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 When I was a child, I was a Jaynos ! [Nate <3]

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Sœur de l'Ordre

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MessageSujet: When I was a child, I was a Jaynos ! [Nate <3]   Ven 14 Déc - 10:32

S’il y avait bien une chose que Lou avait eu l’occasion d’apprendre, c’était que les gens restaient rarement à leur place. Ou tout du moins, que le respect n’était pas une valeur inculquée à tout le monde. Ses yeux roulant par deux fois dans leurs orbites, son regard se posa finalement sur l’homme qui la dévisageait avec un curieux mépris. Elle avait pourtant pris garde à ne pas attirer de viles attentions, mais dans un moment de relâchement, elle s’était surprise à fixer avec dégoût un groupe d’aberrations ; des génos – au nombre de trois. Des hommes, du même âge qu’elle à première vue, ou peut-être à peine plus âgés. Le plus grand, un blond aux yeux de jade, fit un pas dans sa direction. Sa main métallique brillait comme si elle venait d’être lustrée avec le plus grand soin. Voilà qui sentait les ennuis.

La journée n’avait pourtant pas si mal commencé. Cela faisait exactement huit jours que Lou et Charlie avaient quitté le nid familial, vivant depuis lors une vie de nomade au sein de la capitale.

Accompagnée de cette pensée, ses pas l’avaient conduite sur la Place des Trois, non loin de la réputée Libris Umbra ; un endroit qu’elle connaissait bien, et qu’elle chérissait. Ce district avait toujours été comme un second foyer. Son carnet à dessin sous le bras, Charlie s’était assise sur un banc, confortablement, et s’était mise à griffonner sur sa feuille. Avec un soupir dissimulé, Lou l’avait imité. Sortant un livre de sa sacoche, ses yeux s’étaient posés sur la petite brune aux yeux émeraude. Deux petites nattes lui tombaient sur les épaules. Voilà plusieurs années que Charlie ne parlait plus. Elle écrivait, elle dessinait, mais refusait de prononcer le moindre mot. Lou avait fini par s’habituer.

Finalement, le trio-génos se rapprocha. Aucun doute, il ne s’agissait apparemment pas de vulgaires voyous. Coquets, bien coiffés, chemises de soie, mais sans trop d’extravagance ; fils de riches commerçants, ou de chevaliers tout au plus – mais encore, ce serait leur accorder trop d’importance. Ne daignant pas même effleurer du regard les deux autres bougres qui semblaient ne pas se détacher du premier, Lou tourna distraitement la page de son ouvrage.

- Pardonnez-moi mais, j’ai cru sentir un regard hostile… fort désagréable, vous en conviendrez. M’était-il destiné ?

Charlie leva les yeux vers le nouvel arrivant, avant de poser son regard sur Lou à la recherche d’une quelconque réaction, qui ne vint jamais – son attention se reporta alors sur ses esquisses, laissant le grand blond sans la moindre réponse.

- Vous savez, l’usage exige que lorsqu’une quelconque personne vous adresse la parole, vous preniez le temps de répondre, où ne serait-ce que de lever les yeux vers votre interlocuteur. Question de bienséance.


Un bruit léger accompagna la fermeture du livre que Lou rangea dans son sac, une grimace entre les lèvres. Enfin, ses yeux gris se posèrent pour la deuxième fois sur la main en métal de l’importun, puis vinrent trouver son regard. D’une voix calme, Lou parla, Charlie leva son crayon.

- Êtes-vous ici pour parler de bienséance ? Alors peut-être m’éclairerez-vous sur la raison de votre présence en ces lieux ? Vous a-t-on ôté vos yeux également, pour que vous ne distinguiez pas non loin un établissement aussi remarquable que la Libris Umbra ?

- …je…

- Ou sans doute aimez-vous vous pavaner comme un paon ? Oh, j’ai ouïe dire à propos que sentir son corps en pièces détachées procure un bonheur peu imitable. Elle haussa les épaules. Enfin, qu’était-ce cette fois-ci ? Un caprice ? La crise de la vingtaine ? Un goût soudain pour la mode ? Ma foi, c’est…

L’oxygène lui fut subitement arraché, tandis que des doigts métalliques se refermaient sur son cou. Alors que machinalement ses mains vinrent agripper la poigne de fer, Lou pouvait distinguer le visage de son agresseur, les traits déformés par la colère. Charlie hurla sans bruit, laissant tomber son crayon à ses pieds.

