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 Il n'y a pas d'urgence. Juste d'heureux accidents ~ Al

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Inquisiteur

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MessageSujet: Il n'y a pas d'urgence. Juste d'heureux accidents ~ Al   Lun 10 Déc - 4:44

L’improbable s’était brusquement installé dans la vie de Nathaniel Levianov: il était dix-neuf heure trente-sept et l’Inquisiteur ne s’était toujours pas entraîné. Théoriquement ce n’était pas un problème, les salles dédiées au combat étaient ouvertes à toute heure du jour et de la nuit. Libris Umbra était à l’écoute des besoins de ses disciples et parmi eux il y en avait quelque uns particulièrement zélés. Nate était un élève appliqué. Consciencieux. Mais il n’était pas encore dédié à l’Ombre corps et âme. Il y avait toujours "quelque chose" qui résistait. Une barrière. Une résistance causée par son propre esprit. Il en avait fait les frais la nuit précédente, une nuit difficile qui expliquait l’absence du blondinet à la salle d’entraînement.

Il s’était réveillé tard dans la matinée. Les draps étaient brûlants et son esprit encore embrumé. Nathaniel avait manqué de sortir dans le couloir de l’aile résidentielle complètement nu. Il s’était ravisé au dernier moment lorsque l’air frais l’avait violemment caressé tandis qu’il entrouvrait la porte. Il s’était habillé sans prêter attention à ce qu’il enfilait – un pantalon noir serré et une chemise zinzolin mal boutonnée – puis il avait erré dans les couloirs de l’université.

Pour la première fois depuis longtemps Nathaniel Levianov n’avait pas la force de pratiquer l’Art Noble et Pur de l’Ombre. Il n’avait jamais manqué une seule leçon familiale et même malade il s’était rendu à tous les cours de l’université. Il n’y avait plus personne pour contester son excellente maîtrise des Ombres à l’attaque mais l’Inquisiteur n’était pas totalement satisfait. Il tenait à son entraînement quotidien. Une tâche quasi sacrée. Et en ce funeste jour il l’avait souillée, déshonorée.

Il était toujours dix-neuf heure trente-sept et Nate Levianov s’éloignait de Libris Umbra. Il avait emporté une version miniature des versets de l’Ombre dans sa poche – un cadeau de la part d’un bourgeois fanatique – il traînait les pieds vers une destination inconnue. Il poursuivit la lumière tout en se dissimulant dans les ombres. Il voulait se changer les idées, il voulait jouer… Mais les jeux en solitaire ne sont pas très divertissants. Poursuivre la lumière comme les enfants chassent les papillons ça va bien cinq minutes.

Les pas du blondinet le menèrent au District du Firmament. Avait-il été attiré par l’odeur du sang ? L’Inquisiteur s’était machinalement enfoncé dans les recoins les moins peuplés du district et s’était retrouvé nez à nez avec un type dont le pied gauche était broyé par un mécanisme d’ouverture en métal rouillé. L’homme était inconscient. Nate resta quelques minutes songeur face au flux régulier de sang qui s’écoulait de la blessure. Ce n’était vraiment pas beau à voir et il ne pouvait pas détourner le regard.

La victime poussa un râle, ce qui décida l’Inquisiteur à agir. Il ne voulait pas toucher à ce vieux mécanisme; il partit en quête d’un Garde.

« Il faut convoquer une personne compétente pour pallier à toute éventualité ! »

« Ouais… » Nathaniel n’était pas convaincu. On pouvait scier le pied du pauvre mec et cela suffirait amplement.

« Où est-ce que cet incident à eu lieu ? »

Le Garde était vraiment trop efficace. Un air jeune. Une armure brillante. Un petit nouveau, en somme. L’Inquisiteur prit la bleusaille en pitié:

« Là, quelques pas plus haut après la grande passerelle ocre. À gauche, dans le renfoncement. »

Le Garde avait relevé son nom. Nate aurait aimé partir, s’adonner pleinement à l’absence de toute occupation rationnelle et utile. Mais le hasard en avait décidé autrement. Tandis que le garde allait chercher "la personne compétente", Nathaniel fut assigné à la surveillance de la victime. Le blondinet fit son devoir en traînant les pieds.

« D’un petit soubresaut d’Ombre je pourrais abréger tes souffrances… »

C’était juste histoire de parler. Nathaniel s’assit au sol, laissant tomber ses longues jambes dans le vide. Il balançait les pieds comme un gamin, pour s’amuser. Le blessé lui répondit dans un marmonnement incompréhensible.

« Oh ta gueule chéri. »

Ce type n’était pas vilain. Blond, comme lui. Mais il avait les mains sales. Et il avait un goût douteux pour la mode.

Les minutes défilaient. Nathaniel soupirait, agitait les pieds par ennui, créait des formes éphémères avec ses Ombres.

Et enfin.. ! Un bruit de pas dans son dos !

Nate se cambra à demi et tortilla le cou pour apercevoir le nouveau venu sans avoir besoin de se relever ou de se détourner du vide qui lui faisait face.

« Vous en avez mis du temps. Cet homme est probablement mort à l’heure qu’il est. Vous allez vous débrouiller tout seul, je peux m’en aller ? »

Nathaniel espérait ne pas se tromper. Pourvu que cet homme soit "la personne compétente" envoyée par le jeune garde et non une espèce de sociopathe comme lui qui rodait dans les coins sombres de la cité impériale.

Nathaniel se mit souplement sur pieds à l’aide des Ombres. Il passa une main dans ses cheveux déjà ébouriffés et lança une œillade amusée à son interlocuteur. Il se sentait tout à coup prêt pour un combat, de l’entraînement, une démonstration… Bref. De l’action.

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MessageSujet: Re: Il n'y a pas d'urgence. Juste d'heureux accidents ~ Al   Lun 10 Déc - 6:15

Le Firmament... Une merveille technologique. Le District suspendu, largement soutenu par de multiples ponts, piliers et certains bâtiments. Une bonne partie était d'ailleurs appuyée par la structure titanesque de l'Architectura Templi. Et les deux constructions avaient des points communs. Les deux étaient autant machines que bâtiments, les personnes les plus sensibles à leur structure pouvaient sentir leur voix et leur paroles. Les milliers de pistons, de rouages, de rails et de machines mineures qui se déplaçaient pour les faire fonctionner émettaient ce bruit particulier...

