pas que Lucilius détestât le Régent, il se demandait surtout la raison de cette rencontre. Il n'appréciait pas les imprévus, il aimait toujours tout à planifier, et à se donner une porte de sortie. La serveuse dans un superbe balancement de hanches revint vers eux, encore charmante, souriante, et bienveillante. Lucilius ne lui accorda pas de réelle attention, il l'observa poser leur commande, et leur souhaiter un agréable séjour dans le salon. Malgré tout, il croisa son regard perçant, elle lui offrit alors un sourire séducteur. Il ne répondit pas à ce sourire, il se contenta de baisser les yeux sur son thé, et de le boire. Elle sembla déçue, mais elle s'en alla, discrète comme une souris. Ce n'était pas que Lucilius n'aimait pas les femmes, c'était qu'il ne pouvait pas. Cette serveuse, bien sûre qu'il la trouvait charmante, agréable, et même attirante.

Mais que pouvait-il y faire ? Il n'abordait jamais les femmes, non pas par timidité, mais pour se garder d'une mauvaise expérience. Son entourage ne lui connaissait pas d'amante ; il n'en avait pas, car il ne pouvait pas en avoir. Il refusait de se laisser par le charme vénéneux des femmes, parce qu'il avait honte. Honte de ne pas être viril, honte d'être incapable de porter dans ses bras rachitiques une femme pour l'amener à un lit, et lui faire l'amour. Et encore ! Faire l'amour, il n'en avait pas la force physique. Pourtant, l'Ombre seule savait à quel point ça le démangeait. Et la frustration avait fait naître en lui une gigantesque méfiance à l'égard des femmes. Alors s'il ne pouvait pas les aimer physiquement, Lucilius leur donnait une passion virtuelle, passion qu'il bâtissait au gré de ses fantasmes dans son esprit.

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Régent impérial

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MessageSujet: Re: Racontes moi mon enfant la langueur de ta solitude et je t'offrirais l'étreinte de ma confiance [pv Lucilius]   Mer 8 Mai - 23:30

Assit de nouveau à table, le tumulte des yeux bleu gris se pose sur Lucilius. Coulisse sur la crinière d'argent. Pour terminer sa course dans l'émeraude des prunelles. C'était un plaisir de pouvoir se perdre sur les traits de ce visage glacé. Son vis à vis avait bien hérité de la beauté froide des de l'Ombrage. Cette si ancienne famille - qui dans l'histoire, possédait des guerriers de l'Ombre tant redouté - prenait vie devant ses mires. Le boiteux en restait l'un de leur parfait avatar pour le régal du Régent qui, fut un instant, se questionna sur ce que fut sa réelle personnalité.

Son voisin se rapprochait-il de Salomon ou de Job, ses lointains ancêtres ? Ou avait-il lui même développé au cours du temps son propre tempérament ? Cela donnait matière à réfléchir. A creuser. A découvrir. L'intellect voisin intéressait Maximilien, amateur de l'histoire. Le passé le passionnait comme les Grands Hommes qui ont marqué l'Empire. Il les connaissait tous et appréciait ou non leurs actes. Il reconnaissait leur talent, leur valeur. Son voisin aussi, malgré son handicap, possédait une certaine maîtrise. Il fallait l'admettre. C'est une des raisons principale qui le poussa à l'inviter en ce jour, prendre un thé entre personne qui s'apprécie. La deuxième restera nébuleuse.

Pris sur ces suggestives pensées, le Grand Duc reporte rapidement son intérêt sur Lucilius comme le tout début. L'interrogation provoque aux coins des lèvres un sourire énigmatique. Une à une, les mains du Grand Homme se croisent. Il se met bien à l'aise dans sa chaise. Parfaitement installé, de ses lèvres jusqu'ici closes, s'écoulèrent ses syllabes.

« Oui, vous l'êtes, Lucilius. Mais, je ne vous offrais pas ce compliment en tant que membre de l'illustre famille de l'Ombrage. Plutôt en tant que personne à part entière. » Un long silence survint. Une latence offerte pour ingérer les mots. Et lorsque cela fut suffisant aux yeux de Maximilien, sa voix souffle de nouveau. « Vous connaissez le Monde dans lequel j'évolue constamment. Et ses risques. Vous devinez donc qu'il est rare pour moi d'avoir l'occasion de boire un thé en toute amitié. Sauf dans le cas où je peux en retirer un minimum de plaisir comme ce cas présent. Dans l'inverse, l'entente demeure dans la plus plate cordialité et elle ne peut aller au-delà. J'y veille personnellement. »

La cruelle franchise frappe encore. Comme à l'accoutumée, le Pilier des Walhgrens se révèle être un monstre en ce domaine. Il ne passe jamais par quatre chemins pour exprimer ses plus plates pensées. Ce qui fait de lui un être redoutable et surtout imprévisible qu'importe la situation. Cependant, malgré tout, membre de la Famille Impériale, il n'agit jamais contre l'étiquette. Il la respecte et ne tolère point qu'on biaise le Protocole. Ce détail le rendrait légèrement irritable. Et... Il ne vaudrait pas voir sur ses traits sévères, la moindre marque d'impatience. C'est un risque à avoir sur soi le tonnerre grondant.. Une vie de malheur, de douleur et d'horreur. Contrarier l’Émissaire de l'Empereur est une fin en soi dangereuse.

