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 Exposons nos cerveaux pour en écorcher la matière. [PV Marc o/]

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Régent impérial

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MessageSujet: Exposons nos cerveaux pour en écorcher la matière. [PV Marc o/]   Ven 16 Aoû - 6:41

Fier de ses projets, un sourire glissa sur le visage de Maximilien. Il venait de placer une nouvelle pièce ou presque sur sa table d’échiquier géant. Le fou. Un élément qu'il désespérait d'avoir. Mais, qui contre attente, se révélait au dessus de ses prévisions.  Lucilius de l'Ombrage. Que lui réservera-t-il encore ? Pensif, les paupières closes, l'index glissa sur  la plaine blanche de sa mâchoire. Lui si doué pour charmer ses vis à vis, essuya un raté. C'était agaçant et à la fois stimulant. L'optique de l'avoir parmi ses rangs n'aurait pas été si satisfaisante si dès les premiers mots le Guerrier de l'Ombre abdiquait. La suintante déception l'aurait marqué au fer rouge en ce cas là. Cet être appartenait à une famille hors norme – mortellement dangereuse – en qui tourner le dos restait synonyme de Danger. S'il capitulait trop vite, il s'ennuierait. Le Jeu devait durer, prendre une tournure surprenante... Et cesser sur Sa victoire. Le goût sucré de l'Echec et Mat...

Hélas... Avant cela, il avait fort à faire.. Et surtout, quelque chose qu'il ne pouvait pas se permettre de repousser au lendemain. Le tumulte de ses mers bleus grises vaqua à l'intérieur de son bureau. Ouvrant son tiroir, le Grand Duc attrapa un carnet à la reliure de cuir bordeaux. En silence, les pages tournèrent, subissant le viol de ses doigts. Sous son regard, écrit en lettres manuscrites, son programme de la journée. La chance le dota d'un trou de plus d'une heure. Le ravissement s'installa. Il pourra donc confronter son esprit à son homologue masculin, médecin de son état. Marc Strondheim. Un psyché qui écorchait l'histoire à coup de scalpel dans le dessein d'en retirer le noyau des Hommes. Une image qui arracha un sourire à l’Émissaire de l'Empereur.

La Conversation risquerait d'être délicieusement complexe, intense et potentiellement la source de récidive. Une certaine hâte l'habitait. Et une question forte amusante. Celui-ci désirerait-il - comme tout scientifique qui se respecte - pratiquer une vivisection sur un vrai Walhgren ? Sortir de sa carcasse sanguinolente ses organes chauds. Les enfermer dans des bocaux remplis de formol. Tâtonner du bout de son index ganté le coeur pulsant. Entreposer sur une étagères tous les restes de son châssis d'os et de sang, Au nom de la Découverte et de la Science. Des expériences houleuses que beaucoup de pauvres hères subirent au cours de l'histoire.. Mais, jamais eux. Le privilège des gens couronnés.

Le gris des yeux se réfugia sur le cadran de la grande Horloge. Le temps file à vitesse grand V. Il ne s'arrête jamais. Il le rapproche des prochaines réunions...  Malheureusement. Quittant l'insidieuse langueur, Maximilien ferma le carnet. Il le remit là où il l'avait pris plus tôt. Il se leva de sa chaise. Il vérifia sa tenue. Du bout des doigts, il remit en place sa robe de Régent d'anthracite et d'hermine. Maintenant, prêt à partir, il s'empara d'une imposante lettre et ferma à clé la porte.

Escorté par la Garde aux visages si fermé, le Grand Duc se désintéressa des curieux. Aucun ne devait se destiner à être une occupation chronophage. Les minutes étaient comptées. Respectant ses voeux de silence, aucun son ne s'échappa des lèvres des Cerbères en armure. La marche s'effectua rapidement dans le plus plat silence, tel était la condition pour sa protection. L'expansion de mot aurait rongé sa Patience.. C'est ainsi que la traversée s'achève.

Hors des limites de la Cité Impériale, engouffrés dans la gorge profonde de la périphérie, tous posaient ses mires sur l'imposant complexe qui a fait couler tant d'encre par le passé : Exodum. Dépouillé de son escorte - laissée aux portes - Maximilien s'enfonça dans les corridors de l'Université de la Vie et de la Science. Il laissait librement son aura de pouvoir caresser les murs. Son passage amorçait une traînée de questionnement. Que faisait ici l'Emissaire de l'Empereur ? Ses visites, en ces lieux restaient, uniques et très rares. Quelle étrange raison le poussait à venir ?  Faisant fi de cette curiosité maladive, le Grand Duc tendit le paquet à l'un d'entre eux. Parfait masque de fermeté gravé sur son visage, ses syllabes coulèrent concises, impériales... Acérées.

« Amenez-ceci au Docteur Calixte dans les Meilleurs délais... » La surprise prenait vie chez son vis à vis... Pour l'empêcher d'aller plus loin, ses nouvelles paroles tombèrent. « Où se trouve le bureau du Précepteur Strondheim ?  »

Mémorisant les indications, le Grand Duc s'avança. Bientôt, il parvint au bureau indiqué. La porte à demi ouverte permettait d'entrapercevoir un homme affairé à sa tâche. Cela devait être certainement lui. Il tapota contre le battant pour le prévenir de sa présence. Geste - tout du moins - nullement nécessaire. Marc avait du, bien avant son arrivée, percevoir sa traîne de pouvoir qui enveloppait tout. Les Walhgrens véhiculaient une énergie inépuisable dans toute la Cité Impériale. Comme des immenses sas à forme Humaine, ils nourrissaient les Mages de Puissance... Cette particularité ne passait jamais inaperçue.

Le Grand Duc franchit le pas de la Porte. Les mains derrière le dos, il observa par curiosité cette pièce. Puis, son timbre retentit.

« Sous le ciel et le soleil, je vous salue Précepteur Strondheim. » Ses yeux ne se détachèrent pas de son voisin. « Nous pouvons enfin nous voir en chair et os. » Un sourire amusé orna le coin de ses lèvres. « Nous avons de quoi discourir longtemps, pour mon plus grand plaisir... Je vous laisserais l'entrée en Matière. Vous avez sûrement un thème que vous aimeriez aborder en premier. Non ? »

Que commence le duel d'esprit. Qu'ils exposent à coeur ouvert leur cerveau devant un bon thé. Qu'on scalpe leur matière grise à coup de scalpel et de roulette.
 