- C’était… ça n’était pas voulu ! C’était un accident, pétasse ! Tu… Tu vas payer pour ton audace !




Dernière édition par Lou d'Andrasté le Ven 24 Mai - 0:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: When I was a child, I was a Jaynos ! [Nate <3]   Lun 17 Déc - 10:35


I am so yours.

Le blond écarta brusquement les bras de part et autre de son buste. Les Ombres léchèrent les murs, menaçantes. Puis elles vacillèrent tandis que leur maître vacillait aussi. Il avait cru voir l'ombre de sa sœur parmi ses propres créations. Son regard azur s'assombrit, il serra les poings et se força à reprendre l'exercice. L'Ombre s'affermit de nouveau, retrouvant son aspect offensif.

L'attaque. Le domaine de prédilection de Nathaniel Levianov. A tel point qu'il s'y entraînait plusieurs fois par jour. L'université Libris Umbra avait des salles spécialement dédiées à ce genre d'exercices. C'était ce qu'il y avait de mieux si l'on voulait éviter tout incident. Mettre à l'épreuve ses talents face à une pourriture terroriste était une chose, blesser voire tuer un camarade de l'Université en était une autre. Certains fanatiques de Libris Umbra étaient prêts à donner leur vie pour la gloire de l'Ombre...

Nathaniel ne préférait pas gâcher de si bons soldats. Avant de tuer il fallait sélectionner. Le blond releva les bras et exécuta ce qui pouvait ressembler à une danse pour un regard néophyte. Une délicieuse danse violente qui arrache les entrailles avec une précision toute chirurgicale.

L'Inquisiteur s'était sensiblement amélioré depuis son départ définitif du manoir familial. Il avait laissé les cadavres et le sang en état. Il était parti sans se retourner, offrant la surprise de la découverte morbide du petit salon à son dernier frère encore en vie. Nathaniel n'était pas responsable du corps déchiqueté de ses parents. Les morceaux épars de sa sœur par contre...

Il regrettait de ne pas l'avoir enlacée une dernière fois avant de lui trancher la gorge. Le sang avait coulé le long de son cou pâle. C'était du travail brutal et bâclé.

Nate était plus précis à présent. Plus fou mais d'autant plus méthodique. Il jouissait du contrôle qu'il exerçait sur sa propre violence, il faisait durer l'acte encore et encore, se délectant de ces moments privilégiés avec sa "victime".

Le blondinet n'en avait jamais assez. Il continua à manipuler les Ombres jusqu'à sentir la sueur lui couleur le long des reins. Il n'était pas rassasié mais il se montra raisonnable : il voulait encore profiter de sa vie pendant de longues années. Repousser les limites au delà de l'acceptable pour un simple entraînement relevait de la bêtise. Nathaniel s'étira plusieurs minutes puis retourna dans sa chambre d'un pas tranquille.

Quelle heure était-il ? Il ne le savait même pas. Il s'engouffra directement dans la salle de bain pour plonger dans l'eau glacée. Il profita longuement des joies d'un cabinet de toilette bien équipé puis sortit de l'Université dans aucune destination particulière à l'esprit. Il avait enfilé un simple pantalon noir et une chemise assortie. Il ne faisait pas froid en cette fin d'après-midi.

Les rayons du soleil heurtèrent la prothèse métallique d'un m'as-tu-vu qui passait par là. Deux autres immondices l'encadraient. Des partenaires de honte et d'hérésie... Ce concept n'était plus très répandu dans l'Empire ; les mœurs avaient évolué. Mais toutes les mentalités ne s'étaient pas alignées à la tolérance. Les Levianov faisaient partie des familles les plus conservatrices qui soient. Ils avaient évolué eux aussi : ils n’égorgeaient plus le premier géno venu.

