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 La Glace et le Sang [pv Lud' \o/]

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Régent impérial

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MessageSujet: La Glace et le Sang [pv Lud' o/]   Ven 30 Nov - 11:18

Une rencontre qui s'est terminée sur un Requiem et Maximilien regarde le ciel grisé, la mine songeuse. Si tout le monde ou presque possédait le désintérêt du Magister, la Capitale deviendrait un havre de paix. Les enfants et le Peuple ne ressentiront moins de hargne pour le système en place. Ce mal nécessaire qu'il préserve du mieux qu'il peut. Sans lui, les siens, sa précieuse famille, risqueraient de se voir sacrifier pour le bonheur des autres. Un destin que Maximilien refuse d'imaginer et qu'importe s'il doit jongler avec un pouvoir politique colossal, il irait jusqu'au bout. Ses neveux portent assez de charges sur leurs épaules pour leur incomber des poids supplémentaires.

Pâle sourire, il ne peut quitter l'étendue orageuse du firmament en pensant à tout ceci. A cet amour qu'il éprouve pour eux, son aîné et sa nièce. Il en oublie le temps qui passe. Les mains jointes derrière son dos, l'homme politique ferme ses paupières. Il est d'un calme latent tel un roc neigeux entouré d'une couronne nuageuse. Le temps coule, Maximilien demeure toujours dans son immobilisme.. Jusqu'à ce que ses gemmes bleues grises se détachent de la voûte céleste. Il sait ce qu'il doit faire et aucun doute ne vient le perturber.

Droit et fier, il ouvre la porte. Il donne ses directives et bientôt une cohorte de serviteurs tiennent entre leurs bras des couvertures, des vêtements chauds, des oreillers... Tout ce qui peut être utile pour tenir face aux froides journées d'hiver. Des dons généreux qui offriront du bonheur aux plus démunis, des sourires et de la joie. Cette perspective le contente, lui, souvent vu comme un être de glace, ferme et intransigeant montrera que les Walhgren chérissent leur Peuple.

Ses iris scrutent de manière sévère toute les offrandes. Rien ne manque. Parfait. Il fait comprendre qu'on le suive en silence. Il marche à travers les couloirs du Palais pour se retrouver à l'extérieur. Il s'arrête et attend que l'escorte soit en position.. Il profite de l'air froid. Le vent fouette sa crinière de diamant, ses joues, sa nuque. Les feuilles d'automne forment un ballet devant les yeux. Le souffle de tout le monde forme des serpents aérien, mélange du chaud et froid.

A droite, à gauche et derrière, des gardes Impérial et des Mages des Ombres ferment le cortège. Ensemble, ils partent pour un endroit bien particulier : l'Orphelinat des ombres égarées. Le regard des passants ne peut se détacher de la cohorte loin d'être singulière. La présence du Régent Impérial hors des murs reste un fait rare et unique... Et pour les heures à venir, Maximilien donnera un peu de sa personne. Les affaires d'état reprendront à son retour.

Sur la grande place, les prunelles de l'homme politique contemplent l'imposante statue de Franziscka Halbrum. Une femme d'exception qui a fondé une institution utile. Une demie seconde, sa tête se baisse en tout respect pour la mage de l'ombre. Un salut entre un souvenir du passé et un être du présent. Puis... La marche reprend.

La porte s'ouvre brusquement. Des hommes et des femmes viennent à leur rencontre. Surprise et sourire. Les cadeaux sont offerts, partagés, distribués... La chaleur se répand telle une traînée de poudre. Une ambiance agréable se tisse. Quelques mots échangés et le Régent entre à l'intérieur... Quant à l'escorte, elle demeure à l'extérieur. Maximilien refuse de faire peur aux enfants avec les armes et les armures... Dans ce cocon, il ne risque normalement rien.

Un moment seul, une petite main attrape son long manteau. Baissant la tête, un sourire nait aux coins de sa bouche. Il se baisse. Sa paume caresse la crinière de ce petit être innocent à peine âgé de huit ans. L'expression du visage s'adoucit, le pouvoir qui coule au plus profond de ses veines offre une caresse chaude et sereine.. Et il cesse.. La tête levée, il vient de voir la silhouette de son neveux.

« Surpris de me voir en ces lieux ? »

Une question comme tout bonjour. Une question pour le faire venir à lui.

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MessageSujet: Re: La Glace et le Sang [pv Lud' \o/]   Sam 1 Déc - 0:19

L'Eglise de l'Ombre n'était plus sur ordre de l'un des plus grands hommes à ne jamais avoir dirigé l'Empire d'Ishtar. Ezhekiel premier raya le dogmatisme paralysant le Progrès de la surface de la terre, ne laissant que les aspects les plus utiles de l'institution. L'Inquisition qui balayait ses ennemis, la Libris Umbra pour préserver les précieuses connaissances de l'humanité. L'Ordre Saint Dietrich, bien sûr, pour porter secours aux plus démunis. Ont également survécu quelques centaines d'institutions mineures, dépourvues désormais de tutelle cléricale, demandant le soutient de l'Ordre, de l'Université ou même de l'Empire, directement. Les multiples monastères, pensionnats, écoles, orphelinats,...