Al van Koriolis sentait largement cette mélodie, si on peut l'appeler comme cela, et comprenait la plupart des signes l'entourant. Des rythmes impeccables jusqu'aux grincements des imperfections, il sentait le métal lui parler autour de lui. Expert des transports, chercheur dans le domaine, il comprenait la plupart des machines liées à ce vaste domaine. Il était lui-même concepteur de certains wagons des tramways de la Capitale. Les engins bipèdes de l'armée ne lui étaient pas inconnus non plus.

Aujourd'hui, il se devait d'abandonner ses projets personnels pour une inspection de certaines structures de la partie suspendue de la ville, notamment au niveau des rails et de certains ponts. Muni d'une liste précise de sites à inspecter, il s'adonnait à son devoir, avec une minutie qui lui était propre. A lui et à tous les "horlogers" de l'Architectura Templi. Les engrenages devaient tourner de la meilleure façon qui soit, aucun défaut ne pouvait être tolérer. Al ne faisait jamais son travail à moitié. Il en était à quatre-vingt pour-cent de ses inspections du jour et en était assez satisfait, lorsqu'on est venu lui déranger.

Un garde impérial, à juger par son armure et sa posture, a profité des indications d'un collègue pour localiser le maître du métal dans les zones interdites au public et à lui demander son aide. Le Magister soupira, mais sut que c'était là aussi son devoir de venir en aide à la garde. Si le modèle de la porte était bien celui qu'on lui avait décrit, il aurait fallu deux génos ou une machine très puissante pour la forcer. Ou un mage du métal et seulement un qui connait le mécanisme à actionner...

- Je vous dis que je ne peux pas forcer la porte. Mais je peux la réparer, cela ne devrait pas prendre beaucoup de temps.

Le petit roux avança dans l'étroit passage, laissant le garde soupirant derrière lui. Il hocha la tête en direction du petit blond présent dans la ruelle et déposa sa farde à côté de lui. Al passa un moment à contempler la victime, gémissante encore, à ses pieds. Sale histoire... Une telle masse de métal n'aurait pas pu être déplacée contre son gré par n'importe qui... C'était une porte de sécurité et le malheureux devait être un ouvrier. Ou un sot, venu visiter cet endroit interdit au public.

Ses bras en l'air, il tourna lentement les poignets, tantôt vers la gauche, tantôt vers la droite, comme s'il faisait tourner des roues invisibles. En pratique, il sentait, au travers des murs blindés du compartiment fermé, les systèmes mouvant la porte. Deux engrenages majeurs étaient démis pour une raison qui lui échappait. Sans doute une secousse provoquée par les trams ou un travailleur imprudent. Peu importe. Lentement, le système se remettait en marche. Au bout de trois minutes, Al fit un geste sec vers le bas et un levier se baissa à l'intérieur. La machine se mit en route dans un bruit qui lui fut agréable à entendre. La porte s'ouvrit sans opposer la moindre résistance. Le Magister ramassa sa farde.

- Hum... C'est fait. Je ferais un rapport sur le mécanisme endommagé, mais il sera certainement fonctionnel pendant les prochaines semaines. Au revoir...

Et il s'apprêta à partir, en direction de son travail primaire.


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Inquisiteur

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MessageSujet: Re: Il n'y a pas d'urgence. Juste d'heureux accidents ~ Al   Lun 10 Déc - 8:18

Oh oui, c'était bien joli cette petite démonstration de magie du métal.. ! Nathaniel resta un instant figé sur ce mouvement des doigts actionnant une roue invisible... Mais le magicien des portes repartait déjà, aussi facilement qu'il était venu. Comme si de rien était.

« Hey! »

Il est complètement fou pensa le blondinet – c'était plutôt ironique venant de sa part – mais le comportement de l'ingénieur était des plus étranges. Il avait jeté un œil sur la victime, ouvert la porte avec son petit tour de passe-passe puis se détournait de la scène comme si de rien était ?! Croyait-il que Nathaniel était là pour faire le ménage des cadavres d'idiots ? Certes, l'inconnu au pied écrasé n'était pas encore tout à fait mort mais c'était quelque chose que l'Inquisiteur pouvait facilement arranger. Ce n'était qu'un détail.

Juste, juste... C'était inadmissible que l'ingénieur parte comme ça sans rien dire ! Voilà qui prouvait l'aliénation de ces mages de la terre et autres hérésies. Nate fronça les sourcils. Le dos légèrement voûté de l'ingénieur disparaissait déjà dans la pénombre. Il avait totalement désarçonné le blondinet qui lui, tentait de trouver un dernier recours pour faire basculer la situation.

« Hey! »

Ses iris azur exorbités par la surprise et la colère, Nathaniel apostropha une seconde fois le rouquin. Sans succès. Il lança quelques jurons de sa province natale et passa à l'action sans prendre le temps de réfléchir aux conséquences.

L'Inquisiteur déploya les doigts de sa main gauche d'un geste sec en direction de la farde de l'ingénieur et le lui subtilisa à l'aide des Ombres. Il fit revenir le paquet dans sa direction avec la même méthode. Le baluchon était mal retenu par les Ombres que dirigeaient Nathaniel. Il n'excellait que dans l'attaque et le trajet de la farde entre son possesseur et le voleur ne se fit pas sans la chute de plusieurs outils. Peu importe, l'ingénieur allait devoir revenir pour récupérer la plus grande partie de son bien.

« Cet homme a le pied écrasé et c'est à peine si vous vous en souciez ! Je ne suis pas de la Garde moi, ni de l'Ordre Guérisseur ! Je ne ramasse pas les blessés, qu'est-ce que vous voulez que je fasse de ça ? Vous devez connaître le protocole puisque vous vous y connaissez en machines dégénérées! »

L'ingénieur avait l'air compétent et n'avait posé aucune question, ce qui aux yeux de Nathaniel était en sa faveur mais manque de chance le roux n'avait pas réagi tout à fait comme l'Inquisiteur l'espérait alors... Ce dernier passait ses nerfs sur le magister. Il n'avait pas pu s’entraîner aujourd'hui. Il fallait... Il avait l'occasion de le faire, là, tout de suite. Les rêves, l'énervement, la frustration, l'ennui, tout se mélangeait pour former une petite boule chaotique dans la tête du blondinet. En dépit du comportement à priori pacifiste et raisonnable de l'ingénieur – qui sait, Nate n'écoutait plus cette voix trop calme et posée pour être honnête – l'Inquisiteur fit claquer ses Ombres de part et autre du roux. L'une d'elle vint s'enrouler autour de son mollet et s'étira jusqu'à une cuisse.