A fortiori, ce souci n'était pas à l'ordre du jour. Les prunelles vaquent sur les clients présents. Plus aucun ne provoquait un torticolis pour satisfaire un soupçon de curiosité. Appréciateur de voir tant d'obédience de leur part, le Grand Homme suit l'approche de la serveuse et leur commandes. Lorsque le thé fumant fut posé près de lui, le tumulte des yeux bleu gris revint se loger dans le céladon voisin.

« Toujours autant débordé, acculé par l'intérêt des gardiens de ma cage. Et incapable de pouvoir jouir d'un minimum de repos.. Mais, je doute que cela vous intéresse réellement. C'est une autre chose qui vous intéresse, Lucilius. La raison de votre venue ici, non ? » Maximilien souffle sur sa boisson pour doucement la porter à ses lippes. Après quelques gorgées, il poursuivit. « Je n'ignore point qu'on me cache beaucoup de choses sur l'Empire par crainte de provoquer mon irritation. Ou par refus que je m'interpose ou que je sois contre certains agissements.. » Maximilien laisse réfléchir son vis à vis sur ses syllabes. Assuré d'avoir toute l'attention du Guerrier de l'Ombre, son timbre susurre la suite. « Souhaitez vous devenir mon Ombre, Lucilius ? Mes yeux et mes Oreilles ? Mais aussi celui qui pourra m'accompagner en cas de déplacement ou durant mes visites officielles ? »

Le Grand Homme ignorait si son voisin accepterait. Sa proposition, alléchante soit-elle, comportait aussi ses risques. Ce n'était pas sans danger... Il le laisserait réfléchir autant qu'il le souhaiterait. Il avait nul envie que la décision soit prise trop à la légère...
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MessageSujet: Re: Racontes moi mon enfant la langueur de ta solitude et je t'offrirais l'étreinte de ma confiance [pv Lucilius]   Lun 20 Mai - 22:52

Discrètement, Lucilius caressa sa jambe malade, elle le tiraillait de trop pour qu'il puisse l'oublier. Néanmoins, même si sa main fut crispée dans ce geste, il ne montra rien. On connaissait sa famille pour la folie latente qui caractérisait chacun de ses membres, mais aussi pour l'incroyable dureté de leur éducation. Depuis toujours, on apprenait aux enfants que les plus grandes faiblesses devaient être cachées derrière un masque impassible. Lucilius De l'Ombrage était d'une rare froideur, ce qui ne faisait pourtant pas partie de son caractère. C'était venu de son père, et de son mépris pour son fils malade. Alors même si la douleur déchirait ses muscles, il conservait sa figure blême sans expressions. Il fixait le Haut-Prêtre sans aucune lueur dans le regard, effrayante chose, car on pouvait remettre en doute sa capacité à ressentir des émotions. Ce fut ainsi qu'il cacha le scepticisme des compliments que lui fit l'homme, il n'était pas habitué à cela. Que ce fût au sein de sa famille ou de l'Église, Lucilius avait toujours été rabaissé comme étant une petite chose chétive et malade ; personne n'avait salué la férocité de sa volonté. Comme une bête enragée, le jeune homme s'était avancé dans le monde, le corps égratigné par les épines acérées des remarques qu'on lui avait fait sans cesse, et il était devenu quelque chose. Alors que quelqu'un puisse le reconnaître lui paraissait impossible, le Régent était une figure sociale étonnante, et inhabituelle, si bien qu'il se méfia par instinct de se méfier de ses paroles enjôleuses.

Les deux mains sur la table, De l'Ombrage observa la couleur de son thé, pensif, puis il le porta à ses lèvres. Soudain, il sentit sur lui le regard d'une jeune femme. Discrètement, il lui jeta un coup d'oeil ; elle ne tarda pas à le remarquer, alors elle se retourna. Chose que Lucilius prit très mal, car il crut voir le même comportement que les autres, quand on l'observait comme une bête de foire. Il pensa quelque chose comme : « quoi ? Si ça t'emmerde de dévisager un infirme, ne le fais pas, pétasse », sans comprendre que ce n'était qu'une oeillade intéressée, et que si elle avait détourné la tête, c'était par honte d'avoir été prise en flagrant délit. Souvent, Lucilius comprenait les femmes mieux qu'un vieux garçon, ce qu'il finirait par devenir sans doute, un jour.

Le jeune homme finit par reporter rapidement son attention sur Maximilien, il fronça les sourcils à l'écoute de son discours. Curieusement, il savait que le Régent était fort occupé, gérer l'Église, ce n'était pas de tout repos. Néanmoins, le pli sur son front se marqua lentement, de plus en plus, car la surprise le gagnait. Il ne répondit rien tout de suite, il se contenta — cette fois-ci — de hausser ses sourcils, et de lécher sa lèvre inférieure. Avait-il bien entendu ? Ses oreilles lui jouaient-elles des tours ? Le Régent voulait qu'il devienne « son Ombre » ? Ou qu'il devienne plus simplement son « informateur personnel » ? Eh beh... bon sang ! Ça... on pouvait dire que c'était une sacrée promotion ; si son père l'apprenait, Lucilius était certain qu'il aurait pour la première fois de toute son existence un compliment de sa part. Néanmoins, cela devait rester secret, malheureusement. Au moins, là où Lucilius ressentait une grande satisfaction, c'était qu'au contraire de ces autres moutons de l'Église, on lui portait une estime suffisamment importante pour faire de lui les oreilles et les yeux de Maximilien Whalgren. Pourtant, Lucilius ne donna aucune réponse, car quelque chose l'intriguait, et il désirait comprendre ce que son interlocuteur paraissait craindre.


