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 We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]

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MessageSujet: We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]   Dim 24 Nov - 1:09

Une fois de plus, Ludwig avait été obliger d'écourter son travail au Temple de Saint Dietrich. Ses nouvelles obligations l'exténuaient et lui prenaient beaucoup de temps. Lucilius de l'Ombrage n'avait aucune pitié, son enseignement était basé sur un principe : pousser son apprenti à bout. Les inquisiteurs étaient comme ça. Leur but était d'être les plus performants, les plus résistants, les plus impitoyables. Pour l'Ombre et pour l'Empire, ils tuaient sans sourciller. Et il ne fallait pas s'attendre à un autre type d'enseignement de leur part.

Heureusement que le corps de Ludwig puisait dans son énergie pour se guérir. Sinon, il ressemblerait depuis longtemps à un voyou passé à tabac par la Garde impériale. Sa capacité de guérison, par le biais de la magie du Sang, n'impressionnait nullement son professeur qui ne cessait de lui répéter que les faibles n'avaient pas leur place en ce monde et qu'il devait se résoudre à infliger des coups, sinon il passerait sa vie à les encaisser. Il n'avait certainement pas tort.

Toujours était-il que le cadet de la famille impériale était assis sur un banc de pierre, dans l'un des couloirs glacés de ce qui fut le monastère de l'Eglise de l'Ombre. Libris Umbra, l'Université de l'Ombre, la plus ancienne institution éducative de l'Empire. Sur ordre de son ancêtre, elle devint une institution impériale, rendant des comptes aux Walhgren. Elle fut contrainte de partager ses secrets avec bien des gens, considérés à l'époque comme des hérétiques...

Ludwig ferma les yeux.

Il inspira profondément et tenta de faire le vide dans sa tête. Un filet de sang coulait encore de sa lèvre, l'une de ses côtes était légèrement fissurée. Des dégâts négligeables dont il s'occuperait plus tard. La rage que l'inquisiteur tentait de faire sortir de lui devait être apaisée. Un mage du sang, surtout au service de son Ordre, ne pouvait se laisser emporter. Ludwig était au service des faibles, un moment d'égarement de sa part pouvait vite tourner à la catastrophe. Quelques respirations plus tard, son cœur battait plus lentement et il avait relativisé les paroles de son maître. L'amertume de Lucilius faisait toujours peine à voir, mais l'homme s'obstinait. Il ne voulait pas être guéri, aidé. Il voulait souffrir et n'en devenait que plus désagréable et dangereux. A priori, on attendait cela de tous les inquisiteurs.

Le jeune guérisseur tenta de ressentir les ombres autour de lui. Il y en avait toujours quelque part dans les bâtiments appartenant à l'Université. Les adeptes de l'Ombre aimaient rester au frais, couverts des manifestations terrestres de l'Energie Créatrice. Même si celle-ci avait été clairement identifiée dans le sang des êtres vivants, les ombres des hommes et objets occupaient toujours une place privilégiée dans les cœurs des universitaires. Il grimaça, alors qu'il tentait d'écarter les battements de son coeur et de sentir l'énergie sombre des ombres à proximité. Un effort considérable. Se priver du sang, était comme se priver de vêtements ou d'air. Si peu naturel, si étrange. Pourtant, tant de gens pouvaient maîtriser les ombres. Lui aussi, il allait...

Un autre cœur se mit à battre à proximité immédiate. Ludwig expira et ouvrit les yeux. A ses côtés se tenait une demoiselle. Selon toute vraisemblance de bonne famille et, pour le peu qu'il puisse en juger, dotée d'une grande beauté. Ludwig sourit. Lui-même ne pouvait être trahi que par son aura de gentillesse envahissante et d'apaisement qu'il dégageait en permanence. Ses vêtements étaient simples, bon marché, selon les préceptes de son Ordre. Ils ne pouvaient valoir plus qu'une pièce d'argent...

- Mademoiselle. Sous le ciel et sous le soleil. Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour vous ?
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MessageSujet: Re: We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]   Dim 24 Nov - 2:49

Un rayon de soleil peinant à se frayer un chemin dans l'air saturé de poussière et de toiles d'araignées finit par avoir raison du sommeil de la jeune fille. Alessa ouvrit les yeux en les plissant, trouvant peu agréable d'émerger avec une lumière aussi vive en plein dans les yeux. Elle toussa un peu à cause de la poussière qui avait remué en même temps qu'elle, puis se redressa. Elle avait les cheveux en bataille, éparpillés autour de son visage où étaient encore imprimés les plis de sa manche qui lui avait servit de coussin. Se frottant les yeux en baillant, elle fit rapidement le point et sursauta brutalement... elle s'était encore endormie dans un recoin de la bibliothèque.

Poussant un long soupir, la jeune fille se redressa, essayant de rajuster au mieux la robe longue et noire qu'elle portait. C'était une robe qu'elle portait depuis des années, si bien qu'elle lui arrivait au milieu des mollets alors qu'elle était prévue pour trainer par terre, elle était aussi un peu serrée dedans au niveau de la poitrine, mais c'était des détails. Alessa était si bien dans ce vieux vêtement dont même la couleur avait finit par se ternir, qu'elle le mettait le plus souvent possible pour aller s'allonger avec un bouquin quelconque. Elle passa une main rapide dans ses cheveux histoire de ne pas non plus ressembler à une fille de petite vertu venant de se faire culbuter dans un coin sombre... puis elle sorti.

Elle voulu courir pour rejoindre l'endroit où elle avait rendez-vous avec l'un de ses professeurs, mais ses chaussures l'en empêchaient. Elle les retira, les glissa sous son bras en compagnie du vieux livre qu'elle avait prit à la bibliothèque en partant (un vieux traité qui parlait des premières expériences illégales de la magie du sang) et couru donc pieds nus dans les couloirs glacés. Arrivée au lieu de rendez-vous, seule, elle regarda autour d'elle sans vraiment espérer quoi que se soit : arriver avec plus de deux heures de retard n'était pas forcément un "léger retard" pour lequel quelqu'un d'occupé comme l'était son professeur pouvait se permettre d'attendre. Il faudrait qu'elle s'excuse platement la prochaine fois qu'elle le verrait... Résignée à devoir, encore une fois, se répandre en excuses à cause de sa manie de passer ses nuits à lire, la jeune princesse s'engagea dans un couloir au hasard. Elle avait plusieurs heures à tuer maintenant qu'elle était "dispensée" de son enseignement pour la journée...

Elle marchait sans but, réfléchissant à tout ce qu'elle avait lu la veille, replongeant le nez dans le vieux livre sans cesser d'avancer et toujours pieds nus. Si ses frères l'avaient vue comme ça, ils auraient sourit d'un air attendrit en se disant que même en habitant loin de la maison, leur petite soeur adorée ne changeait pas d'un cheveux. Après tout, pourquoi se soucier de son apparence dans un endroit pareil ? Tout le monde se fichait de savoir d'où elle venait et qui elle était, elle était là pour apprendre, et le faisait plutôt bien quand elle ne ratait pas bêtement ses cours comme aujourd'hui... même si c'était malheureusement assez régulier.

Absorbée comme elle l'était dans ses pensées, elle ne vit pas le jeune homme concentré qui était assis à l'autre bout du couloir. Elle avançait vers lui sans le voir quand soudain :


"- Mademoiselle. Sous le ciel et sous le soleil. Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour vous ?"

Elle sursauta, leva les yeux, et le détailla pendant plusieurs secondes avant de réaliser.


- Oh ! Pardon, je ne vous avais pas vu... désolée.


Elle se racla la gorge, comme si elle essayait de se souvenir des formules appropriées pour une rencontre imprévue.


- Par l'Ombre et par mon Sang je vous salue.