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MessageSujet: Re: Exposons nos cerveaux pour en écorcher la matière. [PV Marc o/]   Dim 18 Aoû - 1:03

Marc était de mauvaise humeur.

En se levant ce matin-ci, l'homme se demanda pourquoi l'univers voulait le faire souffrir. Sa nuit avait été mouvementée, et il sentait ses nerfs réclamer leurs lots de caféine habituelle. Certes... Marc était rarement de joyeuse humeur, généralement il était indifférent. Mais ce jour-là, c'était différent. Quand il mit pied à terre, abandonnant son sommeil, il poussa un grognement animal. Ses cheveux noirs en bataille, sa barbe de trois jours, et les cernes sous ses yeux sombres, tout cela lui donnait un air bourru. On aurait dit qu'il était sur le point d'étrangler quelque chose. Et ce quelque chose était cette minuscule créature, presque sans poils, aux dents jaunes et aiguisées, qui n'avait pas cessé d'aboyer toute la nuit. Une petite merde de chien, incapable de contenir ses hormones, dont la voix aiguë lui transperçait les tympans. La petite bête possédait une énergie sans limites, au point où Marc avait espéré qu'il meurt de fatigue. Malheureusement, le monstre ridicule était plus que féroce ; Marc n'était pas certain qu'il pourrait l'abattre d'un coup de poing : les êtres pénibles avaient le sens de la survie. S'il n'était pas aussi las, Marc aurait comploté contre l'affreuse chose ; pour le moment, il se contentait d'imaginer ses jappements s'il parvenait à le noyer. Un rictus se dessina au coin de ses lèvres minces, sans doute le petit chiot bougerait ses petites pattes dans tous les sens, tandis que la tête à moitié sortit de l'eau, il essayerait de le mordre. Et ses doigts se serrant doucement — mais sûrement — autour de sa nuque, annonceraient la fin de ce monstre. Malheureusement, la vieille bonne femme à qui cette ignominie appartenait lui en voudrait, et cela lui apporterait d'autres problèmes. Décidément, les gens lui faisaient toujours chier.

Alors quand Théodore rencontra le regard noir de Marc, il sentit un frisson courir le long de son échine. Marc ne le salua pas, en fait, il ne salua personne. Il n'en avait pas envie. Il en voulait au monde d'être là, et il désirait la tranquillité plus que tout. Et la mort de cette petite merde de clébard. Il soupira de nouveau, en posant sa main sur la poignée de son bureau. Il s'y enferma en claquant la sorte, ainsi on comprit que ce n'était pas la peine de venir le déranger, surtout pour parler de ses soucis. Marc se laissa tomber dans son fauteuil, il grogna entre ses dents, et il jeta sa veste dans un coin sombre. L'homme grinça des dents, ses mains tremblaient légèrement, pendant qu'il se rendait compte qu'il lui manquait sa précieuse dose de caféine. Parfois, Marc songeait qu'il faudrait inventer un moyen pour transfuser directement dans ses veines le café. Il ferma quelques secondes les yeux, puis il les rouvrit brusquement en grondant. On venait de frapper à la porte, il se tourna en maugréant « entrez », et il posa un regard haineux sur le jeune garçon nerveux qui se présenta à lui.


— Vo... Vo... votre co-co-cobaye... v... va arriver.

— Je sais, fit-il de sa voix rauque.
— V-v-vous... avez be-be-besoin de-de quel... quelque... quelque chose ?
— Café.

Le gamin approuva d'un signe de tête, et il disparut dans le couloir. Marc haussa les sourcils, puis i alla chercher dans sa mallette son carnet. Aussitôt, il reprit son travail, lisant et relisant ses recherches. Au bout de dix minutes, le garçon revint, accompagné d'une grand gaillard. À côté, le bègue paraissait minuscule, Marc aussi, pourtant il n'était pas petit. Marc fit signe à son sujet de s'asseoir, alors que le gosse se dépêchait de lui porter tasse et carafe de caféine. Marc ne le remercia pas, en fait, il avait oublié sa ridicule existence. Son esprit était occupé par la présence écrasante de l'homme face à lui ; les coudes posés sur les genoux, les mains jointes et posées contre ses lèvres, l'homme l'étudiait. Il examina un moment cette face hideuse, cette formidable bouche ouverte dans la béatitude, puis ses yeux rétrécis et pâles, où la bêtise paraissait être la seule source de vie dans ce crâne cabossé. Il lui manquait quelques dents, ainsi qu'une forme d'intelligence, sans doute. Le simplet possédait un bras de métal, qui pendait dans le vide. Marc avait exigé à ce qu'on le rende inutilisable par son sujet d'expérience, car il avait envie de voir ce que ça donnait, un Génos incapable d'utiliser ses « augmentations ». Pour cet homme-ci, cela l'avait juste rendu un peu malade : son autre bras tremblotait. Marc lança :

— Alors... comment vous sentez-vous ?


Le grand homme releva la tête, le regard totalement perdu. Il fit en mouvement en avant, puis il secoua la tête. Ce fut lorsqu'il sembla s'étrangler que Marc comprit que ça clochait. Le médecin se releva immédiatement, tandis que l'imposante créature chutait. Marc le retint de justesse, mais à ce moment, le cobaye se mit à tousser de plus en plus fort. Et il finit par vomir sur Marc un mélange de sang, et de bile. Marc retint un soupir d'agacement, constatant que sa chemise — qu'il avait lavé la veille — était maculée de rouge, et... de cette substance jaunâtre puant l'oeuf. Il alla appeler le bègue, mais à cet instant, on entra dans son bureau. Il planta ses ongles dans la peau du pauvre homme, tandis qu'il combattait sa colère. Marc avait horreur quand on entrait sans y être invité, même s'il s'agissait du Régent Impérial. Alors l'homme fit, plein de vomi sur lui, le regard cerné, et l'air patibulaire :


— Bonjour, Excellence. Pour le moment, le seul thème que je voudrais aborder, c'est le secourisme.

Son ton avait été sec, et froid ; du menton, il désigna sa pauvre expérience qui continuait à dégurgiter sur lui, pleurant, et tremblant. La journée lui promettait d'être enrichissante. Tellement enrichissante que tout lui faisait chier.