— Vos yeux et vos oreilles au sein même de l'Église ? Pensez-vous qu'il y aurait une menace au sein même de notre Ordre ? Ou... autre part ?

Et quant à devenir une sorte de garde personnel du Régent, Lucilius dans son orgueil comprenait pourquoi le Régent le choisissait. Sans doute — pour son plus grand désarroi — que sa silhouette squelettique, sa figure blême, et son air malade cachaient à merveille la puissance sommeillant à lui. Seuls ceux l'ayant vu à l'oeuvre savaient qu'il était un bon guerrier de l'Ombre. Il n'était pas invincible, mais il pouvait l'être tant qu'on ne parvenait pas à l'approcher ; il excellait dans les combats à distance, mais il était d'une grande faiblesse dès qu'on se retrouvait face à lui. À ce moment-là, il suffisait de lui donner une tape sur l'épaule pour le voir s'écrouler lamentablement sur le sol. Évidemment, Lucilius se débrouillait toujours pour que cela n'arrive pas, il refusait de devenir une proie facile. Alors malgré lui, malgré sa vanité, il jouait avec son physique de malade pour tromper ses adversaires. Ce qui était l'une de ses plus grandes consternations ; ça dévorait ses entrailles de ne pas pouvoir se battre, comme n'importe quel homme.

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Régent impérial

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MessageSujet: Re: Racontes moi mon enfant la langueur de ta solitude et je t'offrirais l'étreinte de ma confiance [pv Lucilius]   Lun 8 Juil - 3:27

[HRP: La voilà enfin /pan/. J'espère qu'elle te conviendra, Indi <3 et que tu auras de quoi répondre o/]

Les yeux glissent comme un chapelet de plomb sur le visage du Boiteux pour ne pas se retirer. Même lorsque les lèvres du Régent trempèrent dans l'onde fruitée du thé, elles étaient là, insoutenables billes ombrageuses. De l'Ombrage devait faire avec cet insoutenable regard qui le scrute tout entier. La moindre expression faciale s'imprimait à l'intérieur du Psyché du grand Homme, qui en silence, s'amuse à tout décortiquer.

Une habitude presque naturelle qu'il prenait et ce avec n'importe qui. C'était comme un plaisir secret de déchiffrer une âme, d'y noter ses faiblesses, ses forces, ses peurs et désirs. De voir cette différence presque imperceptible entre gestes voulus, langage corporel et paroles. Son vis à vis en était la sempiternelle victime. Ou presque. C'était de l'intérêt et non l’irrésistible envie d'exposer à la lumière une quelconque supercherie.. L'Emissaire de l'Empereur ne chercherait pas à violer son jardin secret. Cette conduite était plutôt soufflée sur l'envie de savoir si la proposition obtiendrait une réponse favorable.

Elle tardait. Indubitablement. Comme il le prévoyait. Si calme, si patient. La course du temps lui tordait les boyaux.  Pour dissimuler l'impatience,  les océans bleu gris s'échappent. Ils coulent sur la foule. Reviennent. Se rivent sur la mini corne de Gazelle. Les mains posent délicatement la tasse pour attraper  la friandise. Portée en bouche, Maximilien savoure cet excès. Il profite du goût de la pâte d'amande mêlée à la fleur d'oranger.

Les questions sonnent. En crescendo. Elles trahissent un quelconque intérêt. Appréciateur, le Grand Duc s’essuie lèvres et doigts, avec dignité. Il repli soigneusement le tissu blanc et le pose face à lui. Tâche terminée, les océans plongent dans l’émeraude. Traits tirés par la fermeté, les mots coulent, toujours autant graves, toujours autant assurés.

« Dans l'Empire, Lucilius. Nous savons ce qu'il est advenu de l’Église du temps de mon ancêtre, Ezhekiel Ier. » Maximilien boit les dernières gorgées de son thé pour continuer, de manière pondérée. « Des Menaces ? Pour être tout à fait honnête avec vous, non... Pas à ma connaissance. Tout du moins, on ne m'a pas prévenu de potentiels dangers autres que celui de marcher sans escorte. »

Le Grand Duc place la tasse vide sur le bord de la table. Croisant les mains, il ne prononce nul mot lorsqu'une serveuse lui servit sa boisson bouillante, sourire sur les lèvres. C'était ainsi. Un mécanisme bien ruilé. La mémorisation de ses habitudes : toujours deux lorsqu'il les honore de ses rares visites. Tout devait fonctionner ainsi, de façon si efficace.  A fortiori, Il perdrait moins de temps, de salive. Ou presque. L'ennui finirait par le traverser et l'envahir tout entier.

Pris sur cette réflexion, Maximilien hume l'effluve de l'infusion. Il tourne la cuillère dans l'onde colorée.  Des petits remous se forment à la surface. Intentionnellement, il laisse Lucilius à ses introspections. Pourquoi donc lui a-t-il fait cette proposition alléchante ? Et pourquoi Lui ? Qu'a-t-il fait pour mériter son attention ?

