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 Au fond d'une corbeille, vous trouvez ce brouillon. [Fau <3]

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MessageSujet: Au fond d'une corbeille, vous trouvez ce brouillon. [Fau <3]   Ven 27 Sep - 12:26

Personne ne s'étonnera d'apprendre que quelques heures plus tard, alors que la nuit bat son plein dans les couloirs, les salons, et les chambres du Fabula Onis, le Comte n'a pas bougé de son fauteuil. La bouteille a diminué de moitié mais il n'est pas saoul pour autant. Il lui en faudrait bien plus, si l'envie de s’enivrer suffisamment pour oublier lui venait, mais il faudrait aussi qu'il se lève et quitte son bureau, ce qu'il ne comptait pas faire le moins du monde. D'une parce qu'il ne voulait voir personne ; de deux parce que si un client le voyait dans son état actuel, ça ferait jaser.

Alors Oliver reste là. Il a envoyé se faire voir deux Abeilles de nuit qui voulaient lui parler d'un client -littéralement en ces termes, ce qui avait fichu une sacré frousse aux deux jeunes filles- Ses lunettes sont toujours sur la table basse, en compagnie des deux tasses de thé, maintenant froides. Il avale une gorgée de son verre, une seule. Et envisage un instant d'aller apprendre le respect d'autrui au Régent...

Une heure du matin résonne à l'horloge, dans un coin de la pièce. Oliver pose ses coudes sur le bureau et la tête dans ses mains, les épaules basses, malheureux. Cinq années d'amitié pour... cela. Pour cette dureté, cette torture. Il ne comprend pas. Maximilien a forcément une raison, n'est-ce pas ? Une explication logique... Plus il se repasse leur conversation, et moins il ne comprend. Quand s'est-il moqué ? Il était sincère. Il l'était, vraiment. Par l'Ombre, il le maudit.

Le Comte se bat contre lui-même, parvient à se redresser, pour ne s'étaler que davantage dans son fauteuil, allongeant les jambes sous son bureau, jouant avec l'alcool au fond de son verre. Deux coups secs résonnent contre la porte. « Que l'Ombre vous emporte ! ». Juste suffisamment fort pour que celui ou celle derrière la porte comprenne qu'il pouvait mordre. Malgré la menace sous-jacente, la porte s'ouvre. Il relève les yeux vers Faustine, tente de la fusiller du regard, mais n'y parvient pas. N'importe qui d'autre aurait été foudroyé sur place, mais pas Faustine, pas sa Colombe. Et surtout pas ce soir...

Il tente de reprendre contenance, se redresse un peu dans son fauteuil, pour faire illusion. « Que puis-je faire pour toi ? » Machinalement, il porte les doigts à son arrête de nez, mais il n'y a pas de lunettes à repousser. Sa main retombe, et il avale la fin de son verre d'un geste vif, claquant presque le verre sur le bureau ensuite.

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MessageSujet: Re: Au fond d'une corbeille, vous trouvez ce brouillon. [Fau <3]   Sam 28 Sep - 12:19

Quand Faustine remet les pieds dans l’enceinte du Fabula, les lieux pulsent déjà sous l’agitation d’une nuit bien chargée. La musique et les voix vont crescendo à mesure qu’elle avance dans l’entrée, et l’air est animé d’un ballet de couleurs, d’odeurs et de lumières absolument divin. La Macasse, son carcan et sa chaperonnée font une entrée relativement discrète. Se mouvant dans l’ombre du vestibule, Faustine confie la jeune fille aux mains expertes de Mabel, et se débarrasse souplement du long manteau qui la calfeutre. Elle soupire. La soirée a été longue.

Elle cherche Oliver du regard, parmi la foule, curieuse de ne pas le trouver parmi les convives de marque. « Hm… » Ses épaules se soulèvent imperceptiblement dans leur carcan de soie bleutée. A cette heure tardive il est probablement remonté dans son bureau. Elle interroge une abeille de nuit qu’elle croise en remontant les marches. Cette dernière lui apprend que le compte n’est pas sorti de la soirée. Apparemment, cela commence à faire un bon moment qu’il n’en est pas sorti, et bien qu’il ne soit pas en compagnie d’un quelconque visiteur, il envoie promener les téméraires qui oseraient le déranger.
Les sourcils délicats de la Macasse se soulèvent pensivement, et ses lèvres se pincent. Elle remercie la jeune fille et la laisse reprendre sa route. Elle, change de cap et emprunte le chemin du bureau de son cher Oliver. Naviguant dans les ombres pour ne pas être importunée, elle s’interroge avec inquiétude.