Vraiment, Marc était d'une humeur exécrable.
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Régent impérial

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MessageSujet: Re: Exposons nos cerveaux pour en écorcher la matière. [PV Marc o/]   Jeu 22 Aoû - 9:39

Le parfum de la Colère caressait doucement les narines. Il offrait une ambiance froide - à l'antipode de l'accueillant - à l'Excellence qui venait juste de se glisser dans l'antre de l'ours mal léché : son bureau. C'était comme des milliers d'aiguilles qui ne se montraient guère accueillante au nouveau venu et qui se destinait à vouloir le chasser, quand bien même, elles n'y parviendraient pas. La voix, à couper au couteau, exprimait bel et bien le plus plat désagrément. Et la mine patibulaire rajoutait à la scène un air des plus burlesques. Il devait reconnaître qu'il tombait vraiment au mauvais moment. Le hasard faisant mal les choses, le Régent Impérial ne possédait pas le don de clairvoyance.

Silencieux, il ne dit mot en réponse au Médecin. Suivant la situation de l'oeil, Maximilien s'empêcha de caresser l'arrête de son nez. Ce geste se montrerait fort malvenu pour son correspondant, recouvert de régurgitation. Il enlèverait la paix d'un potentiel discours agréable, riche, et long.  Un ensemble qui n'avait rien de ragoûtant. La situation présente se languissait de son aide. Ravalant son dégoût, il vint dignement près des deux protagonistes. L'une de ses paumes se posa sur l'épaule du malade, l'autre se nicha au niveau du plexus solaire. Les prunelles posées sur le Précepteur de l'Université de la Vie et de la Science, le Pilier des Walgrens souffla.

« Allez chercher votre matériel pendant que je soutiens votre malade... Sans son poids, vous serez plus libre de vos mouvements. »

Un hoquet et le pauvre corps tremblant et douloureux du Géno ne retint pas sa défécation. Le liquide stomacal exhala une odeur méphitique, mélange d'oeuf et nourriture décomposée. Elle tachait la belle et coûteuse robe du Régent, symbole même de son Rôle, de son statut. L'étoffe, imprégnée de la souillure vomitive, jeta un froid sibérien. Pourtant, la plaine blanche du visage du Grand Duc ne montra aucun signe de désappointement. Il semblait comme moulé dans l'ivoire, dans le marbre, par cette impression d'immobilité.. Même si.. Se faire vomir dessus restait quelque chose de primitif, de sale... Un acte que personne encore n'avait osé faire sur ce digne personnage. Il refusait de montrer un quelconque ennui.

Il soutenait le colosse, patient de goûter à l'expiation. Cette situation restait assez particulière. Elle le lassait. L'ennuyait. Elle avait à son palais le goût d'un monstre chronophage.. Les traits tirés par la sévérité, Avare de mot, il surveillait la progression du Scientifique, affairé à trouver son matériel. Les secondes coulaient. La Santé de l'Objet se dégradait au compte goutte. Une nouvelle fois, il répandit sur la précieuse étoffe les nutriments assimilés mêlés à des restes rubiconds. Il se tordait tout contre lui.

Haussant un sourcil, Maximilien, contempla inhumainement la déchéance du corps. L'Empire l'avait façonné d'une telle façon que les spasmes de la victime ne parvenaient pas à toucher son coeur.  L'organe palpitant semblait proche d'un roc, d'un bloc glacé et dur. La Fragilité d'âme et la beauté humaine - innocente et merveilleuse - se dispatchait hors de lui, en une nuée métaphysique. L'Emissaire de l'Empereur, à jamais ne cherchera à la retenir. Qu'elle soit balayée et ne revienne jamais.. Pour Gouverner un Royaume, il ne fallait pas être tendre...

Une réalité sec et horrible que ne manquerait pas de repérer le Précepteur. Un monstre à deux visage s'invitait chez lui pour se repaître d'une partie d'échec mental.   

[Hrp : Voilà la réponse <3 j'espère qu'elle sera bien. Je n'ai pas voulu trop avancer, ne sachant pas réellement comment réagirait Marc Smile]  
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Précepteur à Exodum

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MessageSujet: Re: Exposons nos cerveaux pour en écorcher la matière. [PV Marc o/]   Sam 5 Oct - 3:34

Marc haussa les sourcils, l'air totalement agacé, car il l'était de plus en plus. Il n'appréciait pas réellement accueillir des visiteurs, que ce soit chez lui, ou dans son laboratoire exigu d'Exodum. Marc avait pour habitude de vivre avec Madame Solitude, ce mode de vie d'ailleurs lui convenait très bien. Les gens, les appréciaient-ils ? Non. Il avait trop peu d'humanité en lui pour savourer la présence d'autrui, ou pour s'en languir. Son cerveau était trop « évolué » pour comprendre les basses envies de ses congénères, et son raisonnement bien trop froid pour qu'il puisse vivre une véritable passion. S'il avait aimé l'une de ses trois ex-femmes, cet amour s'était éteint, dès que la science s'était montrée à lui pour lui rappeler quel était le but de son existence.

Alors quand il vit le Régent entrer dans le laboratoire, tandis que son malade vomissait ses tripes sur sa chemise, il se souvint du rendez-vous qu'ils avaient daté pour ce jour-ci, ça le consternait. Premièrement, parce qu'il présentement occupé à étudier les déficiences mentales de ce pauvre géant ; deuxièmement parce qu'il avait oublié, et que ça tombait mal. Il conserva le silence après sa remarque, sans prendre la peine de saluer le Régent. Pour Marc, que l'on soit pauvre, misérable, ou prince, cela n'avait aucune importance ; on était avant tout des corps, du sang, de l'os, et de la chair. Voulant sans doute bien faire, le Régent se précipita pour soutenir le malade, Marc ne bougea pas d'un pouce. Il examina la face blanche qui était censée représenter l'Empire, sans émotion.

S'il avait vécu cinq siècles auparavant, il aurait fini pendu en place publique dans les meilleurs des cas pour son hérésie. Marc se releva, sa chemise était tachée de vomi ; il répandait ainsi une formidable odeur d'oeuf pourri, le tout agrémenté de son air blasé, et fatigué. Au bout d'un moment, il déclara :


— Ce que je sous-entendais, Excellence, c'était de demander de l'aide à mes collègues.