Elle lui adressa un sourire timide, rougissant à cause de la réaction brusque qu'elle avait eu alors qu'il ne faisait que la saluer. Elle allait lui dire qu'elle n'avait besoin de rien mais que c'était gentil de demander quand elle se rendit compte qu'il était blessé. Elle fouilla dans sa poche et en sorti un mouchoir en tissus un peu vieillot mais propre et sur lequel il n'y avait presque pas de poussière, alors qu'elle même semblait s'être roulée dedans... ce qui n'était pas totalement faux au final. Elle se rapprocha de lui et, sans même penser à lui demander son avis ou sa permission, se mit à essuyer le sans qui coulait légèrement au niveau de sa lèvre.


- Votre sang est précieux vous savez, il ne faut pas le laisser s'enfuir comme ça.


Elle sourit gentiment et lui tendit le mouchoir. Étant donné qu'elle étudiait la magie du sang, prendre avec elle celui de quelqu'un lui paraissait réellement impoli. Elle ne se serait jamais permis de garder le fameux mouchoir. Même si l'homme devant elle lui paraissait étrangement fascinant.
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MessageSujet: Re: We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]   Dim 24 Nov - 3:48

Elle avait la démarche et l'allure d'une chercheuse, tant préoccupée par ses affaires que le monde extérieur n'avait que peu d'importance pour elle. Comme Ludwig le remarqua de suite, elle était sans aucun doute de sang noble. Cependant, un certain désordre régnait dans son apparence de sorte à la rendre moins coincée que la plupart des princesses qu'il ait déjà pu rencontrer. Sans doute, il a déjà vu chacune d'elles, à un moment où un autre. Cependant, il n'en connaissait aucune de plus près. De nom, peut-être.

Celle-ci, il ne la reconnaissait pas, bien entendu. S'il y avait une chose que Laurenz n'exigeait pas trop de lui, c'était bien la participation aux soirées mondaines, auxquelles les Walhgren recevaient si souvent des invitations. Personne ne s'intéressait, Ombre merci, à sa vie privée ou à ses relations avec la gente féminine. Lysandre se trouverait bien un mari et Laurenz était déjà casé, plus ou moins officiellement. N'étant pas vraiment concerné par la survie de al dynastie, Ludwig avait la liberté de côtoyer les jeunes filles sans que cela n'attire l'attention. Cela dit, il n'en profitait pas. En fait, il profitait de peu de choses, travaillant dur au Temple.

- Ce n'est rien. Excusez-moi, je ne voulais pas vous surprendre.

Elle mit un moment à réaliser qu'il était là. Lui-même était habitué à sentir la présence d'autrui au moyen de son don. Il était difficile de le surprendre. Cela constituait d'ailleurs sa faiblesse, lorsqu'il lui fallait s'exercer à la magie des ombres. Ludwig n'arrivait pas à se focaliser sur sa respiration et la présence des ombres. Au lieu de cela, il entendait en permanence le battement des coeurs des gens proches de lui. S'il se concentrait, il pouvait étendre ce sens. Mais il ne le faisait pratiquement jamais. Ce bruit excitait son désir, propre à tous les mages du sang, celui de chercher à goûter au sang humain. Cela lui était parfaitement interdit par la Règle, édictée par Saint Dietrich en personne. Un des rares saints reconnus par l'Empire, Dietrich Eberhard était le fondateur de l'Ordre caritatif et une sommité en termes de guérison. Apprenti d'Uriel D'Arken lui-même, et de son héritière Suzume Zhang-Jian, il savait de quoi il parlait lorsqu'il interdisait à ses disciples de boire du sang. Ou de s'en servir dans un autre but que la guérison elle-même.

Le salut de la jeune demoiselle était étrange, propre aux gens formés entre ces murs. Dans sa gentillesse, elle se mit même à lui essuyer la bouche. Le mouchoir se teinta de rouge, son blanc maculé par quelques gouttes écarlates. Il l'a remercia pour son aide.

- Mon maître estime qu'il faut en faire couler un peu pour que je saisisse toute la portée de son enseignement. Nous pouvons donc dire que c'est de bonne guerre.

Son sang était bien sûr précieux. Selon toute vraisemblance, sa famille était responsable de la présence de la magie dans leur monde. Comme les autres Walhgren, Ludwig était une source d'énergie et de motivation dans la Création humaine.

Prenant le mouchoir de la main de Alessa, Ludwig sourit encore, incarnation même de gentillesse. Il l'invita à s'asseoir à ses côtés, d'un geste, alors qu'il reprenait la parole.

- Désirez-vous vous joindre à moi, pour un moment de repos ? Je suppose que le froid ne doit pas vous gêner, puisque vous marchez pieds nus...

Son grand souci, dans cette rencontre comme dans toutes les autres, était la façon dont il devrait se présenter. Comme toujours, il opta pour la vérité, présentée de son point de vue favori.

- Je m'appelle Ludwig, je suis frère de Saint Dietrich.
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MessageSujet: Re: We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]   Dim 24 Nov - 9:27

Alessa fut agréablement surprise. Elle avait prit l'habitude de se faire rembarrer durement par les étudiants plus âgés qu'elle, ils étaient souvent froids et ne finissaient par la trouver intéressant que quand ils avaient entendu son nom... ce qui l'ennuyait un peu. Elle sourit quand il lui proposa de s'installer près de lui et se laissa littéralement tomber sur le banc sans la moindre grâce. Ce ne fut que quand il fit allusion à la nudité de ses pieds qu'elle se rappela qu'elle avait retiré ses souliers pour courir.

- Ah... oui j'étais pressée et j'ai oublié de les remettre. J'avais rendez-vous avec un professeur mais je suis arrivée avec quelque chose comme deux heures de retard. Du coup il ne m'a pas attendue, forcément.


Elle rosit légèrement.

- Je m'étais endormie dans un tas de poussière dans la bibliothèque... vous savez, là où se trouvent les plus vieux livres qu'on puisse trouver ici... bref... et du coup me voilà.

Elle remonta ses pieds et les posa sur le banc, entourant ses genoux de ses bras pour poser son menton dessus. Elle avait posé ses chaussures par terre et le vieux livre à côté d'elle, et elle tourna la tête vers lui, timide mais souriante.

"- Je m'appelle Ludwig, je suis frère de Saint Dietrich."


La jeune fille resta silencieuse quelques secondes, comme si elle essayait de se souvenir d'où elle avait entendu ce nom, mais au lieu de sursauter comme on aurait pu s'y attendre, elle lui adressa un nouveau sourire.

- Comme quoi j'avais raison, votre sang est effectivement précieux. Il ne faut pas le donner à n'importe qui, surtout pas ici d'ailleurs... on ne sait jamais. J'ai vu des types tellement étranges qu'ils ont réussi à me glacer d'un seul regard.


Elle se redressa subitement, comme si elle se souvenait d'un coup de ce qu'elle avait à faire, et s'inclina devant lui avec toute la grâce et la souplesse d'une jeune fille de très bonne famille à qui on a apprit ce genre de chose avec beaucoup de soin depuis sa plus tendre enfance... même si elle avait un petit sourire amusé en même temps.

- Par l'Ombre et par mon Sang je vous salue Ludwig, frère de Saint Dietrich, et vous avoue être ravie de faire votre connaissance mon prince.

Elle sourit à nouveau et retourna s'assoir à côté de lui, se laissant tomber comme précédemment et se re-positionnant de la même manière. Elle souffla sur une mèche de cheveux qui lui chatouillait le nez et leva ses yeux violet vers lui.

- Alessa. Alessa Nocturnae, enchantée. Je ne suis pas arrivée ici depuis bien longtemps et je ne suis pas une grande admiratrice des grandes réceptions mondaines, c'est surement pour ça que nous ne nous sommes encore jamais vus, même si vous avez déjà dû rencontrer certains de mes frère et probablement mes parents.


Elle toussa (quand elle avait secoué ses cheveux, de la poussière était venue la taquiner. Elle avait vraiment besoin de se faire épousseter un bon coup) puis repris.