Le plus remarquable de toute la Capitale, datant justement de l'époque de l'Empereur Bâtisseur, était celui des Ombres égarées. La Sainte Franziscka, contemporaine d'Ezhekiel Ier, d'Uriel D'Arken et de Saint Dietrich lui-même, veillait toujours sur ses enfants, du haut de son piédestal de pierre. On racontait que la statue fut érigée par Nathaniel Lazarey en personne, mais aucune preuve n'a jamais pu en être rapportée. L'Orphelinat était une organisation florissante. Ses supérieurs, tous issus de Libris Umbra, étaient d'habiles gestionnaires aux connexions multiples, rassemblant des fonds de charité assez impressionnants. D'autre part, la compassion et la bienveillance du Prince Ludwig Walhgren, fils cadet de l'Empereur ne pouvaient que faire du bien aux centaines d'enfants logés, nourris et éduqués par les frères et soeurs qui décidèrent de consacrer leur vie à l'aide aux plus démunis.

Ludwig venait en personne, régulièrement, pour contrôler l'état de santé des enfants, pour jouer avec eux et s'entretenir avec leurs tuteurs. Aujourd'hui, il eut la surprise de constater qu'il n'allait pas être le seul à leur rendre visite. L'aura de son oncle n'avait rien de discret. Elle se déplaçait avec lui, telle une montagne inébranlable, faite de roc le plus dur. Un roc sur lequel on pouvait s'écraser tout comme il pouvait permettre la construction d'une confiance solide. Le Grand-Duc n'était pas n'importe quelle girouette aristocratique, mais un grand homme. Un homme de principes, malgré le fait que ses journées ne fassent que vingt-quatre heures, comme celles de tout un chacun. Il avait rarement le temps pour les plus pauvres, devant déjà protéger la famille des assauts politiques des plus riches. Il était les yeux, les oreilles et la bouche de l'Empereur. Difficile de lui demander d'être partout à la fois.

Pourtant, il était venu, apportant présents et bonne humeur aux enfants. Ludwig s'excusa auprès de son interlocutrice et sortit dans la cour pour voir son oncle. Maximilien était vêtu comme son rang l'exigeait, alors que son neveu ressemblait à n'importe quel autre frère de l'Ordre : ses vêtements ne valaient pas une pièce d'argent, même s'ils tenaient chaud. Il était soigné et heureux, même avec des manches retroussées pour le travail, tel un paysan. Seule sa peau blanche et douce suggéraient qu'il manipulait la magie du sang pour se détacher des imperfections de la chair ou qu'il était un aristocrate, ayant la douceur de la peau dans le sang. Bien sûr, dans son cas, les deux réponses étaient exactes. La magie résultait du génie humain et demeurait humaine. La Science était bonne pour ceux qui voulaient changer de race et abandonner l'humanité.

- Je vous avoue que c'est une surprise bien agréable, mon oncle.

Ludwig s'approcha, respectueux de son oncle, on âge et sa sagesse. Ses fonctions l'excusaient largement aux yeux de son neveu conservateur et dont les propos n'étaient souvent pas moins radicaux que ceux de Laurenz. A la seule différence qu'il parlait de la plus douce des voix, là où le commandant en chef des armées hurlait comme une bête sauvage lorsqu'il voulait exprimer son opinion. Ludwig rit.

- Je ne refuse jamais que l'on m'apporte plus de travail. Nous allons trier vos dons et les acheminer vers ceux qui en ont le plus besoin. - Il fit une pause. - Je suis heureux de voir que vous avez pu trouver un peu de temps pour sortir. Il ne faut pas croire que tout le peuple se porte même à moitié aussi bien que ses enfants... Mais leur bonheur est toujours un bon début...
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Régent impérial

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MessageSujet: Re: La Glace et le Sang [pv Lud' \o/]   Sam 1 Déc - 2:00

Un sourire glisse sur les lèvres de Maximilien à l'approche de son neveux. Une émotion qui le rend plus humain à contrario de la facette de marbre qui toujours moule les traits de son visage. Un choix nécessaire qui lui permet de cacher bien des choses. La vie politique ne pardonne pas aux âmes inconséquentes vites dépassées par leurs états d'âmes. Il est facile de renverser quelqu'un affichant trouble, bonheur ou douleur. Et ainsi s'offrir l'échec et mat tant souhaité. Mais, lorsque le résultat se montre l'inverse, parvenir au but prend du temps et devient presque impossible. Cette connaissance immuable des jeux de pouvoir reste pour lui l'atout dans sa manche.

Sauf qu'ici, où ses gemmes bleues grises se noient dans les mers de Ludwig, le Régent Impérial n'éprouve guère l'envie de lui afficher un masque de fermeté. Il n'en voit pas l'utilité. La situation présente ne demande pas de l'implacabilité mais la douceur... Tout en caressant la tête de l'enfant d'une manière rassurante, presque tendre, il écoute les paroles de son neveux. Un temps succinct coule.. Puis se brise au timbre grave qui s'échappe de la bouche.