Dans son ton, il n'y avait aucune trace de mépris, juste une nonchalance naturelle. Contrairement à ce qu'il laissait sous-entendre, il n'y avait pas plus de condescendance que d'esclaves pleinement conscients de leurs êtres. Sans rien ajouter de plus, Marc sortit de la pièce, et il attrapa au vol un jeune apprenti. En quelques poignées de mots, il lui exposa la situation, toujours aussi plat. Le garçon approuva d'un signe de tête, il tourna sur ses talons, et il fila quémander l'aide tant recherchée. Ensuite, Marc revint vers le Régent, il nota d'un oeil fatigué que celui-ci n'était pas plus présentable que lui, puis il prit le visage du colosse entre ses doigts. De l'autre main, il le força à ouvrir son oeil afin d'examiner sa pupille. Il jura entre ses dents, puis il alla fouiller parmi ses étagères.

Il ne tarda pas à se saisir d'une aiguille, avant de revenir vers son patient, dont le corps était secoué par des tremblements de plus en plus violents. Il lui découvrit le bras, puis sans aucune douceur, il planta l'aiguille dans la peau. L'homme tressauta, il poussa un gémissement, et il redevint apathique. Marc se retourna vers le jeune apprenti, maintenant accompagné de deux autres hommes qui saisirent aussitôt le malade. Marc désigna du menton le Régent, il gronda :


— Apportez-nous un peu d'eau.

Enfin, il les regarda sortir le patient, puis il tourna de nouveau le dos à Maximilier. Il se dirigea vers une grande armoire, où il fouilla pendant un moment. Malgré l'obscurité, on pouvait voir qu'il y avait en plus de livres de toutes sortes, de fioles, de parchemins, d'encre, et de poussières, des vêtements. À côté de cette armoire se trouvait un canapé à l'aspect peu confortable ; souvent, Marc prévoyait de passer la nuit ici, alors il était tout naturel qu'il gardât des vêtements de rechange. Il trouva une grande tunique qu'il donna au Régent, puis une chemise noire tout aussi austère que lui-même. Il fit :

— Ceci ne doit pas être dans vos goûts, mais ce sera déjà mieux que de rester ainsi.

Le plus naturellement du monde, Marc enleva sa propre chemise complètement crasseuse qu'il roula en boule. Il enfila l'autre, comme si ce qu'il venait de se passer n'avait pas la moindre importance

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Régent impérial

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MessageSujet: Re: Exposons nos cerveaux pour en écorcher la matière. [PV Marc o/]   Mar 12 Nov - 10:42

Maximilien ne dit mot devant l'odeur qui imprègne dorénavant sa belle robe d'anthracite et d'hermine. Il se maîtrise et observe la situation. Et, dans un coin sombre de son puissant psyché, il juge sa tenue comme morte.  Il répugnera dorénavant à la porter, même propre. S'il lui vient l'idée de la garder, il se souviendra toujours de cet instant précis où l'odeur méphitique d'oeuf pourri lui caressait sensuellement ses narines. Cette fragrance  –  de déjection – putride et buccale semble vouloir lui faire tourner la tête de ses longs doigts. En vain. Il la rejette de tout son être. Il est imperméable à ses tentatives. Il s’intéresse uniquement aux actes présents du Précepteur.

Debout devant lui, il appose, sur sa silhouette, son regard. Quelle étrange scène doit former le tableau dépeint de l'objet maintenu par lui. Dérangeante, si elle se trouvait des siècles en arrière. Pour cette hérésie, le précepteur, serait mené en place public pour rejoindre l'Ombre. Mais, en cette époque, où lui-même proposa son aide, il ne risquera absolument Rien. La mésaventure, de son côté, ne s'ébruitera pas. Supporter le baptême vomitif suffit à geler sa bonne humeur et le résout à ne jamais recommencer. Une fois suffit amplement. Réitérer l'expérience ne l’intéresse nullement...

La fierté entachée, le bleu gris de ses prunelles se pose sur Marc. Las, ses mots coulèrent sur lui. En réponse, Maximilien émit un rire, un rire faux par sa note glacée. Sourire sur ses lèvres, le Grand Homme, libère la voie à ses syllabes.

« Certes. Mais, ma foi, vous êtes bien mieux désigné pour remplir ce rôle. Vous savez d'avance quoi dire à vos collègues lors de telle situation. »

L'acier de ses abîmes se déporte sur le dos de son vis à vis. Cette scène, où il donne des explications, l'amuserait si le poids du malade pallié à la lassitude, ne commençaient pas à se faire sérieusement ressentir. Le Grand Duc sent une pointe d'ennui lui piquer les entrailles. Il est un homme d'action. Attendre à ne rien faire n'appartient pas à ses habitudes. A défaut de pouvoir trouver autre occupation, Il ne détache pas ses iris de Marc lorsqu'il revient ausculter la poupée tremblante. La rudesse dont il fait preuve pour le piquer lui arrache un amusement Certain. Il ne s'accable pas de tendresse ni douceur. Décidément, une personnalité intéressante.

L'apprenti revient accompagné de deux autres personnes. Déchargé de son fardeau, l’Émissaire de l'Empereur pris quelques secondes pour observer l'étendue du désastre. Silencieux, il veilla à ne pas dévoiler son grand mécontentement. L'état du médecin ressemblait au sien. L'un comme l'autre présentait un aspect déplorable. Pour un temps court. Le prêt de vêtement du Précepteur plut à Maximilien. Doucement, d'un mouvement habile, ses doigts dansèrent sur les étoffes le couvrant. Sa robe suivit de sa chemise se languirent au sol. Se changeant, il souffle à l'intention de Marc. 