- Cela ne vous dérange pas de me tutoyer ? J'ai du mal à apprécier qu'on me vouvoie en réalité... j'ai l'impression que les gens me trouvent plus importante que je ne le suis quand on me donne du "vous".


Elle eut un gloussement gêné et contempla ses pieds.
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MessageSujet: Re: We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]   Dim 24 Nov - 9:49

Et voilà, c'était arrivé : elle comprit qui il était, ça finissait toujours comme ça. Au moins, elle n'était pas trop formelle. D'ailleurs, son nom, à elle, ne lui était pas étranger. L'une des rares princesses originaires de la Capitale. Sinon la seule. Les Nocturnae et les Walhgren, pour des raisons évidentes, étaient parents. Certes, cela remontait à quelques générations déjà, mais la famille impériale avait pour habitude de se mêler aux familles gouvernantes. Chaque descendant des Empereurs précédents avait quelques gouttes de sang de chaque Province. En raison de leur nombre, la rotation se faisait généralement sur deux ou trois siècles, mais chaque Gouverneur pouvait se vanter d'avoir des ancêtres mariés à un Empereur ou une Impératrice.

Pour peu qu'on puisse l'exprimer ainsi, Alessa était sans doute la plus proche de l'égalité sociale avec Ludwig. Ce genre de raisonnement n'était pas le sien, mais celui de la majorité des nobles. Voilà que le hasard arrangeait les choses mieux que la bonne éducation et les convenances. Enfants, ils auraient probablement pu jouer ensemble. Cela ne fut pas le cas, mais ils allaient peut-être le rattraper.

Le guérisseur rit, apprenant comment elle s'était retrouvée dans cet état. La lecture pouvait pratiquement tout excuser. Surtout au sein d'une Université. En tout cas, Ludwig n'allait certainement pas lui faire la morale. Il fut d'ailleurs soulagé d'apprendre qu'elle n'était pas vraiment une amatrice de soirées mondaines. Ça leur faisait un troisième point commun, avec leurs origines sociales et leur lieu d'éducation.

- Je ne le suis pas plus que vous. Croyez-vous que je me montre souvent dans les salons avec ce genre de tenue ? Je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui voudrait me prendre mon sang. Mais je comprends ce que vous voulez dire...

Elle le salua, puis s'installa à nouveau sur le banc, à ses côtés. C'était un bon début... Et sa proposition était des plus tentantes.

- Je n'ai rien contre le fait de vous tutoyer, Alessa. Fais de même. Et plus jamais de révérences. Cela ne collerait pas aux courbettes.

En la suivant, il baissa la tête et regarda les pieds de son interlocutrice, avant de se rendre compte que cela était stupide et de regarder plutôt droit devant lui. intérieurement, il compta d'autres points communs qu'ils avaient. Notamment physiques. Peau pâle, cheveux noirs.

- Tu n'as donc plus de cours aujourd'hui et moi, j'ai fini. Cela nous laisse bien du temps pour discuter, si cela te convient. Pour ma part, j'ai juste besoin d'un instant pour remettre ma côte en place...

Ludwig ferma les yeux et serra le poing droit. Son sang accéléra, son âme s'éveilla et se plia à sa volonté recomposant la côte fracturée par un coup partiuclièrement puissant de Lucilius de l'Ombrage. L'inquisiteur ne lésinait pas sur les moyens quand il s'agissait de dispenser sa science du combat et de la survie. La douleur, déjà faible, s'estompa complètement et il rouvrit les yeux.

- Voilà qui est fait, je suis tout à ta disposition. Si Tu n'as pas une meilleure idée, je propose de se lancer dans les banalités. Je suis guérisseur, comme je l'ai dit et maintenant, j'ai décidé d'approfondir ma connaissance des ombres... Et toi ?

Il tourna à nouveau la tête vers son interlocutrice et lui sourit. Malgré son titre, Alessa n'était pas du tout oppressante ou arrogante. Ludwig l'appréciait déjà.
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MessageSujet: Re: We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]   Dim 24 Nov - 10:28

Impressionnée par la facilité avec laquelle le jeune homme venait de se reconstruire, ou réparer, une côte, la jeune fille resta muette d'admiration pendant toute la durée de l'opération... et plusieurs secondes une fois qu'elle fut terminée.

- Ouah... j'avais déjà vu un guérisseur à l'oeuvre, mais jamais pour lui même. Impressionnant... j'aimerais bien savoir faire ça. Vous... euh... tu as mis longtemps à apprendre ? N'importe qui peut apprendre ça ? Et moi, tu saurais m'apprendre ? Est ce que ça fait mal ? Et comment on fait ? Et...


S'arrêtant net, elle rougit et se mit à rire devant sa propre bêtise.


- Pardon... j'ai tendance à me laisser facilement emportée quand quelque chose m'intéresse. Ne te sens pas obligé de répondre à toutes mes questions surtout, mon babillage de gamine écervelée risquerait de reprendre le dessus...


Gênée, elle lui adressa un petit sourire contrit sans pour autant réussir à détourner les yeux du torse du guérisseur, à l'intérieur duquel venait de se produire quelque chose de compliqué et de merveilleux. Alessa avait toujours eu recours à énormément de livres dés que la moindre petite chose l'intéressait... mais comme personne n'avait encore réussi à attirer son attention sur le pouvoir de guérison jusqu'à présent, elle n'y connaissait pratiquement rien. Elle nota dans un coin de son esprit d'aller chercher toutes les références des bouquins traitant de ce sujet dans les archives de la bibliothèque, puis elle se força à lever les yeux pour planter son regard dans les deux saphirs de son interlocuteur.

- Moi je ne suis rien d'aussi beau qu'un guérisseur... je suis juste une petite princesse trop curieuse qui s'intéresse de trop prêt à des sujets qui ne sont pas de son âge. En ce moment, ma lubie (mon père appelle ça comme ça) c'est la magie du sang.

Ils étaient totalement seuls dans ce couloir et il avait été sincère avec elle, autant lui rendre la pareille, même si d'habitude, les gens évitaient de parler de ça, même si cela n'avait pas tout à fait les même connotations sombres qu'avant.


- Je l'étudie depuis plusieurs années maintenant et j'ai l'impression de la découvrir tous les jours. J'étudie aussi tout ce qui concerne l'Ombre et son lien avec le Sang, l'Ombre en général ainsi que le lien entre les Ombres que nous connaissons et le passé. J'aime aussi beaucoup étudier la façon dont les Ombres étaient perçues par nos ancêtres et j'essaye de trouver une façon de savoir si l'Ombre peut se transmettre, se lier ou s'implanter. Enfin en gros... c'est un peu compliqué à expliquer clairement...


Elle regarda à nouveau ses pieds. Elle avait subitement l'air d'être une toute petite fille prise en train de chiper des bonbons dans la cuisine.


- C'est un peu spécial hein je sais... la plupart des gens me trouvent dégoutante quand ils apprennent ça mais je n'y suis pour rien, ça m'intéresse c'est tout.

Elle lui adressa un petit sourire timide.


- Mais à partir de ce soir je vais surement me mettre à étudier les guérisseurs aussi... tu as éveillé mon intérêt.
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MessageSujet: Re: We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]   Dim 24 Nov - 11:15

Ludwig fut pris de court par le flot de questions dont il fut assailli. Sa nouvelle connaissance était une jeune fille bien curieuse. En soi, elle ne demandait rien d'impossible ou de secret. Mais elle le faisait très vite. Trop vite pour qu'il puisse répondre à toutes ses questions.

- Euh...

Il sourit et finit par rire. Il avait oublié la première question, le temps que la dernière soit posée. Elle rit avec lui et commença à s'excuser. Il leva ses deux mains pour la rassurer. Après tout, ils avaient le temps et pouvaient discuter autant qu'ils le voulaient. Il ne servait à rien d'aller trop vite, chaque question pourrait être étudiée et débattue.