« Te connaissant, ils seront triés de la manière la plus équilibrée possible. Aucun orphelin ne sera lésé par rapport à un autre. Il arrête de câliner les cheveux de l'enfant pour poursuivre. Je ne suis point ignorant des souffrances du peuple malgré mes rares sorties. Le bien être de tous me passionne et m'aspire à agir pour le mieux. Même pour ces enfants qui sont la fondation d'un avenir serein. Pas un parent ne pourrait sourire si la chair de son sang verse ses larmes. Leur bonheur apporte le leur. Je suis conscient de ceci et tente d'agir pour le mieux. »

Maximilien se relève. Son sourcil se hausse à voir un deuxième enfant vers lui. Plus jeune et plus petit. Les bras du nouveau venu se lèvent. Temps d'arrêt, hésitation... L'homme politique ne réagit pas automatiquement. Le petit d'à peine quatre printemps insiste. Des larmes risquent de couler à son refus. Devant ce tableau d'innocence, le Régent Impérial ne peut que satisfaire le souhait. Il n'affiche rien lorsque d'un geste vif, le garçonnet tire l'une des mèches neigeuses et ce plusieurs fois à la suite.

Il se contente d'entourer le fragile corps de ses bras pour qu'il ne tombe pas. Ainsi, tenu, l'attention se reporte de nouveau sur son neveux. Combien de fois ce fut lui qui avait cette place ? Beaucoup. Les années coulent et le voilà en grand garçon qui offre de la chaleur au peuple. Un homme n'ayant plus besoin qu'on essuie ses larmes du bout des doigts ou qu'on veille sur lui lors de cauchemars.

« Les enfants sont des fruits d'innocences qu'il faut préserver de la cruauté de la vie. Ils n'ont pas à ressentir la dure réalité des choses. Silence et un doux baiser se pose sur le front. Le temps où je veillais à tes côté a vite passé... Tu n'as plus besoin d'avoir ma présence lors de tes nuits. Ni même d'avoir ton oncle qui te borde avant de t'endormir. »

Sourire aux commissures des lèvres et Maximilien se régale de sa taquinerie. Des nuits qui sont devenues des souvenirs agréables. Des précieux moments de vie qu'il chérit. Pris dans cette pensée, il ne remarque pas aussitôt que l'enfant qu'il porte vient de rejoindre le royaume de Morphée, sa tête collée contre son torse.

Son visage porté sur le chérubin, il garde de nouveau les mots scellés. Sur le moment, il est presque touché par cette vision. Propageant une aura de sérénité, le Régent Impérial affiche une figure paternaliste qui contraste avec une réalité réelle.. Il n'a pas encore eu le temps ni l'envie de fonder une famille.
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MessageSujet: Re: La Glace et le Sang [pv Lud' \o/]   Sam 1 Déc - 4:33

Une image attendrissante. Sans doute, Maximilien était sincère, cela se sentait. Mais ses actions étaient également bien placées. La rumeur de sa visite et de ses dons allait se répandre. Le Régent soignait son image de Père de substitution du peuple, émissaire suprême de l'Empereur lui-même. Ludwig n'y voyait que l'homme qui lui avait appris à lire et qui commandait dans la "maison" où il grandit. Si le Palais impérial pouvait être qualifié de maison, bien sûr.

- Personne ne sera mis de côté, cela va de soi, mon oncle. Je pense que tout ce qui ne sera pas nécessaire ici, sera redistribué à ceux qui ont froid. Les enfants n'ont plus besoin de couvertures. Leur hiver est assuré, comme je viens de m'en rendre compte.

En effet, l'inspection du marquis Walhgren, fils cadet de la famille, avait également pour but la coordination des efforts entre les oeuvres de charité de la Capitale. L'Ordre aurait sans doute plus besoin de couvertures que les enfants. Ces derniers avaient un toit solide et du charbon pour chauffer leur dortoirs en permanence. Les mendiants et autres malades ou handicapés de la ville mourraient par centaines, couverts de neige, dans la solitude. C'était la réalité d'Ishtar, l'Empire bâti sur la force, où le plus fort vivait en prince, alors que les faibles avaient droit aux miettes de ses festins. C'étaient les règles, on ne pouvait en vouloir à qui que ce soit que la société ne veuille pas changer du jour au lendemain.

Par contre, Ludwig ressentait un désespoir sans bornes, à chaque fois qu'il se rendait compte que personne ne faisait rien pour enrayer la progression de ce désastre social qui ravageait les rues de la ville. Les Ombres égarées étaient en sécurité. Un bon quartier, de puissants donateurs, une éducation digne des élites. Nombre de brillants inquisiteurs furent issus de l'orphelinat. En donnant leurs vies à l'Empire et aux enseignements de l'Ombre, ils remboursaient leur dette envers ceux qui les ont recueilli. Et ils le faisaient sans pitié. Adorables enfants de l'Empire. Maximilien évoqua l'enfance de son neveu, créant des sourires sur les lèvres des jeunes plus grands, se tenant en retrait, derrière le frère de l'Ordre. Lui-même rit aux paroles de son oncle, le Régent. C'était bien vrai qu'il n'avait plus besoin de soutien.

