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 Le bon et la bête jouaient à la crapette (Pv Lud' o/]

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Inquisiteur

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MessageSujet: Le bon et la bête jouaient à la crapette (Pv Lud' o/]   Jeu 19 Sep - 11:10

Les jours se suivent. Leur saveur monotone et leur grise couleur me rend fou. Leur longueur me détruit au fur et à mesure que l'ennui me gagne.  J'ai envie de chasser. Mais, je n'ai pas cette occasion. Les Hautes Sphères demandent de moins en moins l'acquisition des guerriers de l'Ombre pour ma plus grande désolation. Par manque de proie, je tourne dans ma cellule, l'agacement au creux du ventre. Mes dents s'émoussent. Je regarde les heures qui défilent. Que vais-je bien faire pour ne pas pourrir par l'inactivité ?

La seule occupation que je trouve décente pour m'occuper l'esprit : la manipulation des ombres. Bouger la part obscure de la lumière est une source de délectation primitive. Je m'en régale. Les palpitations de mon cœur battent en un rythme irrégulier.  La tête tourne. Bouillonne au fil des heures qui passent. L'entraînement pompe toute mon énergie et me siphonne jusqu'à la lie. La fatigue me traverse. Un sourire se dessine sur mes lèvres et je pose l'or de mes prunelles sur mon très précieux compagnon.

Ombra joue. Il attrape entre ses pattes la souris mécanique que je lui ai délicieusement offert. Quel impatient. J'attrape l'objet du bout des doigts. Je remonte le jouet grâce à la mollette. A peine posée sur le sol, elle file en de vagues soubresauts. Intrigué, mon cher ami à poil part à sa poursuite. Collé dos contre le mur, j'attends de voir combien de temps il lui faudra pour la rattraper. Ce petit fripon se montre parfois bien ingénieux lorsqu'il souhaite quelque chose.

Je me lasse vite de cette course poursuite. Je baille. Un regard sur mon précieux compagnon à patte et je me détourne. Il est temps de sortir. S'enfermer derrière quatre murs ne nous aidera pas à aller mieux. J'ai besoin d'espace. Rabattant ma capuche sur mon visage, je m'éclipse du Libris Umbra. Les mains réfugiées dans les poches, je marche sans but précis. Le félidé au pelage d'encre me suit. Ensemble, nous ignorions la présence des âmes qui déambulent dans la Capitale. Ces êtres ne sont que des choses sans importance. Des clowns qui alimentent la société de vie, de commérages. Des monstres de médisances.

Je m'éloigne de ce monstre à plusieurs têtes. Je m'égare dans le District Saint Dietrich. Le silence me satisfait. Hélas, il ne dure pas bien longtemps. Un attroupement de mines patibulaires m'encercle. Un soupir s'échappe de mes fines lèvres. De l'argent. Ils ne choisissent pas le bon client. Je choisi l'ignorance et ne leur accorde, ainsi donc, aucune importance. Je les délègue au rang de cancrelat bien gras. Cela n'a guère l'air de leur plaire. Un poing me frappe.

Sous l'action du coup, ma lèvre se fend. Je m'anime d'une envie folle de les tuer. Les ombres autour de moi se mouvent. L'auteur de ma démence nouvelle se retrouve étreint par des formes tentaculaires. Sourire des plus torve dessiné sur le visage, j'augmente la pression. Puis tout cesse. Sa tête n'est pas mise à prix. Ce pauvre demeuré n'est pas le fruit d'un contrat. Je me contient. Je ne pas décemment pas faire exploser son corps dans une gerbe technicolor de sang et de boyaux.

La peur et la haine que j'aspire alimentent leur souhait de me nuire. Contraint, je serre les dents. Les poings et les pieds me massacrent. La douleur s'enchaine. Et le final. Une arme contondante s'écrase sur ma tête. Victorieux, ils laissent ma dépouille inanimée sur le sol. Je ne sais combien de temps se passe réellement avant que mes paupières ne s'ouvrent. Tout est douleur. Ma tête bourdonne. Je sens une traînée poisseuse coulant sur mes tempes. Peinant à m'asseoir, ma voix souffle un murmure.

« Ombra... C'est ironique d'être un chien aux crocs émoussés, n'est-ce pas ? »

J'écrase ma paume contre mon front. J'espère ne voir personne. Pas après cette défaite cuisante. Par rage, je me mord la lèvre... Et je peste contre ce collier qui me retient. J'aimerais que le bond dans le temps soit possible... Las. J'entends un bruit.  Cyniquement, je susurre... 

« Qui va là ? »
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MessageSujet: Re: Le bon et la bête jouaient à la crapette (Pv Lud' o/]   Ven 20 Sep - 23:06

Saint Dietrich.

De nos jours, la plupart des gens entend par là "le District de" plutôt que le saint homme qui consacra sa vie à la lutte contre la souffrance et les maux de l'existence humaine. Ludwig Walhgren, qui voyait en Dietrich Eberhard son saint patron et un modèle à suivre, trouvait cela fort ironique. En effet, les quartiers portant son nom étaient justement les plus remplis de malheureux et de démunis.

Et si, il y a de cela cinq siècles, l'organisation naissante de l'Ordre pouvait encore compter sur le soutien de l'Eglise de l'Ombre, ce n'était plus le cas aujourd'hui. L'accès aux moyens illimités du clergé fut coupé par la décision d'Ezhekiel Ier lorsque l'Empereur Bâtisseur créa les Universités. Sans doute son ancêtre était-il un homme brillant et visionnaire, mais Ludwig ne pouvait se résoudre à croire que priver l'Ordre de soutien était une bonne décision. D'un autre côté, Ezhekiel fit rebâtir une large partie de la Capitale, supprimant par la même occasion moult problèmes liés à la criminalité et à la pauvreté. Cela dit, les choses se sont aggravées par la suite.

Avec le temps, les nouveaux quartiers vieillirent et, au bout du compte, seule l'institution caritative se dressait entre le peuple et l'abandon total. En plus des soins médicaux et de la distribution de nourriture, les frères et sœurs de l'Ordre quittaient leurs hospices pour parcourir les ruelles de la ville à la recherche de nécessiteux. Soins immédiats, une couverture ou même quelques paroles, cela faisait parfois la différence. Bien sûr, rien n'était suffisant. La fortune personnelle de Ludwig ne parvenait à subvenir qu'à une partie des besoins du peuple.

C'est au cours d'une de ces rondes que Ludwig assista au passage à tabac d'un homme qui, selon toute vraisemblance, était un membre de Libris Umbra. Ou, du moins, qui y fut formé. L'homme, manifestement disposant d'une capacité offensive, a retenu ses coups et faillit y rester. Ludwig regarda, de loin. Au bout de quelques instants, il détourna le regard, forcé d'affronter la vérité : ce que les autres lui disaient était vrai. Il était faible. Il n'avait pas assez de force pour protéger les autres, alors qu'ils en avaient besoin. Laurenz était dans le vrai : son cadet était déjà incapable de se défendre lui-même. Mais un autre ? Lucilius, lui aussi, avait vu juste. Son élève n'avait pas encore saisi qu'il lui fallait faire du mal pour se défendre. Pour ses idées, pour les autres et pour lui-même.

