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 I hold the secrets of the Machine... [PV Max']

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Magister Architectura Templi

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MessageSujet: I hold the secrets of the Machine... [PV Max']   Lun 19 Nov - 6:38

C'était inouï. Al soupçonnait une blague, orchestrée par Raphaël. Mais il s'agissait là d'une vraie lettre, avec une vraie signature et un vrai sceau. Et pas n'importe lesquels. La signature était celle de son altesse impériale le Grand-Duc Maximilien Walhgren. Et il voulait le voir. C'était merveilleux car la raison de cette invitation ne pouvait être que bienveillante, neutre dans le pire des cas. Par tradition et loi impériale, les châtiments pour quelque excès étaient infligés au Magisters par le Collège de leurs pairs. Le Régent ne pouvait donc le convoquer pour un blâme quelconque.

L'ingénieur se mordit la lèvre et s'assit dans son atelier, sur une caisse à outils. Il relut l'invitation. Clairement, elle stipulait qu'il était attendu le lendemain. Cela lui laissait le temps pour se préparer, tant au niveau de son apparence que mentalement. L'expérience n'allait pas être facile. Une troisième lecture le rassure : aucune fête n'était prévue, apparemment. Merci à l'Empereur pour cela. Lors d'une soirée, Al ne se sentirait que très mal ne sachant bien parler aux gens et n'appréciant guère trop d'attention à la fois. S'il allait avoir droit à une entrevue plus... privée avec l'homme le plus important d'Ishtar, les choses étaient différentes. Pour tout magicien, se retrouver aux côtés d'un Walhgren était un privilège et une bénédiction. Après ça, il allait pouvoir travailler sans dormir ni manquer d'énergie pendant quelques jours.

Mais cette nuit, il décida de dormir un peu. Ce fut un sommeil léger et agité, mais toujours cela. Une perte de temps, mais Abel et Raphaël disaient toujours qu'il fallait dormir, que ça remettait les idées en place et permettait de mieux penser. Balivernes d'Exodum, sans doute. Mais qu'importe. Le Magister resta longuement sous la douche, se lavant avec soin et choisit sa seule tenue... qui ne se prêtait pas au travail. il s'agissait d'un costume simple, en soie bleue. Il se sécha, se coiffa et se ferma tous les boutons jusqu'au dernier, juste sous sa pomme d'Adam. Le col Mao lui allait bien, la tenue était simple, mais on ne pouvait nier sa volonté de bien présenter. Mal à l'aise dans ces vêtements officiels, il ajusta ses lunettes, vérifia avec anxiété l'état de ses cheveux et soupira. Il aurait préféré ne pas avoir à aller où que ce soit. Mais d'autre part... un tel privilège...

Il verrouilla son atelier et sortit. Les élévateurs l'emportèrent avec une foule anonyme de scientifiques, caisses et visiteurs, jusqu'en bas de la montagne servant de base à Architectura Templi. Il prit un taxi électrique, se disant qu'il serait mieux ainsi pour un tel trajet. Raid comme un piquet, Al atteignit ainsi le District Impérial. Son invitation lui ouvrit le passage lors d'un contrôle, ainsi qu'à la porte même du Palais. Il perçut la puissance se dégageant de l'endroit dans son ensemble. Elle masquait presque la présence de magiciens plus sombres que lui : les inquisiteurs. Il en croisa au moins deux, mais sans doute bien plus échappaient à ses sens de maître de métal.

Enfin, on le conduit devant le Régent. Après moult couloirs et pièces, il était devant lui. Certes, il l'avait déjà vu, lorsque le frère de l'Empereur était en visite à son Université, mais... Le voir, seul dans une pièce, croiser son regard. Voilà qui était impressionnant. Il s'en dégageait un pouvoir immense et Al sentit le sien croître, comme si on lui chargeait les batteries. Après un instant de silence stupéfait, le Magister posa un genou au sol et baissa la tête.

- Votre altesse...

Al était manifestement nerveux, ne sachant vraiment quoi dire. Ah, si Raphaël pouvait être là. Lui, il saurait comment parler à quelqu'un d'aussi impressionnant. Le peintre était un habitué des soirées mondaines et de la Cour dont Maximilien était le centre, à défaut de son Frère. Le Magister ouvrit la bouche, pour la fermer aussitôt.

- Je...

Qu'y avait-il à dire ? Il était d'abord venu pour écouter. Qu'on lui dise quel est son rôle et il ferait de son mieux. Comme toujours. Que le maître des lieux parle. Pitié, qu'il ne lui demande pas d'être créatif en termes de conversation...


Dernière édition par Al van Koriolis le Mar 20 Nov - 2:02, édité 1 fois
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Régent impérial

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MessageSujet: Re: I hold the secrets of the Machine... [PV Max']   Lun 19 Nov - 8:23


Moment de pause entre les affaires au nombre incalculables, temps de repos pour le Régent qui se tient droit devant la fenêtre. Là, silencieux, il pose ses gemmes bleues grises sur le firmament. Cet espace infini, où nul être humain ne possède le pouvoir de le conquérir, le laisse pensif. Il reste là un long moment à contempler la voûte céleste jusqu'à ce qu'une pensée lui revienne. Une discussion avec son aîné sur le potentiel d'un jeune magister.

Il se détourne et se dirige tout droit vers une table de bois noir où repose un encrier, des feuilles et une plume d'oie. Il s’assoit. Il trempe l'embout dans la nappe sombre. Maximilien vérifie que la rémige soit bien imprégnée. Assuré que cela en est bien le cas, il rédige. Ses mots coulent, fluides, agréables, sur le papier. Les lignes se suivent, douces, lisibles, aux courbures bien définies.

D'un geste élégant le grand Duc nettoie son matériel. Soigneusement, il la range dans un écrin vermeil. Il ferme le couverte en bois d'ébène, en silence, et le dépose sur la surface boisée. Chose faite, son regard se pose sur la missive. Il prend bien soin de se relire.

Cher Al van Koriolis,

Cela fait longtemps que je suis votre projet personnel au sein de l'Architectura Templi.

Il a su retenir mon attention.

Vous êtes convié au Palais Impérial le lendemain matin.