« Cela fera l'affaire. L'essentiel est de se sentir propre. Et à choisir, je préfère ces vêtements que ma Robe imprégnée de liquide digestif. » Un sourire amusé sur les lèvres, il poursuivit. « En venant ici, jamais je n'aurais imaginé avoir un tel baptême...» Dédaigneusement il montre leur vêtement souillé. Puis, il reprend. « Mais soit, ce n'est pas vraiment pour ceci que je suis venu. Avez-vous d'autres obligations ou souhaitez-vous que nous échangeons nos points de vue ? J'ai encore du Temps avant mes prochaines séances, qui, ne peuvent souffrir de mon absence. »

Toujours droit au but.. Une manie qu'il changeait difficilement.
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MessageSujet: Re: Exposons nos cerveaux pour en écorcher la matière. [PV Marc o/]   Jeu 14 Nov - 3:27

Marc haussa un sourcil, un baptême ? Il comprit bien évidemment la métaphore, mais il en fut étonné. Il allait droit au but, ne s’inquiétant ni du rang, ni des émotions des autres. Si d'autres avaient été fortement gênés de cette situation, Marc en ressentait un fort ennui. Il n'aimait pas les contretemps, comme il n'aimait pas les surprises ; il fallait que le monde tourne sans jamais s'arrêter, sans jamais retourner en arrière, et changer de chemin. Là, tout de suite, il ressentait une profonde lassitude. Ses épaules étaient tombantes, sa main pendait mollement dans le vide, tandis qu'il observait l'homme face à lui. Ni impressionné, ni inquiété par sa présence. L'aura légendaire de la famille impériale ne le touchait pas, il la sentait trop légèrement pour que cela ait une véritable importance. Il songea juste que la noblesse était trop précieuse à son goût, il pouvait comprendre la contrariété que c'était de se retrouver souillé de vomi, mais quoi ? Il suffisait de changer ses vêtements, et l'incident serait vite oublié. Vraiment, la noblesse avait trop l'habitude d'ouvrir la bouche pour se faire nourrir, ou de dormir dans des draps de soie. Marc était un scientifique, tremper ses mains dans des tripes ne le choquait pas ; ça ne faisait partie de ses recherches, rien de plus. Il passa une main sur son visage, le manque de caféine se faisait sentir, car sa patience pour autrui se hérissait pour la moindre bêtise.

Froidement, Strondheim désigna une chaise près de son bureau, invitant muettement son interlocuteur à s'asseoir ; il n'était pas là pour des politesses inutiles. Il s'assit en face, il jeta un regard à la paperasse éparpillée sur la table, où l'on pouvait voir une écriture indéchiffrable recouvrir des schémas anatomiques. Il fronça alors les sourcils, puis il reprit l'une de ses feuilles, et barra une phrase pour en marquer une autre, corrigeant une erreur d'un de ses subordonnés. Il tourna ensuite la tête vers Maximilien, il sembla l'étudier un moment, comme le ferait un médecin jugeant la maladie de son patient, puis il déclara :


— Je suppose que de toute manière, vous ne vous attendez pas à un refus de ma part, naturellement. Il se racla la gorge, il enchaîna : il faut un début à tout. Marc n'ajouta pas qu'il faisait référence au « baptême » du Régent, ça lui semblait trop évident. L'endroit ne vous est peut-être pas approprié, enfin...

Il sembla continuer le reste de sa phrase dans un murmure, mais déjà il se levait pour aller fouiller dans une armoire. Il revint à sa place cinq minutes plus tard, après avoir fait s'envoler quelques feuilles, ou avoir réécrit des instructions sur ses bocaux, comme si la présence du Régent ne changeait pas le cours de sa vie. Il avait désormais en main un paquet de lettres, c'était bien sûr la correspondance qu'il avait menée avec Maximilien. Il les relut rapidement en diagonale, il les posa sur son bureau, et il prit un crayon ainsi qu'un carnet. Tout ce qui pouvait servir à ses recherches, Marc le notait, relisait, et étudiait pour décortiquer les mystères. Il marqua la date, le nom de son interlocuteur, et leva le nez uniquement quand son apprenti revint apporter de l'eau, et sa précieuse tasse de café ! Avant même d'interroger le Régent, l'homme avala une profonde gorgée de café, malgré sa tiédeur. Ici, ce n'était pas le goût qui était important, mais la dose d'énergie que ça pouvait donner. Une fois le jeune homme sortit, Marc sembla enfin s'intéresser à Maximilien.

— Je ne suis pas du genre à tourner autour du pot, pardonnez cela à mon rang. Oui, l'homme commençait l'entretien de la façon la plus amicale du monde, de plus il sous-entendait qu'il détestait parler pour ne rien dire, ce qui en faisait un être plutôt silencieux, et ennuyeux, sans doute. De plus, je ne suis pas croyant, enfin... dois-je craindre de finir la tête tranchée pour mes propos hérétiques ? Parce qu'ils vous le paraîtront, n'essayez pas plus de me convaincre de la puissance de l'Ombre, ou des bienfaits de la religion. Je connais l'histoire d'Ishtar, je l'ai longuement étudié, comme j'ai étudié les figures puissantes de l'Église. Je dois la connaître autant que vous, la différence c'est que j'en ai une autre approche. Alors pensez-vous que l'Inquisition avait raison de poursuivre les Philosophes ? Et à l'époque, n'aurait-il pas mieux valu pour l'Empire que ce fut un homme tel que Lao qui l'aurait dirigé ? Ce qui est amusant, avec ce personnage, c'est qu'il avait « senti » une sorte... de République, comme on a pu la retrouver à Solmar. Pourtant, l'idée du pouvoir partagé, et du pouvoir donné au peuple a toujours effrayé la famille Impériale. Pourquoi ? Expliquez-moi, avez-vous peur de voir votre « toute-puissance » arrachée pour le bien du pays, au dépit du vôtre ?
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Régent impérial

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MessageSujet: Re: Exposons nos cerveaux pour en écorcher la matière. [PV Marc o/]   Ven 29 Nov - 11:10

L'épisode fâcheux passé et mis – enterré – profondément dans les oubliettes, Maximilien, par politesse, exprime ses plus plates pensées. Mais surtout, son désir de passer à la suite. Son emploi du Temps, lourd, surchargé, ne pouvait souffrir, en aucune façon, d'un quelconque contre temps. La moindre minute perdue agaçait son côté organisé. D'une nature assez ponctuelle, souffrir de retard le débecte et débectait toujours. La politesse exige qu'il soit un tant soit peu à l'heure. Puis, son dégoût du retard s'explique aussi par sa façon de percevoir le Monde.  Tout doit et devait fonctionner rapidement. Telle est sa vie. Sa visite, avec cet Homme ne change rien en ses habitudes coutumières, journalières..

A part peut être, ce petit quelque chose qui différait : la touche d'impatience qui lui vrille les entrailles. La hâte de confronter sa verve à cet homme analysant le Monde d'une façon si cartésienne demeure pour le moins éveillée. Il n'a pas encore pu, depuis son arrivée, que toucher la surface de son être. Cela avait le léger don de le frustrer. Le Régent Impérial se doute qu'il n'a encore rien vu. Avide, Maximilien cherchera à gratter du bout des doigts la matière pour en découvrir son cœur. Tant pis si le précepteur Strondheim apprécie ou non cela. Après tout, il ne demandera pas son avis.