Nathaniel s'apprêtait à continuer son chemin quand des éclats de voix – et des couleurs chatoyantes – s’agitèrent du côté du trio de génos. Le ton montait. Bardé d'un sourire ironique et intéressé, l'Inquisiteur se rapprocha de la scène. Il n'hésitait pas à laisser le danger s'approcher des deux demoiselles... Pour le plaisir de voir ce qui allait se passer. Les génos allaient-ils céder à leurs impulsions absurdes ? La modification corporelle influe forcément sur l'esprit...

Nate fut agréablement surpris par la répartie de la plus vieille des deux filles. Elle devait avoir son âge, celle aux yeux gris qui avait fait claquer son livre d'un air menaçant. Elle était téméraire. Piquante. Un rire s'échappa des lèvres du blondinet. Il ne se lassait pas de ce genre de spectacle. Mais les sarcasmes de la demoiselle s'interrompirent brusquement. Nate fronça les sourcils. Ça n'allait pas comme il voulait. Et il allait devoir rétablir la situation.

Immédiatement.

« Je ne savais pas que les opérations génétiques touchaient fatalement au cerveau. C'est la seule explication... »

Nathaniel avait fait quelques pas en avant de son air habituel, un brin décontracté et amusé. Totalement déplacé dans la présente situation. Il avait parlé assez fort pour capter l'attention du trio. Cependant il fut snobé. Et son agacement s'en trouva amplifié.

« On vous a également mutilé le siège de la politesse à ce que je vois... »

L'Inquisiteur ouvrit les paumes et projeta deux des trois génos sur le sol à l'aide des Ombres. Le dernier, celui qui tenait toujours la jeune femme au creux de sa poigne monstrueuse allait-être une toute autre affaire. Il ne fallait pas blesser la demoiselle.

Nathaniel laissa glisser l'une de ses Ombres près de la gorge de l'agresseur. Ce dernier allait devoir choisir : continuer d'étouffer la jeune femme tout en ayant une lame d'Ombre en travers de la gorge ou alors lâcher sa victime pour tenter de se défendre. Il n'était pas si bête, il laissa tomber la fille comme un vulgaire sac. Le blondinet eut une petite grimace face à ce spectacle mais le temps des civilités n'était pas encore venu : il fallait s'occuper de ce géno en chaleur.

Les deux autres s'étaient relevés, l'Inquisiteur était à présent encerclé.

« J'aime bien jouer, vous savez? »

Le blondinet encaissa quelques coups. Il saignait. Les autres parlaient mais il ne les écoutait pas vraiment. Il hésitait. Il s'était déjà attiré des ennuis en s'attaquant au magister de l'Architectura Templi. Il s'apprêtait à présent à déchiqueter trois génos arrogants... Il retint son coup de justesse. Les Ombres fouettèrent les visages et les bras (pour ceux qui en avaient encore de peau et de chair) de ses adversaires. Des blessures superficielles s'ouvrirent là où les Ombres avaient frappé, Nathaniel s'apprêtait à lancer une seconde offensive – réelle cette fois – mais les génos prirent brusquement la fuite.

« Ben zut alors... »

L'Inquisiteur passa une main sur ses blessures. Une coupure à la mâchoire, des hématomes sur les bras et les épaules. Et puis cette douleur dans le bas du dos... Il s'approcha néanmoins du duo de demoiselles et s'adressa à la plus jeune.

« Ils ne t'ont pas touchée toi au moins ? »

Elle ne répondit pas. Alors il tourna le regard vers l'autre, celle qui avait osé tenir tête aux trois aberrations génétiques.

« Vous faites ça souvent ? D'habitude, vous vous en sortez comment ? »

Véritable curiosité.

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MessageSujet: Re: When I was a child, I was a Jaynos ! [Nate <3]   Jeu 27 Déc - 2:43

L’air commençait à manquer ; la force brute exercée sur son frêle cou blanc faisait valser quelques papillons sous les yeux de Lou. Son agresseur ne tarda pas à la soulever, si bien que ses pieds quittèrent le sol. Les mains tremblantes, la jeune femme s’accrochait avec hargne à la poigne de fer de l’indésirable ; vaine et stupide tentative. Les deux autres génos s’étaient maintenant rapprochés ; et bien que peu disposée à s’en soucier, Lou ne put réprimer la crainte qu’un de ses bourreaux ne s’en prenne à Charlie. Alors que l’idée lui effleura l’esprit avec une anxiété nouvelle, la jeune femme ferma les yeux en quête de concentration. Jamais personne ne parviendrait à poser un doigt sur sa demi-sœur ; elle ne le permettait pas. Guidé par cette pensée, son corps frémit, prêt à libérer le pouvoir qu’il avait obtenu lors de longs entrainements à la maitrise de l’Ombre ; cependant, son élan et sa concentration ne firent pas long feu.