Je vous attendrais.

Maximilien Walhgren


Message clair, formel, sans fioriture, aux convenances du Régent Impérial. Régent qui plie soigneusement le bout de papier et l'enferme dans une lettre. La bougie allumée fait couler la cire sur l'extrémité en une tache crémeuse. Le cachet en laiton forme son sceau : MW suivit d'une fleur de magnolia, prouvant l'officialité du destinataire. Lui.

Le Grand Duc se relève élégamment. Il passe la précieuse enveloppe qui convie le magister au Palais Impérial. Dans un bruit d'étoffes étouffées, Maximilien part à l'encontre de ses neveux. Il les taquine comme à son habitude. Une manière qu'il a de prouver son attachement à leur égard. Il écoute et discute. Il laisse voir sur son visage de brefs sourires. Le temps coule, le firmament a déjà enveloppé le monde de son manteau nuitée. Le Régent rejoint sa chambre.

Au lendemain, son attention se porte sur les affaires d’États. Son avis tombe, tranché, sage. Toujours aussi efficace. Le masque de son visage cache toujours autant les états d'âmes.. Il reste le symbole de la droiture et fermeté, une main de fer dans un gant de velours. Un coin de son esprit veille à l'heure. Il se doit d'être ponctuel... Un moment de liberté et il se retire.

A peine eu-t-il le temps de noter quelques mots sur ses mémoires qu'on lui annonce l'arrivée de son invité. Droit, il attend. Ses gemmes bleues grises se posent sur la silhouette fine du magister. Son timbre dessine la partition de ses notes. Une mélodie arrivant toujours à faire frisonner.

« Relèves toi..»

Le temps semble s'arrêter aux pas qui crée une cassure sur la distance qui les sépare. Le pouvoir qui coule dans ses veines caresse cruellement le jeune intellectuel. Le pan de son habit frôle le sol. La marche s'arrête. Les doigts tapent quelques secondes sur la table. Le temps que Al fasse silence. D'un mouvement de la tête, il lui fit signe de s'installer, là, en face de lui.

« Un thé ? Une tisane ? »

Son regard ne le lâche pas. Maximilien s'assure que son invité quittera le stress qui le gagne. C'est plus approprié pour une discussion sérieuse... Et quoi de mieux qu'une boisson pour commencer ? La politesse et le bien être avant tout. Il attend d'écoute la réponse et demande à ce qu'on leur apporte les boissons.

Il revient, il pose ses mers dans les rivières voisines. Le Régent impérial en profite pour le regarder plus en détail. Il ouvre la conversation sur le sujet qui l'intéresse.

« Parlez-moi de votre projet en profondeur... Où en êtes-vous aujourd'hui ? Avez-vous besoin de matériaux spécifiques ? »
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Magister Architectura Templi

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MessageSujet: Re: I hold the secrets of the Machine... [PV Max']   Lun 19 Nov - 9:46

La voix résonne dans les oreilles du petit roux qui lève d'abord la tête pour regarder... non. Contempler l'homme devant lui. Par la Machine ! Quel charisme, quelle assurance. Il est peut-être très sérieux, mais la gravité de sa personne semble immuable comme de l'acier. Maximilien Walhgren est sans doute la personne la plus impressionnante qu'Al van Koriolis n'ait jamais vu. Raphaël di Angelo a beau être charmant et détendu au possible, il ne fait pas le même effet foudroyant. Un frisson parcourt le dos du Magister alors que celui-ci se relève. Nerveusement, il lisse son costume de ses deux mains, avant d'aller s'asseoir, à l'endroit prévu.

Toujours tendu, il écoute, alors que les yeux du Régent semblent vouloir regarder au fond de son âme. Bien qu'il soit conscient que l'âme en elle-même ne contient aucun secret et c'est bien le cerveau qui soit le centre de la pensée, Al trouve tout ça trop impressionnant pour lui. Le Prince Laurenz est un militaire, plus intéressé par la technologie de guerre. Il commande, on obéit. Ca s'arrête là. Ici, Al doit faire face à une conversation dans les salons. Certes... Cela constitue une reconnaissance majeure pour son projet... Mais ce n'est pas ce qu'il préfère. Dans un monde parfait, on lui enverrait une lettre avec une bourse remplie d'or. Comme l'Empire, bien que glorieux et magnifique, n'est pas parfait, il faut passer par la partie douloureuse.

- Oui... Je... Du thé, oui... Merci.

Difficile de parler quand on se sent observé jusque dans les tréfonds de son esprit. Surtout si, en parallèle, on vous branche à un accumulateur géant qui vous remplit d'une énergie phénoménale. Surtout si l'on est un petit ingénieur n'étant pas habitué à parler aux gens plus grands que lui.

On le vouvoie de nouveau, comme s'il avait acquis plus d'importance entre le moment où il était à genoux et celui où il fut debout. Al ne saisissait pas les subtilités de la conversation respectueuse (même s'il avait une connaissance mécanique et très travaillée de la grammaire). Ainsi, il savait une chose : lui, il devait vouvoyer l'homme en face de lui. C'était simple. Ce qui devenait plus difficile, c'était de construire une phrase digne de ce nom, sans avoir l'air ridicule ou incompétent.

Ah... Un sujet sûr ! Ses recherches. Oui, là, il en avait des choses à dire. Al était capable de son projet autant qu'il le fallait avec des détails plus ou moins intéressants. Surtout que, au vu de la tournure utilisée, on lui demandait d'en parler avec les détails, justement. Après tout... Qui était-il pour refuser quelque chose au Grand-Duc en personne ? Puis, ça lui faisait plaisir. Sans se préoccuper de quelque chose d'autre que les questions posées, il prit une grande respiration et se mit à parler.

- L'armature est finie, je pense avoir donné à mon projet son aspect final. Le plus grand défi réside dans les moteurs et les commandes. La conception de circuits adaptés pose beaucoup de soucis. La propulsion n'a toujours pas atteint la vitesse de rotation nécessaire au décollage, mais j'étudie actuellement le sujet. Son excellence la Duchesse-Commandante a été très généreuse avec moi et m'a fourni les moyens pour tester de nouvelles matières premières pour les retors des moteurs. J'en attends toujours la livraison, ce qui fait que je n'ai pas de résultats concluants à présenter à votre Altesse.