- Cela n'a rien de stupide. Mais il faut me laisser le temps de répondre. - Il effleura l'épaule de la demoiselle, toujours souriant. - Ce n'est pas vraiment facile. Il m'a fallu quatre ans pour me perfectionner et je suis encore loin d'être le meilleur. Tout le monde peut le faire, le talent et le travail acharné distinguent les meilleurs des bons, voilà tout. Cela dit, je ne pense pas être un bon professeur. Je pourrais toujours te recommander à quelqu'un...

La magie du Sang impliquait beaucoup de dangers. L'étudier n'était pas un problème. Mais elle avait toujours l'attrait néfaste qui rendait ses utilisateurs fous. Tant qu'on se limitait à la théorie, rien ne pouvait nous arriver. Mais la pratique impliquait un combat de tous les instants contre ses propres pulsions, désirs de pouvoir et de jouissance. Ludwig, lui, avait choisi la voie la plus sûre, tracée par Saint Dietrich et éclairée par la sagesse des hommes et de femmes qui avaient consacré leur vies au service des plus faibles. En suivant la Règle, il était possible d'éviter la folie et l'autodestruction. Le moindre écart des principes de l'Ordre était systématiquement signalé à l'Inquisition. Avec le mandat d'un Walhgren, les inquisiteurs traquaient et éliminaient les déviants de Saint Dietrich.

- Ce sont là des études passionnantes. Quelque soit ton âge. Mais il est essentiel de mesurer tous les dangers de la magie du Sang. C'est un pouvoir si immense qu'il corrompt plus vite que tous les autres. Il ne faut jamais le prendre à la légère.

La tristesse envahissait Ludwig à la simple pensée des mandats d'exécution qu'il dut signer à deux reprises pour ses frères. Mais il connaissait la magie du Sang et il savait qu'il n'y avait aucun choix concernant ceux qui avaient cédés à l'attrait du pouvoir. Un mage du sang pouvait massacrer des dizaines de personnes en peu de temps et continuer en se nourrissant de leurs âmes. Une aberration sanglante, une catastrophe humaine.

- Tu es la bienvenue au Temple de Saint Dietrich. Surtout si Tu en profites pour nous aider. La misère et la souffrance sont d'une ampleur terrifiante dans cette ville. Chaque paire de mains sera utile.

Il suivit, encore, le regard d'Alessa jusqu'aux pieds de la demoiselle. Encore une fois, il lui fallut un moment, avant qu'il réalise qu'il était en train de se laisser emporter. Comme avant, il reporta son regard sur la fenêtre en face de lui et sourit.

- Si je peux t'être utile d'une quelconque façon, n'hésites pas à me le demander. - Il sourit et regarda à nouveau Alessa. - Mais lentement... Je suppose que Tu n'as pas encore commencé à pratiquer la magie ?
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MessageSujet: Re: We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]   Dim 24 Nov - 12:34

La tristesse que la jeune fille vit se peindre progressivement sur le visage de son interlocuteur la prit au dépourvu. Pourquoi ce jeune homme était-il subitement rattrapé par un malheur qui semblait presque le dépasser ? Avait-elle dit quelque chose de mal ? Lui avait-elle rappelé un souvenir douloureux ? Sans prendre le temps d'y penser où de se demander si les convenances étaient respectées, elle posa sa main sur le poignet de Ludwig sans rien dire, laissant juste la pression de sa petite main montrer qu'elle avait vu qu'il ressentait un malaise désagréable, qu'elle n'avait pas l'intention de poser de question mais qu'elle restait disponible s'il avait besoin de réconfort, d'une oreille attentive où de quoi que se soit d'autre. Elle venait seulement de le rencontrer, mais elle avait toujours été attentive au bien-être des gens en général, et il n'y avait rien de plus difficile pour elle que de contempler la tristesse où le désespoir de quelqu'un sans pouvoir rien faire pour l'aider. Voyant qu'il continuait de parler sans s'attarder sur la cause de sa tristesse, elle n'insista pas mais laissa sa main là où elle était.

- J'ai lu et vu beaucoup trop de choses concernant cette magie pour la prendre à la légère, ne t'en fais pas. Je ne dis pas non plus que je sais comment me protéger moi même en cas de problème, mais je suis très prudente. Je n'ai pas l'intention de me transformer en une sorte de monstruosité assoiffée de sang, j'ai encore beaucoup trop de livres à lire et de choses à faire pour pouvoir me permettre une telle faute de goût.


Elle avait finit sa phrase en l'agrémentant d'un petit sourire espiègle, montrant bien qu'elle plaisantait.


- Je dois avouer que j'ai quand même essayé quelques trucs toute seule, dans le cadre d'expérimentations bien précises, et j'ai toujours tout noté dans mon journal de recherches histoire de pouvoir faire lire tout ça à un bon professeur... quand j'en aurais trouvé un qui puisse comprendre ce que j'essaie de faire, mais ça ne court visiblement pas les rues... bref. Je crois avoir réussi à utiliser un corps comme une marionnette pendant quelques heures... mais il est resté au stade de simple pantin et je n'ai pas vraiment été satisfaite du résultat.

Elle regardait toujours ses pieds, mais avait l'air plutôt pensive.


- La première fois que je suis venue ici, une sorte de petite bataille a éclaté tout autour de moi sur la place des Trois. Je ne me souviens pas bien de ce qui s'est passé, mais j'ai voulu faire couler un peu de mon sang pour voir si je serais capable d'aider les autorités en place, je crois que je voulais essayer de tirer des secrets de l'Ombre des gens qui venaient de mourir devant moi. J'ai un peu trop ouvert ma main et j'ai beaucoup saigné... du coup, même si je me souviens d'avoir ressenti un truc vraiment étrange, je ne sais pas si c'est dû à la perte de sang, à la douleur - ouais... je ne suis pas vraiment habituée à souffrir - où si ça avait commencé à fonctionné...

Elle se racla la gorge, gênée, puis poursuivit.

- Sinon, à part ça, j'essaye de ne pas faire trop d'expériences pour le moment... l'épisode de la marionnette m'a donné des cauchemars horrible pendant des semaines... j'ai pas vraiment envie que ça recommence... et puis autant être très très au courant niveau théorie avant de passer à la vraie pratique, sinon c'est l'échec assuré, et dans ce domaine précis, l'échec peut-être assez dangereux...


Elle leva finalement les yeux vers lui et sourit doucement.


- Et puis j'ai toujours été toute seule pour étudier ce genre de choses... maintenant que je suis ici j'apprendrais plus vite et ça sera plus sûr si un jour on me pense prête à essayer vraiment.
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MessageSujet: Re: We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]   Lun 25 Nov - 2:44

- C'est déjà un bon début, en effet.

Les accidents arrivaient tous les ans. Les universitaires de Libris Umbra, bien sûr, mais aussi de Exodum, commettaient des erreurs. Et les dégâts avaient tendance à être irréversibles. Bien entendu, les écarts restaient rares et les institutions faisaient toujours leur possible pour garder leurs soucis à l'intérieur de leurs murs. Les expérimentations des premières décennies des Universités ont été soigneusement consignées et de nombreuses erreurs prévenues à temps pour les générations futures.

Alessa lui raconta ses propres essaies avec la magie du Sang et Ludwig ne put réprimer un frisson de dégoût. Il avait déjà vu de multiples horreurs dans sa vie, tant durant sa formation que dans le travail de guérisseur. Les plaies infectée, les tripes, les membres moisis et bons à l'amputation,... Il n'était pas aisé de le dégoûter avec les simples saletés de l'existence. Pourtant, ce qu'elle mentionnait là c'était d'un autre ordre, plus abstrait et, en même temps, plus terrifiant. La princesse parlait quand même d'animer un corps humain en se servant des restes de son âme. Une manipulation de l'Ombre elle-même à des fins de divertissement ou de pouvoir personnel. Les disciples de Saint Dietrich accompagnaient leurs soins de prières et ne se servaient de leur dons qu'avec respect. Avec pour seul but de rendre le monde meilleur.