L’Excellence ne comblera pas maintenant le souhait d'en savoir d'avantage. Les discussions sont plus riches avec des déclencheurs, des enjeux et des buts. C'est ainsi qu'il le voyait. Mais, les blancs ne doivent jamais durer trop longtemps.   L'attente pénible finit par se briser. Le Pilier des Walhgren perd le tumulte de ses yeux orageux sur son vis à vis. Ses deux prunelles perçantes ne se détachent pas de lui.

« Si je vous ai fait cette proposition forte surprenante, Lucilius, c'est car je cherche quelqu'un apte à remplir ce rôle depuis bientôt six ans. » Le Grand Duc sirote son thé. La fraîcheur mentholée de la boisson le régale. C'est une pause gustative avant de poursuivre, un regard encore plus pénétrant fixé sur le Guerrier de l'Ombre. « La Garde Impériale est habituée à protéger les membres de la Famille Walhgren durant leur sortie. Et se montre particulièrement efficace dans ce domaine. Mais, quant il s'agit d'assurer mes propres arrières, ma confiance doit être totale. Je ne peux décemment pas l'offrir à n'importe qui. Je ne suis pas homme à jouer avec ma propre vie. »

Maximilien offrit un cours répit à Lucilius. Il cherche sous le pan de sa robe sa bourse de cuir. Ses doigts la frôlent. Elle est bien là présente, bien harnachée à sa ceinture. Elle ne risque pas de tomber par inadvertance ou donner trop de facilité aux pickpockets. Un sourire discret glisse aux commissures de ses lèvres. Il va pouvoir régler l'addition que son confrère le veuille ou non. Il fouille. Il pioche..

De la main ouverte tombent six piécettes, trois de bronzes deux d'argents. Et une en or pour le service offert par la maison.  Intéressés par le tintement dans la coupelle, les yeux de certains clients se rivèrent sur eux. L'avarice et l'envie... La convoitise..commençaient déjà à les lacérer de l'intérieur.. L'odeur de la Richesse aveugle et damne. Surtout quant il s'agit de quelqu'un de si richissime.

Cependant... Quelque chose promis à de douloureux moment si les pensées devenaient actes.. L'aura de pouvoir du Régent Impérial qui tomba brutalement comme une rivière glacée.  Puis, le regard polaire posé sur eux. Froid. Acéré. Menace silencieuse, qu'ils s'écraseraient contre les récifs s'ils cherchaient, en outre mesure, à connaître l'étendu de sa Fortune. Les têtes se tournèrent pour s'échapper à la férocité de ses mires.

Amusé par tant de couardise, l'Excellence reporte son attention sur le de l'Ombrage. Comme si rien ne s'était passé à l'instant, il repris la parole.

« Vous choisir comme mon Ombre n'est pas le fruit de la Providence, Lucilius. Mais... d'une décision mûrement réfléchie. » Silence. Temps de Latence. Observation. Et il continue. « J'ai eu vent de l'affaire qui vous a touché il a quatre ans. C'est à partir de là que je me suis intéressé à vous et votre caractère : féroce et inflexible. » Maximilien sirote son thé pendant qu'il est encore chaud. A peine la tasse sur la table, sa voix de nouveau formule ses syllabes. « Il est décevant que la Libris Umbra n'ait pas reconnu votre talent. Votre potentiel est remarquable comme la finesse de votre psyché.  » Un regard sur la tasse vide et les prunelles se noient dans l'émeraude voisin. « Je ne peux décemment pas gâcher votre talent. Mais.. Cette décision revient uniquement à vous...   »

Alea Jacta est.. Les Dés étaient jetés.
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MessageSujet: Re: Racontes moi mon enfant la langueur de ta solitude et je t'offrirais l'étreinte de ma confiance [pv Lucilius]   Mar 16 Juil - 12:03



Lucilius De l'Ombrage ne garda aucune expression sur son visage : s'il avait marqué un froncement de sourcil, une seconde auparavant, ce n'était plus le cas à présent. Peu de personnes pouvaient porter ce masque impassible, totalement impassible. Il ne s'agissait pas de prendre un regard grave, et de pincer sa lèvre, c'était une absence totale d'expression. Lucilius ne bougeait plus, de même que ses yeux qui restaient posés sur Maximilien. On aurait dit qu'il ne respirait plus. L'air traversait bien ses poumons, mais ses narines ressemblaient à celles d'une statue. Ses deux mains étaient délicatement sur la table, jointes, elles ne tressaillaient pas plus que le reste de son corps. Lucilius ne cillait pas ; une chose que peu de monde pouvait faire. C'était dans l'éducation donné par sa famille ; on construisait des êtres froids et durs, on les formait à devenir des monstres sans émotion, jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus aimer. Dès la naissance, on apprenait à l'enfant à ne pas verser de larmes, et à garder la tête haute, même s'il devait porter pour cela une montagne sur ses frêles épaules. On prenait leur coeur, et on le pétrissait jusqu'à lui donner la forme souhaitée, celle d'une énorme pierre devenue un fardeau à porter dans la poitrine. Lucilius ressemblait presque à un mort, il en avait la raideur, mais il avait un air vaguement vivant grâce aux cernes sous ses yeux. Puis, brusquement, l'homme repris vit ; la pâte à modeler qu'était sa face se déforma dans un sourire amical. Et d'une voix tranquille, il déclara :

— Je vois, Excellence.