Une autre voix était venue se joindre aux réjouissances ; mais le manque d’oxygène prolongé brouillait si bien la vue de la jeune femme, qu’elle ne distingua pas tout de suite le nouvel arrivant. Elle n’eut pas même le temps d’être piquée par la curiosité, que déjà des masses informes étaient projetées plus loin avec brutalité ; une simple déduction lui souffla qu’il s’agissait sans doute des deux autres porcelets importuns. Une âme noble lui venait-elle en aide ? Contre toute attente, en un fragment de seconde, ses poumons purent à nouveau se remplir d’oxygène ; le soulagement fut si grand qu’elle ne senti même pas son arrière train heurter le sol sans la moindre douceur. Tout ce qu’elle savait, c’était que la poigne de fer qui l’avait malmenée venait maintenant de lui rendre sa liberté. Toujours à terre, Lou senti la petite main de Charlie se poser sur son épaule ; elle laissa échapper alors un faible soupir de soulagement. Ce furent des voix fortes et un discret mouvement de la tête de Charlie vers ce qui ressemblait à une situation à risque, qui attirèrent l’attention de la jeune femme.

Enfin, les traits de son sauveur apparurent au grand jour ; il s’agissait d’un homme blond, probablement de la même tranche d’âge qu’elle, qui arborait un sourire provocateur. La jeune femme arqua un sourcil en observant le combat qui se déroulait sous ses yeux ; le blondinet avait reçu quelques coups. Qui était-il ? Pourquoi lui venait-il en aide ? Une réelle curiosité animait son regard tandis qu’elle suivait les gestes balourds des génos. La situation avait pris une tournure plutôt inattendue. Une de ses interrogations vint à se dissiper en même temps que le jeune homme invoquait l’Ombre pour punir les abominations ; effectivement, tout devint plus clair. Il s’agissait sans doute d’un autre camarade, ne semblant pas porter une grande affection pour le phénomène Génos. Peut-être l’avait-elle déjà croisé dans l’un des nombreux couloirs de Libris Umbra. Ou peut-être pas. Mais l’heure n’était pas à de telles spéculations. Les trois imbéciles eurent tôt fait de détaler comme des lapins. Les bougres finirent ainsi de lapider leur honneur. Tandis que la jeune femme frottait sa robe noire encrassée par ses récentes épousailles avec le pavet, le Némésis de ses agresseurs se rapprochait. Et alors qu’il prit l’initiative de s’enquérir de la santé de Charlie auprès de cette dernière, Lou en profita pour se relever ; la perspective de rester au sol n’avait rien de très attrayant. N’obtenant pas de réponse de la part de sa demi-sœur, l’homme se tourna vers elle. Tout en frôlant du bout de ses doigts la marque laissée sur son cou, elle répondit calmement.

- Et bien, cela dépend de ce que vous entendez par « ça ». Si vous parlez de mon mépris notable pour les Génos, alors oui, il m’est souvent arrivé d’user de paroles flatteuses en face de leurs représentants. Mais si vous faites allusion à la brutalité dont je viens d’être victime, je dois vous avouer que c’est la première fois. Pour peu que l’on excepte cette aberration d’Alonzo. Tout en ajustant le col de son veston, elle poursuivi. Cela dit, je vous imagine aisément faire « ça » à vos heures perdues. Sa main vint se poser sur la tête de Charlie. Dans tous les cas, et quelle que soit la raison de votre intervention, ma jeune sœur et moi vous remerçions. Je vois que vous n’avez pu esquiver quelques coups, et vous m’en voyez désolée. Y-a-t-il quoi que ce soit que je puisse faire pour vous dédommager ?