Du peu qu'il a vu de son vis à vis, ses gestes sont dépouillées de toute manière. Ceux-ci démontrent d'une personnalité typiquement spontanée. Et, il ne s'encombre pas de mots sucrés, mielleux. Ce détail régale le Pilier des Walhgrens. Les personnes, bien trop hypocrites, possèdent vraiment le don de l'irriter. S'il ne montre rien en ces moments là, il en pense beaucoup. Trop même. Et il se surprend à chaque fois de vouloir écourter la conversation pour partir. L'intérêt n'étant pas présent, l'ennui s'invite à sa porte, ce qui provoque, une profonde lassitude.

Bien heureusement, ce sentiment fort désagréable ne le touche pas ici. Sourire sur les lèvres, Maximilien s'amuse du geste froid qui indique de s'asseoir. Cela commence fort bien. En un bruit d'étoffes étouffées, le Grand-Duc rejoint l'assisse. Face à face avec son hôte, il ne le dérange pas, en outre mesure. Il le laisse patiemment à ses papiers. Il profite de contempler la salle où il se trouve. Brièvement car déjà le regard de Marc revient sur lui. A peine finit-il de lui parler, que son timbre grave résonne.

« En effet. Mais, vous pouvez tout aussi bien me demander de revenir un autre jour. J'abdiquerai, par simple politesse. » Ses grands doigts se croisent les uns aux autres. « Oui et non. Je ne fais jamais grand cas des lieux où je me trouve... »

Il ne termine pas sa phrase et part. Le Régent Impérial le suit des yeux. Il rédige des notes sur les feuilles. Plongé dans son occupation, Maximilien est mis de côté. Il en a cure. Patient, il en profite pour analyser plus en profondeur son voisin. Son aura légendaire garde son aspect bienveillant, présent, dépouillée de toute giboulée de rage. Le Grand Duc est en ses bons jours. Sondant Marc, il se régale à l'amorce de leur discussion. Ils vont pouvoir débattre. Entremêler leur divergence d'opinion sur le passé, fort ancien de l'Empire. Les paroles qui sortent des lèvres, pour ses ancêtres, auraient été fondamentalement une pure hérésie. L'intellect serait mort très vite.. Mais pas avec lui. Un rire concis se délivre de sa gorge. Après quelques secondes de silence, Maximilien répond au Précepteur Strondheim.

« Vous êtes tout excusé. Et sincèrement, je préfère que nous allons rapidement dans le vif du sujet. » Un sourire malicieux se glisse son visage. « Croyez-vous vraiment que je vous ferai condamner pour vos propos ? Dans l'ancien temps,  ils vous auraient valu la mort. Mais, pas à notre époque. Comme je vous l'ai suscité dans notre correspondance, j'ai opté pour une politique plus clémente. Je ne suis pas contre la liberté d'opinion. Je ne gère pas l’État en despote. Tout un chacun possède le droit de donner ou non son avis. Tant que  les avis ne viennent pas insulter publiquement la Famille Impériale, je ne ferai, en outre mesure, rien. D'autre part, je fais aussi attention que les miens ne calomnies pas les membres du Peuple sans raison. Pour garder une certaine harmonie, un minimum de respect doit exister dans les deux sens. » Le masque de fermeté se niche sur le faciès du Régent. « Pour répondre à vos questions, mon avis sur le bien fondé de la traque sur la personne des philosophes demeure assez mitigé. Bon nombre d'entre eux se montraient pacifistes. Les éliminer a vue s'apparentait à la pire vilenie. La violence gratuite appartient aux choses que j'abhorre. Et, à la fois, je comprends la peur d'être renversée. C'est une crainte que je partage. Cependant, celle-ci ne me poussera pas à commettre les pires atrocités.  » Un silence survient. Puis, Maximilien reprend. « Quant à mes pensées que ce soit un Homme comme Lao qui dirige l’État, vous devez, je suppose, les connaître. Je suis un Impérial et un membre de la Famille Walhgren. Je ne peux donc vous dire "Oui, il aurait mieux valu". Car, ce serait mentir. Je n'approuve pas. Certes, bien avant l'Empereur Bâtisseur, mes lointains ancêtres ont commis des erreurs. Je le reconnais. Cependant, d'elles, nous apprenons. »  Les mains, lentement, se posent à plat sur la table. « Voyez par vous-même. Nous sommes dans un temps calme. Et, non, dans une ère de peur sous le règne d'un despote. Chaque personne demeure pour le moins libre de faire ce qu'elle souhaite sans crainte d'une quelconque menace. N'est-ce pas, pour vous, un certain avancement dans l'égalité ? »
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MessageSujet: Re: Exposons nos cerveaux pour en écorcher la matière. [PV Marc o/]   Lun 2 Déc - 11:57

Marc trouva que le Régent parlait beaucoup, et pas forcément pour lui dire des choses intéressantes. Il pensait surtout qu'il lui répétait trop d'éléments qu'il savait, il cachait ses secrets derrière des discours trop thématiques pour son cerveau rigide. De plus, Maximilien évitait soigneusement la principale question de Marc, qui s’était parfaitement attendu à cela. Les conversations pleines de sous-entendus, ponctués de clignement de cils, et de sourires, ce n'était pas de son « rang », et encore moins dans ses capacités. Bien sûr, il pouvait saisir le sens des sarcasmes dans les compliments, mais... disons que ça le faisait relativement chier.

C'était une perte de temps, et du temps, Marc n'en avait pas. Pourquoi les gens n'allaient-ils pas droit au but ? Il colla sa joue contre son poing, observant Maximilien avec une expression blasée, son expression habituelle. Il buvait son café, tranquillement, cherchant la manière dont il pourrait le cerner. Parfois, il reprenait son crayon, il griffonnait des trucs sur sa feuille, puis il retournait son attention sur Maximilien. Sa mauvaise humeur était palpable, mais c'était toutefois habituel. Marc souriait peu, il ne riait jamais, et prenait chaque chose au sérieux. Son mentor le jugeait ennuyeux pour un « jeune homme », et encore ! Même adolescent, Marc n'avait jamais possédé une trace d'humour. Il convenait trop parfaitement à sa fonction.