Maintenant, c'était lui qui en apportait. Ses soins, son influence, ses attentions... Tout servait le peuple, si bien qu'on ne le voyait plus que rarement en vrai prince de sang impérial, au Palais ou parmi d'autres nobles. La conversation pouvait se poursuivre sur le thème de la famille.

- J'espère que Père et Lysandre se portent bien ? Nous sommes tous si occupés que nous ne nous sommes pas vu depuis... - Il hésite, il ne sait plus vraiment depuis combien de temps. - Longtemps.

Le sujet familial amène une question plus délicate. Aucun des deux hommes n'était dupe. Le Gouverneur de l'Archipel Nord était de retour à la Capitale. Ludwig n'en prononçait pas le nom, taisant sa rencontre avec son frère aîné. Ils se sont dit des choses qui devaient rester entre frères. Mais, entre membres intelligents d'une même famille, il était difficile d'ignorer les différends des deux jeunes hommes. Leur disputes et leurs relation difficile n'étaient pas inconnues de leur oncle. Il fallait qu'ils en parlent, à un moment ou un autre. C'était un évènement, après tout.

- Laurenz est de retour en à la Capitale.

Une affirmation. Banale. Laurenz logeait sans nul doute au Palais et Maximilien devait être celui qui l'y accueillit en grande pompe, comme il se devait. Mais il fallait laisser libre-cours la conversation et à la tristesse du plus jeune Walhgren. L'air se fit plus froid, Ludwig encouragea les enfants à rentrer. Bientôt, il resta pratiquement seul avec son oncle. Un long échange de regards lourds de sens s'en suivit.
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MessageSujet: Re: La Glace et le Sang [pv Lud' \o/]   Sam 1 Déc - 11:15

En ce lieu d'innocence, Maximilien se sent bien. Réellement bien. Il peut contempler à satiété des petits bouilles blondes, sans ressentir la primalité des vices humains... Avarice, Envie, Jalousie.. Haine, Voracité.. Tout de ces tares humains n'existent pas encore dans leurs prunelles étincelantes. Se plonger dans leur regard est une douceur, une fraicheur électrisante. Il ne peut qu'aimer ces enfants d'un amour réel et sincère. Dans les jours prochains, l'homme politique tentera d'être plus présent.

Mais jusqu'ici, son intention se focalise sur la réponse de son cher Neveu. Sourire aux coins des lèvres, il a toute confiance en lui. Et ceci se remarque à l'intensité de ses orbes bleues grises. Aucun doute n’obscurcis son cœur lorsqu'il s'agit des capacités de Ludwig. Il avait foi en lui car il connaissait du bout des doigts le Peuple et leur misère. Il agissait où lui-même ne pouvait pas toujours le faire... Trop pris. Trop pris par les affaires d’État et la sécurité de la famille.

« Je n'ai aucun doute sur le partage quant il s'agit de toi. Tu ne m'as jamais déçu, Ludwig. Grand nombre des miséreux souriront après ton passage salutaire. »

Oui, le fils cadet le rendait fier. Et son rire réchauffait son cœur et son âme. Bien dommage que cette mélopée enchanteresse ne résonne moins souvent dans ses oreilles. Les travers de la rue et la misère l'avait éloigné du Palais, de son frère et de sa nièce. Regret et pincement vite chassés d'un revers de la main. Maximilien ne montrerait pas ses états d'âmes par l'expression de son visage, par le pouvoir qui l'entourait parfois comme une couronne empoissonnée. Il demeurerait aussi stoïque qu'une statue de pierre et de glace.

Doigts qui glissent sur la chevelure de l'enfant endormi aux creux des bras et de nouveau l'émissaire de l'Empereur affiche une droiture impeccable. Aucune nervure ne se montre sur les marbrures de son visage comme si ces soupçons d'humanités n'étaient que rêve. C'est calme qu'il écoute la question. Silence, doux sourire aux commissures des lèvres et son susurre né à travers le silence. Une voix chaude, rassurante.

« Ils vont très bien et ils t'aiment. Pas un instant, ils ne t'oublient ou ils ne parlent de toi. Ne doute pas un instant de cet amour qui est véritable et unique... Leurs occupations ne les empêchent pas d'avoir une pensée pour toi et ton frère. »

Un instant, Maximilien hésite. S'il n'avait pas présentement le bambin assoupi, ce serait Ludwig qui serait lové dans ses bras, sa paume à l'arrière de son crâne. Il chasserait sa peine et sa douleur du mieux qu'il le pouvait. Il ferait disparaître les nuages sombres qui mutilaient son cœur. Il bannirait toute chose ayant le pouvoir d'estropier le bonheur de son neveu.

Emplit de ce désir conséquent, le sourcil de l'homme politique se hausse à la dernière parole. Il le sait. Silence, froide caresse du vent... et les enfants rentrent. On lui ôte des bras le chérubin prisonnier des rêves. Le Régent Impérial ne parle pas. Il est emmuré dans un silence pesant. Seul restait entre eux un échange de regard lourd de sens. Une danse bicolore vite brisée par l'escorte qui s'approche.