Nathaniel lança une seconde œillade à l'ingénieur à peu près identique à la première, l'éclat un peu pervers au fond des yeux en plus. Oh, l'Inquisiteur ne s'intéressait pas à ses fesses. Loin de là.

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MessageSujet: Re: Il n'y a pas d'urgence. Juste d'heureux accidents ~ Al   Lun 10 Déc - 8:58

Al n'avait bien entendu pas réalisé que c'était lui qu'on appelait. Il quittait la ruelle, marchant voûté, comme à son habitude. Raphaël dirait qu'il ne se mettait pas en valeur en faisant cela... Mais qu'importe. C'était sa façon de se tenir, puis voilà. Il était à quelques pas de la sortie, presque sur la passerelle publique, alors qu'on le rattrapa pour l'interpeller d'une façon peu courtoise. C'est le moins qu'on puisse dire. Il s'agissait purement et simplement d'un vol. Dans l'absolu, d'une atteinte à la propriété de son Université. On s'adressait manifestement à lui... Et le garde était occupé avec le blessé, le mourant même.

Le roux se retourna, croyant à une erreur sur la personne. Mais non. L'inquisiteur s'adressa à lui.

- Cela ne relève pas de mes compétences non plus. A en croire ce que je vois, la Garde s'occupe du problème. Maintenant, je dois retourner à mes devoirs.

Le Magister revint sur ses pas pour récupérer sa farde et la ramassa sans se poser de questions existentielles sur le comportement du petit jeune devant lui. Sur un hochement de la tête, il repartit vers ses occupations. Cette fois, il dut s'arrêter par la force des choses : sa jambe fut immobilisée par une matière noire et froide. A ne pas en douter, un ombre que l'autre semblait manipuler.

Le situation était surprenante. Al avait beaucoup de mal à différencier un comportement normal d'un qui ne le serait pas. Cela dit, il fit ce qu'il savait faire le mieux : il repassa en revue les règles autorisant un mage de l'ombre de cet âge à s'attaquer à un Magister. Pratiquement rien de valable ne rendait cette petite agression valable. D'autant plus, qu'à moins d'être un prodige, le blond n'avait pas les compétences nécessaires pour faire face à un Magister de métal, entouré de machines et de plaques d'acier. Sa voix était calme, il était convaincu de son bon droit à s'en aller et n'avait pas vraiment de considérations guerrières à l'encontre de son vis-à-vis, si téméraire soit-il.

- Je suis convaincu que vous n'avez pas le droit d'agresser un Magister de la sorte. Veuillez reculer et lâcher votre emprise sur cette ombre, faute de quoi je me trouverai dans une position de légitime défense.

Voilà la loi, telle qu'elle était vaguement écrite. Al était l'un des rares citoyens à la respecter, là où la plupart se lancerait dans une bagarre de rue pour moins que ça et sans prévenir sa victime. Devant le refus total du blond d'obtempérer, il secoua la tête. Vraiment, ces derniers temps, les sorties ne lui réussissaient pas vraiment. Entre attentats et malades mentaux... Il devrait vraiment sortir accompagné plutôt que seul. Avec Abel ou Raphaël, il n'avait jamais de problèmes de ce genre...

La farde tomba au sol, en même temps que les bras de l'ingénieur se mirent en mouvement de leur côté. Le grand avantage de la modernité était que le métal était omniprésent. Et qu'il ne dépendait pas de la présence du soleil ou d'une autre source de lumière. Il fallait éviter de tuer le jeune homme... D'ailleurs, cela ne faisait pas des plans de van Koriolis.

Quatre énormes boulons de la structure les entourant sortirent de leurs emplacements et changèrent de forme en l'air pour devenir de fines barres de métal. Soit l'autre changeait de position immédiatement et, avec un peu de chance, relâchait sa prise sur la jambe du Magister, soit il se retrouvait menotté aux poignets et aux chevilles. Il fallait l'immobiliser, voilà tout. La pensée, accompagnant les projectiles destinés à lier ses jambes, dériva un instant vers les pieds du gamin. Al se dit qu'il ne serait pas convenable de le lier là pour lui enlever ses chaussures... Mais après tout c'était lui qui avait commencé. Al sourit. Voilà qu'il se retrouvait à avoir des pensées qu'Abel pourrait lui souffler. Quelle incroyable influence...

Toujours est-il qu'il avait un malade à gérer et une jambe à libérer. Sans parler des inspections qu'il devait encore effectuer ce soir. Impérativement, l'Université s'était engagées, il fallait faire ce qu'on lui avait demandé.


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MessageSujet: Re: Il n'y a pas d'urgence. Juste d'heureux accidents ~ Al   Lun 10 Déc - 9:55

Avant d'attaquer sournoisement Al van Koriolis, Nathaniel avait observé l'ingénieur d'un air interloqué. La façon dont le magister avait prononcé le mot "devoir" donnait envie au blondinet de hurler de rire et de pleurer en même temps. Mais que pouvait bien être l'existence de cet homme ? L'espace d'un instant l'Inquisiteur eut la sensation que oui, ce mage du métal était son antithèse parfaite. Le type bien gentil qui suit les règles au pied de la lettre. Les seules règles qui prévalaient étaient celles qui trônaient au fond de sa poche. Les Versets de l'Ombre. Ces écrits se suffisaient à eux-mêmes et seules les paroles d'un Walhgren pouvaient les supplanter.

L'Inquisiteur remarqua du coin de l’œil le jeune garde de tout à l'heure, occupé à se lamenter sur la blessure de l'infortuné curieux. Le garde semblait sur le point de vomir. Les lèvres de Nate s’étirèrent en un sourire narquois et il concentra de nouveau son attention sur son nouveau meilleur ami, l'ingénieur voûté qui aimait tant les règlements ! Le blondinet était une nouvelle fois désarçonné par le comportement du mage de Métal.

« Tu vis dans le pays des princesses en sucre et des poney en pain d'épice ou quoi ? »

Il n'avait pas pu s'empêcher de lui poser directement la question. L'ingénieur se faisait subtiliser sa farde et... il la récupérait comme si de rien était, ployant le genou pour ramasser les quelques outils tombés en cours de route. Ce calme attisait la rage de Nathaniel. Il s'attendait – il désirait – un peu de résistance ! De l'action ! Et ce roux là, il... Raah.

L'Inquisiteur n'avait aucune idée du véritable niveau en magie de l'ingénieur. Si la mention magistere de l'Architectura Templi avait été apposée sur le front de van Koriolis en lettres lumineuses, Nathaniel aurait peut-être réfléchi à deux fois avant de l'attaquer.