Ce n'est donc qu'une fois que l'homme, gisant à terre mais vivant, fut seul que Ludwig put s'approcher de lui. Il entendait son coeur battre, bien sûr. Plus fort et avec plus de peine. Chaque blessure, chaque entaille, chaque hématome, Ludwig le sentait. Sans réellement partager la douleur d'Aaron, il ne la savait que trop bien présente. Son aura de compassion et de bienveillance emplit doucement la ruelle.

- Ne bougez pas. Je vais m'occuper de vous...

Vêtu de sa tenue noire et quelconque, bon marché, Ludwig s'agenouilla aux côtés de l'inquisiteur. Il lui présenta ses paumes ouvertes et baissa ses paupières. Le sang, l'âme d'Aaron commença, avec une certaine réticence justement propre aux inquisiteurs, de se plier à sa volonté. Le corps de l'homme se mit à guérir à toute vitesse, la douleur s'estompant progressivement. Le tout avec une sensation de chaleur, alors que Ludwig élevait un peu la température du corps meurtri de son interlocuteur.

- Vous avez fait preuve d'une grande clémence, face à ces misérables. Beaucoup n'en auraient pas fait autant... Merci.
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Inquisiteur

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MessageSujet: Re: Le bon et la bête jouaient à la crapette (Pv Lud' o/]   Sam 28 Sep - 0:15

Je me remet à peine de ma correction et vient à moi un être dont je ne me serais jamais douté : un Walhgren. Même dans mes rêves les plus fous, je n'aurais imaginé nos routes se croiser. Et ce, dans la pire des issues... Son aura de bienveillance apaise mon corps meurtri et mon esprit enfiévré par la douleur. Cette puissance de magie pure me grise... Je la dévore comme le ferait un drogué avec son opium. Mes synapses se déconnectent sous l'action de ce dopage. Cela en est presque.. lamentable. Mais, je l'assume pleinement. Je finis – après un laps de temps court – à m'intéresser à mon vis à vis.

L'or posé sur lui, un sourire – se voulant doux, mais, qui n'en avait pas du tout l'aspect – naquit  aux commissures de mes lèvres. Il n'avait pas à s'inquiéter, dans mon état, me relever de cette manière restait le maximum que mon corps acceptait. Plus, il ne le supporterait certainement pas. J'avais chèrement pris. Ces cloportes, à l'évidence, ne m'avaient laissé guère de chance. Traîner ma carcasse ou tenir sur mes jambes provoquerait une piqûre de rappel bien douloureuse. Je me permis juste un hochement de tête pour exprimer que d'une façon ou d'une autre, je n'aurais pas la folie de faire plus. L'inquiétude n'avait donc pas à prendre place au fond de lui sur ce sujet.

C'est dans un état des plus pitoyable que  mes mires topazes contemplent la marche de Ludwig jusqu'à moi. Je laisse vaquer librement le miel de mes yeux sur lui, à genou, près de ma silhouette quasi allongée, juste après m'avoir présenté ses paumes.  Des yeux bleus et une longue chevelure d'encre. Une tenue sobre, dépouillée de richesse. Un visage des plus agréable. Jeune et beau. L'excellence même. Je le reconnais. Il est tel les étoiles dans un ciel enveloppé de nuit. Je me régale de sa vision avant de serrer les dents. Sous l'action de son pouvoir, mon essence d'inquisiteur lutte, créant en mon être un conflit direct avec sa volonté.

La sensation éprouvée – désagréable et dérangeante – provoque une grimace sur mes traits trop fins. J'espère malicieusement que mon être accepte de se soumettre pour enfin ne plus ressentir mon cœur au bord des lèvres. Mon souhait fut entendue. Soumis, mon essence, mon sang d'inquisiteur et mon âme se laissent manipuler par la Volonté du Prince. Mon corps et ma chair se cicatrisèrent de ses plaies, ses cassures et ses contusions. La souffrance qui me rendait fou se dissipe au fur et à mesure de son pouvoir. Une sensation de chaleur me traverse, m'étouffe, remplace le froid qui s'était emparé de moi plus tôt.

Sa voix coule sur moi, m'arrachant presque un ricanement. Je me prépare à répondre. Mais, mon compagnon à pattes le désire autrement.  Ombra marche sur mes jambes. Il écrase sa tête tout contre mon buste. Un sourire fleurit sur mes lèvres à voir ses actes. Mes doigts glissent de sa nuque à son dos. Il en est ravi. Je ne l'ai laissé que trop longtemps de côté. Je lève la tête pour reporter de nouveau mon intérêt sur Ludwig.

« Pour être honnête... Je ne possède absolument aucune compassion. » Un silence et je continue sur ma lancée. « Je ne voulais aucun problème avec l'école des Ombres. C'est ce qui a dicté mes actes. »

La chance que mes réfractaires n'étaient pas tombés sur moi dans un coup de folie. Avec joie et liesse, j'aurais répandu sur le sol une mare de sang et d'entrailles fraîches. Et leurs corps exposés en de véritables charniers attireraient les mouches telle une horde de chacals..Cette pensée me délecte vraiment. Ces Images grisantes, je préfère éviter de les partager.. Je me contente de gratter le sang sec sur mon front, tachant mes ongles au passage. Je suis bon pour un bain..

Je ne montre rien de mon dépit. J'observe mon voisin. Il n'y a pas à dire... il me donne l'impression d'être l'antipode de sa famille. Que ce soit son aura ou sa mise.. Pris sur cette pensée, doucement, mes syllabes s'envolent hors de mes lippes.

« Merci de m'avoir soigné.  » Je rabats ma capuche pour dévoiler mon visage. Un peu de politesse ne fait pas de mal.. « J'ai beau vous regarder, vous êtes différents des vôtres.. Cela ne doit pas être facile d'avoir une opinion différente... »

En cet instant, je ne peux que me demander si son choix de vie le torture.. Je laisse le silence s'installer. Mon chat profite de ce moment pour se coucher sur les genoux du Prince. Ombra.. Décidément, il ne fait que me surprendre.. J'aurais préféré qu'il évite cette imprudence ci...

« Excusez l'attitude de mon compagnon. »
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MessageSujet: Re: Le bon et la bête jouaient à la crapette (Pv Lud' o/]   Jeu 10 Oct - 7:20

Bien sûr, les illusions de Ludwig se heurtent, encore, à la réalité. L'homme confirme définitivement son affiliation. Pas de compassion ? Ludwig peut largement parier qu'il fait face à un inquisiteur. Juste assez respectueux des lois pour ne pas se défendre, mais toujours dépourvu d'amour pour son prochain. Lucilius, lui, n'aurait pas hésité à repeindre les murs de la ruelle avec le sang et les tripes de ses assaillants. Et, bien entendu, personne ne lui en voudrait. Au pire des cas, quelqu'un lui dirait d'être plus discret à l'avenir.