Al baissa la tête. Durant toute la conversation, il se sentait épié. Le Régent le fixait, sans le lâcher des yeux, alors que lui avait besoin qu'on lui montre un brin moins d'intérêt immédiat. Il but de son thé, délicieux en passant, sans penser au sucre ou à quoi que ce soit d'être. Il voulait juste se comporter au mieux. Et siroter son thé lui parût être une bonne idée. En ce qui concernait la grande patronne de la Garde impériale, elle fut juste. Sa générosité était toute relative mais Al, peu habitué à une plus grande somme d'or dans sa bourse, était heureux à l'idée de ce qu'il reçut de sa part.

- Si les matériaux ne me manquent pas à ce stade du projet, je me pose la question de l'alimentation de la machine votre Altesse. Pour des raisons pratiques, il me faudra exclure la force de la vapeur. Les moteurs nécessiteront quelque carburant moins lourd que le charbon et certainement plus compact qu'un four. La puissance de l'électricité semble être insuffisante également...

Le Magister but encore un peu de thé, oubliant son interlocuteur quelques secondes, le temps de retourner avec ses pensées du côté de son oeuvre. Il fallait une source d'énergie plus compacte et puissante que ce qui était connu jusqu'à présent. Et il avait bien peur que l'invention d'une telle chose fut en-dehors de sa portée et de son domaine de compétence.
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Régent impérial

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MessageSujet: Re: I hold the secrets of the Machine... [PV Max']   Mar 20 Nov - 8:09

De la surprise, du mal à l'aise, semblent frapper le magister. Des sentiments qui ne sont pas méconnus au regard du Régent Impérial qui l'a observé plusieurs fois sur le Peuple. Des émois qui n'arrivent plus à l'atteindre. Vague pensée pour se souvenir de la dernière fois où lui-même fut réceptacle de ces états d'âmes et Maximilien reporte son attention sur son invité. Par politesse et patience, il le laisse s'installer. Il détaille en silence ce jeune prodige, son visage et ses cheveux roux. Le regard revient se plonger dans les orbes d'azur. Le bleu gris de ses yeux ne vacille pas, sa paume se pose sur la table de bois noir. C'est ainsi que le Grand Duc l'écoute.

Les mots coulent en continue, agréables, intangibles, intéressants. Ils traduisent tout l'amour qu'Al a pour ses recherches. Il maîtrise le sujet à la perfection. Maximilien apprécie de le constater de visu et ne peut que lui faire ressentir par une caresse plus flatteuse. Un sourire furtif ou un félicitation aurait pu mieux convenir. Mais ces détails obséquieux furent relégués, à l'instant présent, dans l'oubli. Ses lèvres s'ouvrent, son timbre s'entend.

« J'ai confiance en vos capacités d'analyses. Je ne doute point que vous trouverez rapidement des solutions à vos récents problèmes. Et, vous pourriez très vite me montrer un prototype en état de fonctionnement. »

Il le rassure. L'intérêt premier n'était pas de voir dans l'immédiat le fruit du travail. Mais, de faire la rencontre de cet être qui détenait entre ses mains un projet titanesque. Tout en parlant, le Régent rédige quelques notes dans un carnet à la couverture de cuir. Certains mots concernent ce qu'il à mémorisé des paroles du rouquin. D'autres sur les tâches à faire comme remercier la Duchesse Commandante pour son aide apportée au magister... On frappe. Une. Deux. Trois fois.

Moment d'arrêt et le Régent Impérial se détourne laissant le précieux petit cahier ouvert et sa plume académique. Il ouvre la porte et récupère le plateau d'argent. Il offre un temps de pause au Magister. Quelques secondes où ses prunelles ne l'écraseront pas de leur présence. Élégamment, il revient, il sert son invité puis ensuite s'installe en face. De nouveau, Maximilien l'écoute. Il réfléchit... Il souffle sur la boisson fumante. Puis, dépose ses lèvres dans le liquide. Le thé au jasmin demeure une courte gourmandise.

La tasse doucement revient flirter avec la table. La fumée serpente volatile, libre de tout souci humain. Elle est bien au-delà de l'échange entre les deux hommes bien différents par leur condition. La réflexion dure. L'autarcie ne connait aucune fin. Le Régent Impérial croise ses doigts. La chevalière rubiconde, à l'un de ses doigts, tranche avec la peau pâle de la peau. Mouvement furtif et Maximilien murmure.

« L'énergie magnétique n'est-elle pas une solution à vos soucis ? »

Ses connaissances dans la science n'avait rien à envier au scientifique. Elle n'était que le fruit de ses lectures.

[hrp : fini. Je ne sais pas quoi rajouter et j'aime pas... Pas du tout. Tu me diras ce que tu en penses à mon retour.]
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Magister Architectura Templi

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MessageSujet: Re: I hold the secrets of the Machine... [PV Max']   Mar 20 Nov - 8:57

L'énergie émanant du Grand-Duc finit par emplir Al au point qu'il se calme. Avec chaque mot du Régent, la sérénité le gagne, son stress s'envole. Il comprend le mécanisme que cela implique. Le Walhgren lui impose ses propres sentiments. Mais cela est si naturel, si fort qu'il ne s'en plaint pas. D'ailleurs, autant faire un procès au ciel, un jour de pluie. Rien de plus naturel parmi les lois physiques et magiques du monde. La tension quitte lentement le corps du Magister, combien même des questions subsistent dans son esprit. Une perpétuelle interrogation concernant le comportement à adopter en présence du frère cadet du Souverain en titre.

Bien qu'empreint de son état d'esprit et d'une énergie folle, comparée à celle dont il disposait habituellement, Al van Koriolis ne disposait d'aucune capacité oratoire. Il en ressentait même le cruel manque. Ainsi, il était tiraillé entre l'apaisement quasi hypnotique qu'entraînait la proximité de Maximilien et sa propre nervosité. Les paroles du Régent lui faisaient plaisir. Quelqu'un avait foi en lui et pas n'importe qui. Mais l'ingénieur demeurait réaliste. Il ne doutait pas de son succès, mais ne pouvait se permettre autant d'optimisme. Généralement, dans le cadre de ce genre de conversations, les gens utilisaient le terme de "bientôt" pour désigner quelques semaines. Ou mois.