Et à présent l'ingénieur dévoilait sa véritable nature. Sauf que pour un Levianov il n'était plus question de reculer. Magister ou pas, c'était pareil ! Le show avait commencé.

Nate était quelque peu perturbé ce soir. Entendons par là... Plus que d'habitude. D'ordinaire il ne s'en serait pas pris à van Koriolis comme ça. Il l'aurait peut-être un peu charrié mais sans en venir aux mains – aux Ombres. Ce soir était différent de tous les autres soirs. Ce soir, Nathaniel ne s'était toujours pas entraîné. Ce soir, Nathaniel redoutait d'aller dormir. Il ne voulait pas être assailli par ses cauchemars.

Face au ridicule avertissement de l'ingénieur le blondinet explosa de rire. Il reprit brusquement un air très sérieux et commença à reprendre les mots du magister dans l'optique de les modeler à sa convenance :

« Je suis convaincu que vous n'avez pas le droit de... » Mais il ne put terminer sa tirade. Il glissa brusquement de quelques pas en arrière, évitant de justesse les barres de fer douteuses qui dansaient vers lui. « Hey ! Ce n'est pas dans les règles d'interrompre un interlocuteur qui vous parle ! Vous n'avez pas honte ? »

Nate brisa de nouveau son ton caricaturalement trop sévère pour rire une seconde fois. Il resserra la prise sur ses Ombres et tira d'un coup sec, traînant brutalement le magister par une jambe dans sa direction. Le fil tranchant de l'une des Ombres avait entaillé la joue du mage de métal et le sang perlait déjà.

« Oooh, du sang de magister ! Fantastique! »

L'Inquisiteur fondit sur son adversaire, le blondinet avait un temps d'avance et un atout face au Maître du Métal : il n'était pas entravé par le protocole. Profitant de ce petit avantage, Nathaniel se laissa tenter par le liquide chaud qui s'écoulait sur la joue de l'ingénieur. D'une main experte le mage de l'Ombre immobilisa le visage de son partenaire de valse et passa un long et unique coup de langue sur la fine coupure.

Distrait par cette fascinante activité, Nathaniel avait totalement laissé de côté ses Ombres qui avaient disparu faute de Maître qui les commandait. Et la seule source de lumière assez proche de la scène commença à grésiller.

Nate était trop absorbé.

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MessageSujet: Re: Il n'y a pas d'urgence. Juste d'heureux accidents ~ Al   Lun 10 Déc - 10:38

Le gamin, malgré un évident manque d'expérience, n'était pas un incapable. Si on se penchait sur l'analogie de la Machine pour parler de la société de l'Empire, il serait l'une de ces petites lames censées la défendre. Chacun avait sa place, d'après Al van Koriolis. Et celle de ce petit blond était de combattre. Rares étaient les mages des ombres à se consacrer à la science, même si leurs inventions étaient très utiles et d'une grande complexité. Les champs de force, pour ne citer qu'eux, étaient fascinants. Alors que Nathaniel ne faisait rien d'autre que de le narguer. Quelle perte de temps que de se battre...

Al se retrouva au sol et son corps fragile fut secoué par le choc. Il enregistra une douleur au niveau de sa joue... La douleur a été jugée comme étant supportable et les dégâts comme réparables... Il allait devoir faire le difficile choix entre les guérisseurs de Saint Dietrich et les médecins d'Exodum... Enfin, ce n'était pas pour tout de suite. L'autre se jetait déjà sur lui pour se rapprocher de son sang. Al ne trouvait pas cela sain, mais après tout... Chacun ses fascinations. Étrangement, le garde impérial s'en alla, passant à côté d'eux. Ca, ça aussi allait faire partie d'un rapport officiel, envoyé à la Duchesse-Commandante. Même si le brave homme se sentait mal, ce n'était pas une raison.

Alors que l'inquisiteur lui léchait la joue, Al bougea ses yeux. La lumière vacillait, certes. Il fallait la couper, pour priver l'autre d'une grande partie de sa puissance... Un mouvement de doigts et le filament central de l'ampoule se déchirait en deux, laissant les deux hommes dans une obscurité quasi-totale. Et, même si ce contact avait quelque chose d'agréable, Al savait qu'il lui fallait se défaire de la présence de l'autre homme. Et là, ce fut plus simple. La boucle de la ceinture de l'inquisiteur se retourna contre lui, frappant comme un coup de poing dans le ventre, puis le projeta contre le mur. L'instant d'après, les mains de Nathaniel se retrouvaient à moitié coulées dans l'acier, alors que des fers se composaient autour de ses chevilles. Plus qu'un collier autour du cou... Et tout était réglé.

Al s'assit sur une caisse et trouva un mouchoir dans ses sacoches pour éponger le sang. Quelle soirée ! Il n'avait pas fini son travail... Mais s'était battu deuxième fois cette semaine. Ce n'était pas le bon ordre des choses, la Machine ne devait pas tourner comme ça. Il reprit son souffle et toussa. Sans aucun doute, il n'avait pas été formé pour se battre. Il fallait cependant dire quelque chose, là.

- Est-ce bien Libris Umbra que je dois avertir de vos agissements hostiles à mon égard ? Ou ferais-je mieux de m'adresser à la Garde ?

La juridiction des deux n'était pas la même. Et le statut inquisitorial n'était pas écrit sur le front de cet homme... A priori, il était en tort... Mais si jamais ce n'était pas entièrement sa faute ?

- Vous aurais-je offensé d'une quelconque façon ? Si c'est le cas, je vous prie de m'excuser. Quoiqu'il en soit votre réaction a été démesurée, d'après moi. Vous pouvez m'expliquer ce qui a motivé vos actions ?

Il était vraiment curieux et cela s'entendait dans sa voix. Al voulait savoir, comprendre, saisir un aspect de la vie en société qui lui échappait, comme toujours. Abel n'était pas là, Raphaël non plus. Ni personne de plus sensé que ce garçon. Et il devait être le seul à savoir ce qui se passait dans sa tête, non ? Si, certainement. Il y eut encore un instant d'hésitation... Puis, le Magister trouva qu'il fallait être entièrement en ordre. Il n'avait rien à cacher.

- En fait, je m'appelle Al van Koriolis, je suis Magister à Architectura Templi. Et vous ?