L'inquisiteur est sous l'effet bienfaiteur de la magie du sang, ses blessures se referment et il se sent certainement mieux. Sans parler du fait qu'il fait preuve de quelque béatitude de voir un Walhgren en ces lieux, penché sur son existence. Ludwig en est désolé. Il aurait préféré que sa famille se fasse plus aisément accessible. Surtout que l'Inquisition est composée d'hommes et de femmes qui leur ont dédié leurs vies.

L'homme, jeune, montre son visage en remerciant le guérisseur. Le sourire du magicien est sa seule réponse, alors qu'il écoute la suite de ce que l'autre a à lui dire. Il parle avec franchise et dit la vérité. Cependant son approche des choses ne serait pas la bienvenue. Laurenz parlerait d'insubordination, Maximilien lui adresserait sans doute l'un de ses regards durs comme la pierre. Il n'appartenait à personne de critiquer la famille impériale ou de faire des remarques quant au comportement de ses membres. Certainement pas à un inquisiteur. Mais Ludwig était un jeune homme ouvert et chaleureux. Du moins, s'efforçait-il de l'être. Son sang l'éloignait des gens, alors qu'il tentait d'être aussi proche d'eux que possible. Comme tout autre membre de son Ordre, il était au service du peuple. De chaque citoyen d'Ishtar. Sans exceptions.

- Vous avez raison, cela n'est pas facile. Mais gardez ça pour vous, je suis certain que ça vaudra mieux.

Il sourit toujours, aimable et bienveillant, comme à son habitude. Ludwig caresse la tête du chat qui vient à lui. Toujours à genoux auprès du blessé, il l'entendit ronronner. Levant une main, le jeune prince répondit à son interlocuteur.

- Aucun soucis, voyons. Je ne suis pas vraiment pressé, je veux d'abord m'assurer que vous allez pouvoir vous lever et retourner à Libris Umbra. Il se pourrait d'ailleurs que je vous accompagne.

Ludwig n'aurait rien contre le fait de méditer un peu, en vue de se préparer à l'entraînement que son nouveau maître n'hésiterait sans doute pas à lui faire subir très prochainement. Il lui fallait être prêt et fort. Même si le fait d'avoir aidé quelqu'un lui réchauffait le cœur, la magie des ombres nécessitait une volonté froide et calculatrice. C'était du moins l'enseignement de l'infirme. Un infirme que Ludwig respectait et, partiellement, craignait. D'une façon difficile à décrire.

Le guérisseur finit par se lever et tendre la main à l'inquisiteur.

- Je vais vous aider. Allez-y doucement. Si vous ressentez encore une gêne ou une douleur, n'hésitez pas à me le dire, je vais arranger ça.

Souvent, des résidus d'imperfections demeuraient, même après des soins basés sur la magie. Parfois, un détail pouvait être à l'origine de grandes douleurs. Il serait fâcheux qu'une telle chose arrive à un inquisiteur. Un infirme au sein de cette organisation suffisait largement.

- Vous m'accompagnez... ?

Il lui adressa un regard entendu, s'attendant à entendre le nom de celui qu'il venait de soigner.


Dernière édition par Ludwig Walhgren le Mar 12 Nov - 20:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le bon et la bête jouaient à la crapette (Pv Lud' o/]   Mar 12 Nov - 12:21

Je me sens mieux. En ma chair, je ne ressens plus les séquelles de l'attaque... Des douleurs qui m'avaient suffisamment meurtries pour me condamner à rester au sol, souffreteux, il n'y a plus rien. Cela me surprend comme me terrifie. Son pouvoir qui sommeille en ce corps, à l'aura pure et tendre, doit être époustouflant une fois étendue en son entier. Une petite voix en moi me murmure qu'il serait délicieux de goûter à sa puissance. De se damner. De la dévorer jusqu'à la moelle en écorchant sa chair de mes ongles et dents. Mais, ma raison exprime qu'il ne serait pas sage d'abuser d'une aussi agréable compagnie.

Ma franchise se détache de la prison de mes lèvres. Et, le Prince n'en prend pas Ombrage. Quelle grandeur d'âme. Je me doute qu'il aurait s'agit d'un des autres Piliers de la Capitale, mes syllabes m'auraient coûté extrêmement chers. Je ne préfère pas en imaginer l'issue. Je ferme mes paupières pour oblitérer de mon esprit les conséquences de mes quelques phrases. Cela assombrirait ce moment fort agréable. Un sourire flottant sur mes deux boutons de roses, je lui réponds aimablement.

« Vos paroles resteront ici. Et n'en sortiront pas. »

Ma paume se pose sur ma poitrine, symbole même, d'un véritable silence. Il fut miséricordieux pour moi. Je n'allais pas trahir son aveu. Je me doutais que l'ébruiter, me causerait, de toute évidence, bien des ennuis. Et, cela, l'attristerait, lui qui, caresse mon compagnon. Ombra se régale de sa douceur. Il se perd dans le luxe de cette étreinte. Parfois sauvage, il sait choisir les êtres qui peuvent perdre les doigts en son pelage de nuit. Si quiconque tente sans avoir ses faveurs, mon charmant chat laisserait des sillons sanglants sur la peau pâle. Ah... Ombra. Que ferai-je sans lui ? Il était un puits d'amusement.

Je contemple en silence le profil de Ludwig. Je me sens apaisé en sa présence. Ma folie coutumière ne parvient pas à trouver refuge dans l'immondice de mes pensées. En cet instant même, mon psyché est lavé de mes putrides et dérangeants désirs. C'est comme si.. J'étais quelqu'un d'autre. Cette constatation farfelue m'arrache un grognement. Je ne suis pas habitué à ne pas être moi même pour une raison ou une autre. Afin de cacher ce trouble qui m'envahit, je laisse la liberté à mes syllabes, retenues captives jusqu'ici.

« Je pense que je pourrai me relever avec une certaine facilité. Je ne ressens plus la douleur. Grâce à votre aide.  »

En dépit de mes habitudes, je suis doux. Je ressemble à cet enfant qui possédait encore sa candeur, cet habit blanc qui le protégeait encore des vices et ignominies du monde. Un temps que je déprécie particulièrement. Je préfère vite m'échapper du gouffre du passé. Il a un goût amer en ma bouche. Pris par ma lutte, je ne constata pas immédiatement que le Frère de l'ordre se tient face à moi, debout. Ce fut la mélodie de sa voix qui me ramena à la réalité. Ma main, déjà tachée du sang de mes victimes, attrape la sienne qui sauve les vies. Il a choisi un rôle qui lui sied bien. Je suis convaincu qu'une autre voie n'aurait pu lui convenir comme celle-ci. Pas avec sa grandeur d'âme.