Il n’avait pas l’air de si mauvaise humeur, lorsqu’elle l’avait quitté ce matin-là.

Faustine s’arrête devant la porte du bureau, et compte deux longues respiration avant de frapper. Elle hésite, l’espace d’un instant, en entendant la douleur qui perce au travers les mots d’Oliver. C’est le feulement d’un animal blessé qui réclame un peu de temps pour lécher ses plaies en paix.

Finalement, sa main se pose sur la poignée et elle pénètre à l’intérieur du bureau. Elle manque de se heurter à l’un des plus beaux regards assassins qu’il lui ait été donné de voir, mais dès qu’Oliver se rend compte de qui passe sa porte, toute l’animosité s’évapore de ses yeux. La colère disparue, il ne reste plus qu’un mélange de lassitude et d’amertume  ; Faustine en aurait presque le sœur serré. Ses yeux à elle glissent le long de la bouteille, prenant un maximum d’information alors qu’elle s’avance vers le centre de la pièce. Vers le bureau sombre et la silhouette voutée du comte.

Il tente de se redresser, mais Faustine secoue doucement la tête. Qu’il ne s’embête pas pour elle. Elle ne le jugera pas, elle ne le prendra pas en pitié, et elle ne se réjouira pas de le voir ainsi abattu. Elle n’est pas là pour ça.

« Que puis-je faire pour toi ? »

Sa tête se balance doucement de gauche à droite, en silence. Elle vient s’asseoir à sa droite, appuyant son dos contre un coin du bureau

« Pour moi ? Rien, ne t’en fais pas. »

D’un geste souple, Faustine enroule ses doigts autour du col de la bouteille qui trône au milieu du bureau. Elle décroche ses yeux de ceux du comte le temps de lui resservir un verre, l’air de rien. Pour l'instant, et sans savoir ce qui cloche, elle ne peut pas faire grand-chose de plus.

« J’aimerai surtout savoir s’il y a quelque chose que je peux faire pour toi. »

Sa main droite s’envole distraitement vers l’épaule d’Oliver, où elle balaie quelques poussières invisibles avant de se poser avec plus de fermeté. De l’autre, elle fait glisser le verre nouvellement rempli jusqu’à la paume de l’homme. Ainsi penchée sur lui, elle murmure, presque pour elle-même.

« Oliver, mon Oliver. Qu’est-ce qui a bien pu t’arriver… »
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MessageSujet: Re: Au fond d'une corbeille, vous trouvez ce brouillon. [Fau <3]   Dim 29 Sep - 12:21

Faustine pénètre dans le bureau et le masque assassin qu’arbore le Comte disparaît aussi rapidement qu'il est apparu. Sa Colombe ne mérite pas qu'il se défoule sur elle, ce n'est pas sa faute si le Régent lui a brisé le cœur. Vraiment, il faut le croire, il tente de faire bonne figure. Quelque part, il espère même que sa partenaire a besoin de lui, qu'elle l’entraîne dans les problèmes de gestion de Fabula Onis pour l'éloigner de ses sombres pensées. Mais ce n'est pas le cas, elle s'avance, le ressert. Elle sait, elle a compris qu'il allait mal. Et puisque ELLE, elle est une véritable amie, quelqu'un en qui Oliver peut avoir confiance -du moins davantage qu'envers le Régent, visiblement-, il finit par expliquer, tenter de le faire.

« Le Régent m'a fait l'honneur d'une visite. » Sa voix oscille entre la colère et l'amertume. Faustine est au courant de leurs entrevues, et également de l'absence prolongée de Maximilien au Fabula Onis. Au fil des semaines, Oliver n'avait pu s'empêcher quelques remarques, comme ça, en passant, sur l'étrangeté de cette disparition. Faustine a-t-elle remarqué comme cette désertion minait quelque peu le moral du Comte ? Et aujourd'hui, le retour de l'homme n'a fait qu'empirer son état...

Il hésite un instant à poursuivre, soupire, se masse l'arrête du nez et reprend. « Nous avons pris un thé, discuté de la soirée en l'honneur du Prince Laurenz et... » Pourquoi cela a-t-il dérapé ? Après cinq années de rendez-vous sans jamais dépasser la limite. Pourquoi cette après-midi en particulier ? Et surtout, pourquoi Maximilien a-t-il pris ainsi la mouche, piétinant le cœur d'Oliver sans pitié ? « Il ne reviendra plus, je pense. » Sa voix a pris une intonation plus rauque, sa gorge le serre. Il n'éclatera pas en sanglot, ce n'est pas dans sa nature, mais c'est difficile d’enchaîner les phrases sans rien laisser paraître.