Dernière édition par Al van Koriolis le Mar 11 Déc - 11:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il n'y a pas d'urgence. Juste d'heureux accidents ~ Al   Mar 11 Déc - 8:07

Nuit.

Totale.

Pourquoi ?

Nathaniel Levianov se raidit subitement. Il n'était pas prêt pour l'attaque, il n'était prêt pour rien du tout. Il était juste aux abois. L'obscurité les avait brusquement enveloppé lui et l'ingénieur de malheur. C'est à peine si le blondinet pouvait distinguer les pupilles du roux coincé sous lui. Nate était à des lieues de penser au côté agréable de la situation – qui ne rêve pas de se retrouver dans la pénombre, là où les sens sont décuplés – néanmoins le côté confortable du magister n'échappait pas à l'Inquisiteur.

Al van Koriolis était confortable. Beaucoup plus que le fauteuil moelleux de la salle commune de Libris Umbra. Nathaniel avait envie de bourrer de coups ce petit corps voûté tout en lui criant "pourquoi t'es confortable comme ça, pourquoi ?"

Il n'en eut pas l'occasion. Uppercut en plein dans l'estomac, atterrissage brutal contre un mur, glissade lamentable sur le sol. Et ce n'était pas terminé. Pas le temps de chercher la lumière, pas le temps de souffler une seule injure. Les mains du blondinet était déjà entravées, c'était tordu, c'était vicieux.

Nathaniel grogna un peu pour la forme. Il secoua les poignets, en vain. Il sentait que ses Versets de l'Ombre étaient tombés de sa poche. Impossible de tourner la tête, impossible de voir quoique ce soit dans cette obscurité. L'Inquisiteur se sentait vaguement mal à l'aise. C'était plus la pénombre qui le dérangeait plutôt que sa position très exposée. Il abandonna toute résistance, relâchant les muscles de ses bras, ses épaules et ses jambes. Forcer pour s'enfuir était douloureux et inutile.

« Je suis sûr que l'on peut trouver un arrangement » répondit-il d'un ton désintéressé. Il ne voulait pas avoir d'ennuis bien entendu mais il ne ressentait pas la situation comme alarmante. Et si l'ingénieur persistait à poursuivre cette affaire, Nathaniel préférait trouver un compromis plutôt que d'impliquer ses supérieurs. C'était vraiment grotesque d'avertir la Garde ou l'Université pour... ça.

Nate ouvrit et referma plusieurs fois les yeux en direction du magister. Il faisait encore trop sombre, on ne pouvait distinguer que sa silhouette tordue d'une étrange manière sur une caisse.

« Comment.. ? Hum. » L'Inquisiteur camoufla son air stupéfait derrière une bouffonnerie « Je suis absolument raaaavi d'accepter vos excuses très cher Magister, c'est de l'or, c'est de l'ooor ! » Nate aurait aimé conclure par une parodie de courbette mais il se souvint tout à coup qu'il était entravé de la tête aux pieds. Une grimace frustrée s'installa sur son visage.

La question du mage de métal le dérangeait. Profondément. Il ne trouva aucune parade pour s'en sortir. Van Koriolis le sauva sans le savoir : voilà qu'il poussait la civilité jusqu'à décliner son identité.

Nathaniel réfléchit à deux fois avant de tenter une nouvelle offensive verbale. Même un dégénéré comme Levianov pouvait réaliser que l'avantage était entre les mains du roux. L'Inquisiteur prit une grande inspiration et tenta de se calmer. Penser en professionnel.

Étrangement, c'était un truc qu'il savait faire parfois. Retrouver ses bonnes manières, faire semblant d'être le parfait petit noble. Sa voix changea d'un ton.

« Je suis Nathaniel Levianov, dernier du nom » le blondinet oubliait souvent l'existence de son frère encore en vie « Et je suis un étudiant de Libris Umbra qui fait face à ses propres problèmes. »

Il n'avait pas tout dit. Mais il n'avait pas menti. L'autre n'avait pas besoin de connaître son statut d'Inquisiteur...

Le blondinet leva les yeux vers ce qu'il pensait être le ciel. Sa position déshonorante ne le gênait pas plus que ça, il préférait mettre sa fierté de côté plutôt que de se débattre comme une furie. La situation était inhabituelle, autant en profiter...

« Votre joue saigne encore. » Ça sentait jusque là. A moins que l'autre ne se soit rapproché ? « Vous seriez bien aimable de récupérer mon livre, il a dû tomber tout à l'heure. Vous voulez bien le remettre dans ma poche ? J'y tiens beaucoup. »

Le magister avait eu la présence d'esprit de lui entraver les jambes. En d'autres circonstances, si Al van Koriolis accédait au souhait de Nathaniel, ce dernier en aurait profité pour lui lancer un coup de genou bien placé.

Mais ce n'était pas envisageable. Le Maître du Métal l'avait bel et bien entravé.

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MessageSujet: Re: Il n'y a pas d'urgence. Juste d'heureux accidents ~ Al   Mar 11 Déc - 11:55

L'ironie s'écrasait sur l'esprit cartésien du Magister, se voyant refusé l'accès aux méandres de son cerveau. Al ne percevait simplement pas les provocations du jeune inquisiteur. Il réfléchit plutôt à cet "arrangement" dont il parlait. L'affirmation était étrange car, si bien sûr il serait possible d'éviter les voies officielles pour résoudre les problèmes engendrés par l'agression, van Koriolis se voyait mal enfreindre les règles ou ne pas les respecter parce qu'on le lui proposait.

- Je ne vois pas de quelle manière. Il est clair que votre acte allait à l'encontre de l'ordre public et de d'une personne n'étant pas soumise à la même autorité que vous. Par conséquent, il est de mon devoir d'avertir le Collège de Libris Umbra de votre comportement pour que votre acte soit jugé selon les règles.

Et, une fois cela fait, Al serait prêt à passer l'éponge. Les règles disaient que la peine effaçait l'ardoise de chacun, une fois infligée. Voilà pourquoi il accueillerait l'inquisiteur avec un sourire, même dans son atelier. A condition que justice et loi soient honorées selon les règles. Il n'a pas compris de quoi l'autre parlait. Où était donc cet or ? Ses excuses n'étaient pas d'or... A moins qu'il ne s'agisse d'une comparaison, une métaphore en relation avec la valeur du métal précieux. Là, ça aurait un vague sens.