Mouvement vif et la cohorte se stoppe, gelée sur place.. L'aura de pouvoir du Walhgren les gifle.. Une guillotine menaçante et écrasante tombe sur les têtes.. Un rappel de la force cachée derrière le masque de fermeté qui là se déverse sans retenu.

« Laissez-nous un peu d'intimité... Je ne risque rien en présence de mon Neveu. »

Un glas chuchoté et tous s'éloignent. Parfaitement synchronisés, ils forment un cercle autour des deux protagonistes... Les corps se tournent... Maintenant Maximilien peut profiter d'une bulle intimiste avec l'un de ses précieux trésors.. Dans l'air, la source d'énergie reprend un flot normal. Ses pas le rapprochent de Ludwig. Doux et fermes à la fois, ses bras l'étreignent et le collent contre lui. Les doigts coulissent à l'intérieur de la crinière d'ébène. Douceur sans équivoque, caresse apaisante avant d'entamer une discussion sérieuse.

L’Émissaire offre au cadet le droit de poser sur les épaules voisines tout ce qui se cache dans sa boîte des secrets... Il lui laisse cette liberté sans concession ni pudeur. Les minutes coulent avec un tempo effréné.. Le vent souffle fort. Rien ne se passe. Le Régent Impérial ferme ses paupières. Il profite de ce silence.

« Il est temps que nous parlions, Ludwig. Vide ton cœur et fais moi part de toute tes inquiétudes et troubles. Profites égoïstement de ce temps où tu possèdes toute mon attention et ma présence. »

Il s'était détaché de lui pour ancrer son regard dans le sien. Si tout devait se dire, que cela soit dans les règles de l'art.

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MessageSujet: Re: La Glace et le Sang [pv Lud' \o/]   Mar 4 Déc - 4:07

Ils se retrouvaient seuls, leur intimité protégée par la garde rapprochée du Grand-Duc. Au grand désespoir de Laurenz, Ludwig n'avait jamais escorte ni de protection. Si quelqu'un désirait lui faire du mal, le guérisseur serait une cible facile. Pas ici, pas maintenant, mais dans l'absolu, c'était vrai. Sauf que personne ne voulait sa mort à lui... Ils sont seuls et son oncle le complimente. C'est toujours agréable à entendre, mais...

- Et d'autres mourront dans le froid et la solitude, avant que je n'arrive vers eux, mon oncle.

Ludwig respectait Maximilien, comme il respectait son Père. Mais une fois dans leur petite intimité, il pouvait lui dire ce qu'il pensait de ce qui se passait. Du fait que tout allait aux forts, aux riches et à ceux qui faisaient du mal à leur prochain. L'idéalisme, autrefois incarné par Dietrich Eberhard, était aujourd'hui sien. Le monde devait changer, la Science devait ralentir son progrès malade. L'Empire se devait de se pencher sur les plus démunis... Bien sûr, telle n'était pas la réalité, ni la mentalité de personne, sinon d'une poignée de gens. Même au sein de l'Ordre, beaucoup de frères et soeurs étaient des fatalistes, acceptant la situation actuelle comme quelque chose d'inévitable et de permanent. Ludwig avait bien conscience d'aller à contre-courant. Mais d'après lui quelqu'un devait le faire.

Le voilà dans les bras, puissants et protecteurs, de son oncle. Maximilien a passé une grande partie de sa vie à apaiser les conflits, les résoudre, se faire respecter, faire valoir les intérêts de la famille. Ludwig se laissa serrer contre le torse large de son aîné, sans répondre directement à son étreinte. Bien sûr, il ne doutait pas de la sincérité de ce geste. C'est juste qu'il savait que le monde n'allait pas changer. Même s'il se sentirait mieux dans l'immédiat... Leur câlin d'oncle à neveu n'allait pas rendre la vie plus facile à tous ces gens mourant de faim et de froid, des maladies faisant des ravages dans les quartiers pauvres de la ville. Sans parler des Provinces telles que Gells, où l'Ordre était encore moins présent.

- Que dire que vous ne sachiez pas déjà ? Chaque jour est un combat, chaque jour notre peuple subit des pertes, alors que Laurenz tient Solmar à distance. Je vois de la misère partout autour de moi... Et chaque jour, le monde qui m'entoure reste sourd à mes appels. Avec la bénédiction de mon Père, l'humanité se souille et s'éloigne de ses origines, un peu plus à chaque fois. Le frère que j'aime ne fait qu'accélérer les choses. J'ai vidé mon coeur tant de fois, mon oncle.

Un soupir, un silence. Les convictions anti-géno et pro-sociales du plus jeune fils de l'Empereur étaient connues. Il aurait bien aimé parler à Maximilien de l'enfant de son frère, mais Laurenz voulait le faire lui-même... Alors qu'ils s'arrangent. L'enfant était un espoir. Un espoir pour que du pouvoir se retrouve entre des mains plus humaines et moins violentes que celles de Laurenz. Un espoir pour que le Commandant en chef des armées lui-même devienne un peu moins sauvage et qu'il freine l'expansion de l'influence d'Exodum.