Ne lâchant pas ma prise, je me relève doucement. Sur mes jambes, j'analyse l'état de mon corps. Je ne ressens, en ma chair, aucune perturbation. Parfait. En contrebas, je perçois le regard de mon animal. Mes doigts frôlent son crâne. Je le rassure. Tout va bien.  L'or de mes prunelles s'enfonce dans les océans voisins. Je lâche sa main. Je rabats sur ma tête ma capuche. Mes traits sont de nouveau cachés par son ombre. A l'aise, j'effectue un pas. Puis, dans un souffle, je chuchote.

« Aaron. Aaron Vital.  »

Mon nom.. Comme mon apparence, je l'ai en horreur. Je ne peux cacher mon dégoût lorsque je le mentionne. J'ôte la vie lorsqu'on m'ordonne. Et lui la représente. C'est assez ironique, en vérité. Un soupir m'échappe. Je l'invite du regard à me suivre.

« Le chemin de retour, à vos côtés, sera plus agréable.  » Je m'arrête. « Pour votre aide, je peux vous servir du guide, si vous le souhaitez. Mais, je ne m'arrêterai pas à ma cellule. Vous risquez de ne pas aimer... ma... décoration. »

Des bouts de corps humain, nageant dans le formol, dans mes bocaux, posés sur des étagères. C'est une décoration assez particulière. Dégoûtante. Horrible.. J'assume mon côté... étrange.
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MessageSujet: Re: Le bon et la bête jouaient à la crapette (Pv Lud' o/]   Mer 13 Nov - 2:52

Ludwig hocha simplement la tête, pour le remercier de sa discrétion. Même si c'était la moindre des choses qu'il était en droit d'attendre de la part d'un inquisiteur, il était reconnaissant. Le jeune guérisseur se rendit d'ailleurs compte qu'il devait bien souvent demander à ses nouvelles connaissances de taire ses paroles. De toute évidence, le calme qui régnait au Palais impérial, n'était qu'une façade, bâtie pour le plaisir de Laurenz. S'il le pouvait, Ludwig referait bien une crise d'adolescence.

A moins que son entraînement ne commence à porter ses fruits ? C'était un peu tôt... L'avis de Lucillius serait sans doute important en la matière.

Aaron se releva effectivement avec souplesse. Ludwig était heureux de pouvoir apaiser quelqu'un. La mission de son Ordre ne serait jamais finie. Mais c'était toujours un petit pas vers l'avant. L'essentiel était que l'effort ne cesse jamais.

- Bien. Faisons donc le chemin ensemble. Je dois retrouver mon maître, afin de poursuivre mon enseignement.

Qu'il ait déjà fini la plus périlleuse des formations proposées par Libris Umbra ne suffisait pas à sa famille. Du moins pas à son frère. Laurenz voulait que son cadet puisse assurer sa propre protection. Comme s'ils vivaient encore à l'époque des grands rebelles et révolutionnaires anti-impériaux. Ou comme si chaque habitant des Bas fonds de la Capitale veuille égorger l'un des principaux bienfaiteurs du quartier. A côté de ça, il y avait le discours d'Abel, cet esclave content de sa condition. Le petit blond avait troublé le cœur du jeune marquis et le poussa à agir. Il avait certainement raison : se plaindre ne suffirait pas. Il lui fallait se prendre en main et trouver la force que ses aînés voulaient pour lui.

Les deux hommes quittèrent la ruelle inhospitalière et s'engagèrent dans un axe plus important de la Capitale. Tous deux se fondaient aisément dans la masse, même si la présence de Ludwig emplissait les cœurs de joie et apportait des sourires inconscients aux passants. Toujours était-il qu'ils pouvaient aisément marcher, sans se faire repérer.

- Je ne comptais pas vous importuner dans votre intimité. Quant à la visite... Je crois connaître notre Université assez bien pour ne pas me perdre. Cela dit, je suis ravi de pouvoir compter sur vous. Je serai honoré si vous m'apportiez votre aide à l'avenir.

Ludwig sourit pour lui-même, regardant au loin. Il s'imaginait déjà capable de rivaliser avec un inquisiteur et s'entraîner avec. Ce n'était pas près d'arriver. C'était cependant agréable à évoquer. Ce n'était qu'une question de temps. L'essentiel serait d'y arriver au plus vite pour impressionner Laurenz, autant que possible. Qu'il voit que son petit frère n'est plus sans défense. En attendant, le plus jeune Walhgren avait droit à une escorte blonde aux yeux d'or. Ce qui n'était pas rien non plus.

- Prenez bien soin de vous à l'avenir. Et, si vous le désirez, vous pouvez toujours me rendre visite au Temple de Saint Dietrich. Un peu d'aide serait toujours utile.

Peut-être à défaut d'avoir de la compassion, l'inquisiteur pourrait-il vouloir aider les autres pour rendre service à celui qui le guérit ? Ce serait une bien bonne chose. L'Ordre ne refusait jamais les volontaires, même s'ils n'allaient venir aider qu'une seule fois et ne jamais revenir. Souvent, les anciens patients voulaient aider et assister les guérisseurs pour faire fonctionner le Temple. Pourquoi un inquisiteur serait-il différent ?
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MessageSujet: Re: Le bon et la bête jouaient à la crapette (Pv Lud' o/]   Lun 18 Nov - 11:29

Rejoindre son Maître, Vient-il de me dire ? Qui peut donc être l'inquisiteur qui lui enseigne la manipulation de l'Ombre ? Cela me rend, j'avoue, assez curieux. Pourtant, je m'abstiens de lui poser la question. Je me contente de marcher, les mains perdues dans mes larges poches. L'or de mes prunelles sur le Monde, je ne ressens qu'indifférence. Toute ces âmes, ce brouhaha, n'a ni substance, ni valeur pour mes prunelles. Elles n'ont des couleurs que lorsque je chasse. Là, mon cœur palpite. J'éprouve de l'excitation à la chair qui se déchire. Je m'émerveille aux fleurs de sang dégoulinant sur la plaine blanche de l'épiderme. J'éprouve un malsain plaisir face au voile de la Mort étendue sur les prunelles.

Un frisson me traverse l'échine. Mes pulsions reviennent. Je les pensais éteintes. Et, j'ai eu tort. Elles sont si profondément ancrées en moi que jamais je ne pourrais véritablement m'en débarrasser. Ironique et amusante constatation. Ce temple de la perversité et comme ma folie, immuable. Je les perdrai que lorsque mon souffle s'éteindra. Dans longtemps. Très très longtemps. Je l'espère. Mourir dans le combat. Un rêve. Un souhait. Je ne voudrai pas finir ma vie, sur un lit. Je me mord la lèvre à cette pensée. De mes ongles, je la repousse loin. Très loin. Je reporte mon intérêt sur le plus jeune de la Famille Impériale.