Elle accompagna sa dernière question d’un léger sourire.

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MessageSujet: Re: When I was a child, I was a Jaynos ! [Nate <3]   Jeu 27 Déc - 11:58

Il était inutile de se poser des questions sur le départ précipité des hérétiques. Ils avaient osé mutiler leurs corps – un don de l'Ombre elle-même – il n'y avait pas à douter de leur instabilité psychologique. Ces types étaient des aberrations technologiques, rien de moins, rien de plus.

Nathaniel Levianov observa poliment les doigts de la jeune femme qui glissaient sur son cou malmené. L'autre n'avait pas songé aux conséquences de ses actes, il aurait pu la tuer. Mais peut-être qu'il s'en moquait. Peut-être était-il intouchable. C'était bien malheureux de constater que de tels cas de figure existaient dans la société d'Ishtar : des génos qui se permettaient tout et qui avaient les Puissants ou la Loi – sciemment tournée à leur avantage – derrière eux.

L'Inquisiteur lâcha un petit soupir lorsque son regard tomba sur les marques temporaires qui ornaient le cou de l'inconnue. Puis, son petit discours lui arracha un sourire en coin.

« Vous devriez être plus modérée dans vos propos mademoiselle... Qui sait de quelle nature sont vos interlocuteurs ? C'est très triste mais de nos jours même les disciples de l'Ombre courbent la nuque face aux avancées géniales de la science. Je m'étonne de vous voir encore en vie. » Son petit accent du nord, roulant sur le ton de la confidence, indiquait clairement son amusement et l'ironie de ses propos. « Je suis bien curieux de connaître les raisons qui vous poussent à m'imaginer en train de faire ça. S'il y a quelque chose qui me trahit dans mon choix vestimentaire, dites-moi le je vous en prie. Je pourrais le retirer pour au moins faire semblant. »

Nathaniel lança un sourire démesuré à la jeune femme. Il s'aperçut que la conversation s'éternisait et qu'il ne connaissait pas son prénom. L'Inquisiteur ne voyait aucun inconvénient à lui dévoiler le sien – pour une fois qu'il le faisait de son plein gré !

« Mais sinon, je m'appelle Nathaniel. Votre... amie... a-t-elle été blessée ? »

Le blondinet ignorait royalement ses propres plaies. Il n'y avait pas de quoi fouetter un chat, cela ne saignait plus, c'était déjà ça. Il avait été principalement touché sur les avant-bras. Sa chemise était bonne pour le tailleur ou pour la poubelle.

« Avez-vous déjà visité Libris Umbra ? » demanda Nate à tout trac, évitant soigneusement de répondre à la dernière question de Lou. Il savait qu'elle n'allait pas apprécier sa réponse, n'importe quel humain normalement constitué ne l'aimerait pas.

- Y-a-t-il quoi que ce soit que je puisse faire pour vous dédommager ?
- Me divertir ?


La fossette de l'Inquisiteur s'était creusée. Ce n'était pas une réponse décente, en particulier lorsqu'elle était adressée à une demoiselle aux valeurs vraisemblablement proche des siennes.

A vérifier.

« Il aurait été plus sage de se rendre à l'Ordre de Saint-Dietrich pour vérifier votre cou – on ne sait jamais avec cette technologie mal placée – mais c'est assez loin. Il y a peut-être des guérisseurs à l'Université aujourd'hui, qu'en pensez-vous ? Je suis d'humeur à boire un thé dans le cloître, pas vous ? »

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MessageSujet: Re: When I was a child, I was a Jaynos ! [Nate <3]   Ven 28 Déc - 5:27

- Modérer mes propos ? En quel honneur ? Pour qui ? Le monde en soit témoin, je ne courberai pas la nuque face à des êtres incapables de contrôler la plus primaire de leurs pulsions. Vous l’avez vu vous-même. Ces gens-là ne devraient pas susciter autre chose que de la pitié. Elle esquissa un plus large sourire à l’intention du jeune homme. Mais ne soyez pas si surpris de me voir encore parmi les vivants, je possède de nombreuses… ressources, qui jusque-là m’ont bien préservée.