- Et rien n'a changé. Je commence à croire qu'il est inutile de parler. A quoi cela me sert-il, autant passer mon temps à travailler Je veux rendre la vie du peuple meilleure.

Le visage de Ludwig resta fermé, même si sa tristesse était manifestement grande. Il était toujours triste, rarement en colère. Ce dernier sentiment était propre à son frère. Les yeux bleus se levèrent vers le ciel gris de début d'hiver. Il soupira encore.

- Au moins, je suis heureux de voir Laurenz en ville. Cela faisait longtemps...
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Régent impérial

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MessageSujet: Re: La Glace et le Sang [pv Lud' \o/]   Mer 5 Déc - 11:47

Maximilien fit silence malgré la pique qui poignarde son coeur. Elle laisse sur son passage une pointe de poison sur son organe palpitant. Les prunelles bleues grises se voilent d'une pincée de nostalgie. L'enfant qui se trouvait si souvent dans ses bras n'avait plus besoin de sa protection. Ludwig est devenu un homme étant capable de faire couler sur lui ses ressentis et ses plus froides convictions.

Silence. Visage de marbre. Immobilisme. Et coule sur lui tout un flot de tristesse. La réalité de leur Monde prononcée par l'âme noble de son neveu avait quelque chose de poignant et d'étouffant. Pourtant, pas un soupçon d'états d'âmes ne s'accroche sur le faciès de pierre. L’Émissaire de l'Empereur affiche son éternel masque et sa droiture exemplaire, comme si, tous les problèmes cités ne pouvaient trouver aucun soupçon d'indulgence. Pourtant, ce fut tout le contraire. Dans le plus profond de ses flots sombres, il avait noté les choses à faire. Des donations tomberont les jours prochains.

Ils combleront les convictions profondes de ce trésor... Ou peineront à faire apparaître sur les lèvres un soupçon de sourire. Oui... Maximilien savait que ce n'était que peu devant l'étendue de la peine. Des petites attentions ne changeront pas d'intimes convictions ni les blessures profondes. Longtemps encore, ses miroirs de l'âme contempleront une bouche figée sur un visage ferme et un regard levé vers le firmament. Mélancolique sensation.

Un soupir. Un silence. Depuis le départ, l'Oncle contemple le pus tendre des Walhgren sans émettre la moindre note. Pas encore... Il s’imprègne.. Il se tait. Il fond avec la douleur de Ludwig. Son désarroi le caresse comme une oraison funèbre et il ne peut que regretter de le voir écorché. Il aimerait pouvoir préservé son innocence. Il le souhaite et le désire jusqu'à ce que une phrase le fasse tiquer.

Brusquement, sans prévenir, s'échappe quelque chose de surprenant... Un sentiment fort se développe et se ressent : la Mélancolie du Régent. A la fois poignante et surréaliste, elle désire s'infiltrer dans les cœurs pour former des fleurs amères et sombres. Elle dévoile l'humanité de cet être de glace aussi dur que le roc...

Des têtes osent se tourner lorsqu'ils ressentent ce brusque changement d'état. Cela fait presque vingt ans que le pouvoir de Maximilien ne pu se teinter de troubles. Et aujourd'hui, face aux orbes d'azurs, le mental d'acier se montre fissuré.. L'être humain sous l'homme politique laisse entendre sa voix grave.

« Penses-tu qu'il est réellement inutile de me parler, Ludwig ? Ses doigts frôlent la joue de son neveu. Je suis en mesure de pouvoir t'offrir un appui dans ta quête du meilleur. Et la seule chose que j'attendais, c'est que tu viennes me voir et me parle de ton désarroi comme l'homme que tu es devenu.... »

La paume enfin se pose aplatie et demeure ainsi... Le pouce caresse la pommette. Le regard sévère, les gemmes bleues grises se noient dans les mers voisines. Une fusion bicolore qui perdure encore de longues minutes. Et finit par se briser lorsque Maximilien fait comprendre visuellement à l'escorte de se détourner. Personne ne doit pour l'instant pénétrer la bulle intimiste... Pas tant que tout ne soit dit et que le ciel d'orage ne soit chassé.

Fermant ses paupières une micro seconde, l'attention du Régent Impérial revient se poser sur Ludwig. La mélancolie se dissipe pour refaire place à l'aura imposante, celle d'un roc solide. Doux et tendre, ferme et sévère, Maximilien poursuit le fil de ses pensées.

« Je ne laisserais pas plonger dans l'oubli ton amour pour le peuple. Mais saches que même si je le partage, je ne peux pas tout changer. Silence... Glas. Et la mélodie reprend. Tu sais aussi bien que moi que je suis un homme occupé qui ne peut être partout à la fois. Je ne peux pas non plus dilapider l'argent de l'Etat pour offrir un toit et à manger à tous. »

Regard sous-entendu, l'homme Politique avait glissé une vérité indéniable. Il était un homme occupé à préserver en premier la Famille. Puis le peuple dans la mesure du Possible. La vie était cruelle, injuste et ainsi faite.