Et ces tonnes de métal ne risquaient pas de voler cette année. Et probablement pas l'année prochaine. Plus tard encore ? Probablement. Mais rien n'était certain, mis à part l'implication du jeune homme dans le projet. Il voulait réussir de toutes ses forces.

- M... Merci, votre Altesse. La tache reste très difficile et incertaine. Je ne peux m'avancer à faire des pronostiques quant au temps nécessaire à la réalisation de ce projet.

Le rouquin but encore du thé. Il était très bon, pour peu que le Magister pouvait en juger. En effet, ses goûts à lui étaient simples. Al se nourrissait plus qu'il ne mangeait, préférant l'aspect pratique aux plaisances gustatives. Il observa, avec une certaine anxiété, le Régent prendre des notes. Bien sûr, il n'était pas curieux de savoir ce que l'autre homme notait. Ce n'étaient pas ses affaires et il en était parfaitement conscient.

La suggestion de son interlocuteur vint le percuter. Oui... Le Grand-Duc n'était pas son Frère. Le Saint Empereur détenait des connaissances rares. Sans être idiot, il ne disposait que d'une connaissance théorique de la Science, ses devoirs ne lui permettant pas de suivre son aîné dans les laboratoires et ateliers, situés sous le Palais impérial. Al en avait conscience. D'ailleurs, à quoi bon, si les Universités étaient là, sous son autorité, partiellement au moins ? Tous les Magister seraient prêts à l'aider quelque soit la question technique à étudier. Il n'était donc pas tenu de savoir grand chose de la technologie lui-même.

Dans le désir purement scientifique de rendre le monde meilleur et moins ignorant, Al entreprit d'expliquer son point de vue sur la chose. La question a déjà été soulevée d'ailleurs. Les forces des aimants ont été utilisées dans moult expériences. Aucune n'était vraiment liée avec son problème.

- Non, votre Altesse. La force magnétique ne peut donner de résultats concluants qu'en laboratoire et uniquement pour provoquer le flottement d'objets, au-dessus d'un terrain déterminé. Ce genre de véhicules ne seraient différents de trams. Les coûts de production de... rails aimanté dépasserait tout bénéfice éventuel, sans parler des interférences avec toutes les structures métalliques des villes impériales.

Van Koriolis se sentait mal, à l'idée de contredire une idée du Régent. Néanmoins, son caractère lui imposait de répondre par la vérité la plus absolue. Il ne mentait pas par principe. L'ordre, le devoir, les règles, les façons établies de faire. Voilà tout. Il déposa sa tasse sur l'assiette et détourna le regard, de nouveau gêné. Le jeune homme aux yeux bleus se disait qu'il devait dire quelque chose en plus...

- Je... Je ferais de mon mieux pour résoudre ce problème, votre Altesse.
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Régent impérial

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MessageSujet: Re: I hold the secrets of the Machine... [PV Max']   Mer 21 Nov - 4:30

Aucun signe visible ne put se déposer sur le visage de marbre de Maximilien. Pas de trace d'ennui, de lassitude ou tout autre état d'âme qui aurait pu corrompre la fermeté de ses traits. Le Régent Impérial demeure dans l'immobilisme le plus parfait. Fier et droit comme toujours. Même devant l'annonce obséquieuse qui exprimait l'impossibilité d'obtenir un possible délai, il restait lui-même : calme. Dès le départ, il le devinait. Conquérir les cieux avec une machine de métal, de plusieurs tonnes, est un vaste projet qui demande du temps, de la patience et surtout de l'implication. La troisième chose était un point crucial et un élément que ne manquait pas son invité.

Nullement inquiet donc, Maximilien pose ses gemmes bleues grises sur le jeune Magister. Du bout des doigts il attrape l'anse de sa tasse et la porte à sa bouche. Ses lèvres trempent agréablement dans la surface parfumée du thé. L'arôme du jasmin caresse son palais, sa gorge et passe dans son œsophage. Ce parcourt gourmet offre un chemin de saveur fruité qui arrache un demi sourire au Politicien. Un instant, il en vient à oublier le scientifique. Moment de plaisir qui s'évapore dans le lointain. La pièce de vaisselle, doucement, retrouve le confort de l'assiette. Quant au regard du Régent Impérial, il revint se plonger dans les miroirs de son vis à vis.

« Des difficultés que vous parviendrez à surmonter. Vous avez eu déjà le talent nécessaire pour imaginer un projet aussi attrayant. Ne vous formalisez pas sur le temps que peux vous prendre la concrétisation d'un prototype en état de fonctionnement. Mon but premier n'était pas de le voir de visu, mais, de vous voir vous... Le délai est un détail subsidiaire. »

Il recroise ses doigts sans se détacher des océans. Ils avaient quelques choses de fascinant comme l'ingéniosité de Al Van Koriolis. Petite pensée qu'il garderait secrète comme sa nature ambiguë. Le silence revient tel un monarque éternel prisonnier à son Royaume. C'est un voile d'autarcie qui les berce d'un doux repos... Les aiguilles du temps peuvent tranquillement continuer leur course folle jusqu'au prochain round où le voile silencieux sera coupé. Chose qui arrive vite.

Cette fois, Maximilien ne le brise que pour énoncer une question. Et la réponse sonne rapide et précise. L'énergie magnétique n'est pas favorable au projet colossal et mettrait l'Empire en déficit. Son sourcil se hausse, le pouvoir qui l'inonde trahit doucement la réflexion intérieure qui germe au plus profond de l'esprit. Les connaissances du Régent ne sont que théoriques... Il ne connait pas toute les règles immuables de l'univers. Certaines lui échappent.

Il réfléchit et cherche... Il fouille dans sa mémoire. Il tourne la cuillère dans l'onde fumante puis fini par la déposer dans une note métallique. Son timbre grave dessine ses notes, des mots emplies de sincérité.