Tout en prononçant les derniers mots, Lou dévisagea enfin son interlocuteur avec plus d’intérêt - discrètement tout de même, il ne fallait pas paraitre déplacé. Il était tout juste plus grand qu’elle. Difficile de décrire l’impression que ce jeune homme lui donnait ; maintenant, elle pouvait clairement voir l’iris de ses yeux bleus, qui contrastait harmonieusement avec sa chevelure blonde – Lou le trouva charmant. Mais elle ne put passer à côté de l’expression malicieuse qui se dégageait de ses traits. Derrière cette curieuse sympathie, quelque chose semblait lui échapper. Mais une nouvelle question coupa court à sa songerie.

- Et bien, par où devrais-je commencer ? Peut-être avez-vous déjà oublié les paroles que vous avez allègrement prononcés à l’égard de mes agresseurs ? Était-ce « cerveau fatalement touché », ou quelque chose à propos du « siège de la politesse » ? Devrais-je également vous rappeler que vous seul parmi tant d’autres êtes intervenu, alors qu’il aurait été plus facile de prétendre ne rien avoir vu ? Ce sont des signes qui vous parlent sans doute peu, mais à mes yeux, ils semblent éloquents. Quant à votre style vestimentaire, bien qu’à l’heure actuelle il regorge… d’excentricité, je n’y vois rien à redire.

Elle marqua le silence. Avec agilité, ses doigts vinrent refermer son col, faisant disparaitre les traces de son cou derrière le cachemire noir. Charlie, placée en retrait derrière elle, s’accrochait fermement à son bras gauche. Ses yeux de jade examinaient le blond avec une curiosité non dissimulée. Le blond en question avait finalement un nom ; Nathaniel.

- Enchantée, Nathaniel. Je suis Lou, et cette jeune fille ici présente se nomme Charlie. Elle esquiva un regard dans la direction de sa demi-sœur. Cette dernière, au contact des yeux gris, s’empressa de griffonner un « Bonjour. » sur une feuille de son carnet à dessin, avant de le rendre visible par celui à qui il était destiné. Fort heureusement, grâce à vous elle est sauve. Tenez, utilisez donc ceci.

D’une main leste, Lou présenta son mouchoir à Nathaniel. Puis contre toute attente, le blond lui posa une question qui lui fit se mordre vaguement la lèvre. Connaissait-elle Libris Umbra ? L’avait-elle déjà visité ? Bien sûr que oui. Elle avait passé son enfance plongée dans les livres, à écouter attentivement les conseils de ses ainés. Elle avait arpenté les couloirs de la bâtisse tant de fois qu’elle ne pouvait plus compter ses allées et venues. Elle avait médité des heures entières, recherchant l’excellence, et plusieurs fois, elle avait pleuré à chaudes larmes, frustrée de n’être jamais parvenue à maitriser le don de Guérison. Elle plongea son regard dans les iris bleus qui lui faisaient face.

- L’occasion s’est rarement présentée.

Ainsi articula-t-elle un mensonge dépourvu de raison. Pourquoi ? Elle-même l’ignorait. Mais soudainement, sa conscience s’était mise à crier au mensonge. De quoi avait-elle peur ? Peut-être avait-elle honte ? Et tandis qu’elle dévisageait de nouveau Nathaniel, elle comprit ; il s’agissait d’un complexe.

Ses sourcils se froissèrent, ses lèvres tremblèrent imperceptiblement. Durant ces dernières années, elle avait cessé d’étudier l’art de l’Ombre, alors que tous continuaient encore aujourd’hui. Bien qu’elle excellait au modelage de la chair, jamais elle n’était parvenu à maitriser la Guérison. Sa magie n’était pas offensive, mais défensive. Sans réels entrainements, elle s’était fragilisée, elle était devenue instable. La crainte d’avoir à comparer ses acquis à ceux des autres devint plus claire ; il s’agissait donc du fin mot de l’histoire. Lou était complexée, et cette évidente conclusion vint l’assaillir avec quelques années de retard. Toutefois, sans véritable difficulté, elle reprit contenance.