Je bois les paroles de la charmante personne que j'accompagne. Un rire m'échappe à son écoute. Doux. Cristallin. Pur. Ludwig est un joyau étincelant par son âme et esprit. Dans un coin de ma tête, je peux remercier les charognards qui m'ont roué de coup. Ils furent, d'une certaine façon, utiles.. Sans eux. Sans la douleur de mon corps. Je n'aurais pas pu croiser la route du Frère de l'Ordre.. C'est une modeste compensation à ma journée, autrefois, morne, grise et ennuyeuse.

J'arrête mes pas. Je me retourne pour lui faire face. Mes lèvres se descellent. Et ma voix lui susurre.

« J'avoue. Il est certain que vous connaissez déjà le Libris Umbra. Vous n'avez pas besoin de moi comme guide. » Un silence et je poursuis. « Pour votre compagnie et le soin que vous m'avez apporté, je ne serai pas contre le fait de vous servir d'escorte une nouvelle fois. Ou, vous aider, dans la mesure du Possible. »

Nous continuons de marcher, l'un vers l'autre, suivit par mon précieux compagnon à poil. Je me couvre de l'aura de mon voisin. Je me sens en paix. Bien. Un sourire glisse sur mes lippes devant ses propos. Venir le voir à L'ordre ? Proposition.... Alléchante. Mais, ses supérieurs aimeraient-ils avoir un chien fou vers eux ? Un animal, qui parfois, coule dans l'étreinte sanglante de sa folie. J'en doute fort.

« Est-ce une invitation à revoir mes deux beaux yeux d'ors ? » Un rire. Une taquinerie. Et, je redeviens plus sérieux. « En vérité, je doute que les vôtres ne soient heureux de ma visite. Je pourrai être un danger pour l'Ordre. Je ne suis pas équilibré mentalement. Il m'arrive d'être sujet à des crises de folie plus ou moins graves. Si les charognards, qui m'ont laissé dans l'état où vous m'avez trouvé, m'avaient attaqué lors d'un de ces moments, je leur aurai laissé qu'un soupçon de vie ou.. » Le timbre de ma voix se glace. « Ils seraient mort à l'heure qu'il est. Leur survie aurait dépendu de la faculté d'Ombra à me ramener à la raison. »

Je ne savais pas comment mon sauveur prendrait mes paroles. En bien ou en mal. Dans un cas comme dans l'autre, il savait la vérité sur moi. Je n'étais pas le genre d'individu qu'on pouvait apprécier. J'augmente l'allure. Je me plonge dans un mutisme profond. Je ne tiens pas à voir son visage se couvrir d'horreur car il a lui-même sauver une âme sale et laide..
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MessageSujet: Re: Le bon et la bête jouaient à la crapette (Pv Lud' o/]   Mar 19 Nov - 10:49

La proximité de l'Inquisiteur est étrange. Quelque peu provocatrice, séduisante, agréable. Et elle met Ludwig particulièrement mal à l'aise. Comme tout homme de son âge dans une société décadente, le jeune guérisseur se posa quelques questions à propos des plaisirs de la vie. Et il n'y trouva pour le moment que peu de réponses. Généralement, il avait tendance à trouver plaisant et attirant ce qui ne devait pas l'être. Abel, pour commencer. L'esclave était trop beau et trop intelligent pour être un géno, cible principale du mépris de Ludwig.

La Macasse ensuite... Elle ne l'attirait pas, pour être précis. Mais sa présence apaisante manquait au jeune Walhgren. Elle était polie, sans être hypocrite avec lui. Pour une commerçante du plaisir, elle ne cherchait pas à le flatter outre mesure. Au Fabula Onis, il était un homme. Un homme chanceux et aisé, certes, mais un homme, comme tant d'autres. Pas un Saint vivant, pas le fils de l'Empereur. C'était une sensation plaisante.

Enfin... Laurenz. Son frère aîné était la personne qui éveillait en lui les sentiments les plus forts. Ludwig n'était jamais en colère contre personne autant qu'il pouvait l'être contre son frère. Et il ne donnerait sa vie pour personne d'autre non plus. Laurenz Walhgren incarnait à la fois le plus grand amour et la principale source de haine dans la vie de son petit frère bien-aimé. Ludwig ne ressentait rien d'aussi fort pour personne. Sauf pour lui.

Et, maintenant, il y avait cet inquisiteur. Une âme répugnante, un être cruel et probablement dépourvu des qualités que Ludwig attribuerait à un être humain respectable. Pourtant... Il s'adressait à lui avec aisance et nonchalance. Son comportement et ses paroles, pour le moins macabres, avaient un certain attrait. Malsain, certes, mais Ludwig ne le quittait pas des yeux, fasciné. Autour d'eux, les gens évoluaient sans vraiment prêter attention à leurs personnes. Face à face, ils pouvaient encore discuter, sans vraiment être dérangés. Un soupir saccadé quitta les lèvres du guérisseur, avant qu'il ne réponde.

- Je vois... Une escorte sera donc toujours la bienvenue. Ma famille vous en sera sans doute reconnaissante. Et oui... Nous allons pouvoir nous revoir.

Un bref silence entre eux. Par silence, nous attendons tous bien sûr le bruit habituel d'une rue d'Ishtar. Ludwig sourit et, malgré ce que son esprit rationnel tentait de lui dire, fit un pas en avant. L'homme en face de lui transpirait la force, l'assurance, la magie destinée au combat. Force. Ludwig avala sa salive.

- Je ne vois pas pourquoi ne pas nous revoir. Mon frère aime insister sur le fait que j'ai besoin d'être en sécurité...

Ludwig posa une main sur l'épaule du blond aux yeux d'or.

- Et, si vous vous sentez incapables d'aider votre prochain, il va falloir que nous nous voyions en-dehors de mon travail. En aucun cas, je ne veux davantage de blessés. Mais vous êtes le bienvenu, si vous désirez me tenir compagnie lors de mes déplacements.

Un sourire, beau et sincère. Qui disparut aussitôt que la pensée suivante fut formulée dans son esprit. Ludwig retira sa main.

- Mais faites-moi une faveur et n'en parlez jamais à maître de l'Ombrage. Je crains qu'il considère cela comme nocif pour ma formation. Vous voulez bien ?
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MessageSujet: Re: Le bon et la bête jouaient à la crapette (Pv Lud' o/]   Mar 26 Nov - 3:05

L'un à côté de l'autre, nous marchons sans faire attention à la foule. Il existe que Nous et Notre Discussion. Et, le dernier sujet que je viens à peine d'aborder. Un thème assez épineux que je préfère cacher à la base. Mais, j'ai bien trop de respect pour ce Saint qu'est Ludwig. Omettre la réalité des choses n'aurait pas été honnête envers lui. Surtout si un jour, il vient à être confronté à elle... Ma dangerosité et ma santé mentale. Ce fléau qui est une partie de Moi. Et.. L'une des raisons principales qui m'empêchera de venir le voir à l'Ordre. Même si je le souhaite vraiment. Je ne veux pas lui offrir la vision de moi, repoussé dehors comme un vieux chiffon, par ses supérieurs, car je viens de commettre un acte répréhensible ou sanglant. Cela ferait mal à ma fierté. Même si j'avoue, qu'elle n'est guère présente, vue mon comportement et ma conduite loin d'être chaste et pure...