« Ce serait effectivement une tentative risquée niveau financièrement et humainement... »

Maximilien se lève. Le pan de sa tenue, au mouvement fluide et rapide, révèle le bout des bottes noires, coloris assorti aux vêtements que portent le politicien. Puis, retombe, cachant les chausses. D'une démarche assurée, le Régent s'approche de sa Bibliothèque. Son index caresse les couvertures des livres. Un chemin tapissé de rouge et de noir, de bleu et de blanc, de brun et de gris. Un monde de lignes et de mots aux origines diverses et aux noms illustres ou méconnus. Il offre un moment de répit au Magister en cherchant une lecture sur les divers phénomènes naturels. Il ne prête pas attention au jour qui se reflète sur sa robe.

Les minutes passent crescendo jusqu'à ce qu'enfin le politicien daigne poser les questions qui viennent de lui venir en tête.

« Possédez-vous les fonds et les moyens nécessaires pour la réalisation et finition de votre projet ? Et un atelier assez grand pour mener vos recherches ? »

Maximilien sous entendait aussi la main d’œuvre. Il se tourne. L'expression de son visage, le regard, sa droiture, sa posture, l'énergie qu'il véhicule... Tout exprime que si Al Van Koriolis en formulait le besoin oralement, il obtiendrait la réalisation de la demande.. Si celle-ci demeurait dans le raisonnable... Une chance rare et inestimable qu'offrait le Régent Impérial... Il ne restait qu'à saisir l'opportunité que l'homme de pouvoir tend.

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Magister Architectura Templi

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MessageSujet: Re: I hold the secrets of the Machine... [PV Max']   Mer 21 Nov - 8:59

Bien qu'emplit d'énergie réparatrice et nourricière, Al n'en demeurait pas moins loin de son élément. En tête à tête ou entouré de dizaines de convives, il était comme un poisson rejeté sur la berge. Le Régent est, malgré son sérieux immuable, particulièrement à l'aise. Rien ne semble pouvoir le perturber, sa classe et la précision ses gestes raffinés sont hors du commun. Le roux n'a jamais été complexé, se disant que chacun avait un rôle à jouer dans le monde, quelque soit son éducation. Mais quand même. Maximilien Walhgren était impressionnant. Al n'osait imaginer son frère qu'on disait incarner la perfection même... Qu'avait-il en plus ?

En plus, l'homme, son aîné, était compréhensif avec lui. Il ne lui reprochait pas le temps que prenait son projet. Il l'autorise à prendre son temps... Bon. Ce n'est pas comme s'il s'agissait d'une commande de l'Empire. Al oeuvrait, comme la grande majorité des Magisters, pour son compte, selon son inspiration et ses affinités. Le Régent ne pouvait le commander, en théorie au moins, sans passer par le Collège. Néanmoins, le savoir aussi bienveillant à son égard l'emplissait encore davantage de reconnaissance et apaisait son malaise de se trouver en ces lieux, quasi sacrés, mais certainement inappropriés pour lui.

Un fait nécessitait juste d'être rectifié.

- Merci beaucoup, votre Altesse. Cependant... Le projet fut imaginé par mon défunt père. J'ai uniquement donné à la machine son apparence actuelle, on y apportant les connaissances actuelles. L'idée-même était sienne.

Il n'y avait ni humilité, ni modestie, ni encore moins la volonté de se préoccuper d'une chose aussi banale que l'honneur de quiconque, fut-ce son père. Al van Koriolis parlait par amour de la vérité, considérant comme son devoir d'apporter l'information qu'il possédait et qui semblait faire défaut à son interlocuteur.

Son regard baissé scrutait le tapis, s'intéressant à ses formes. Le propriétaire des yeux bleus n'a pas su soutenir le contact perçant de Maximilien. Ce dernier lui donne raison, en termes de propulsion magnétique. Al hoche timidement la tête, approuvant tout cela. La chose n'était pas réalisable, dans l'état actuel des connaissances des Magisters qui se sont déjà penchés dessus.

Le rouquin fut soulagé, lorsque le Grand-Duc se leva pour parcourir ses livres de ses doigts et de ses yeux. Al en était soulagé, n'étant plus au centre de l'attention du maître des lieux. Le temps passe, en silence. L'ingénieur n'a rien à dire, il ne parle donc pas. L'art de meubler ou de parler pour ne rien dire lui échappe complètement. Il boit donc du thé, parcourt la pièce du regard, en découvrant la richesse, sans envie, mais avec curiosité. Il a déjà vu des demeures de nobles, Raphaël lui-même n'est pas trop mal installé, mais cela reste impressionnant de se retrouver dans les mêmes lieux que l'Empereur, fut-il à l'autre bout du Palais, en train de travailler en compagnie de sa fille.

Tombent enfin les questions... Les gens qui connaissent vraiment Al saurait qu'elles ne servaient à rien. Le petit roux allait y répondre de la même façon que toujours, poussé par une sorte de fierté et de conviction personnelle que tout devait être fait par ses soins uniquement. Allez savoir pourquoi, il était comme ça. Pas même son meilleur ami, pourtant fortuné, n'avait le droit le lui donner de l'argent. Et aucun n'assistant n'était admis à proximité de la machine volante, lorsque le Magister van Koriolis y travaillait. Une lubie, un caprice, des convictions. Rien à faire.

- Je... je n'ai besoin de rien, votre Altesse, sinon du temps... Mon Atelier est suffisant à toutes mes taches.

Oubliez de faire travailler Al ailleurs que dans l'atelier de la famille. Pas qu'il y tienne d'un point de vue sentimental... Mais il lui fut légitimement attribué par le Collège des Magisters d'Architectura Templi. Et il serait plus que maladroit de remettre cette volonté universitaire en question. Al sentait que c'était là l'autorité qui devait décider de son lieu de travail. Il avait toujours le regard fuyant et s'agitait un peu dans son siège comme à la recherche d'une position idéale qui demeurait introuvable, malgré ses efforts. Il décida de poser une question, histoire de ne pas paraître trop impoli ou ne voulant pas faire la conversation. Cela dit, la formuler était complexe... Que pouvait-il donc bien demander...