Le Magister, curieux, s'était vraiment rapproché. Et, effectivement, il saignait encore, bien que la blessure soit ridicule. Grâce à son titre, il allait pouvoir se faire soigner, troquant ses aptitudes contre la suppression de la cicatrice éventuelle. Il n'était pas une brute, ni un soldat. Les cicatrices n'étaient pas faites pour sa peau. Les seules qu'il serait prêt à garder seraient celles qu'il pourrait acquérir lors de ses travaux. Mais, pour le moment, ses oeuvres étaient trop inanimées pour constituer une réelle menace pour son intégrité physique.

Nathaniel... Un prénom intéressant. Al se dit surtout qu'il ne connaissait encore personne qui le porterait. Il se pencha et retrouva le livret tombé à côté de l'inquisiteur. Il le remit dans sa poche puis le regarda de près. Levianov n'était sans doute pas désagréable à voir (et probablement pas à toucher). Cela dit, le toucher ne serait pas une bonne idée. Il n'était sans doute plus dangereux, mais il serait contraire à toute bienséance de voir même à quoi ressembleraient ses pieds. De plus... Al se sentit gêné par ses pensées, dignes de son meilleur ami, l'artiste. Il rougit dans le noir et se dit qu'il valait mieux faire quelque chose d'autre, pour se changer les idées. Remettant son mouchoir dans sa poche, il tendit la main en direction de la lampe et rétablit la liaison entre les parcelles métalliques qu'il avait dissociées pour se défendre et neutraliser Nathaniel. Là, le gamin ne pouvait rien faire, surtout qu'il serait grandement dangereux d'attaquer quelqu'un qui peut vous laisser moulés dans un mur d'acier.

- Voilà. Et vous avez raison. Les livres sont importants. Il faut y tenir. Dites-moi, êtes-vous prêt à venir avec moi jusqu'à la Place des Trois pour que je vous laisse à vos confrères ? Ou vous avez besoin d'un peu de temps pour... Se reposer ?

Il hésita, encore gêné de s'imaginer ce petit blond attaché comme il était, mais sans ses chaussures. Foutue habitude. Jusqu'à présent, seul Raphaël avait demandé à se faire attacher pour jouer... Et ce n'était pas du tout pareil avec lui. Nathaniel l'avait bien cherché mais cela n'avait rien avoir. Al ramassa sa farde et la feuilleta, manifestement mal à l'aise dans la situation actuelle, en attendant une réponse. Il ne lui restait pas beaucoup de travail, au final... Sans doute personne ne le remarquerait s'il finissait aux premières heures du lendemain. Le sentiement d'avoir failli à son devoir allait devoir se taire, face à l'action de droit et d'ordre administratif que serait la résolution du cas Nathaniel. Enfin, le regard bleu, protégé par les lunettes, se posa de nouveau sur le mignon blond...
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MessageSujet: Re: Il n'y a pas d'urgence. Juste d'heureux accidents ~ Al   Mer 12 Déc - 9:49

Nathaniel fronça les sourcils. Le zèle éclatant du Maître de Métal à suivre les règles était inquiétant. Le magister avait la possibilité de faire ce qu'il voulait de l'Inquisiteur en guise de compensation pour son attaque injustifiée ; mais au lieu de profiter de cette opportunité – qu'elle soit purement utilitaire ou complètement tordue – Al van Koriolis préférait suivre le protocole au pied de la lettre. Qu'est-ce que cela pouvait bien lui apporter ? Le blondinet aurait aimé comprendre. Il leva les yeux vers ce qu'il espérait être le ciel et poussa un petit soupir de consternation.

Sa moue contrariée se mua en un sourire sardonique lorsqu'il sentit l'Ingénieur lui tâter la poche pour remettre ses Versets en place. Il était très serviable ce monsieur.

« Non vraiment, je n'ai aucune envie d'être libéré de cette position ridicule » Nate accompagna sa réponse d'un petit rire doux et sarcastique. « Je préfère rester ici, pour me reposer » ajouta-t-il d'un ton badin. Mais cela n'avait pas l'air de convaincre le magister. Alors le blondinet passa à l'attaque, avec des mots cette fois.

« Vous ne pensez pas que me laisser là, entravé comme ça, serait une bien meilleure punition plutôt que d'aller déranger mes supérieurs ? Ils ont l'habitude de mes déboires, croyez-moi » c'était absolument faux, Nathaniel s'était toujours fait discret sur ses incartades « ils feront semblant de me réprimander et ils m'ordonneront de regagner le dortoir une fois que vous aurez tourné les talons. »

Et si le magister mettait ses menaces à exécution ? Le blondinet espérait être un élément indispensable au point d'être pardonné. Libris Umbra cultivait le paradoxe. La discipline y était de mise mais les actions de certains de ses membres pouvaient faire dresser les cheveux sur la tête du plus aguerri des Soldats Impériaux. Nate aimait cette rigueur et cette folie habilement autorisée. Tous les adeptes de l'Ombre n'en profitaient pas, fort heureusement pour l'Empire tout entier...

Le courant était rétabli, l'Inquisiteur pouvait de nouveau jouir de l'ombre et de la lumière. Il hésita. Si Al van Koriolis avait fait jusque là preuve de patience à son égard une nouvelle attaque pouvait changer la donne. Un manque d’entraînement et une frustration généralisée ne devaient pas justifier la stupidité de pousser à bout un magister.

L'Architectura Templi de surcroît. Nathaniel ne savait pas si c'était mieux ou pire que l'Exodum. Tout ce qui n'était pas Libris Umbra attisait sa méfiance, entre les expériences dégénérées des médecins et les idées subversives des mages de la terre quel était l'ennemi à abattre en premier ?

Nate avait une très nette préférence pour l'éradication des poseurs de bombes. Sa sœur avait ouvert le bal, il n'avait pas hésité à la figer en plein mouvement... N'empêche qu'il ne savait pas si l'explosif qu'elle avait utilisé était fait de plantes et d'élixirs ou de roulements et de poudre.

Le magister devait savoir, les magisters sont sensés tout savoir. Nathaniel observa van Koriolis par en dessous. Le moment était mal venu pour une petite conférence inter-université.

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MessageSujet: Re: Il n'y a pas d'urgence. Juste d'heureux accidents ~ Al   Mer 12 Déc - 10:55

- Je suppose que je peux vous laisser ici et envoyer quelqu'un vous chercher, une fois que votre Université sera avisée de votre comportement. Après tout, je ne pense pas être obligé de vous relâcher... Vos supérieurs le feront.