Le verre est fini cul sec, et il le repousse. Oliver ne boit jamais jusqu'à l'excès. L'engourdissement dû à l'alcool est déjà perceptible et il ne tient pas à le ressentir davantage. Radossé à son fauteuil, il relève le visage vers Faustine, visiblement fatigué de ruminer tant de pensées noires. « Il m'a invité dans ses appartements, au palais. Nous avons failli nous embrasser, j'ai cru un instant que... qu'enfin... » Il ferme les yeux, serre le bord du bureau entre ses doigts. Ses lèvres s'étirent en un sourire désabusé, épuisé. « Il a dit que je jouais avec lui, qu'il ne supportait pas cela. Et il est parti, en me laissant en plan. »

Un frisson lui remonte le dos, le long de la colonne vertébrale. Le Régent avait eu une telle expression, de colère et de fierté, en se redressant, comme si lui, Oliver, n'était rien de plus qu'une saleté importune sur le bout de sa chaussure. Ses jointures blanchissent à force d'agripper le bureau. Il faut qu'il se reprenne, ce n'est pas digne de lui. Plus aucune homme ne devrait pouvoir ainsi se jouer de lui. N'est-il pas le Comte, par l'Ombre ?!

Sa voix se fait dure, pour cacher le sanglot désespéré qui tente de s'échapper de ses lèvres. « N'est-ce pas lui qui s'est joué de moi ?! Il est parti six mois, sans un mot, n'est-il revenu que pour me mettre plus bas que terre ? S'il souhaitait mettre un terme à notre relation, me le dire aurait suffit. Rien ne l'obligeait à jouer cette comédie ! » Ses doigts lâchent le bureau, Oliver s'affaisse dans son fauteuil, les épaules basses. « Cinq ans d'amitié pour en finir ainsi ? Ne méritais-je pas un peu de son respect, au moins ? »

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MessageSujet: Re: Au fond d'une corbeille, vous trouvez ce brouillon. [Fau <3]   Ven 18 Oct - 4:25

« Le régent m’a fait l’honneur d’une visite. »

Lorsque le titre de Maximilien est évoqué, Faustine arque un sourcil intrigué. Bien sûr, elle n’est pas sans savoir qu’Oliver et lui avaient eu pour habitude de se voir, et que le Régent aimait à s’échapper une heure ou deux en la compagnie du compte. Elle a d’ailleurs en tête une ou deux anecdotes, livrées par Oliver lui-même au détour d’une conversation, évoquant un verre, une partie d’échec ou un simple échange de banalités. Cela dit, à voir l’expression dévastée de l’Homme si cher à son âme, elle sent bien qu’il lui manque quelques informations. Et elle n’aime pas vraiment ça.

« Nous avons pris un thé, discuté de la soirée en l'honneur du Prince Laurenz et... Il ne reviendra plus, je pense. »

Cette fois Faustine fronce légèrement les sourcils. Le masque de la Macasse tombé, ses changements d’expression sont bien plus perceptibles, et l’inquiétude semble une grimace étrange sur son visage d’ordinaire lisse et impénétrable. Elle lève la main qui se tenait sur l’épaule du compte pour lui permettre de s’enfoncer dans son fauteuil, puis se recule légèrement, elle aussi, comme pour se donner une vue d’ensemble sur la situation. Interdite, elle le laisse poursuivre son récit, consciente du fait que, sans le fin mot de l’histoire, elle ne pourra rien apporter de constructif à la conversation.

Dans leur position respective, Oliver doit lever la tête pour croiser son regard, et le cœur gris de la Macasse se sent distrait d’un vertige étrange. Un instinct presque maternel qu’elle ne se connaissait pas jusqu’à lors. Il y a des larmes invisibles dans la voix d’Oliver et elles déstabilisent Faustine. L’espace d’un instant elle partage l’impuissance des mères qui regardent sans pouvoir rien faire leurs enfants se blesser aux récifs de la déception amoureuse. Et puis le moment passe, s’éteint, et la Macasse s’empresse de secouer cette détresse absurde hors des pores de sa peau. La voix d’Oliver se fait plus dure, elle aussi, et la jeune femme ne peut lui offrir en retour qu’une expression désolée.