- Je ne peux pas vraiment approuver, même si je sais que l'Université mène toujours des recherches poussées sur le Sang. Je trouve cela irrespectueux de l'Ombre. Un tel pouvoir ne devrait pas être utilisé pour autre chose que les soins et l'aide à l'autrui.

Cela ne lui plaisait pas de la contredire ou de dénigrer ses passions. Mais la magie du Sang était, d'après lui, trop terrible pour être vraiment maîtrisée. Mais elle changea de sujet pour parler de l'attentat de la place des Trois. Ludwig en entendit parler par le biais de son frère, lui même ayant été informé par sa fiancée, la Duchesse-Commandante de la Garde impériale. D'autre part, plusieurs blessés furent amenés auprès des serviteurs de Saint Dietrich. Les nouvelles allaient vite. Il se réjouit soudain que sa nouvelle amie n'avait pas été blessée ce jour-là. Il ignorait ce qu'elle tentait d'accomplir avec sa magie, mais il était bien possible que sa faiblesse passagère soit simplement causée par une perte de sang. D'un autre côté...

- Les deux sont possibles. Cela dit, il n'est pas facile de perdre beaucoup de sang via la main. Pas assez de veines. Mais le manque d'expérience a pu te faire perdre un peu de ton Ombre. - Il soupira. - Comme je n'étais pas là, je ne peux vraiment rien affirmer.

Au moins, avait-elle retenue la leçon : la pratique de la magie du Sang était dangereuse et entraînait des effets secondaires fort déplaisants. Ludwig aussi, un jour, dut apprendre à isoler son esprit de la folie, alors qu'il maîtrisait de plus en plus son don. Il était clair que la guérison était son destin, il avait du talent pour cela. Mais la magie du Sang demeurait difficile et périlleuse. Pour lui, comme pour tout le monde. Alessa devait se méfier.

- Ne refais plus jamais rien toute seule. C'est trop dangereux. Si quelque chose avait mal tourné en-dehors de l'Université, il n'y aurait personne pour t'aider. Dehors, c'est l'Inquisition qu'on envoie... résoudre ces problèmes.

Sans vouloir lui faire peur, il désirait qu'elle mesure tout le danger. En cas de doute, l'Inquisition en faisait trop plutôt que trop peu. Et la garde de la bonne utilisation de la magie restait l'un des sujets les plus sérieux dans ses compétences.

- Se focaliser sur la guérison permet d'éviter les soucis. La folie, les cauchemars et tout le reste... Il faut juste un peu de discipline.

Saint Dietrich était le contemporain de deux mages du Sang bien particuliers, tout deux ayant connu une fin tragique. Et tous deux rongés par la folie. A son époque, lui seul avait développé la méthode pour demeurer sain d'esprit et puissant à la fois. Voilà pourquoi ses disciples se promenaient librement dans les rues des villes de l'Empire.
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MessageSujet: Re: We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]   Lun 25 Nov - 9:40

La réaction de Ludwig devant la nature des recherches qu'elle menait et des expérimentations qu'elle avait tenté et comptait bien recommencé n'étonna pas la jeune princesse, même si elle l'attrista. Cela se vit probablement dans ses yeux, mais à part la main qu'elle retira du bras du jeune homme, elle n'en laissa pratiquement rien paraitre. Elle avait finit par s'habituer à ce genre de réaction, même les professeurs avec qui elle discutait sans forcément leur donner de détails laissaient échapper des rictus méprisants où des commentaires désagréables. Même quand elle expliquait pourquoi elle devait faire ces recherches les gens ne comprenaient pas forcément. Elle fût d'ailleurs tentée de ne pas s'expliquer, de laisser tomber comme d'habitude et de se contenter de déblatérer quelques banalités d'usage avant de retourner se plonger dans ses lectures... mais Ludwig semblait réellement être quelqu'un de sympathique et, s'ils n'étaient pas parents, il n'en étaient pas bien loin. Elle poussa un long soupir intérieur, se tourna vers lui en s'asseyant en tailleur sur le banc, calant ses petits pieds glacés sous ses genoux pour les réchauffer un peu, et planta son regard que la lumière rendait couleur d'améthyste dans le bleu limpide du sien.

- Ce que je fais n'a rien d'irrespectueux, au contraire. Je fais ces recherches dans un sens totalement différent de ce que tu as compris Ludwig. Je ne fais rien de "sale" où d'immoral, du moins c'est ce que je pense, et je précise que j'en suis parfaitement convaincue.


Elle reprit sa respiration, cherchant ses mots. Elle avait toujours eu beaucoup de mal à expliquer clairement la nature de ses recherche ainsi que ses raisons de les faire, peut-être parce que ça n'avait jamais été totalement clair pour elle non plus... mais elle avait besoin de savoir.

- Je ne me contente pas de faire joujou avec les morceaux d'Ombre des personnes décédées, ça oui, c'est irrespectueux... non. J'essaie de leur insuffler un semblant de seconde vie temporaire en mêlant les restes d'Ombres qui se sont attachés à leurs dépouilles à la mienne.


Elle détourna les yeux et regarda un instant par la fenêtre, réfléchissant à la manière dont elle pouvait présenter les choses pour être plus compréhensible que d'habitude.

- Je ne veux pas imposer ma volonté où un faux pouvoir artificiel à quelqu'un de vivant, et je n'ai pas non plus l'intention de le faire avec quelqu'un qui est mort... je veux donner aux défunts l'opportunité de révéler par mon biais ce qu'ils n'ont pas eu le temps de dire avant de mourir. Je ne sais pas comment expliquer ça clairement c'est compliqué à comprendre, même pour moi... alors pour le faire comprendre hein...


Elle se remit à contempler ses pieds.

- Quand ma mère est morte, elle n'a pas eu le temps de finir la phrase qu'elle avait commencé. Elle essayait de me dire quelque chose, et ça avait beaucoup d'importance pour elle... assez pour qu'elle demande à être totalement seule avec moi pour me le dire alors qu'elle aurait pu passer ses derniers instants aux côtés de toute sa famille... et elle n'a même pas eu le temps de finir. Je veux savoir ce qu'elle voulait me dire où me révéler, j'en ai besoin...

Elle se racla la gorge et le regarda à nouveau, effaçant l'expression de mélancolie qui s'était peinte sur son visage d'un sourire fugace.

- Il y a aussi autre chose, je suis le sosie parfait d'une lointaine ancêtre de ma famille, celle qui vivait du temps de l'Empereur Bâtisseur. Elle s’appelait Azhran Nocturnae. Je suis sa copie conforme, physiquement du moins, parce que d'après ce que j'ai lu c'était une princesse un peu compliquée. Les gens de ma famille sont superstitieux, certains parlent de mélange d'Ombres similaires, d'autres d'une Ombre qui aurait attendu ma naissance pour intégrer mon corps... il y en a qui disent que nous partageons la même Ombre... enfin il y a plein d'hypothèses qui fusent un peu partout. Normalement je n'y ferais même pas attention... mais j'ai ces rêves étranges qui me hantent depuis plusieurs années, avant même que j'entende parler de cette femme pour la première fois. Des fois je rêve juste d'elle, des fois je suis elle... c'est tellement réel que j'ai beaucoup de mal à comprendre où je suis et même qui je suis quand je me réveille... c'est...

Elle s'interrompit, se rendant compte qu'elle s'était encore une fois laissée un peu emportée. Elle ne détourna pas le regard, guettant sa réaction.