Non, l'ironie ne parvenait pas à filtrer dans le cerveau du Magister. Il prit, bien sûr, l'affirmation de Nathaniel au premier degré et pesa le pour et le contre. Aucun problème, le jeune inquisiteur pouvait rester là, s'il le désirait. C'était sans doute moins encombrant que de l'escorter jusqu'à Libris Umbra à cette heure. Ou à une autre. La suite, bien sûr, n'eut pas plus d'effets que cela sur le petit roux qui appuyait de nouveau son mouchoir sur sa joue blessée.

- Cela n'est pas de mon ressort. Mon devoir est d'aviser vos supérieurs de ce qui s'est passé. Le choix de votre sanction leur appartient.

Même si le simple renvoie à son dortoir ne semblait pas approprié, Al n'avait aucun pouvoir sur le destin du jeune homme. Il y avait sans doute assez de Magisters compétents à Libris Umbra pour gérer un petit blond. Ils allaient devoir s'en sortir, tout comme le Collège d'Architectura Templi gérait ses affaires et ses étudiants et autres jeunes chercheurs.

Pendant un long moment, il ne dit rien. La situation méritait une analyse plus approfondie. Certes, il pouvait laisser l'autre ici, à condition de se rendre immédiatement à Libris Umbra pour porter plainte. Or, Al voulait rédiger ladite plainte et l'envoyer par écrit à la base. Ce qui bien sûr n'était pas très pratique s'il devait laisser le jeune homme attaché ici de façon à ce que seul un autre mage du métal puisse le sortir de là, sans qu'on soit obligé de démonter la cloison. La douleur de son visage s'estompait, ou s'y habituait-il... Peu importe, elle devenait un problème plus que secondaire. Ca, c'était bien. La curiosité finit par prendre le dessus. Sans rancune, sans énervement, Al demanda :

- Pourquoi m'avez-vous attaqué ? Je suis curieux... Ne sommes-nous pas censés agresser d'autres personnes uniquement pour notre défense et en cas d'insulte ?

Oui, le concept des duels avait déjà été intégré. Même si Architectura Templi résolvait généralement ses problèmes autrement, les duels restaient autorisés, comme partout ailleurs au sein de l'Empire. Ou alors cet homme avait-il besoin de soins, étant trop instable pour respecter l'un des principes les plus importants pour la sécurité du collectif. Derrière chaque règle, il y avait une volonté, plus ou moins manifeste, du législateur de rendre le monde meilleur...

Que faire du blond ? Le choix était difficile. Et peut-être qu'effectivement une sorte de convention sociale voulait que l'on ne passe pas systématiquement par les canaux officiels d'information ? Suffirait-il de discuter avec Nathaniel ? Le fait qu'il fut battu était-il une punition en soi ?

- Vous dites que je devrais vous relâcher... Mais serait-ce équitable de simplement vous laisser partir alors que c'est vous qui m'avez agressé ?

Il ne suggérait rien. Al se posait réellement la question pour savoir comment évaluer son dommage en temps et physique. Quelqu'un ayant attaché un jeune homme plutôt mignon, pourrait exiger autre chose là. Mais pas lui. Il voulait juste comprendre le fonctionnement de cette société dont il vivait retiré. Et pas sans raison. Il était infiniment plus simple de saisir le fonctionnement de machines, de comprendre leur complexité rationnelle et régie par des lois strictes.
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MessageSujet: Re: Il n'y a pas d'urgence. Juste d'heureux accidents ~ Al   Sam 15 Déc - 9:32

C'était... consternant. Nathaniel Levianov leva les yeux au ciel pour la énième fois de la soirée. Le magister le narguait en agitant son mouchoir plein de sang et les sons qui sortaient de sa bouche étaient exaspérants. Le problème, ce n'était pas sa voix. Bien au contraire, il y avait en lui ce petit ton que Nate aimait pervertir et transformer à sa guise à force d'influence... Mais les mots. Les mots du magister... Il n'avait que le Protocole en bouche, c'était désespérant.

Le blondinet s'apprêtait à exploser d'une seconde à l'autre. Ce foutu magister ne pouvait pas l'abandonner là, le laisser en paix croupir moulé dans du métal pour purger sa peine ? Nathaniel se préparait à lancer l'offensive la plus forte possible, cet idiot avait rétabli l'électricité et les Ombres étaient reines. Elles pouvaient bien le pousser par dessus bord : il pleut des magisters aujourd'hui ce n'était pas prévu ! Un filet menaçant pouvait glisser jusqu'à son pied d'ingénieur et le tirer tandis qu'une autre ombre s'enfoncerait dans le creux de ses reins et le pousserait brutalement dans le vide.

Le Protocole est fait pour être brisé. Le Règlement n'existe que pour le détourner de ses fonctions.

Nate rêvassait à son attaque. Il n'osait pas, une once de raison s'accrochait désespérément à lui. Cette étincelle de sagesse lui sauva la vie. La question tordue de van Koriolis aussi.

« Co... comment ? Quoi ? »

Pourquoi. Il voulait savoir pourquoi. L'Inquisiteur ne put retenir un rire amer, ne savant pas trop par où commencer. Et puis finalement... En quoi l'autre se permettait de vouloir le comprendre ? Ils ne se connaissaient même pas ! Nathaniel lui offrit un os à ronger :

« Censés comme vous dites. Là est tout le nœud du problème. Si vous n'avez jamais songé à enfreindre une loi alors vous ne pourrez jamais comprendre pourquoi je vous ai attaqué... »

C'était le monde à l'envers. Un Inquisiteur apprenait le sens profond de la vie à un Magister de l'Architectura Templi.

Le blondinet remua un peu, engourdi par le poids de son propre corps. Sa position devenait de plus en plus désagréable mais il n'allait pas se plaindre. Il avait vécu bien pire, à l’entraînement comme sur le terrain.

Et voilà que l'autre rabâchait ses questions de morales et de justice.

« Par l'Ombre, vous avez vécu où pendant toute votre vie ? C'est pas possible d'être comme ça, pas possible ! »

Nathaniel était choqué – un fait relativement rare – la ténacité de van Koriolis par rapport aux règles était si... Koriolisienne. Le blond ouvrit les yeux de façon démesurée et fixa ceux du Mage de Métal dans l'espoir de le convaincre immédiatement et irrémédiablement.