Un jour son neveu le comprendrait. On ne peut pas toujours réaliser les rêves du bonheur même lorsqu'on est au pouvoir. Tout n'était pas blanc ni noir.... Cette cruelle réalité un jour ternirait l'innocence immaculée de Ludwig...

Laurenz l'avait accepté depuis longtemps et agissait comme son coeur et le devoir le lui dictaient. Des personnes mourraient pour en préserver d'autres : les siens... Peut être qu'un jour Ludwig apprendra que son frère se salit les mains pour le protéger...

C'est une chose que Maximilien mit sous silence ainsi que le sujet de la science et des génos... Le plus important venait d'être dit... ou presque. Il ne dirait pas non plus à haute voix que l'Empire tel qu'il est était un sanctuaire. Bouleverser l'ordre établit restait une chose dangereuse. Les plus envieux désireraient les contrôler ou les voir mourir.

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Frère de l'Ordre

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MessageSujet: Re: La Glace et le Sang [pv Lud' \o/]   Ven 7 Déc - 5:54

Ludwig sourit. Et son sourire se refléta dans son aura : il fut amer. Une amertume d'idéaliste, voyant depuis toujours que ses rêves allaient devoir affronter des obstacles infranchissables. Leur monde, bien qu'empli de puissance et de génie était indifférent à ceux qui n'arrivaient pas à suivre ou qui essuyaient les coups durs de la vie. Son oncle était triste, mélancolique. C'était là le prix à payer... Il avait ses tâches à lui, ses devoirs. Et l'Empire n'était pas sien. Il le gérait, mais c'était son frère, Ezhekiel, qui avait les pleins pouvoirs... Et qui demeurait peu intéressé par les malheurs qui touchaient les plus petits de ses sujets.

- Ce n'est pas vous que j'ai besoin de convaincre, ce n'est pas vous qui êtes aveugle et égoïste. Vous n'avez plus besoin de courir vers le pouvoir et le luxe. Vous pouvez vous permettre des gestes de générosité.

Chacun avait son excuse. Leur seigneur à tous se consacrait à la recherche scientifique, voulant faire passer l'Empire dans un âge nouveau, comme nombre de ses prédécesseurs. Maximilien avait les affaires courantes et la sécurité, tant physique que politique, de la famille à préserver. Sans parler de l'Empire tout entier, reposant sur ses épaules de marbre. Laurenz... Il était désintéressé de tout ce qui ne touchait pas à la guerre et à la course à l'armement. Aucune importance qui allait souffrir, payer, s'éloigner de son humanité. L'essentiel était d'écraser les ennemis qui quittaient leur territoire, l'essentiel était de mener sa guerre et d'être un vrai Walhgren. Un maître du monde, un proche du Saint vivant qu'était leur Père.

Ludwig laissa son amertume retomber et s'assit sur un banc de la cour, non loin de son oncle. Il ferma les yeux un instant, avant de les ouvrir et de reprendre d'une voix plus douce.

- Je ne vous fait aucun reproche, mon oncle. Je ne dis pas que c'est à nous seuls de rendre le monde meilleur. Mais c'est à nous de montrer l'exemple et de mener les changements... Comprenez-vous donc mon Père ? J'ai peur de ne plus y arriver... Il laisse l'humanité se changer en un peuple de monstres, alors que d'autres gens meurent de faim, de froid, de maladies... Même mon frère y est indifférent... Que dis-je ! Laurenz lui-même s'est fait défigurer ! Laurenz...

Prononcer le prénom de son frère adoré apporta un calme pensif à Ludwig. Une fois de plus, le jeune mage du sang était en train de dépasser les bornes, même celles de la bienveillance familiale. Il s'adressait au porte-parole de son père, le chef de la famille Walhgren, l'Empereur. Et, de toute évidence, il avait des objections quant à la façon dont il fallait gérer l'Empire et l'éducation des enfants du Souverain, Laurenz en l'occurrence. Mais il n'excusa pas pour son insubordination et manque de respect et de confiance. Pour lui, un Walhgren commandant à une énergie considérable, son Père était un homme ordinaire.

Il connaissait l'existence du Culte de l'Empereur. Le bas peuple s'imaginait une religion, voyait le Saint Empereur comme le destinataire de prières et de vénération. Ludwig n'était pas dupe. Il savait que la loge fondée par Uriel D'Arken lui-même avait pour but premier de maintenir la famille impériale au pouvoir. Et s'assurer que le monarque en place fasse des enfants dans des délais raisonnables et en bonne santé. De plus, le Culte réunissait les généralement les gens les plus puissants de l'Empire. Familles marchandes, généraux de l'Armée, Gouverneurs, Magisters,... Des gens qui bénéficiaient des faveurs du souverain du Monde par la même occasion. Lui, disposant de ses propres ressources énergétiques considérables voyait son Père presque comme son semblable. Et, dans des moments d'égarement, comme maintenant, il oubliait sa place. Celle du cadet, destiné à être sage et à se taire.