Le voir travailler. Voir son sourire quant il réconforte les malades. Et les soigne. Ce serait plaisant. Et, à la fois, périlleux. Je ne sais jamais lorsque je suis victime de ma Folie. Prisonnier de mon aliénation, je deviens facilement la marionnette de ma démence. Un jour, ma psychose me mènera à ma perte. J'en ai bien conscience. Personne ne verserait une larme pour Moi ce moment venu.  Étrangement, je ne cille pas à cette vérité. Je suis décadent et sale. Cynique et mordant. Je suis ainsi fait. Un chien fou. Un solitaire. Je fais tout pour ne jamais être apprécié. J'ai arrêté de penser comme un être humain il y a fort longtemps. Les sentiments ne sont qu'un gouffre moite et putride. Un moyen de vous détruire. Depuis longtemps, je m'y tiens loin. Cependant, l'un me ronge. Me dévore. La crainte de ne plus pouvoir parler au Prince, pour cause de mon honnêteté. Ma franchise.

Les premiers mots, suite à mon aveux, pleuvent. Il n'est pas contre nous revoir. Un sourire flotte sur mes deux boutons de rose. J'en suis enchanté. Une paume se pose sur mon épaule. Interdit, je m'arrête immédiatement. Je sens sur Moi le regard d'Ombra. Il semble me percer. Mon précieux compagnon est apte à comprendre ma surprise. Ce régal qui me traverse à ce contact. Il me faut un long moment pour me tourner. Pour perdre mes flots d'ambres dans les mers bleutées du Guérisseur. En plus d'être beau, sa gentillesse l'honore. Une succincte seconde, je me mis à rêver de ma main posée sur le dos de la sienne. Acte que je ne fis pas. En ma bouche, se fend une légère ouverture. Mes mots se délivrent de leur cage de silence.

« Avoir la chance de vous revoir serait un vrai plaisir pour moi. Voir un régal. Je craignais de vous voir fuir après mon aveu. Mais. » Mes yeux deviennent plus perçant. « Vous avez fait le contraire. Vous êtes resté. Je m'en souviendrai. Vous êtes vraiment un Bijou, Ludwig. Le savez-vous ?»

Voir son visage chagriné provoqua mon mouvement futur. Ma paume se pose sur sa pommette. Mes doigts glissent sur le grain de la joue. Si doux. Si duveteux. Fut un instant, j'aurai aimé déplacé ma main. Venir glisser mon nez vers sa nuque. Humer son parfum. Goûter à sa peau de ma bouche. Hors, par respect, mes envies restèrent des envies. Le simple fait déjà d'avoir posé ma main sur lui pourrait me causer des ennuis. Alors.. Si je tente plus.. Je vais rester à l'imagination. C'est suffisant. Oui... C'est suffisant pour un être sale comme moi.  Mon murmure s'échappe.

« De l'Ombrage. Le boiteux ? Vous avez un bon maître. Il vous apprendra beaucoup de choses...  » Mon timbre devint un flot calme.  « Vos mots ne sortiront pas de mes lèvres. Je ne lui dirai rien. Vous avez ma parole. »

Je me détache de lui. D'un sourire, je lui fais comprendre de poursuivre la marche. Je me retourne. Moqueur du Monde, je reste silencieux. Nous finissons par arriver à l'école des Ombres. Je prend un peu d'avance et me dirige vers mes quartiers, sans savoir qu'Ombra passe entre les jambes de Ludwig. Presque arrivé, je me tiens contre le mur. Ceux-ci se tapissent de sang. Des mains semblent vouloir m'emporter dans leur torrent sanguinolent. Le sol se distord. Les environs se transforment en charnier. Je tremble. Des perles de sueurs couvrent mes tempes.. Je m'enfonce. Étouffant un gémissement, je cherche mon précieux compagnon. Ma tête me fait mal.

« Ombra. »

Pas maintenant..
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MessageSujet: Re: Le bon et la bête jouaient à la crapette (Pv Lud' o/]   Mar 26 Nov - 3:50

Ludwig frissonna, au contact de la main glacée de l'inquisiteur. Sa tristesse s'était-elle faite ressentir au point qu'Aaron ait eu à le consoler ? Il s'agissait probablement de cela. Et c'était fort plaisant, il ne fallait pas en douter. Le contact physique en général. Ludwig n'a pas vraiment eu l'occasion de recevoir des tonnes d'amour durant sa vie. Pas d'amour que reçoivent les enfants pauvres, forcés de se coller contre leurs parents pour éviter de mourir de froid. Des enfants qu'il faut consoler. Lui, il a eu un frère, des nourrices, un Père invisible, un Oncle occupé. Plein de monde, mais il aimait le contact malgré tout. Il aimait toucher les autres pour les soulager de leurs douleurs, tout comme il aimait être touché par plus fort que lui-même. Laurenz, par exemple, était l'homme protecteur idéal.

Un inquisiteur faisait parfaitement l'affaire, lui aussi. Ludwig ne cessa de lui sourire. Ses paupières baissèrent le temps de quelques secondes, alors qu'il savourait ce contact avec cet être malsain. Même ses paroles avaient quelque chose de dérangeant, malgré le fait qu'elles étaient pleines de compliments. Aaron se rendait-il compte que Ludwig avait autant envie de s'enfuir en courant que de rester et de se blottir contre lui ? Le guérisseur baissa les yeux et marmonna sa réponse.

- Merci. Vous êtes trop gentil avec moi, n'exagérez pas...

Intimidé, Ludwig préféra poursuivre leur chemin que de rester là, à ne pas savoir quoi faire dans cette affaire. Ils n'allaient pas non plus rester plantés là, au milieu de la rue. Libris Umbra n'était plus bien loin. D'ailleurs, le sujet de la conversation dévia vers Lucilius. Comme cela était à prévoir, Aaron confirmait l'opinion du Collège de l'Université des ombres. De l'Ombrage était un bon professeur, très dévoué à la famille impériale. Sans doute impitoyable... Mais qui ne l'était pas dans ce métier ? Vraiment... Les Walhgren avaient-ils vraiment besoin d'autant de ces monstres à leur solde ?

- Oui, c'est ce que je pense aussi. - Bien sûr, il eut la parole de son interlocuteur. - Merci. Encore.

Ludwig sourit. Timide, il n'en demeurait pas moins mignon. C'était à se demander dans quelle bulle avait-il grandi pour être aussi délicat et innocent, malgré la ville dans laquelle il vivait. Même confronté aux horreurs de la misère et de la maladie, il restait pur.