- Cette blessure me semble superficielle. Cela dit, l’idée de boire un thé m’allèche au plus haut point. Mais je me sens navrée pour votre chemise. Allons-y, vous pourriez ainsi revêtir des vêtements propres et vous sentir plus… à l’aise. Je suis curieuse, depuis combien de temps étudiez-vous à Libris Umbra ?

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MessageSujet: Re: When I was a child, I was a Jaynos ! [Nate <3]   Lun 31 Déc - 5:04

Elle était tout feu tout flamme cette demoiselle. Fière. Très fière. Nathaniel se passa machinalement le dos de la main contre ses lèvres, tout souriant.

« Vous n'aviez rien à redire sur mon accoutrement ? Bien, bien je n'aurais donc pas à me déshabiller, c'est rassurant. Cela dit j'imagine que même dans le plus simple appareil quelques génos trouveraient encore à redire... »

L'Inquisiteur ne releva pas la remarque de Lou à propos du manque de réaction du reste des passants. C'était s'avancer sur un sujet de conversation tortueux qui impliquait quelques justifications bien délicates. Par exemple... Pourquoi le blondinet allait au devant des ennuis. Pourquoi il aimait se battre et ricaner à la face du danger.

La réponse inaudible mais parfaitement lisible de Charlie le sortit de ses pensées. Il esquissa un sourire un peu doux – chose assez rare chez lui, la plupart de ses sourires avaient un petit reflet bien dérangeant – et prit avec reconnaissance le mouchoir que Lou lui tendait.

Il tamponna ses blessures juste pour avoir l'air un peu plus décent. Il prit la mine froissée et tremblante de Lou pour de l'envie, une envie folle et enfantine de découvrir Libris Umbra.

« Oh, les situations où je suis mal à l'aise sont assez rares vous savez » fanfaronna-t-il tout en se plaçant aux côtés des deux demoiselles. « Allons-y, ce n'est qu'à quelques pas. »

Nathaniel lança quelques regards prudents autour d'eux puis décida qu'ils pouvaient bouger sans risque. Et si par quelque lubie que ce soit les génos revenaient à l'attaque, le petit groupe se rapprochait dangereusement de l'Université...

« On m'a installé définitivement à Libris Umbra depuis plusieurs mois. Mais j'étais déjà venu quelques fois par le passé, pour assister à des sessions d'apprentissage intensives... »

Ils franchirent les grilles de l'université, l'Inquisiteur profita du passage d'un responsable pour s'enquérir de la présence de Guérisseurs de l'Ordre. Il y en avait effectivement un, mais il était occupé. Nate demanda poliment à ce qu'il les retrouve dans le jardin une fois son travail terminé. Un guérisseur déclinait assez rarement une demande de soin.

« Prenez place je vous en prie » proposa Nathaniel après avoir mené les deux filles dans un coin tranquille du jardin commun des étudiants. « Je vous laisse quelques minutes, je reviens avec le thé. »

Oui, il était estimé pour sa puissance d'attaque mais il n'en était pas au point d'avoir son domestique personnel. Loin de là. Levianov était juste un étudiant doué. Un élève parmi tant d'autres. Avant de s'affairer dans une des cuisines mises à disposition des novices, il fit un crochet par sa chambre pour récupérer une chemise propre.

Il revint dans le jardin en portant un plateau à thé dans une main, la chemise propre dans l'autre. Il attendait d'être soigné pour se changer.

Il servit le thé en silence, ses manières d'aristocrate perçant dans son service aux demoiselles.

« Ne le buvez pas tout de suite, j'ai laissé l'eau bouillir un peu trop longtemps je crois... »

Nate s'assit face à sa propre tasse, huma le parfum délicat du thé qui s'en échappait puis reporta son attention sur le duo téméraire.

« Je n'avais encore jamais eu l'occasion de vous croiser dans la Cité Impériale. C'est bien dommage... peut-être ? Alors, comment trouvez vous Libris Umbra ? Pour le faible aperçu que vous en avez eu... Désolé, je ne suis pas en mesure de vous faire découvrir les moindres recoins de notre Université. Il faut embrasser l'Ombre pour ce genre de privilège ! »

Nathaniel lança un petit ricanement amusé, songeant jusqu'à quel point il avait embrassé l'Ombre. Son regard se fit absent pendant quelques instants.

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