Sa voix fut de nouveau triste, il retenait avec peine sa colère vernie de tristesse.

- N'en parlons plus, mon oncle. Ce n'est pas avec vous que je devrais parler de toute cela. Je demande votre permission pour me retirer... Peut-être nous reverrons-nous plus tard, au Palais. Portez-vous bien.

Il se leva et s'inclina, pour saluer son aîné. Après tout, certaines habitudes résistaient à la colère et aux mauvaises humeurs. La politesse élémentaire resta préservée. Une fois que sa permission lui fut accordée, il s'éloigna, pour retourner auprès de ses protégés et de son Ordre.
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Régent impérial

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MessageSujet: Re: La Glace et le Sang [pv Lud' \o/]   Mar 11 Déc - 10:15

L'amertume tombe des douces lèvres de son Neveu comme un champ désolé après une averse acide. Une sensation corrosive sur la peau qui s'épanche à chacun des mots susurrés et qui ne laisse sur son passage qu'os découvert. C'est presque le même effet dévastateur sur le calme et la fermeté de Maximilien. Envahi d'un silence pesant, l’Émissaire de l'Empereur se contente d'écouter. Des lèvres closes, il est facile de remarquer une légère crispation sur le discrédit posé sur la famille. Courte. Concise. Brève. Avant que tout ne revienne à la normale. L'aîné ne tient pas à montrer un minimum d'état d'âme. Il note et mémorise. Il écoute et se tait.

Son regard orageux suit le mouvement de Ludwig dorénavant installé sur le banc. Il voit les magnifiques yeux bleus se cacher derrière le fragile rempart de peau. Si cela pouvait s'éterniser ainsi, tout serait plus facile et doux. La houle n'irait pas plus loin. L'esclandre de cet instant passé partirait à l'oubli... Hélas. Ce n'est qu'une pause brève avant l'orage. Les paroles tombent, à la limite de la bienséance et font tomber dans l'abîme les convictions profondes de Maximilien. La famille... Sa conception de la famille brûle telle du petits bois offert au feu de cheminée. Il tressaille intérieurement.

La suavité du timbre ne trouve pas grâce aux yeux de Maximilien affichant maintenant une sévérité glaçante. Pris d'un calme polaire, d'un geste de la main, il exprime presque le assez. Il intime le silence par désir de ne plus entendre telle sonorité... Masque d'autorité sur le visage, de quelques pas il vient en face de son neveu. Mains entrecroisées derrière le dos, ses lèvres enfin se descellent. Sa voix qui si souvent offre une mélodie sécuritaire aux oreilles du vis à vis s'approche du glas.

« Ludwig. Mesures-tu l'ampleur de tes paroles ? Moment d'arrêt, caresse houleuse sur la peau. Dans tes veines coulent aussi le sang de ces hommes que tu nommes hypocrites et fous.... Ton propre père et ton propre frère n'ont-ils donc aucune importance dans ton coeur tari ? »

L'aura de pouvoir s'intensifie offrant une étreinte accablante à toute être dans les parages. Des milliers d'aiguilles qui répondent en écho aux sentiments de Maximilien. Pourtant, les traits de son visage demeurent figés dans l'austérité. Il ne laisse passer aucune chaleur. Il n'est qu'une boule d'intransigeance où les bateaux s'écrasent contre ses falaises. Et cette fois, la chétive barque n'est autre que son précieux neveux.

Ses paupières se ferment. Intentionnellement, l’Émissaire de l'Empereur laisse l'atmosphère s'alourdir. La danse du temps s'appelle cruauté. Les secondes semblent durer des heures. Des années. L’intangibilité des traits du visage ne destinent qu'à désirer la voir remplacer par la colère. Malheureusement. L'Oncle n'en a nulle intention. Il est main de fer dans un gant de velours.

Toujours aussi sévère, les gemmes bleues grises se reposent sur Ludwig. Pas une trace de chaleur ne brille au plus profond des iris. Deux étangs secs qui ne voient en cet instant qu'un infant rempli de rêve illusoire. Une âme inconstante qui souffrira de milles maux une fois les pétales étiolées.

« Quand comprendras-tu que ces monstres hypocrites sont épris du même désir, ne jamais voir tes mains souillés de rouge ? Tu es aveugle pour ne pas remarquer quelque chose d'aussi flagrant. Pincement de lèvres. Silence. Puis le timbre grave reprend sa litanie. Sans nos agissements, les nobles se serviront de ta filiation jusqu'à ce que tu n'écoules ton dernier souffle. Et un jour, le Peuple que tu chéris agira de la même façon si nous venons à être renversé.... Tu ne deviendras qu'un animal en cage. »

Il n'a plus rien à dire. D'un mouvement de la tête, il lui donne l'autorisation de partir. L'escorte se dissocie, un passage s'ouvre pour le frère de l'Ordre. Puis tous reviennent vers Maximilien après un temps d'hésitation. Il est temps de repartir. Plus rien ne le retiens ici. Un dernier coup d'oeil sur la statue et la marche commence... Le Régent reprend son état mental habituel.

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La Glace et le Sang [pv Lud' \o/]

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