« N'est-ce pas lui qui s'est joué de moi ?! Il est parti six mois, sans un mot, n'est-il revenu que pour me mettre plus bas que terre ? S'il souhaitait mettre un terme à notre relation, me le dire aurait suffi. Rien ne l'obligeait à jouer cette comédie ! »


Dans un geste aussi souple qu’instinctif, Faustine se penche et intercepte, de ses mains blanches, les phalanges maltraitées du compte. Sans un mot, elle croise son regard, et laisse ses pouces glisser d’une jointure douloureuse à l’autre dans un mouvement apaisant. Dans ses yeux, elle glisse toute la sympathie dont elle est capable, lui laissant implicitement le temps de calmer les sanglots qui assaillent sa gorge.

« Oh, mon Oliver. Voilà une accusation que les gens dans notre position se voient porter bien plus souvent qu’ils ne le mériteraient. Elle n’en est pas moins terriblement injuste. »

Certes, pour elle comme pour lui, il est courant de se heurter à ce genre de paranoïa, et Faustine s’est de nombreuses fois heurtée au mur de ce ‘Jeu’ qu’on l’accuse de mener - plus souvent à raison qu’à tort, dans son cas, mais tout de même. Ce sont là les dessous du Théâtre méticuleusement organisé qu’est leur vie. Pourtant, jamais la jeune femme n’a vu son ami si mal de ces accusations. Quelque part, quelque chose en elle lui souffle qu’elle devrait se réjouir de cette faiblesse, pour le terrible levier qu’elle pourrait représenter, entre ses mains. Mais entre ses mains il y a celle d’Oliver, et Faustine a le cœur bien trop gros pour prêter une once d’attention à l’abominable voix de fer de la Macasse.

D’une voix douce, elle poursuit, ne serait-ce que pour oublier qu’elle a pu penser une telle chose.

« J’aimerai pouvoir te dire que ça n’est probablement qu’un terrible malentendu, mais je n’en sais pas plus que toi. Si ce n’est que ça me parait un comportement bien étrange venant de sa part. »

Une de ses mains quitte celle de l’homme et va se perdre un peu plus haut ; ses doigts de porcelaine se glissant affectueusement dans l'interstice d’une manche, traçant le creux d’un poignet.

« Le Régent ne m’avait pas semblé un homme d’une telle inconstance. » Elle hésite, cherchant le regard du Comte. « N’as-tu pas une idée de ce qui a bien pu le déstabiliser à ce point ? Les hommes fiers sont parfois stupides lorsqu’ils se sentent menacés. A tort ou à raison. »

Nous passerons sur le fait qu’elle vient d’insulter gratuitement un homme de l’importance du Régent, bien que cela en dise long sur l’affection qu’elle porte à Oliver. Car quoi qu’en dise les détracteurs, même le cœur de métal de la Macasse est capable de sentiments. Et même si sa relation avec le comte est imparfaite, et parfois assombrie par leur méfiance mutuelle, elle est ce qui s’approchait le plus, pour un être comme Faustine, d’une amitié sincère.

« De quoi parliez-vous avant qu’il ne s’emporte ? »
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MessageSujet: Re: Au fond d'une corbeille, vous trouvez ce brouillon. [Fau <3]   Dim 10 Nov - 5:10

Il livre son coeur et son tourment à la Maquasse comme il s'était promis de ne pas le faire, une fois devenu « le Comte Oliver». Mais Faustine est sa meilleure amie, sa seule pourrait-on même dire, et ce soir, il est plus bas que terre. Il rêve de poser sa joue contre la cuisse de la jeune femme, de fixer le mur, des mains tendres se glissant dans ses cheveux et d'oublier cette journée, définitivement. A la place, il vomit sa colère et son amertume. Faustine serre ses mains dans les siennes pour l'empêcher de se faire davantage de mal. Sa colère retombe comme un soufflé à ce contact.

« Oh, mon Oliver. Voilà une accusation que les gens dans notre position se voient porter bien plus souvent qu’ils ne le mériteraient. Elle n’en est pas moins terriblement injuste. » « Je sais cela ! Mais j'ai cru... Nom d'un chien, j'ai cru qu'il me connaissait mieux que cela ! Qu'il voyait au-delà ! » Pour n'importe qui d'autre, ce genre d'accusations ne l'aurait pas atteint, il en aurait même ri, joué. Mais que ce soit Maximilien lui labourait le cœur. Oliver n'était qu'un tout jeune homme quand il a poussé les portes du Fabula Onis, et s'il a été un peu amoureux de tous ses client(e)s, le temps d'une étreinte, ça n'a jamais été aussi fort que l'affection qu'il porte au Régent.