Lucilius esquissa un sourire, et ce fut tout. Il ne donna aucune réponse à la question de Maximilien, de même qu'il ne laissait rien apparaître de cela sur son visage. Pour la jeune serveuse, le sourire qu'il afficha lui donna un frisson dans le dos. Non pas un frisson délicieux, mais bien de frayeur. En lui-même, grand, maigre, et frêle, Lucilius De l'Ombrage ne faisait pas peur. Néanmoins, quand on voyait ce sourire collé sur une face inexpressive, il y avait quelque chose d'effrayant. Parce qu'il ne semblait plus avoir son humanité ; elle avait décampé, fuyant de sa bouche pour s'envoler dans les airs, et dans l'intention de ne jamais lui revenir. Ce que pensait au fond de lui Lucilius ? Il ne croyait pas totalement à la poignée de compliments que lui avait balancés le Régent. Une voix méprisante résonnait dans son crâne, la voix de son coeur lui bavait : « alors il veut que je devienne son vulgaire garde du corps ? Je suis bien plus que ça ! Je suis un De l'Ombrage, pas un minable chien », tandis qu'une autre lui murmurait : « mais il ne s'agit pas d'un simple péquenot, le Régent en lui-même. Que veut-il de moi ? Veut-il me mettre à l'épreuve pour juger mes talents ? »


— Mon talent ? Au sein de l'Église, vous trouverez des guerriers de l'Ombre plus apte à vous protéger. Des guerriers qui même sans magie abattront vos assassins, et meurtriers en tout genre.

« Allez, que vas-tu répondre à ça ? »

Lucilus resserra légèrement ses poings sur la table, il conservait son sourire. Dans son être, la colère bouillait ; elle grondait à son âme ses mots brutaux, sa haine, sa violence. Parce que Lucilius avant d'être lui-même était un De l'Ombrage, l'incarnation de l'Orgueil. À chaque fois, il devait s'obliger de reconnaître son handicap, sa faiblesse, et le simple fait que si jamais on levait la main sur le Régent, il ne serait pas en mesure de le défendre, comme le ferait un véritable guerrier. Vaincre Lucilius était aussi facile que de voler un hochet à un enfant, encore dans son couffin ; il suffisait pour cela de le pousser : incapable de se relever comme un homme, c'en était terminé de lui. L'homme cherchait dans le regard de son interlocuteur un début de réponse à ses intentions, que lui voulait réellement le Régent ? Il n'avait toujours pas accepté. Sa jambe était douloureuse, elle tirait ses muscles, ses nerfs le tiraillaient.


— Je pourrais demander « pourquoi moi », mais vous ne feriez que répéter votre discours. Alors je vais reformuler ma question : pourquoi choisir un homme incapable de tenir debout seul, plutôt que des guerriers de l'Ombre en pleine forme, susceptible de briser la nuque de n'importe qui d'un seul revers de main ?
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MessageSujet: Re: Racontes moi mon enfant la langueur de ta solitude et je t'offrirais l'étreinte de ma confiance [pv Lucilius]   Mar 6 Aoû - 1:05

Le Néant. Le Vide. Pas une miette de sentiment  ne se lisait sur le visage de Lucilius. Il possédait la raideur d'un cadavre. L’Immobilité d'une statue. Une volonté de fer. Une maîtrise Irréelle de son enveloppe de chair et par conséquent : ses expressions faciales. Il n'offrait aucune ouverture. Nul doute, qu'il était très fort. Peu. Peu d'être pouvait se tanguer d'avoir de telles particularités. A part, cette famille maudite qui engendrait des monstres à forme humaine. Les de l'Ombrage, des êtres si effrayants. Redoutés à travers l'histoire, ils ont fait coulé l'effroi et le sang. Depuis le premier, un Contingent de faits leurs revenaient de pleins droits. Certains, plus discutables que d'autres. Inceste. Crime. Fanatisme. Viol. Et un taux de réussite transcendant. Face à ce constat, le Politicien en avait déduit une chose irréfutable : Libres, ils représentaient une Menace directe pour l'Empire.

Leur force se différenciait du commun des Mortels. Leur Méthode s'approchait des froids serpents : rapide, efficace, invisible... De leurs affables missions, on ne leur connaissait que peu d'échec. Leur âme vindicatif ne craignait pas de retourner à l'Ombre. Ils étaient des Émissaires de la Mort, ses loyaux enfants sculptés dans sa propre chair. Des mages réputés et cruels. Des raisons justifiées pour les tenir à l'oeil.. Hypothétiquement, Maximilien aimerait avoir cette force sous la main, pour l'affranchir. La maîtriser. La sceller. Faire de cette bête affable, l'arme de la Famille Impériale. Hélas, le Comment, lui échappait encore. La proposition alléchante glissait sur lui comme l'onde sur une vitre. La réponse demeurait encore en suspens. Rien ne témoignait l'acceptation ou le refus. Cette difficulté régalait le Grand Duc. Sa ténacité était tenue à rudes épreuves, il fallait le reconnaître.

Cela aurait pu le faire fuir.. Pourtant, Une flamme s'embrassait dans le bleu gris de ses yeux. Réchauffait les flots par un tourbillon d'intérêt. Le perdait sur un contentement fort délectable. Cette conversation restait  aussi grisante que l'opiacée qui laissait dans l'air sa traînée morbide. Jamais il n'agissait par égoïsme.. Mais...Pour une fois, le Grand Homme trempait dans cette fange hypocrite. IL le voulait : lui, son talent, sa volonté de fer. Le Marquis lui permettrait d'atteindre son Objectif. Son dessein restait imprimé en lettres rouges : la Protection des Siens. Et, tant pis, si pour y parvenir, quelques sacrifices demeuraient nécessaire. Les Pions existaient pour cet ultime but. Une pensée ignoble que l'Excellence assumait pleinement. En lui dormait aussi un côté abominable. Le Sang des Walhgrens coulait dans ses veines... Celui des Empereurs maudits demeurant au dessus des Hommes.