Finalement, ils arrivèrent. Au moment, où vint le moment pour eux de se séparer, Aaron fit un malaise. Mais pas le genre de malaise qui frappait les gens à la santé fragile. Plutôt un dysfonctionnement plus sérieux, mental. Comme quoi, l'inquisiteur n'avait pas tort, lorsqu'il parlait de ses problèmes. Il appela son animal de compagnie qui vint se frotter contre lui, manquant de peu de faire tomber le guérisseur. Le jeune mage du sang observa son interlocuteur affaibli et entendit son cœur accélérer. Il hésita quelques instants. Ici, dans la cour de l'Université, ils étaient seuls. Personne ne viendrait les aider dans l'immédiat. Même s'il n'avait ni les connaissances, ni le pouvoir, pour aider Aaron, Ludwig pouvait l'apaiser.

Il expira, laissa son aura impériale devenir plus dense, plus oppressante. S'il était en mesure de calmer les colères de son frère, il devrait pouvoir aider l'inquisiteur. Il s'en rapprocha et posa ses deux mains sur ses épaules, l'attirant prudemment à lui.

- Shhht... Aaron... Calme-toi... Respire. Concentre-toi... Tout va bien...
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MessageSujet: Re: Le bon et la bête jouaient à la crapette (Pv Lud' o/]   Lun 16 Déc - 11:19

Malgré ma protestation, je le sens. Je me consume. Mon esprit s'engloutit sous la couche crasseuse et dégueulasse de ma folie. Mes ongles lacèrent le mur, couvert de l'amas sanguin et poisseux. Mes jambes, en coton, peinent à me porter. Soudainement, mes yeux s'ouvrent. Je contemple les mains qui s'approchent de plus en plus. Elles veulent m'attraper. Mes deux billes exorbitées ne parviennent pas à se dégager de cette vision psychédélique. Ces gens. Ces gens que j'ai tué – lacéré, découpé, tranché -, sans verser la moindre larme, veulent me mener vers ma juste place. Je grogne. Je me recule. Je perçois à peine la voix de Ludwig à travers le brouillard qui m'emporte. Son aura, à gros bouillon, m'enveloppe. Et là, sous la surprise, les griffes m’attrapent. Je sursaute. J'oscille. Et je me fais de plus en plus happer. Il ne reste de mon être saint, dorénavant, qu'une minuscule trace.

Deux mains se posent sur mes épaules. Porté au plus bas de ma déraison, les ombres qui m'entourent réagissent. Elles se décollent du mur. Comme des hyènes, elles s'approchent du Père du Peuple. Et moi, je ne suis pas en mesure d'empêcher cela. Ma conscience, une barque engloutie par la folie. Les flots noirs de ma démence m'emporte, pieds et poings liés. Je ne peux rien arrêter. La danse commence. En decrescendo, elles tentent de s'en prendre au Prince Impérial. De légères entailles sur peau et vêtement. Un tempo brouillon. Ombra contemple le tableau de ma déchéance. Mon précieux compagnon me laboure la cheville de ses griffes. La douleur, comme une délivrance, chasse la démence.

Le sourire malsain sur mes lèvres disparaît. Je ne bouge plus. L'or de mes prunelles se voile. Je tremble. Je m'extirpe doucement de ma folie. Revenu à la normal, la paume s'écrase contre le mur. Je grogne. En sueur, je lutte contre le froid qui me ronge. Cette faiblesse que je hais survient à chaque fois après mes crises. Je reprend mon souffle. Doucement, mes doigts libres frôlent le poignet de mon voisin. Je me tourne face à lui. Mon regard s'attarde sur le frère de l'ordre. Longtemps, je contemple mon forfait. L'ombre de ma capuche dissimule mon demi brouillard. Ma voix, enfin, se libère, tendre.

« Vous n'aurez pas du m'approcher ainsi durant ma crise, Ludwig.. Lorsque la folie s'empare de moi... je ne peux distinguer, ennemi/ami. » Mes prunelles se posent sur une des entailles qui entachent sa blanche peau. « Je ne souhaitais pas vous blesser d'une quelconque façon.. Ni vous montrer ce côté pitoyable. »

Un pâle sourire s'affiche sur mon visage. Attiré par le rubicond, je m'approche. Doucement, ma lèvre s'appose sur sa joue. Et, sans que je ne puisse le contrôler, ma langue, lentement, récolte les quelques perles andrinoples, niché sur l'épiderme. La saveur est un délice. Je la savoure. Je ne cesse que lorsque il ne reste plus rien à laper. Puis, soudainement, je me rend compte de mon acte. Je me recule. De dos, le velours de ma voix lui susurre.

« Vous devriez peut être partir. Je ne souhaite pas représenter un danger pour vous. Vous êtes... quelqu'un de merveilleux, Ludwig. »

Une part de moi feule. J'aimerais qu'il reste. La route, côte à côte fut.. agréable. Mais... Je ne veux pas qu'une nouvelle fois, sous la folie, je l'attaque. Si doux. Si mignon. Un pur soleil. C'est agaçant. Je ferme mes paupières. Et... Je laisse place à des paroles qu'il entendra peut être ou non.

« Rester près de moi souillera votre blanche clarté. Mes mains sont sales par ceux que j'ai tué. Et le sang de ma propre sœur. »

Un fratricide.. Créature immonde que je suis. Peut être que cet aveux le fera partir. Un ricanement, m'échappe à ce souvenir.. Ma cadette...
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MessageSujet: Re: Le bon et la bête jouaient à la crapette (Pv Lud' o/]   Jeu 2 Jan - 8:37

L'expérience fut terrifiante. Le guérisseur avait déjà vu bien des gens souffrir, mourir et être victimes de crises. Mais aucun d'eux n'était inquisiteur. Aucun n'était aussi prompt à libérer ses connaissances magiques. Si Aaron était un mage du sang, il aurait déjà été abattu par l'armée ou l'un de ses confrères. La magie des ombres était bien entendu moins meurtrière.

La douleur agressa le corps de Ludwig de toutes parts, alors qu'il luttait contre la vague de folie s'emparant de l'inquisiteur. Tout s'achève rapidement, mais le Walhgren reste figé sur place. Il a mal, il est paralysé, en état de choc. Cette fois, c'est lui qui entend son interlocuteur de loin. Même s'ils sont si proches tous les deux. Il se mord la lèvre pendant quelques secondes. Il se rend à peine compte que l'autre goûte à son sang. En temps normal, cela l'aurait indigné. Si quelqu'un était témoin de ça, Aaron n'éviterait probablement pas la mort. Le sang des Walhgren reste l'une des substances les plus sacrées et emplies de magies qui soient. L'Ombre des descendants de celui qui naquit de l'Ombre.