- Eh... En quoi puis-je encore servir votre Altesse ?

Voilà, faisons la conversation de la sorte. Si le Régent l'avait invité pour le voir, lui, ce qu'il y avait bien quelque chose... A moins que tout ne se limite à cette machine qui demeurait coulée au sol depuis des années...
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Régent impérial

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MessageSujet: Re: I hold the secrets of the Machine... [PV Max']   Mar 27 Nov - 13:00

D'une oreille attentive, le Régent Impérial écoute la sincérité du Magister. Un sourire glisse sur ses lèvres. Ce reflet d'humilité l'inspire et le contente. Al semble imprégné d'une honnêteté sans faille qui lui montre que tout n'est ni noir ni blanc. Mais juste le fruit d'une intangibilité parfaite ou autre chose de plus secret. Va savoir ? Maximilien ne voit du mage de métal que le reflet qu'il veut bien montrer. Une facette agréable... persistante cachée derrière une carapace.

Le Grand Duc profite de ce moment d'intimité où les jeux ne pouvoirs n'existent pas dans les miroirs bleutés de son voisin. Cela le change des éternels synopsis, les sombres desseins, les crimes et les guerres entres les gens du peuple pour une infime différence : être génos ou être né dans une riche famille... On aborde ni sang, ni misère, ni violence, ni haine... Le sujet reste utile et conséquent.. Les vices des hommes ne font pas partie de la discussion.

Et pour cela, autour de l'homme politique se lève un voile de bonne augure. Il partage l'énergie de pouvoir. Il exprime en silence que la présence du cadet, quoique effacée, lui offre un bol d'air... Il ouvre ses lèvres et souffle de son timbre électrisant.

« La sincérité dont vous faite preuve vous honore. Vous aurez pu choisir de prendre mérite le travail d'autrui. Je ne peux que d'avantage vous féliciter.. Vous portez sur vos épaules des qualités que peu possèdent aujourd'hui... »

Un constat sincère et réaliste qui vient de tomber en quelques mots. Maximilien ne ressent pas le but de gêner d'avantage le Magister. Ou le couvrir d'un ruban édulcoré, sucré et surtout indigeste. Il est ainsi, ferme et droit avec tous qu'importe les situations. Dans ce désir immuable de rester un pic ferme et bienveillant, il s'intéresse à sa bibliothèque. Son index parcourt les couvertures. Les livres le passionnent et lui procure un temps de répit.

Jadis, des lignes couchées sur le papier, l'abîme de ses flots lui offrait des mondes imaginaires, un cocon de bien être, un nid douillet et chaud. Or aujourd'hui, ces univers de pastel, de beauté, d'êtres aux multiples facettes, firent place à la richesse de la science, la compréhension et le savoir. La façon de voir change avec le temps. Constatation qui s'enracine au plus profond du Régent Impérial.

La mine sévère qui venait de se glisser sur le visage se fissura aux réponses du cadet. Il refusait l'aide proposée sans un minimum de réflexion. Fortune. Main d'oeuvre. Le roux venait de repousser sans difficulté l'avarice et l'envie. Un temps d'arrêt. Un rire qui se répercute comme un soleil d'été. Et Maximilien, reprend son air digne et fier comme si tout n'était qu'un rêve. Un rêve réel et rare.

« Vous avez le don de surprendre, Al van Koriolis. Tout autre être à votre place aurait saisie la chance rare que je vous offrais... Mais vous non. Vous avez refusé l’opportunité d'obtenir gloire, richesse et aide. Vous êtes vraiment un homme remarquable et désintéressé. »

Marche, paume qui se pose sur la table et le Régent Impérial est dorénavant tout proche du Magister. Il a réduit l'écart qu'il avait lui-même créé. Et maintenant, cette distance souffre d'une trop courte promiscuité. Le rouquin peut à satiété suivre la ligne du visage, se plonger dans la crinière de diamant de l'homme politique ou tout simplement s'emplir de son parfum. Ou tout à la fois. Il avait le choix tant que cela n'aille pas trop loin.

Maximilien, non gêné par la distance peu protocolaire, ancre ses gemmes bleues grises dans le regard d'azur. Le tempo du métronome prend un rythme endiablé. Le silence devient pesant. Les minutes semblent devenir heures. Et le timbre du Walhgren résonne.

« Comment se passe les choses dans l'Architectura Templi ? Le respect et le partage du savoir sont-ils de mises ? »

Un sujet qui intéresse grandement l'homme politique... Le bien être et le respect des règles des Empereurs bâtisseurs restaient et resteront des points d'importants pour lui...

[Hrp : Réponse plus tôt que prévue... Maintenant je file me coucher. le marchand de sable est passé depuis longtemps >w<]

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Magister Architectura Templi

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MessageSujet: Re: I hold the secrets of the Machine... [PV Max']   Mer 28 Nov - 1:27

Des compliments... Quelque part non mérités, car Al van Koriolis n'avait même pas une once de capacité à faire du mal volontairement. Surtout pour le profit personnel. Sur ordre clair d'une autorité établie, peut-être. Mais mentir pour briller en société ?

- Ah oui...

Il laissa échapper ces paroles, se rendant compte que Raphaël ou Abel lui diraient probablement de ne pas parler du projet de son père et de mettre le sien en valeur. Probablement, cela ne serait pas condamnable en plus, sachant que c'était bien le petit roux qui a eu l'idée de cette machine volante bien précise. Cela dit, on le félicitait et cela n'avait rien de désagréable, même s'il agissait par respect pur des règles et sans aucune autre arrière-pensée. Il fallait dire la vérité. L'exactitude était le fondement de toute entreprise d'un vrai ingénieur. Al transposait ces principes dans sa vie, à défaut de pouvoir en maîtriser d'autres.

Le Magister se rendait également bien compte que plus d'un de ses contemporains n'avaient pas cette sincérité automatique et spontanée. C'était aussi ce qui faisait leur succès auprès de la Haute Société avec laquelle il ne savait pas parler. Montrer les formidables possibilités, et les projets techniques, d'une machine volante ne suffisait pas. Il fallait s'adonner à tout un petit jeu aux règles brumeuses et changeantes. Aucune chance pour Al de maîtriser cela un jour. Même la génétique avait, semblait-il, plus de lois écrites et clairement établies.