Malgré le sourire affable de son voisin, Maximilien témoignait d'un grand calme. Buvant les dernières reliques de sa Boisson, il l'écoutait, comme inaltéré par le manque d'humanité. Pas une fois, il ne chercha - ou ne désira - fermer ces deux fines lèvres pour obtenir silence. Jusqu'au bout, le Grand Duc attendait son heure. Lucilius visait juste et où il faut. Il avait parfaitement raison. Il aurait pu, en effet, choisir quelqu'un plus apte pour remplir ce rôle.  Un être en bon état, moins démunis. Un corps sain. Et non un "pauvre malade". Mais, il ne le voulait clairement pas. Cela allait contre ses intentions premières : L'avoir LUI.  

Langoureusement la tasse, vide, rejoint la table. Ainsi, elle ne se sera pas une nouvelle fois pleine. Ni ne sera portée auprès de la bouche, masquant par ses courbes de porcelaine le faciès du Politicien. Un visage, qui sur l'instant, semblait moulé dans le plâtre tant il se figeait dans l'inexpressivité. Seule témointe de la vie, les deux mains qui se joignirent lentement.

« Il est vrai que j'aurais pu obtenir au sein de l'Université des Ombres un guerrier en parfaite santé. Tout l'opposé de vous.... Mais...» L'abîme de ses yeux bleus gris ne se détacha point du Guerrier de l'Ombre. « Je n'en ai aucune intention. Celui que je souhaite comme mon Ombre, Lucilius, c'est bien vous. » Maximilien délibérément appuyait sur le "vous". Il voulait que ce simple pronom personnel ne dénote son avis, un peu égoïste et dicté par ses propres desseins. Le regard perçant accentuait la désagréable impression qu'il resterait sur ce Choix. « Je vous veux pour votre Mordant.. Le sang maudit des de l'Ombrage qui coule dans vos veines.. Et pour votre capacité à être inhumain malgré la douleur qui doit tirailler votre chair.. »

Il omettait l'autre but. Le dernier. Et il lui offrirait gracieusement s'il acceptait. Dans l'inverse, il restera tapis aux plus profonds de ses flots. Mais jusqu'ici, le plus important : la future réaction. Le Pilier des Walhgrens ignorait comment son voisin prendrait ses paroles teintées de son Intérêt. Il allait poursuivre sur le parachèvement de son apophtegme. Cependant, déjà l'un des Hommes de la Garde venait à sa rencontre. Il marchait le long de l'allée qui les menait à eux. Il lui signala qu'il devrait attendre. Il n'a pas fini sa discussion. 

« A vous de voir si vous voulez rester le "Boîteux" pour le restant de votre Vie.  Un être qu'on laisse de côté à cause de sa tare. » Intentionnellement, le Grand Duc tapait là où se niche l'Orgueil quitte à ce qu'il le morde très fort. Qu'il le haïsse pour s'imprègner de ses paroles suivantes. « Ou de prouver que vous avez l'intelligence nécessaire pour demeurer imperceptible, telle l'Ombre Invisible.. Loin de tout danger. A l'écoute de tout ce qui se passe. A l'affût du moindre évènement particulier.  »

Les mots s'éteignirent.


Dernière édition par Maximilien Walhgren le Mar 26 Nov - 13:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Racontes moi mon enfant la langueur de ta solitude et je t'offrirais l'étreinte de ma confiance [pv Lucilius]   Jeu 3 Oct - 5:19

Lucilius restait bien droit, toujours aussi impassible ; il était attentif à chaque parole que prononçait le Régent, et il y avait dans son être une profonde inversion. Le Régent avait fait l'erreur de dire que le sang de sa famille était maudit, car pour l'homme, cela faisait écho à Marius De l'Ombrage, le renégat. Il estimait que ce révolutionnaire avait pourri l'histoire de leur famille, il avait trempé leur nom dans la honte, et tout cela pour quoi ? Pour une pure hérésie : défaire l'Empire de l'Église. Pourquoi fallait-il qu'on lui rappelât sans cesse cette abomination ?

Depuis les actes de Marius, la famille De l'Ombrage avait produit beaucoup de méfiance. On connaissait leurs traditions, leur cruauté à l'égard des rebelles, mais on aimait à se souvenir qu'un garçon avait fait la différence, et qu'il avait commis des actions impardonnables. Quand Lucilius avait été élève, il avait savouré cette horrible histoire jusqu'à dans ses os : « Encore un De l'Ombrage, qui sait ? Peut-être qu'il est comme cette graine maudite, et qu'il finira par planter un couteau dans le coeur du régent. Ils sont souvent pris de folles humeurs, ce ne serait guère étonnant ! »

C'était ainsi que Lucilius observait la situation, l'esprit voilé par la colère. Il gardait ses deux mains blanches sur la table, tandis que sa figure gardait cette même indifférence. Son regard pouvait changer par moment, mais cela était tellement furtif qu'il aurait fallu être un ami de longue date pour le remarquer. Et Lucilius avait peu de gens de ce caractère-là. Il était furieux contre le Régent, et son coeur tumultueux lui ordonnait de planter une cuillère dans l'oeil de Maximilien, afin de satisfaire le venin empoisonnant ses pensées.