- J'ai juste besoin de savoir... c'est tout. Et je respecte les gens, aussi bien les vivants que les morts, c'est important.
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MessageSujet: Re: We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]   Lun 25 Nov - 10:34

La motivation d'Alessa surprit Ludwig. Les raisons qui poussaient la jeune fille vers ses recherches macabres étaient pour le moins originales. A sa connaissance, personne ne maîtrisait la magie du Sang suffisamment pour atteindre les morts. Du moins pour les ramener dans le monde des vivants dans un état potable. Arracher un morceau de l'Ombre, c'était jouable. Ramener une personne entière et à l'esprit intact... Pratiquement impossible.

A l'instar de ses frères et sœurs de l'Ordre, Ludwig n'appréciait pas l'usage de la magie du Sang pour autre chose que la guérison.

- Je ne pense pas pouvoir te juger. Mais je continue de croire que c'est une entreprise bien dangereuse.

Au fond, Alessa ne faisait que se servir de la magie du Sang pour assouvir sa curiosité. Sa mère, mourante et morte, n'y changeait rien. Même si les guérisseurs consacraient leur vie à éradiquer la douleur et repousser la mort, ils avaient conscience de la place de ces deux éléments dans le cycle de la vie. Ce qui était mort devait le rester, c'était comme ça. Selon toute vraisemblance, ceux qui retournaient à l'Ombre finissaient par ne plus faire qu'un avec Elle et se mêler à toutes les autres âmes. Retrouver qui que ce soit dans l'au-delà était difficilement concevable.

L'histoire de la princesse Azhran s'avéra intéressante. Mais, encore une fois, il était peu probable que le physique d'Alessa ait été façonné par l'Ombre de son ancêtre. Les ressemblances au sein des familles, surtout celles qui veillaient à la pureté de leur sang, étaient assez courantes. Et personne n'était en mesure de prouver à quoi pouvait bien ressembler la princesse d'un autre âge. Sans parler du fait que les scientifiques d'Exodum semblaient avoir un certain nombre d'explications tout à fait prosaïques pour les points communs entre les membres d'une même famille. Mêmes celles qui sautaient des générations. Le guérisseur demeurait sceptique.

- Je ne veux pas te décourager. Mais nous considérons généralement que les Ombres des défunts rejoignent l'Ombre et ne font qu'un avec Elle. Tu ne pourras jamais retrouver ton ancêtre. Pas plus que Tu ne pourras ramener un mort à la vie, à moins de saisir son âme à l'instant de sa mort. - Il frissonna. - Dans tous les cas, ce n'est pas ce que j'appelle un usage altruiste de la magie du Sang. Par conséquent, c'est dangereux.

Il appréciait vraiment son interlocutrice et ne voulait pas lui dire quelque chose de blessant. Mais sa quête était mal partie, sans oublier le fait qu'elle demeurait égoïste. Ludwig se rendit compte que l'ambiance s'était refroidie. Sa main suivit le bras de la jeune fille et se posa sur son épaule, alors qu'il cherchait à se rattraper.

- Je pense que je comprends. D'une certaine façon, du moins. J'espère que Tu trouveras les réponses à tes questions. Peut-être la Magister Vittoria Bacchio pourra t'aider. Elle travaille beaucoup sur la magie du Sang.

Il était vrai que la jeune Magister était capable de prouesses rares et obscures. Elle était considérée comme folle par un certain nombre de ses collègues et Ludwig ne pouvait qu'approuver. Cela dit, elle était sans nul doute très puissante et compétente. Le jeune Walhgren tenta de changer de sujet de conversation. Il n'en trouva qu'un, celui qui l'occupait en permanence : Laurenz. Son aîné était toujours présent dans son esprit.

- Mon frère va se marier... - Ludwig étouffa sa tristesse pour laisser de la place à la joie. - J'organise une soirée en son honneur, avant cela. Voudrais-tu venir ?
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MessageSujet: Re: We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]   Mar 26 Nov - 1:52

La jeune fille se raidit en entendant ces réponses, mais sourit finalement quand il posa sa main sur son épaule. Elle poussa un soupir presque amusé et repoussa une mèche de cheveux poussiéreuse qui lui chatouillait la gorge.

- Tu n'as pas compris ce que je voulais dire mais c'est pas vraiment important... tant que je ne saurais pas expliquer clairement ce que je cherche et ce que je veux je dois m'attendre à rester incomprise. Tant pis. Je tiens juste à préciser quand même que ramener les morts à la vie et retrouver mon ancêtre ne sont pas mes objectifs du tout... je souhaite essayer de trouver un moyen d'écouter ce que l'Ombre des morts a à dire où à raconter, les faire bouger où déambuler bêtement je m'en fiche... c'est juste qu'il y a des gens qui n'ont pas pu raconter tout ce qu'ils voulaient... où alors en ce qui concerne les criminels, ceux qui se suicident pour ne pas révéler certaines choses... si j'arrive à faire ce dont j'ai envie, on pourrait finir par accéder quand même à ces informations précieuses. En ce qui concerne la princesse Azhran c'est tellement compliqué à expliquer que tant pis.


Elle sourit.


- J'essayerais une autre fois. Et j'irais voir la Magister dont tu m'a parlé, même si elle ne peut pas m'aider, l'écouter sera surement très intéressant, j'ai déjà entendu parler d'elle avant, je ne sais plus où. La plupart des gens pensent qu'elle est un peu cinglée non ? Se sont souvent ces gens là qui se révèlent être les plus intelligents... oui enfin souvent, pas toujours.


Elle eut un petit rire amusé, se souvenant d'un homme qu'elle avait rencontré au Palais Nocturnae. Les gens disaient qu'il était fou, elle avait insisté pour que son père l'invite parce qu'elle était curieuse d'entendre ce qu'il racontait... mais il s'était avéré qu'il n'était qu'un doux rêveur perdu entre le monde réel et celui de son imagination. Il était persuadé d'être capable d'entendre les pensées des gens et lui avait dit, le plus sérieusement du monde, qu'elle ne pensait qu'à son amoureux, nuit et jour... étant donné que la jeune fille n'avait encore jamais été amoureuse elle avait trouvé ça très amusant et avait finit par prendre congé pour aller lire un traité sur les maladies mentales les plus répandues.

Quand il l'invita à la soirée qu'il organisait en l'honneur de son frère, Alessa fut tentée de refuser tout net. Elle n'avait pas vraiment le temps, ni l'envie d'ailleurs, d'aller jouer les princesses dans les soirées mondaines... mais elle hésita. Il avait dit ne pas aimer ça non plus, et il en organisait une lui même. Et puis il y avait cette petite pointe de tristesse insondable qu'elle avait vu apparaitre fugitivement dans ses yeux...


- Je veux bien venir à ta soirée, mais à une seule condition. Tu devras passer le plus de temps possible avec moi. Sinon je vais m'ennuyer à mourir et je vais finir par prendre mes jambes à mon cou pour me vautrer dans la poussière sans avoir prit le temps de me changer. Et si les livres se fichent de mon apparence, je vais entendre parler de ça pendant des mois parce que l'artiste engagée par mon père pour me faire des robes va aller pleurer dans ses jupes.

Elle déplia les jambes et reposa ses pieds par terre.

- Tu viens avec moi ? Il faut que j'aille poser ce livre dans ma chambre et que je me change, l'un de mes frères a prévu de passer me voir pour qu'on dîne ensembles ce soir, et si je suis dans cet état il va me prendre pour un vieux bibelot... tiens d'ailleurs, tu veux manger avec nous ? Mes frères sont un peu effrayants mais promis, il va juste s'assurer que tu n'as pas l'intention de me renverser dans une ruelle sombre et de m'arracher la seule chose qui fait qu'il me considère encore comme une toute petite fille.