« Réveillez-vous ! Elles sont où les choses équitables ici ? Croyez-vous que les marchands feraient fortune en étant équitables ? Les hérétiques sont-ils équitables ? Je... Ah mais par l'Ombre vous... Pfff ! »

Tout en parlant Nate agitait les doigts pour plaquer quelques Ombres sur la cheville et sur la joue de l'Ingénieur. Elles n'étaient ni tranchantes ni douces. Juste dérangeantes, caressantes et envahissantes. L'une se glissa sous le revers du bas du pantalon de l'Ingénieur et s'enroula désagréablement autour de sa cuisse comme un animal de compagnie en mal d'affection. L'autre ombre frôlait le visage du magister de façon obscène, pressant sa joue comme on évalue une marchandise.

Le blondinet fit disparaître les Ombres avant d'avoir de sérieux ennuis. Il n'avait pas eu l'intention d'attaquer le Magister. Il voulait juste lui montrer... Lui montrer quoi en fait ?

« Je n'ai pas dit que je voulais être libéré. Vous n'entendez que ce que vous voulez bien entendre ? Fichez moi la paix maintenant, je reste là et puis c'est tout. Vous pouvez toujours me tirer par les pieds à l'Université, c'est votre droit. Faites ce que vous voulez. Je ne bougerais pas de mon plein gré. »

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MessageSujet: Re: Il n'y a pas d'urgence. Juste d'heureux accidents ~ Al   Sam 15 Déc - 12:07

Les règles, à commencer par les principes physiques régissant la mécanique, étaient là pour structurer le monde et indiquer à la Machine comment devait-elle fonctionner. Il y avait toujours des lois et des principes, certains infaillibles, d'autres susceptibles de connaître des exceptions. Même l'absence de règles était une règle en soi. La métaphore de la Machine parlait très bien à Al : chaque engrenage avait sa place et tournait à la vitesse qui lui fut accordée. Si l'un d'entre eux déraillait, on le remplaçait... Pas question de remettre en question la place qui était sienne, le Magister a toujours appris que les règles étaient très rigides.

Architectura Templi abritait bien sûr des créateurs de génie, remplis d'idées plus chaotiques les unes que les autres. Mais les maîtres des machines, surtout aussi grandes et puissantes que les transports, ne pouvaient se permettre de prendre des libertés par rapport aux lois physiques. Leurs erreurs mettaient en dangers des milliers de vies. Les wagons des trams devaient répondre à une longue liste de critères de qualité de l'Université. Pas question d'une défaillance dans un exosquelette. Même des objets aussi simples que des armures se devaient d'être parfaitement équilibrés pour assurer un fonctionnement optimal.

Et pour cela, on ne pouvait déroger aux règles et aux calculs. Al supposa que la vague et imprécise notion du plaisir était à l'origine des actes de son interlocuteur. Le problème principal résidait dans la multiplicité des causes du plaisir : chacun s'en procurait autrement et il était très difficile de savoir ce qui ferait plaisir à quelqu'un d'autre... Il faudrait en parler avec Raphaël ou Abel. Eux, ils savaient toujours comment rendre quelqu'un heureux.

- Pourquoi enfreindre des lois ? Ne sont-elles pas faites pour nous protéger et pour mieux organiser notre vie ?

Curiosité scientifique, interrogatoire méthodique. Al voulait comprendre, comme toujours. S'il devait effectivement sortir plus souvent. Lui-même répondait d'ailleurs aux questions de Nathaniel sans saisir leur aspect rhétorique.

- J'ai passé la majeure partie de ma vie à Architectura Templi, ici, à la Capitale. Et je crois qu'il est tout de même possible d'être comme moi... Puisque je suis là, non ?

Il pencha la tête sur le côté, se demandant s'il s'agissait encore d'une figure de style qu'il n'aurait pas saisi. La tirade au sujet de l'équité força encre le Magister à se taire et à méditer la question. Pourquoi la vie devait-elle être aussi compliquée ? Les gens ne pouvaient-ils donc pas se contenter de suivre des principes clairement établis ? Ce serait tellement plus simple pour les comprendre... Al dut encore lutter avec des ombres qui venaient se glisser sur lui, leur contact froid étaient particulièrement déplaisant pour le roux, habitué à écouter chanter le métal. Les ombres finirent par lâcher, alors que Nathaniel s'enfonçait un peu plus loin dans l'acier du mur et du sol. L'ingénieur espéra que le blond n'allait plus pouvoir l'agresser après ça.

- Ne refaites plus ça. Les marchands suivent leurs règles qui n'ont rien d'équitable. Je ne parlais d'équité que dans le cadre des affrontements et des duels. Et l'hérésie ne m'intéresse guère, depuis cinq siècles, les citoyens de l'Empire sont libres de leurs croyances. Si vous vouliez parler des traîtres et terroristes, ce sont là des gens qui ne respectent pas les règles... Et la Machine fait tout pour s'en débarrasser, n'est-ce pas ? C'est le rôle des forces armées de l'Empire, comme le mien est entre autres de les équiper.

Le visage d'Al se crispa, alors que Nathaniel lui répondait. Qu'il se moque de la gravité de ses actes était encore concevable. Ce qui perturba l'ingénieur était la mention du mot "pieds". Bien sûr, son imagination peu foisonnante créa la scène pour lui... En prenant l'expression littéralement. Il se vit tirer le blond derrière lui, en le tenant par ses pieds... Les chaussures étant loin là... Malgré lui, le Magister eut un frisson d'excitation, s'imaginant cela. Quelle malédiction... Enfin, très agréable et passablement courante à Architectura Templi, où beaucoup de mages de la Terre étaient toujours pieds nus pour sentir le contact de la pierre et de l'acier en permanence.

Puis, vint quand même l'idée que le jeune mage des ombres disait cela, sans vraiment le désirer. Se faire tirer de la sorte risquerait d'être douloureux au-delà du nécessaire. Il réfléchit encore un instant.

- Je pense qu'il vaut mieux que je ne touche pas à vos pieds... Nous nous connaissons à peine et sommes pas vraiment en bons termes, je crois. Vous allez rester ici. Je vous laisse comme ça. Ce sera votre punition pour... pour avoir perdu. Voilà.

Le ridicule de ces paroles était évident et pourtant échappait à van Koriolis. Le roux se leva, tenant toujours sa joue au travers du mouchoir. Il fixa son regard sur le métal du sol d'où ne dépassaient plus que les pointes des chaussures de l'inquisiteur... Et il se demanda quand même à quoi pouvaient ressembler ses pieds. Là, il resta là, prêt à s'en aller, avec sa farde sous le bras, mais figé dans un ultime moment de méditation...
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Il n'y a pas d'urgence. Juste d'heureux accidents ~ Al

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