- C'est mon travail, votre Altesse, de réaliser ce projet. Je ne pourrais permettre à un autre de faire ce qui m'incombe.

Chaque rouage avait sa place unique. Il ne pouvait en remplacer un autre ou venir l'aider dans sa tâche. La machine toute entière s'effondrerait dans un fracas monstrueux, si chaque engrenage venait se mettre à la place d'un autre. On pouvait aider les autres en faisant on travail propre. Chacun apportait ainsi sa pierre à l'édifice. Même s'il venait de passer à côté des milliers de pièces d'or ou de dizaines d'assistants et autres ouvriers, Al van Koriolis ne pouvait se résoudre à laisser un autre venir perturber sa vision de la réalité. Il devait travailler tout seul.

L'aura de puissance du Régent vient se frôler à celle, presque imperceptible, d'Al. Tout magicien qu'il est il sent l'écrasante énergie s'approcher de lui et rougit encore, les yeux baissés. Que peut-on lui vouloir de si près ? Il avale difficilement sa salive, alors que sa bouche s'assèche. Maximilien est vraiment proche, une statue majestueuse, dans ce salon, venue poser devant son invité. Tendu, comme une barre de métal, Al serra ses doigts sur le bord de son fauteuil... Ah. Le Grand-Duc veut savoir si l'Université respecte la volonté impériale du partage du savoir... Le rouquin comprit qu'on s'adressait à lui comme à un membre du Collège des Magisters, qu'il représentait Architectura Templi. Et, bien sûr, il ne mentit pas.

- Dans la mesure du possible, oui, votre Altesse. Je pense que... les choses vont bien. - Par la Machine, qu'il détestait ce genre de vagues réponses ! Mais il était difficile de formuler cela autrement sans se lancer dans un flot de paroles et de comptes-rendus. - Nous faisons face à une quantité moyenne de problèmes, ces derniers temps. Mais la volonté de l'Empereur Bâtisseur et celle de Lao sont respectés. Je crains qu'il ne se passe rien de vraiment digne de votre attention, votre Altesse.

Voilà... Il ne s'en sortait pas trop mal. Dans le doute, il ne fallait rien dire. C'était la règle, tacite, que le Collège a un jour exprimé pour Al van Koriolis. Lui-même comprit le bien-fondé de la règle : l'Université échappait, en partie du moins, à l'autorité impériale. Surtout que le Régent ne pouvait se tenir informé de tout ce qui s'y passait. Et, en ce moment, aucune invention récente ne méritait d'être rapportée, aucun problème ne se présenta devant l'assemblée des Magisters.

L'ingénieur leva le regard pour parler, bien sûr. Et celui-ci resta accroché sur le puissant visage de l'homme en face de lui qui, lui aussi, se mit à le fixer avec une certaine insistance. Cette attention, combinée à tout ce pouvoir qui s'en déversait, était d'une beauté terrifiante. Incapable de bouger, Al resta là, à détailler un visage bien proche de la perfection. Mais que dire ? Que dire ? Al se retrouvait, encore, prisonnier de sa timidité et de son manque d'initiative sociale. Et il priait sincèrement qu'on lui accorde plus d'espace personnel. Ou qu'on le congédie. Ou qu'on le viole. Mais pas de ça plus longtemps...
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MessageSujet: Re: I hold the secrets of the Machine... [PV Max']   Jeu 29 Nov - 12:54

Les gemmes bleues grises de Maximilien semblent dévorer le Magister. Deux billes opalines qui glissent sur la crinière, sur la courbe de visage, la silhouette. Et tout ceci sans désir particulier. Le Régent Impérial n'éprouve rien, ni envie, ni gourmandise. Il ne fait cela que par caprice. Un besoin de mémoriser chacune des réactions de son vis à vis, d'ouvrir les pétales pour en contempler le cœur. Un organe palpitant dénué des vices qui se répandent comme une traînée de poudre sur la Capitale et ailleurs.

Il s’intéresse à ce papillon sans vouloir l'enfermer dans une cloche de verre. Il l'observe juste. Il profite de ce moment. Et parfois se régale de la timidité et des miroirs qui s'échappent. Peut être sera t-il vu comme cruel d'agir ainsi ? Mais pour lui, ce n'est qu'un mal nécessaire. Al possède un talent indéniable hormis l'éclat terne qu'il dégage. Un génie qui mériterait mieux... Une constatation réelle et difficile à changer.

L'homme politique l'écoute, toujours aussi impartial d'apparence. Il ne dit pas un mot. Il attend d'entendre entièrement la réponse attendue. Une réponse satisfaisante. Appréciateur, un sourire glisse sur ses lèves. La paume de sa main droite caresse la table. Sa voix grave entame à son tour ses paroles.

« Je suis satisfait de savoir que l'Architectura Templi respecte les biens fondés des Empereurs Bâtisseurs. J'aurais été navré d’entendre l'inverse... Le bien être du peuple et le partage du savoir sont les fondements d'un bon équilibre. »

Crainte... Repli. Tension. Le sourcil du Régent Impérial se hausse. Ses doigts arrêtent de glisser sur le meuble de bois. Son regard se détache des miroirs turquoises et magnifiques. Il offre un moment de paix à son vis à vis. Le pouvoir qui coule dans ses veines offrent une caresse apaisante. L'homme politique tente de lui donner un soupçon de sérénité.

D'un mouvement vif, il offre un écart salvateur au jeune Magister. Quelques pas. Nouveau silence et Maximilien semble perdu dans ses pensées les plus secrètes. Ou presque. Il revient vers le mage de métal. Doucement, la main droite se pose sur l'épaule, tendre, rassurante, dénuée de toute pensée lubrique. Le timbre résonne, sécurisant. L'homme politique arbore presque l'image d'un père... D'une personne sur qui ont peut se reposer les yeux fermés.