Faustine reprend, aussi tendre et patiente qu'une mère. Ce doigt aventureux contre la peau tendre de son poignet finit de le détendre. Il garde les yeux perdu sur le cuir du plan de travail du bureau, là où repose son verre ; puis les relève vers Faustine, à ses questions. Il ne répond pas de suite, prend le temps de se repasser calmement son entrevue avec le Régent. Il s'humidifie les lèvres, fronce les sourcils -Retenir ses sanglots et l'alcool ingurgité lui a donné une légère migraine-. De quoi parlaient-ils avant que Maximilien ne se rapproche, ne le touche, ne l'embrasse ?

« Je l'ai accueilli, nous sommes venus ici, je lui ai servi du thé. Ont suivi les banalités d'usage. » Il secoue la tête, de gauche à droite. « Non, je ne vois pas ce qu'il aurait pu mal prendre. J'ai parlé de ton entrevue avec le Prince Laurenz, il m'a d'ailleurs demandé de te remercier pour t'être comportée envers son neveu comme une "merveilleuse hôtesse". Et... » Il a soudain un flash et il écarquille les yeux sous la révélation. « Il a dit être jaloux de notre relation et qu'il était ravi pour nous... » C'est soufflé tout bas, stupéfait. Oliver se laisse glisser dans son fauteuil, les yeux grand ouvert. « Ça ne peut pas être ça ! C'est lui qui a amorcé notre étreinte après cela ! Il n'a pas pu mal comprendre, enfin ! »

Le Comte se lève soudain, laisse glisser sa main de celles de Faustine. Il reprend ses lunettes sur la table basse et se met à faire les cent pas en fulminant, devant le bureau. « Non ! Par l'Ombre ! Il ne m'a pas offert un tel spectacle par jalousie. Il n'est pas aussi stupide ! Il nous connait, il a bien du voir que nous n'avions pas ce genre de relation. » Une pensée le traverse et il s'arrête, se tourne vers Faustine, la colère envolée, la tristesse revenue. « Il ne me laissera même pas une chance. Il ne reviendra plus et moi... » Oliver prend une inspiration trop rapide et porte les mains à ses tempes, épuisé de ces va-et-viens émotionnels qui le torturent depuis des heures.

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MessageSujet: Re: Au fond d'une corbeille, vous trouvez ce brouillon. [Fau <3]   Mar 12 Nov - 11:42

Faustine écoute le récit avec attention. Comme elle vient de lui dire, il y a forcément une explication logique au comportement étrange du régent, et il y a de grandes chances pour que cette raison repose quelque part entre les mots que lui livre Oliver. Elle hoche la tête à la mention des remerciements de Maximilian, signalant qu’elle en est ravie mais que là n’est pas la priorité du moment.

Et puis soudain tout s’enchaîne. La révélation, puis la réalisation d’Oliver, qui s’arrache à son contact et part fulminer un peu plus loin. Faustine reste interdite, les mécanismes de son esprit tournant à vive allure. A présent l’affaire lui semblait s’éclairer, et elle pouvait enfin mettre des motivations, quoiqu’absurdes, derrière les faits et gestes de chacun. Alors que le comte prend sa tête entre ses doigts, Faustine intervient enfin.

« Là, ne t’en fais donc pas. Il a réagi impulsivement, sous le coup de la passion. Mais je suis certaine qu’en y réfléchissant à tête reposée il se rendra compte de son erreur. » De ses yeux sombres, elle cherche ceux d’Oliver. « Vous trouverez bien une occasion de vous expliquer plus calmement. »

Faustine soupire et se redresse légèrement, quittant l’appui confortable du bureau pour se tenir debout aux côtés du comte.

« Ecoute. Je te remplace pour ce soir. Prend ta soirée, essaie de te calmer un peu, et arrête de ruminer tout ça. »

Sa main glisse contre sa joue, orientant son visage de manière à croiser le regard du comte.  « Tu ne feras rien de bon si tu restes à fleur de peau comme ça. » Puis, sa main glisse et elle se lève avec précaution, repassant de l’autre côté du bureau. Là elle rassemble quelques affaires avant de sortir. D’un geste discret elle éloigne imperceptiblement le verre et la bouteille. Elle lui fait confiance pour ce qui est de ne pas boire en excès, mais tout de même. On n’est jamais trop prudent, surtout dans leurs positions respectives.
Avant de lui tourner le dos pour se diriger vers la porte, elle lance un dernier sourire à Oliver, accompagné d’un dernier « Je suis sûre que ça va s’arranger. », prononcé avec douceur.