Dans une longue expiration, le jeune Frère se débarrasse de ses plaies. Elles se referment, ne laissant qu'un corps lisse et un habit déchiré. Sans doute, passera-t-il sa soirée à le recoudre. Mais il ne veut pas abandonner Aaron. Pas maintenant, alors que l'inquisiteur a besoin de quelqu'un pour s'occuper de lui. Pour l'aider.

- Ce n'est pas pitoyable, Aaron. Vous avez juste besoin d'aide.

La voix de Ludwig était encore faible. Il n'était pas certain s'il soutenait l'inquisiteur ou s'il s'appuyait dessus, tant il se sentait faible et éprouvé par ce qui venait de se passer. Ses doigts blancs se serrent autour des bras d'Aaron. Il tremble encore un peu. Au travers des dents serrées, il ajoute.

- Je reste.

Ludwig se laisse tomber sur un banc, devant l'Université qui les a formés tous les deux. La pierre est froide, glaciale même, mais ça ne le dérange pas sur le moment. Il se répète qu'il doit se ressaisir. Après tout, cet incident a été davantage surprenant que vraiment terrifiant ou douloureux. Il déglutit avec peine lorsque Aaron finit de parler. Qu'il ait du sang sur les mains n'avait pas grand-chose d'étonnant. Après tout, qui n'en avait pas dans ce foutu pays ? Surtout y a-t-il jamais eu un inquisiteur qui n'ait jamais tué personne ?

Mais sa propre soeur ? Ludwig le regarda, incrédule. Il lui arrivait de haïr Laurenz et il était emplit d'amertume lorsqu'il pensait à Lysandre, cloîtrée au Palais avec leur Père. Mais même dans les moments les plus noirs, il ne souhaitait pas leur mort. Et il était bien loin de se croire capable de lever la main sur eux. Non seulement il n'oserait jamais, mais en plus il n'en avait pas le pouvoir. Ses deux aînés étaient pratiquement invincibles. Du moins, de son point de vue.

Ludwig ne savait pas quoi dire ou faire. Il laissa le silence devenir insupportable, avant de finalement décider de quelque chose.

- Viens, Aaron. Entrons. Rester dans ce froid ne nous aidera pas.

Le guérisseur se releva et tira l'inquisiteur par l'épaule, pour le forcer à entrer dans l'imposant bâtiment principal de Libris Umbra. Alors qu'ils marchaient, il se pencha à l'oreille d'Aaron et lui murmura aussi fermement qu'il le put :

- Ne parlez à personne de ce que vous venez de faire. Jamais.

Ludwig était bien décidé à sauver Aaron. Personne ne devait savoir qu'il l'avait agressé ou bu de son sang. Sinon, il n'y avait qu'une seule façon dont ça pourrait finir. Bien sûr, sa folie était un danger pour tout le monde. Mais le jeune idéaliste croyait que le blond pouvait changer. Devenir un homme meilleur.
Ils entrèrent à l'intérieur. La fraîcheur du grand bâtiment ressemblait à de la chaleur pour quiconque venait de dehors. Ils avaient encore un peu de temps avant de devoir se séparer. Le cours de magie des ombres ne commencerait pas avant une heure. Ludwig décida de passer chaque instant avec Aaron et de s'assurer que l'inquisiteur se comportera correctement.
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MessageSujet: Re: Le bon et la bête jouaient à la crapette (Pv Lud' o/]   Mer 17 Déc - 22:51

Fatalement, l'embrun de la terreur survenu lors de ma démence le couvre, comme je m'y attendais. Mais, contre toute espérance, ce bijou, cette perle, ce joyau d'opale poli pour qu'il ne reste que le meilleur, reste encore vers moi. Il ne fuit pas. Ne couvre pas sur moi l'image d'un monstre infame aux multiples visages d'horreur. Impressionnant caractère. Apaisé par sa présence, je me confies à lui. J'ouvre la pierre sanglante qu'est mon cœur. Et.. Les choses finissent par se précipiter.

Tiré par l'épaule, par la force des choses, je n'ai à peine le temps de répliquer que le Père des pauvres m'emmène à l'intérieur de la Libris Umbra. Surpris et à la fois amusé, je le laisse me guider hors du froid et ma folie passé. Tel un agneau, je ne cherche pas à dénouer son bras de ma chair. J'en profite même allègrement. Ce simple contact tamponne mon âme ensanglantée d'un furtif rayon de soleil. Je ronronne presque devant mon bol de lait, boisson favorite.

Sa promiscuité, une torture, une drogue dure, un éveil d'instinct. A fleur de peau, je me mords la lèvre inférieure. Envie de voler sa bouche. Envie de l'empoigner. Envie de le protéger. Mouton et loup. Je suis l'un. Je suis l'autre, au moment présent où je pense. Son murmure me sort de mes putrides réflexions. Caché sous l'ample ombre de ma capuche, un sourire mi-figue mi-raison fleurit aux coins de ma bouche.

Lorsque je trouve que nous sommes assez enfoncés dans l'Ecole des Ombres, je m'arrête. Volte face, les rivières d'ors de mes prunelles coulissent dans le bleu de ses océans. Ma paume volette sur sa joue. Ma voix devient filet de velours.

« Pourquoi faites vous tout cela pour moi ? Pour un chien fou, aux dents émoussés, passionné que par le sang et le violence ? Pourquoi vous montrez vous si prévenant et altruiste à mon égard ? » Un instant, je fais silence. J'observe Ombra, filer au loin. Je hausse un sourcil. Puis, je reviens fixer mon but premier. « Personne ne s'inquiète pour moi. Ma mort ferait même des heureux. » Rire cynique « Mais vous, me voyez comme un être humain. Pourtant, ne suis-je pas plutôt un monstre ? Par égard, vous me prévenez de ne rien dire sur ce que j'ai fait. Je n'ai aucun doute que le Grand Maximilien, votre Oncle, prendra un plaisir parfait à me détruire, moi, l'infâme inquisiteur qui vous a taché de ma langue, s'il a vent de tout.. »

Pour cet homme imposant, au visage de marbre, j'ai un fort respect. Il le faut. Je sais à quel point, derrière cette facette, se cache une entité effrayante, implacable. Je n'aimerais pas me le mettre à dos.. Je chasse de ma tête l'ombre de sa fureur. Je pense à autre chose.

Je ferme mes paupières. J'hésite. J'attaque. Avide et efficace, les pétales de mes lippes voraces se joignent à leurs consoeurs. Derrière l'avidité, je suis tendresse. Lorsque ma bouche se sépare.. Je souffle tout bas à l'intention du cadet de la Famille Impériale.

« Je ne m'excuserais pas pour cet acte qui peut vous paraître déplacé.. C'est une manière de vous... Remercier. Pour votre gentillesse.  » Silence. « Mais surtout, car vous êtes quelqu'un de troublant. Je me questionnais sur votre goût. Votre saveur est agréable. »

Je vais tout droit vers la potence pour mes actes. Mais, aussi dangereux que cela soit, je ne tremble pas.
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