Elle lui adressa un grand sourire, se redressa... et tomba bêtement sur les fesses, les jambes pleines de fourmis. Elle était tellement habituée à se coucher par terre pour lire que la position "en tailleur" ne lui réussissait pas... elle éclata de rire et resta par terre, incapable de se relever à cause de son fou-rire.
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MessageSujet: Re: We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]   Mar 26 Nov - 2:50

Sans doute avait-elle raison. Ludwig ne saisissait pas en quoi tout ceci était important. De son point de vue, tout ce qui n'était pas son frère ou l'aide aux pauvres était inutile. Si quelqu'un ne cherchait pas le pouvoir pour aider les autres, il était forcément un égoïste. Alessa nourrissait manifestement un genre de curiosité malsaine, déguisée en bonne volonté. Cela dit, il l'appréciait. Elle était détendue et se souciait peu des apparences, ce qui faisait d'elle quelqu'un d'intéressant de son point de vue. Quelqu'un à côtoyer. Peut-être que, à terme, le guérisseur finirait par avoir des amis issus de familles "comme il faut". A condition, bien sûr, qu'Alessa ne soit pas la seule personne avec cet état d'esprit...

Enfin, au moins, ils étaient deux.

- Tu as raison. Remettons cette conversation à plus tard. - Il sourit. - C'est ce qu'on dit d'elle, oui. Ce qu'elle fait n'est certainement pas sain. Mais je crois que c'est la plus grande experte dans le domaine de la magie du Sang que nous ayons à la Capitale.

La princesse était d'accord pour venir avec lui au Fabula Onis, à la soirée organisée en honneur de Laurenz. Sa condition était passablement compréhensible. Aucun des deux frères n'appréciait les réceptions guindées, remplies de gens qui se prenaient trop au sérieux. Tant le guérisseur que le militaire, ils aimaient des rencontres plus directes, où les gens se parlaient franchement. Ça risquait d'être rapidement le cas. La Macasse et Oliver allaient y veiller. Le but n'était pas d'ennuyer Laurenz à mort, mais de le divertir.

- Aucun risque que Tu t'ennuies. Ce ne sera pas un bal, plein de gens trop sérieux pour être honnêtes. Il s'agit plutôt de bien s'amuser et de passer une nuit complète à faire ce dont on a envie.

Qu'allaient-ils faire, précisément ? Danser ? Ecouter de la musique ? Certainement... Mais pas uniquement. Ludwig supposait que l'alcool et d'autres substances seraient également disponibles. Probablement des divertissements charnels aussi. Le Fabula était réputé d'être l'endroit de tous les plaisirs.

- Ce sera largement une surprise, mais je ne craindrais pas l'ennui pour une fois. Quant à moi, je ferai de mon mieux pour te tenir compagnie. Mais je devrais aussi m'assurer que mon frère ne casse rien. Il sait se montrer... direct, lorsque quelque chose ne lui convient pas.

Oui, ce ne serait pas le doux agneau de la famille qui recevrait le commandement de toutes les armées de l'Empire. Laurenz faisait toujours savoir à son entourage qu'il était mécontent. Étrangement, il avait plus de mal avec les sentiments positifs. Voilà pourquoi la présence de Ludwig était requise.

Le guérisseur rit de concert avec son interlocutrice. Elle ne se prenait vraiment pas la tête avec les apparences et ne se préoccupait pas trop de l'image qu'elle renvoyait au monde. C'était très positif et très rare dans la "bonne" société. Les hautes sphères de la Capitale avaient plutôt pour habitude d'essayer d'en imposer un maximum, par un comportement irréprochable et, forcément, artificiel. Alessa était différente. L'était-elle aussi en présence de sa famille ? Probablement, comme Ludwig, devait-elle faire des concessions et concilier ses envies avec celles de ses proches.

Ludwig doutait que le frère de la princesse puisse être une quelconque menace pour lui, mais il devait décliner quand même.

- Je t'accompagne à ta chambre. Pour ma part, je vais rentrer. Je suis également attendu... Et je suis certain que nous nous reverrons prochainement. Aussi vite que possible, à vrai dire.
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MessageSujet: Re: We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]   Mar 26 Nov - 3:19

- Ça me va.

Elle se redressa d'un bond, remit ses chaussures parce que bon... quand même, le sol était à peu près aussi glacé qu'une ruelle pleine de neige, et se lança dans une petite parodie de courbette faussement maladroite.

- Si Monseigneur veut bien me suivre...


Elle attendit qu'il se lève et se mit à marcher tranquille à côté de lui, discutant de tout et de rien, lui parlant brièvement de sa famille et de leur manière bien à eux de désapprouver sa passion pour les livres presque plus vieux que le palais dans lequel il vivait. A un moment donné, elle se dit qu'elle ne respectait pas le moins du monde l'étiquette à parler aussi ouvertement avec un membre de la famille impériale, qu'elle aurait dû le vouvoyer, le traiter avec le respect et la crainte dû à son rang... mais elle haussa les épaules intérieurement et continua comme si de rien n'était. Après tout, il avait l'air d'apprécier qu'elle le traite comme tout le monde alors pourquoi changer ? Il faut dire aussi qu'elle n'avait eu que très peu d'occasions de discuter avec des gens disposant d'un statut social égal où supérieur au sien, elle n'était pas habituée. Et puis elle avait toujours parlé de la même façon aux émissaires de grandes familles et aux serviteurs où citoyens standards venus vendre quelque chose au Palais. Les gens étaient tous les même finalement. Si on donnait un nom et un paquet d'or aux pauvres il deviendraient des riches, et si on retirait leurs privilèges aux anciennes familles, il deviendraient des pauvres. Des pauvres avec un air hautain et méprisant, d'accord, mais des pauvres quand même.

La princesse entraina Ludwig le long des couloirs froids jusqu'à la chambre qu'on avait mis à sa disposition. Elle avait une résidence pas loin où ses affaires étaient entreposées et où elle se rendait régulièrement pour beaucoup de raisons différentes, mais elle préférait avoir une chambre ici, sur place. Bon... elle dormait plus souvent à la bibliothèque que dans son lit, mais au moins elle en avait une. Elle insista pour qu'il entre un moment, histoire de boire un thé et de discuter encore un peu, elle n'avait pas envie qu'il parte. Peut-être parce que c'était la première personne avec qui elle s'entendait aussi bien depuis son arrivée, peut-être parce qu'il était presque de sa famille et presque du même âge qu'elle... où alors peut-être juste parce qu'il était vraiment sympathique, mais peu importait. Elle appréciait sa présence et sa discussion, c'était ça l'important.

Elle mit de l'eau à chauffer, le poussa vers le lit pour qu'il s'installe confortablement (le seul fauteuil de la pièce servait visiblement d'étagère à en juger par la quantité ahurissante de livres qu'elle avait entreposé dessus... à vrai dire la pièce entière aurait pu être une étagère, il fallait esquiver des piles de livres pour se déplacer...). Elle se regarda brièvement dans un miroir en passant devant et s'arrêta net, une expression de pure horreur dans les yeux.


- Ouah meeeeerde ! Ah oui quand même... il va me tuer s'il me voit comme ça !

Elle attrapa une brosse, peigna vigoureusement ses cheveux jusqu'à ce qu'ils aient l'air presque disciplinés et moins poussiéreux. Elle passa derrière le petit paravent et revêtit une robe moins vieille, plus jolie et surtout, sans poussière. Bon d'accord, il y avait un petit trou sur la manche droite à cause d'un clou qui dépassait dans une vieille bouquinerie... d'accord une page de livre était coincée dans un ourlet... mais c'était le mieux qu'elle pouvait faire dans cette chambre... où du moins le mieux qu'elle voulait bien faire en l'honneur de son frère. Il lèverait surement les yeux au ciel, mais vu qu'elle était presque propre, il ne lui ferait la morale qu'une petite demi-heure -elle vit le trou- peut-être un peu plus... mais ça irait. Elle ne remarqua même pas la page coincée tant elle était habituée à être habillée n'importe comment.

Sortant de derrière le paravent, elle tourna sur elle même devant Ludwig.


- C'est bon ? Je suis présentable ?

Elle lui servit son thé.