— Un temps calme ? Personnellement, je n'appellerais pas « ça » un « temps calme ».

Voilà, ça, c'était Marc, un homme sans aucune diplomatie, allant directement là où ça faisait mal. Il n'avait pas peur de dire honnêtement au Haut-Prêtre que tout allait mal, il avait même envie de lui demander s'il avait conscience que c'était stupide d'affirmer qu'ils étaient loin de l'ère de paix qu'il idéalisait. Pour Marc un « temps calme » serait un « temps » où il n'y aurait pas la famine, aucun crime, et où on pourrait déclarer haut et fort qu'on vive en pleine utopie. Pourtant, l'Empire était loin d'être en paix, ne serait-ce qu'avec son passé.

— Je ne dirais pas que la « criminalité n'a jamais été aussi forte », mais elle est pourtant trop présente pour qu'on ose appeler ça un « temps calme ». Il y aura toujours des opposants à votre régime, tant que vous ne l'aurez pas amélioré. Je vous ai demandé si une politique comme le prévoyait Lao n'aurait pas été mieux pour l'Empire, vous avez évité ma question. En réalité, vous vous contentez de défendre votre famille, sans forcément chercher ce qui est mieux pour le peuple. Alors que la pauvreté pousse à la prostitution, comment expliquez-vous l'existence d'un lieu tel le Fabula Onis ?

Marc ne mentionna pas le cas des esclaves, car il participait lui-même à leur élaboration. Toutefois, il ne portait sur ça aucun jugement haineux, il n'était pas épris d'esprit révolutionnaire, de même qu'il n'avait pas envie d'améliorer leur condition. Il avait été habitué à ça. C'était dans son éducation, et puis ça lui faisait toujours des cobayes supplémentaires. Marc était intrigué par leur absence totale de subjectivité, cette docilité répugnante le fascinait, car il aimait voir comment un esclave se retrouvait confronter à des questions de libre arbitre.

Malheureusement, à cet instant, il y avait comme quelque chose qui se brisait chez eux. Ils étaient incapables d'agir par la suite, mais était-il possible qu'un esclave puisse lui-même défaire sa passivité ? Quand il avait écouté Maximilien, Marc avait écouté un discours faux, qu'aurait cru un petit bourgeois sans réel cerveau.


— Et il n'y a pas que ça... voulez-vous que je parle du fanatisme ? Ce qui va finir par perdre l'Église ? Si ça ne l'a pas déjà dévoré tout entière. Heureusement que nous avons évolué depuis l'Empereur Bâtisseur, et que chacun puisse enfin croire en ce qu'il veut. Néanmoins, et je crois que le savez autant que moi, la science reste votre pire ennemie. Nous avons une approche totalement différente de la vôtre, et pour couronner le tout, nous ne croyons pas forcément en l'Ombre. Par exemple, je trouve ça stupide de penser que le monde repose sur un seul être, et sur une essence abstraite que vous appelez l'Ombre.

On pouvait penser que c'était provocateur — voire culotté — de tenir de tels propos en face de la personne la plus importante de l'Empire, mais c'était de la pure franchise. Marc n'avait pas envie de perdre son temps dans un combat d'esprit, où le gagnant serait celui tenant le discours le plus alambiqué, ou le plus métaphysique. Il serait sans doute perdant, car il n'avait aucun talent pour ma rhétorique, séduire son interlocuteur par de jolies phrases n'était pas non plus son but. Lui, il voulait comprendre, et il savait argumenter plutôt proprement. Le problème, c'était qu'il allait trop loin.

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MessageSujet: Re: Exposons nos cerveaux pour en écorcher la matière. [PV Marc o/]   Dim 26 Jan - 1:52

Et son vis à vis l'écoute attentivement, expression blasée peinte sur son visage, joue écrasée contre son poing. Il n'arrête pas Maximilien lors de son apophtegme. Son discours terminé, le Régent Impérial cherche à découper Marc. A effleurer de ses doigts ses potentielles réactions vis à vis de ses paroles. Contrairement à beaucoup d'individu, il ne se montre guère expansif. Son attitude demeure pour le moins minimale. Machinale. Robotique. Il cherche à deviner les succinctes pensées qui dorment en sa matrice. De quelle matière est-il taillé ? Si son enveloppe ne se montre guère intéressante, ses synapses doivent être plus fascinantes.

Les mains, paume à plat sur la table, se lèvent. Se font la cour un concis moment. Et entrelacent leurs doigts. Bien droit, face au précepteur, Maximilien, ne démontre nulle surprise à la phrase, dépouillée d'enrobage. Une expression de marbre dessinée sur son faciès, il écoute attentivement les propos de son voisin. Il frappe vite et bien. Du bout d'une branche, les premiers sifflements du Précepteur de l'Ecole de la vie, caresse l’abcès putréfié qui représente les problèmes de l'Empire. Ceux pour lequel où il n'a encore rien décidé ou il n'est pas encore parvenu à l'éclaircir sur l'instant présent.

Aux prochaines et dernières paroles, la pustule verse sur les épaules son pus. Les traits du Grand Duc devinrent plus fermes, conséquence d'un ennui certain. Et, de son envie latente de mettre de côté sa stratégie philosophique. L'acier de son regard luit d'une lueur acéré.  Autour de lui, l'aura de pouvoir, prend une note plus glacé. Il se décide à être moins subtil dans la pesée de ses mots.

« Vous avec l'art, Précepteur Strondheim, de creuser en profondeur. Vous aurez pu faire archéologue ou historien. Cette carrière vous aurez parfaitement réussi. »  Un temps d'arrêt et Maximilien poursuit. « La criminalité est un détail que je me chargerais d'effacer au plus tôt. Lorsque j'aurais mis la main sur les nuisibles qui se terrent dans les bas fonds de la Capitale, ce souci ne sera plus à l'ordre du jour. Ce n'est juste qu'une question de temps. » Il insiste sur le mot « temps ». « Et vis à vis de ma position au sein de ma famille, vous la connaissez avant même de me  posez la question. Vous saviez que je ne donnerais pas mon opinion sur ce sujet. »  

Leur regard se croise. Le Grand Duc laisse du temps à son voisin. Puis, les mots reviennent.