Mais rien de tout cela ne se passa. Lucilius n'aimait pas que le Régent partît du principe qu'il était à sa disposition. Il était un homme, certes un homme encore jeune, ayant besoin de sa canne pour se déplacer, mais il était libre. Alors que répondre ? Il ne savait pas. Sa passion lui commandait de refuser, mais sa raison lui conseillait d'accepter. Il devait se faire un nom, et s'il voulait accomplir son désir secret, ce chemin était intéressant à emprunter. Mais voilà, il n'avait pas plus envie que cela.


— Je sais ce que je vaux, ne vous en faites pas. Et je garderais ce surnom tant qu'il existera du monde pour me nommer ainsi, cela ne changera pas.

Même ses soeurs l'appelaient le « boiteux », simplement parce qu'elles partageaient ensemble un profond mépris pour lui. Sans cesse, elles s'amusaient à enfoncer leurs épines mesquines dans sa chair, en espérant lui arracher une larme, ou du moins, une expression douloureuse. Et lui, il ne répondait pas à leurs fourberies, et parfois leurs accusations. Elles aimaient à dire que la tristesse naturelle de sa mère était de sa faute, que s'il n'était pas né, elle sourirait comme elle le faisait avant sa naissance.

— Et puis, je n'ai plus de preuve à fournir. Si j'étais aussi faible qu'on le pense, je ne serais jamais devenu ce que je suis aujourd'hui. Ajouta-t-il en buvant son thé.

Son ton avait été serein, même si on sentait l'évidence qu'il sous-entendait : ne jamais le prendre de haut. Lucilius restait un De l'Ombrage, l'orgueil était la plus terrible maladie de cette famille. Il n'était pas à prendre à la légère, malgré sa faible carrure, son corps rachitique, et son regard épuisé. Au fond de lui, il ne savait pas ce qu'il devait comme réponse. Il n'avait pas non plus l'envie d'entendre qu'il avait gagné sa place grâce à la position de son père, et au nom de sa famille. Ce serait ce que beaucoup de personnes songeraient, et Lucilius en avait conscience. Il reposa la tasse, il observa un moment son interlocutrice sans prononcer une seule parole, puis il remua les épaules. Il fini par dire :


— Vous savez, ce ne sont pas ces arguments qui me convaincront. Me rappeler ma faiblesse, est-ce votre seul moyen, Excellence ? Qu'est-ce qu'au fond, cela m'apporterait de plus de travailler pour vous, et non plus pour l'Église ?
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Régent impérial

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MessageSujet: Re: Racontes moi mon enfant la langueur de ta solitude et je t'offrirais l'étreinte de ma confiance [pv Lucilius]   Jeu 28 Nov - 7:11

La conversation se poursuit. S'éternise. S'allonge tel un ballet nuptial, sans l'être vraiment. Ni l'un ni l'autre ne cherche à se faire la Cour. Ni se séduire. Et, cela n'arrivera certainement jamais. Maximilien voit en Lucilius un esprit fort intéressant. Un mouton noir utile pour ses desseins : la protection de sa famille, la sauvegarde des Walhgrens. Un homme, qui dans sa souffrance, a développé une profonde carapace que peu de mots peuvent ébrécher. Cela plaît au Régent. Et à la fois, le contrarie. Il ne parvient jamais à sonder l'inquisiteur. Inflexible, jusqu'au bout de ses ongles, le Mage de l'Ombre, ne lui laisse aucune chance de le percer à jour. Ses tentatives de creuser un trou dans la forteresse immuable rebondissent. Et échouent. Il se casse les ongles sur la surface de pierre.

Le Grand Duc s'émousse. Il ne gagnera pas, cette fois-ci. Il l'accepte. Et le tolère. Il ne peut vaincre à tous les coups. Ou... Il s'ennuierait si, sur sa route, il n'existait pas quelques obstacles. Les mains croisées, il profite des derniers instants en ces lieux. Il sait que bientôt il devra partir. Déjà, le garde derrière son dos se languit de le voir se lever. Debout droit comme un i, il ne se permettrait pas de prendre chaise et s'asseoir. Le pilier de la Famille Impériale n'accepterait pas tel relâchement. Son regard exprimerait son plus plat mécontentement s'il advenait à commettre cette faute. Un coup d’œil sur lui et le molosse se détourne. Bien.  

Visage inflexible, le Régent revient loger le bleu gris de ses prunelles sur son voisin. Il se contente  dorénavant de l'attente. Lucilius lui manda pourquoi il le voulait lui, un handicapé et non un autre. Et sa réponse, comme à l’accoutumée a frappé, cruelle et franche. L'héritage des de l'Ombrage et leur talent l’intéresse. Sous les propos qui viennent de tomber sur lui, Maximilien esquisse un sourire. Seul gestuel qu'il se permet. Il ne rétorque rien immédiatement. Il sait que malheureusement ce surnom le poursuivra jusqu'à sa fin. Cela l'agace. Le Mage de l'Ombre possède un certain talent. Et il n'est jugé que par son infirmité. Il aimerait le sortir de ce carcan de mal jugement.