- Je le fais moi-même tu sais !


Elle était très fière du mélange d'herbe séchées qu'elle réunissait elle même et tout le monde lui en faisait des compliments... Bon... en réalité ça n'était pas du tout extraordinaire... le thé était un peu fade, un peu trop fumé, il fallait beaucoup le sucrer pour qu'il ne soit pas juste immonde et trop amère... mais comme les gens l'aimaient bien ils faisaient semblant d'apprécier.
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MessageSujet: Re: We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]   Mar 26 Nov - 10:19

Finalement, elle l'a bien pris. Ludwig ne voulait pas la vexer et, manifestement, il n'y était pas arrivé. Un bon début. Ou une bonne suite. Il sourit et fit un vague geste négligeant. Monseigneur... Techniquement, il était effectivement seigneur d'un petit fief, mais l'idée qu'on puisse le traiter en noble le dérangeait. L'humilité, propre à son Ordre, lui était bien plus familière et agréable. De toute façon, cela n'importait que très peu. Alessa plaisantait. Elle ne le traitait pas comme le fils de l'Empereur, mais comme un confrère étudiant à la même Université. Voilà un sentiment bien agréable.

Il l'a suivie et entra, curieux de voir la chambre d'une princesse. Elle était celle d'une étudiante passionnée, tout compte fait. Pas de quoi sortir le tapis rouge. Plaisante. Ludwig déclina l'invitation à s'asseoir et parcourut du regard les titres des livres à portée de sa vue. Il semblait qu'elle s'appliquait vraiment dans ses études.

Alessa se brossa les cheveux et se changea. Ludwig s'intéressa, par politesse, à un livre poussiéreux, le temps qu'elle soit à nouveau vêtue.

- C'est à croire que nous avons le même frère... Laurenz n'apprécie guère ma tenue de travail...

Lorsqu'elle sortit, habillée, et lui demanda son avis, le guérisseur prit son temps pour répondre. Elle était certainement très belle et correctement habillée. Du moins, pour le peu qu'il puisse juger une tenue pour demoiselle de bonne famille. Sans doute, cette robe allait-elle bien pour une rencontre avec un membre de sa famille proche. Après tout, entre frères et sœurs, tout était permis, pas vrai ? Non, pas vrai. Même Laurenz pouvait accepter beaucoup de choses, mais il exigeait de son cadet une tenue princière.

- Très présentable. C'est parfait.

Ludwig accepta du thé bien volontiers. Les hivers pouvaient être rudes à la Capitale. Même s'il ne faisait pas partie des nécessiteux de la ville, il avait passé d'innombrables journées en leur compagnie. Soit au sein du Temple Saint Dietrich, soit dans les rues. Les frères et les soeurs distribuaient souvent de la nourriture aux plus démunis. Ils transformaient aussi les salles communes de l'Ordre en dortoirs provisoires pour ceux qui ne pouvaient dormir dans les rues alors que la neige s'invitait sur les pavés de la Cité impériale. Il n'était pas rare que les guérisseurs dorment alors à plusieurs dans les cellules, a priori individuelles, pour libérer de la place pour les patients.

- Ah merci... - Ludwig inspira la vapeur parfumée s'élevant de la tasse. - Mhmmm... Très agréable. Ai-je droit à des indices concernant le contenu ?

Le goût, en tout cas, était plaisant. Avant toute chose, Ludwig sentit son corps s'échauffer. Et ça n'avait pas de prix. Il avait acquis une certaine résistance au manque de confort. Mais le froid pouvait avoir raison de n'importe qui. Même le plus altruiste des hommes avait besoin de se soigner de temps à autre.

- Je ne vais pas tarder... Nous avons tous deux des projets pour ce soir, semble-t-il. - Il leva sa tasse, souriant. - A notre rencontre !
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MessageSujet: Re: We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]   Mar 26 Nov - 12:20

"Très présentable" étant plus que ce qu'elle pouvait espérer avec si peu d'efforts, elle s'en contenta avec un large sourire. De toute façon son frère allait râler, même si elle se présentait à lui impeccablement vêtue, il râlerait. Il voulait toujours qu'elle soit parfaite... mais il lui suffisait d'un ou deux battements de cils, d'un sourire adorable et d'un "tu m'as manqué" pour qu'il craque, la prenne dans ses bras et oublie sa tenue informelle. C'était tellement facile avec lui que ça n'était même pas drôle... c'était moins facile avec certains de ses frères et beaucoup plus dur avec son père (il fallait même qu'elle fasse apparaitre quelques larmes dans ses yeux en disant "tu m'as manqué" pour que ça fonctionne avec son géniteur ! Vous imaginez ?!), mais ça restait gérable sans trop de difficultés. Après tout, elle était la seule fille, ils l'adoraient tous... autant en profiter pour des choses aussi simples que des vêtements non ? Surtout qu'ils acceptaient plutôt bien la plupart de ses excentricités alors bon... autant en profiter un peu. Elle entendit même le froissement du papier quand elle lui tendit son thé et s'en débarrassa. Parfait.

- Encore un point que nous semblons avoir en commun toi et moi... même si je devine que ton frère est un sujet plus douloureux pour toi qu'il ne l'est pour moi. Mais promis, je n'ai pas l'intention de te poser de questions à ce sujet, cela ne me regardera que si tu ressens un jour l'envie de m'en parler. D'ici là je me contenterais de ta désapprobation concernant mes recherches et mes études.


Elle lui adressa un petit clin d'oeil montrant bien qu'elle plaisantait et ne prenait pas mal du tout tout ce qu'il lui avait dit un peu plus tôt. Il ne manquerait plus qu'il soit d'accord avec tout ce qu'elle racontait et vénère l'air qu'elle respirait... après tout, dans les romans qu'elle avait lu, les amitiés solides ne se construisaient pas avec des gens parfaitement similaires... et elle espérait bien devenir amie avec Ludwig... d'abord parce que les amis, elle n'en avait pas vraiment, ensuite parce qu'elle l'aimait bien... enfin pour l'instant, après tout il venaient juste de se rencontrer...

Elle fut ravie qu'il apprécie son thé. Tout le monde l'appréciait en général, mais cela lui fit chaud au coeur, d'autant plus qu'il avait vraiment l'air sincère.


- Il y a du thé noir, des boutons de rose, quelques feuilles de verveine, j'ai fumé le tout et j'ai rajouté un peu de cannelle et de thym. C'est assez simple en soit mais avec du miel où des morceaux de sucre c'est parfait... du moins à mon goût.

"Un peu"... son père aurait sans doutes hurlé de rire si personne n'avait été là pour l'entendre se gondoler de la sorte (et qu'il avait été présent bien entendu). Alessa avait la réputation de toujours sucrer son thé de façon totalement indécente. Elle adorait le sucre et le miel.

- Et puis ça réchauffe, on en avait bien besoin.


Elle leva sa tasse à son tour et la fit s'entrechoquer avec celle de Ludwig. Une manie qui faisait "très peuple" d'après ses frères, mais qu'elle avait trouvé tout à fait charmante et qu'elle avait adoptée dés la première fois qu'elle l'avait vue.


- A notre rencontre, et à toutes celles qui suivront rapidement je l'espère !

Elle avala une longue gorgée de thé, s'étouffa à demi parce qu'il était brûlant, puis discuta tranquillement avec lui jusqu'au moment où il parti. Elle ne le raccompagna pas, il n'avait besoin de personne pour retrouver son chemin, et elle voulait lire quelques pages avant de retrouver son frère... après avoir dévoré plus de la moitié de son livre, elle se leva précipitamment, arrangea une dernière fois ses cheveux et couru le plus vite possible rejoindre son frère qui trépignait presque d'impatience tellement elle avait finit par se mettre en retard... il faudrait qu'elle finisse par travailler sur la ponctualité un jour... enfin peut-être...
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We are the Emperor's chosen. [PV A. Nocturnae]

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