« Des lieux comme le Fabula Onis existe depuis le commencement de l'Empire. Même en temps de paix, ils existeront toujours. La recherche du plaisir fait partie de la nature Humaine. Comme le fait que même sous  une période de prospérité, sans trouble apparent, il y aura toujours forcément de l'ombre. L'être humain est une créature viciée qui ne peut se satisfaire de ce qu'il possède. »  Un sourire entendu glisse aux coins de sa bouche. « Ou êtes vous le genre d'homme à croire qu'il est possible de vivre en paix, sans famine, sans misère, sans violence, sans colère, sans les vices qui dorment en chacun ? »

En un bruit d'étoffe étouffée, l'Emissaire de l'Empereur se lève de sa chaise. Il effectue quelques pas. Il revient vers le précepteur. Du bout des doigts, il caresse le bureau, vieille habitude qu'il a lorsque la conversation se révèle plus profonde.

« Pour être franc, Précepteur Strondheim, je ne crains pas la science. Il m'arrive de faire appel à Exodum pour me débarrasser de quelques éléments gênants, de manière prompt, sans trace. » Il n'est pas aussi blanc que cela. Il ne l'a jamais caché. En douze années de Régence, il y a bien des perturbateurs qui ont disparu. Son voisin n'est pas dupe pour ignorer ce détail.  « Je ne viendrais pas polémiquer sur l'Ombre ou la Sainteté de l'Empereur. Vous n'y croirez pas qu'importe mes mots employés. » Sa paume se pose à plat sur le meuble.  « Je peux reconnaître que vous êtes une personnalité franche. Et vous êtes dénué de peur.  » Concis silence. « Dites-moi ce qu'est pour vous un Empire bien construit et ce que vous ferez si vous étiez à ma place. Les pleins pouvoirs entre les mains. Et, ce que vous verrez en solution à un problème que vous avez omis. Le racisme à l'égard des génos... Cela m'intéresse. Vous me demandez beaucoup mon opinion mais j'entends à peine la votre.  Après tout, nous sommes là pour donner nos avis. »

[HRP: bonne année en retard o/ Et pardon de cette monstrueuse attente o_o]
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MessageSujet: Re: Exposons nos cerveaux pour en écorcher la matière. [PV Marc o/]   Sam 12 Avr - 1:35

Marc avait l'art de creuser en profondeur ? L'homme haussa un sourcil, les bras croisés, il ne savait pas si c'était un sarcasme ou un compliment. En réalité, c'était le genre de réflexions qu'on lui avait souvent fait, lorsqu'il était plus jeune. Et on avait surtout mis en avant son manque d'entrain dans les choses simples de la vie, comme son désintérêt total pour les discussions ne comportant aucune donnée scientifique, ou aucune recherche historique. C'était pour cela que sa première femme l'avait quitté ; si au début elle avait été fascinée par ses connaissances, elle avait fini ennuyée par ses discussions théologiques. Marc n'avait pas compris qu'il fallait parfois faire une pause. Buvant son café, il fixait le Régent, réagissant à peine aux remarques de celui-ci.

Pour Marc, il était difficile d'envisager que lui et cet homme puissent s'entendre sur le sujet qu'ils abordaient, car ils n'étaient pas de la même « race ». Qu'avait-il accompli pour parvenir à ce statut ? Le Régent s'était-il battu bec et ongle ? Marc ne pensait pas. Cet homme était devenu Régent parce qu'il descendait de la famille impériale ; il acceptait mal les remarques d'un être qui ne s'était jamais battu pour atteindre son but. Marc détestait les mous, il méprisait les assistés. Alors le Régent pouvait avancer toutes les idées qu'il voulait, ce n'était que du vent à ses yeux. La noblesse n'était qu'un ramassis de porcs énormes, foutant leurs truffes gorgées de sang dans leurs propres merdes, afin de complaire leur petite personne dans leur statut d'élite.

Selon Marc, le Régent faisait preuve d'une naïveté étonnante. Alors que fallait-il faire pour nettoyer l'Empire de tout ce mal ? Le raser, et reconstruire une nouvelle société. S'il y avait autant de décadences, autant de tarés, c'était parce qu'on avait donné une mauvaise éducation. Et pour concevoir des êtres instruits, il fallait se débarrasser des choses inutiles. Dont l'Art : à quoi servait l'Art ? Quel intérêt y avai-il dans ce domaine ? À part le plaisir de faire du beau pour du beau ?


— Le racisme à l'égard des Génos est généré par le manque d'éducation flagrant de notre société. Trancha Marc sans détour. Si votre Église avait eu un semblant d'ouverture d'esprit, elle n'aurait pas été la source d'autant personnes étroites d'esprit. Pourquoi autant de monde méprise les Génos ? Parce que depuis la découverte de la science sur les modifications génétiques, vous avez appris au peuple que ceci était une hérésie. On ne pourrait pas changer les mentalités de tout le monde, mais on peut apprendre aux générations futures à ne pas craindre la différence.

Marc ravala une gorgée de son café ; son crayon à la main, il gribouillait sur la feuille. C'était un semblant de corps humain, avec des flèches sur les parties du corps à modifier. Marc ne craignait pas les Génos, car il savait comment les « fabriquer ». La science était une chose qu'on ne devait pas craindre, simplement appréhender, et pourtant la populace avait encore du mal avec cela. Les gens ne manquaient de connaissance, rien de plus ; rares étaient ceux et celles qui désiraient accéder à un niveau de connaissance supérieure. Alors au lieu de lire, au lieu de faire face à des problèmes sociaux, la population préférait aller au théâtre, et distraire son esprit avec des choses futiles. Marc ne comprendrait jamais cet Empire.


— Et vous ? Si jamais vous perdiez votre bras, que ferez-vous ? Irez-vous prier en espérant atténuer vos souffrances ? Ou préférez-vous devenir un Génos, et récupérer un bras plus fort, plus vigoureux que le précédent ?

Si le Régent lui retournait la question, Marc répondrait sûrement « oui ». Premièrement parce que ne plus avoir de bras lui donnerait bien des problèmes, et deuxièmement parce qu'il n'avait pas peur. Il savait comment on opérait ça, ce qui l'embêterait, ce serait plus les jours de convalescence. Il ne s'arrêtait jamais pour se reposer, il travaillait encore et encore, et ce serait ainsi jusqu'à la fin de ses jours.

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