Ses paupières se ferment. Le Grand Duc se laisse aller à ses réflexions solitaires. Son aura de pouvoir glisse sur les clients de la maison de thé. Son corps s'enfonce dans l'immobilité. Quasi absent, le Régent ressemble à une statue de marbre. Mais, faite de chair et de sang. Il n'ouvre les yeux que lorsque les syllabes tombent sur lui. Là, un long moment, il le sonde. La gravité de ses traits ne rend que plus ferme le visage. Des lèvres, s'échappe enfin sa voix, grave.

« Lucilius, vous avez vraisemblablement mal compris le sens de mes mots à la mention de votre surnom. Cela n'avez pas pour but de rappeler votre faiblesse, forte évidente. La lourdeur des abîmes en dit long sur les prochaines paroles. « Mais, de la possibilité de montrer qu'il était fort dommage qu'on ne vous reconnaisse pas un Tant soit peu. Même si je reconnais que mes paroles furent assez paradoxales sur ce sujet. » Une pause, aussi brève qu'un clignement d'oeil. « En acceptant, vous aurez le respect, l'estime et la reconnaissance qu'il vous est due. Si cela, ne vous semble pas suffisant, je vais donc vous poser une question. Que souhaitez-vous, Lucilius ? Vous devez sûrement avoir un rêve que je suis en mesure de réaliser. Comme c'est moi qui vous propose de me servir d'Ombre, il est à moi de connaître vos attentes pour ce rôle.  »
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MessageSujet: Re: Racontes moi mon enfant la langueur de ta solitude et je t'offrirais l'étreinte de ma confiance [pv Lucilius]   Sam 30 Nov - 3:45

Le Régent était bien vaniteux pour croire qu'il pouvait réaliser ses désirs ! Ce que voulait Lucilius à tout prix était hors de la portée de leur époque. S'il lui était possible de revenir cinq cents ans en arrière, il empêcherait Marius de détruire l'Église. Lucilius désirait voir la puissance du Saint-Ordre, celle qu'on lui avait si violemment arrachée pour des idéaux débiles. Le nom de sa famille avait été souillé, traîné dans la fange par le Renégat, il avait honte de porter le même sang que lui, le même nom. Il était son devoir de ranimer la force de sa famille, il était prêt à tout pour cela.

Sa loyauté envers l'Église était sa puissance, devenir la fierté de son père était sa folie. Alors que voulait Lucilius ? Brûler l'hérésie jusqu'à la racine, détruire ceux et celles osant s'appeler « révolutionnaires ». En réalité, l'homme se souciait peu de la famille Impériale, il ne les voyait que comme un outil pour l'Ombre. Il ne comprenait pas d'ailleurs pourquoi l'Ombre les avait choisit, pourquoi eux ? Pourquoi pas les De l'Ombrage qui montraient dans de férocité et de fermeté dans leur volonté de la servir ? L'Inquisiteur haussa les épaules.


— Vous savez... je n'ai que faire de leur manque de reconnaissance, ils ne me concernent pas. Fit-il avec un sourire doux.

Et totalement faux, mais ça, on ne pouvait que difficilement le deviner. Lucilius savait tromper son monde, il savait cacher sa fourberie et sa haine derrière des paroles charmantes. Sa conversation était toujours l'exacte opposée de ce qu'il ressentait, il pouvait remercier ses pétasses de soeur de lui avoir appris à mentir. Difficilement, Lucilius se releva, il venait d'en terminer avec le Régent. Celui-ci ne parvenait toujours pas à le convaincre, mais Lucilius accepterait sans doute.

Au moins pour son père. Lucilius avait par ailleurs son orgueil, malgré tout. Et c'était une partie de cet orgueil qui lui avait permis de surmonter toutes ces épreuves. Par vanité, il s'était hissé au-dessus des montagnes, il avait grimpé jusqu'en haut, le corps épuisé, mettant sans cesse son existence en jeu. Par vanité. Et par vanité, il avait tué une femme. Peut-être qu'un jour, l'orgueil qui l'avait tant poussé à ramper, puis à se lever, finirait par l'enterrer. Qu'importe ! Sans la vanité, sa vie n'avait pas de sens. Le sang des De l'Ombrage était maudit, il le savait, mais il en restait fier. Tout un tas de paradoxes provoquait en cet homme des émotions si vives, si fortes, qu'elles finiraient par le tuer.


— Je n'ai pas besoin de votre protection, mon nom me suffit, Excellence.

Lucilius crispa sa main sur la canne, parler lui demandait toujours trop d'efforts. Il était fatigué, les conversations, les rumeurs autour de lui étaient désagréables, ça vrillait dans ses tympans. Il lécha ses lèvres, puis il réajusta son haut-de-forme. Sa grande silhouette maigre attira un instant l'attention, ce qui l'exaspéra un peu.

— Néanmoins, je serais vos « yeux et vos oreilles », si vous le désirez tant.

Lucilius avait donné enfin sa réponse. S'il avait refusé, et si son père l'avait appris, il se serait fait tuer.

— Sur ce, je vous souhaite une excellente journée, Excellence.

Lucilius fit un léger signe de tête, puis il tourna sur ses talons. Sa canne tapait contre le sol, lentement, alors qu'il disparaissait.
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Racontes moi mon enfant la langueur de ta solitude et je t'offrirais l'étreinte de ma confiance [pv Lucilius]

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