Puis elle s’en va comme elle était venue, remettant son masque en passant le pas de la porte qu’elle referme sans un bruit.
Et si elle peut affirmer que tout ira bien avec une telle certitude, c’est parce qu’elle escompte bien aider un peu à tout arranger. Si elle n’intervient pas, ces deux têtes de mules sont parties pour des mois de bouderies et de dépressions nerveuses. Il n’y a pas de mal à vouloir accélérer un peu le processus, puisque ça sera profitable à tout le monde. Y compris aux affaires, parce qu’il n’est pas question qu’elle s’occupe toute seule des préparations de l’enterrement de vie de garçon de l’autre Walhgren.

La Macasse resserre son col d’un geste déterminé. Malgré son appréhension à se mettre ainsi dans une ligne de mire directe entre les deux amants maudits – elle est une femme de l’ombre, pas une entremetteuse – elle n’a pas vraiment le choix.
Dès le lendemain, elle aura une petite visite à rendre à ce cher Régent…
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MessageSujet: Re: Au fond d'une corbeille, vous trouvez ce brouillon. [Fau <3]   Mer 27 Nov - 14:50

Depuis le départ de Maximilien, Oliver ruminait les derniers mots prononcés, ce baiser amorcé et ce rejet cruel dont il a été la victime. L'alcool ne l'a pas aidé à se pencher plus avant sur les raisons qui ont poussé son ami à lui briser le coeur. Après tout, il était resté absent six mois, ça n'était sans doute qu'une façon de mettre un point final à la situation. Fort heureusement, Faustine lui a donné la force -et l'idée, surtout- de reprendre depuis le début. Et même avec l'alcool qui imbibe ses neurones, le Comte finit par comprendre le pourquoi.

Oh, ça ne règle pas toute la question, bien au contraire ! Si le Régent a mal compris la relation entre Oliver et sa Colombe, et l'a si mal pris surtout, c'est que quelque part au fond de lui, il doit bien y avoir un peu d'affection, qui s'est trouvée piétinée par cette incompréhension. Cela ne rend le rejet et ses paroles que plus douloureux encore : Oliver avait une chance, tout est gâché et Maximilien et sa fierté ne lui laisseront jamais s'expliquer. Il voudrait bien effacer les dernières vingt-quatre heures de sa mémoire.

Faustine parvient à arrêter ses va-et-vient. Elle l'oblige à la regarder, et lui parle aussi calmement que s'il était un enfant faisant une colère. Ses propos sont plein de bon sens, et le Comte acquiesce d'un hochement de tête un peu saoul. Il reste au milieu de la pièce, alors qu'elle glisse sur le tapis, du bureau à la porte, avec son élégance fascinante. Mieux vaudrait qu'il aille dormir, en effet. Sans les bruits des clients au dehors, et cette fichue migraine qui s'est installée.

Si sa compagne n'était pas montée, il aurait ruminé toute la nuit son chagrin et serait allé se coucher, toujours en proie à une colère noire. A la place, il rejoint son lit maintenant, et son cœur est lourd de chagrin. La situation n'a pas évolué au mieux mais au moins y a-t-il eu évolution. La jeune femme quitte le bureau, non sans lui offrir un dernier sourire, un dernier encouragement. Le Comte jette un regard de chien battu à cette porte fermée. Un regard circulaire sur la pièce lui confirme qu'il ferait mieux d'aller dormir, bien qu'il soit tôt pour une Abeille de Nuit, pour ne pas être trop à ramasser à la petite cuillère pour le prochain service.

Il se peint un air digne sur le visage, rehausse ses lunettes du bout des doigts et sort enfin de son bureau, pour monter vers ses quartiers au dernier étage, par l'escalier de service. Pas un seul instant, Oliver n'imagine que sa Colombe va se mettre sur le devant de la scène. Qu'elle va traverser la ville, se présenter devant Maximilien Walhgren et lui passer un savon. Pour le Comte, son histoire avec le Régent s'est terminée salement. Il va s'en remettre, ça ira déjà mieux demain. Enfin, il fera parfaitement semblant.

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