« Ne laissez pas votre mal à l'aise ternir votre génie... Al Van Koriolis, vous êtes un être d'exception, mais, vous êtes vite rattrapé par vos états d'âmes. Prenez confiance en vous.... Vous n'en vivrez que mieux. Les sentiments sont des détails subsidiaires qui peuvent être combattus. »

Une dernière caresse sur l'épaule et le Régent Impérial se détache. Il espère que son conseil porte ses fruits dans l'avenir de cet être intéressant. Il se dirige vers l'un des tiroirs du bureau. D'un coffret fermé à clé, il en sort un papier blanc. Posé sur le meuble de bois noir, l'homme politique rédige et signe... Il termine avec son sceau pour officialiser. Le précieux document entre les doigts, ses pas le ramènent vers le jeune Magister.

De nouveau face à lui, Maximilien le pose sur la table, près de la tasse. Al a le choix de le prendre ou non. Le politicien ne lui imposera pas sa volonté. Au contraire. Ses gemmes ancrées au plus profond des mers voisines, son timbre dessine la partition de ses notes.

« Une lettre de change au cas où vous auriez besoin d'une aide pour financer une partie de vos dépenses. A vous de voir, si vous souhaitez la prendre en partant. Temps d'arrêt et il poursuit. Ce fut un agréable moment passé avec vous, Al Van Koriolis. Puissiez-vous réaliser votre projet. »

Cette entrevue était terminée. Maximilien lui offrit un dernier sourire... Puis, le marbre de son visage reconstruisit la fermeté de ses traits.
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MessageSujet: Re: I hold the secrets of the Machine... [PV Max']   Ven 30 Nov - 1:02

L'ingénieur s'interrogeait sur le fondement de l'intérêt tout particulier que lui portaient les personnes les plus importantes de l'Empire, ces derniers temps. D'abord la Duchesse-Commandante, puis le Régent. Et encore, elle avait besoin de lui pour une tache bien précise, ce fut un hasard si c'est lui qui y est allé et non un autre de ses confrères. Mais ici, l'invitation fut à son nom. Cela le dépassait sans aucun doute. De toute façon, il ressentait un besoin irrépressible de méditation. Du calme, en harmonie avec la gigantesque Machine qu'était l'Architectura Templi. A genoux, ou assis, sur le métal froid de son atelier, il retrouverait la paix. Comme toujours.

Le rouquin hocha la tête aux paroles du Grand-Duc. Ce dernier pourrait probablement dire n'importe quoi et il aurait acquiescé de toute façon. Le pouvoir qui coulait partout autour de lui, cette proximité... Al se trouva à s'imaginer à quoi peuvent bien ressembler les pieds de son interlocuteur. Il se ressaisit néanmoins assez vite pour analyser les mots de Maximilien. Oui... L'équilibre était important. Il n'y avait pas que Libris Umbra pour en parler. Tout avait besoin d'équilibre, de la société humaine à l'écosystème en général, en passant par la machine volante inachevée, dans son atelier. Elle avait besoin d'équilibre au sens physique du terme d'ailleurs.

Le Régent refait quelque chose d'étrange, il contrôle ses émotions et le flux de son pouvoir... Al sent que son corps se détend, sans qu'il n'y soit pour quelque chose. Les sentiments contradictoires, l'hésitation, sont toujours là. Mais il se sent mieux, grâce à l'intervention du frère de l'Empereur. L'écart, puis ce rapprochement, la main sur son épaule. Il manque de perdre connaissance, n'ayant aucune habitude d'un tel contact avec un Walhgren. Ses dons magiques le rendent sensible à leur présence. Mais il ne côtoyait généralement pas les grands parmi les grands de ce monde... A quoi bon pouvait-il bien leur servir, alors qu'il vivait cloîtré dans son atelier ? Enfin, il faut croire qu'il y avait des plans qui lui échappaient.

Il crut entendre parler Raphaël. Ou Abel. Les deux disaient la même chose, au sujet de la confiance en soi et de son talent. Même si cela était étrangement agréable à entendre, Al van Koriolis savait qu'il s'agissait de flatteries destinées à le réconforter ou à le faire changer de comportement. Par principe, ses interlocuteurs ignoraient ce dont ils étaient en train de parler. Lui seul, et ses collègues Magisters, comprenait entièrement l'ampleur de son projet et la complexité de chaque détail qu'il devait penser. Lui dire qu'il était un génie était un mensonge par manque se connaissances nécessaires. Avec une plus juste appréciation de l'entreprise, on dirait plutôt qu'il était ambitieux. Voilà tout. Il ne disposait pas d'un plan achevé et infaillible. Il ne construisait pas la machine. Il l'inventait au fur et à mesure de son élaboration pratique.

Une nouvelle lettre de change ? Décidément, Abel avait raison : il se trouvaient en ce monde des gens prêts à dépenser leur argent sans se poser de questions. Était-ce de l'arrogance ? Ou juste un usage étrange qui lui échappait par son manque d'utilité ? La lettre était là, on ne pouvait faire plus officiel. Encore une fois, il était certain que la banque qui avait l'habitude de traiter ses affaires serait bien surprise de voir d'où il tirerait des fonds. S'il prenait la lettre. Le Régent le mit devant le choix... C'était difficile.

- Merci, votre Altesse.

Il comprit que leur thé commun était fini et qu'il fallait partir, combien même cela ait prit une bonne minute, durant laquelle il se demandait bien s'il devait ou non prendre ce papier. Il entendit la voix de son ami lui dire que c'était là une bonne idée. Il haussa les épaules et plia soigneusement le papier, avant de se lever. Faisant des efforts pour se tenir bien droit, il salua encore le Régent.

- Au revoir, votre Altesse. Je vous remercie pour votre attention, ce fut un honneur.

Al s'en alla, titubant et reprenant de l'air dans les poumons. L'atmosphère devenait de plus en plus légère, au fur et à mesure qu'il s'éloignait du Grand-Duc. Il put enfin respirer l'air frais, avant de se trouver une voiture. En même temps, il sentit un pouvoir démesuré qui était maintenant sien et qui allait l'animer pendant quelques heures, voire quelques jours. Il se dissiperait par la suite... Mais en attendant, il allait pouvoir travailler en paix et avec efficacité.
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