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 ...l'on ne dit jamais ce qu'il advint de ce pauvre épouvantail. [Aaron]

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Criminel

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MessageSujet: ...l'on ne dit jamais ce qu'il advint de ce pauvre épouvantail. [Aaron]   Mer 19 Déc - 7:31

Ça allait de mal en pis. Alors que la journée avait commencé de manière assez fabuleuse – du sang dans ses mains dans sa bouche les yeux égarés – tout semblait désormais lui échapper. Son cerveau, tous ses membres, sa langue, son sexe, son cœur, tous ses organes étaient en ébullition. Toutes les paroles qu'il avait jadis entendue ou scènes qu'il avait vues revenaient inlassablement devant ses yeux, le faisant se traîner dans la boue et hurler de douleur. C'était quotidien et infini, à un tel point que seule la mort ferait cesser cela ; mourir ? Il ne le souhaitait pas vraiment. Il voulait retrouver l'homme qui lui avait fait cela, celui dont personne n'avait de nouvelles et qui avait bien profité d'avoir un petit cobaye disponible. Sa mère n'avait pas eu de ses nouvelles depuis des mois, Alonzo n'arrivait tellement pas à se contrôler qu'il avait refusé de la mettre en danger, même si ça devait lui faire un mal de chien. Quoi d'autre ? Oui, il aurait été bien trop simple de se tuer pour pouvoir oublier. Rien qu'aujourd'hui, il se souvenait de ce mot, oublier, avec une pointe de regrets...oublier, c'était comme dormir. Comme dormir avec tout ce qu'il avait vécu en boucle dans son cerveau ? Parfois, mort de fatigue, il s'évanouissait, là, soudainement, son corps ayant raison du géno. Les autres fois, il marchait, là, hagard, dans les rues d'Ishtar, cherchant une nouvelle proie à disséquer.

Car oui, le sang le calmait. C'était un remède comme les autres, mais sachez que s'étaler un litre de sang sur le visage, le lécher, le boire et tuer étaient des remèdes bien plus efficaces que ceux proposés par ces médecins charlatans que sa mère lui avait fait voir pour soigner les maux de tête. Alonzo était redouté, la nuit. Un surnom qui courait sur les lèvres des soûlards « l'éventreur », car il faisait toujours une blessure dans le ventre de ses victimes, plongeant ses mains au centre de la vie, avant de leur arracher leur géno. Car il ne s'attaquait qu'à ce genre de personnes, qu'importe qu'il soit esclave, humain, noble. Lorsqu'il tuait, il ressentait un sentiment de toute puissance contre le sien, de géno, comme une espèce de revanche. Et, enfin, le sang lui procurait une drôle de cure.

« Et comme la Lune qui vole au ciel... »

Ces derniers temps, Alonzo se faisait poète. Il haïssait et aimait cela, tout comme il haïssait sa chère demie-sœur, la pourtant jolie Lou d'Andrasté qui avait pris en pitié sa sœur Charlie. Il mâchait chaque mot comme s'il s'agissait d'une arme et les faisait s'envoler, puissants, magnifiques.

« ...parle comme un...Merde ! »

Après, il y avait un fossé d'écart entre être doué en poésie et essayer d'en faire. Alonzo se situait plutôt dans la catégorie des rêveurs qui se croyaient fins dramatiques. L'on raconte également que les criminels ont tous des occupations plus ou moins bizarres se dénotant de leur passion nocturne. Alonzo n'échappait pas à la règle. Tout cela pour dire que ce jour-là, il avait tué la veille – il s'agissait d'une femme, assez jolie Alonzo avait juste remarqué à la sortie d'un établissement de luxe ce poignet elle avait dû se le casser dans sa jeunesse et s'était faite poser un géno tant pis pour elle – et se sentait plutôt bien. La fille ne s'était pas vraiment débattue – et comment pourrait-on se débattre lorsque l'on est projetée contre un mur par un bras surpuissant rompu au combat et éventrée soudain ; la surprise les tuait – et sa mort lui avait fait plaisir, à lui, Alonzo. Il avait même imaginé le visage de Lou se superposer au sien et s'était surpris avoir la trique. Son mal de tête s'était calmé et il avait ensuite dormi paisiblement.

« Putaiiin ! »

Ça n'avait pas duré très longtemps. Alors que le soleil était haut dans le ciel, les images, les mots avaient commencé à resurgir. Il n'y avait plus de sang, il avait pris un bain la veille, rien pour le calmer, rien. Juste lui qui hurlait dans la pitoyable remise dans laquelle il avait élu domicile. La vie ici n'était pas facile, le vol servait à le nourrir, sinon, il y avait toujours l'argent qu'il piquait à ses victimes. Il restait des tâches de sang – des empreintes de main, précisément – sur les murs, comme si, chancelant, en pleine crise, Alonzo d'Andrasté avait voulu s'appuyer sur ceux-ci avant de s'effondrer. Ravalant sa salive, il s'arrêta de crier et prit une décision.

Il était temps d'aller chasser.


Dernière édition par Alonzo d'Andrasté le Mer 19 Déc - 12:57, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: ...l'on ne dit jamais ce qu'il advint de ce pauvre épouvantail. [Aaron]   Mer 19 Déc - 11:33

Mon regard s'attarde sur le paysage qui me fait face. Du rouge. Tout autour de moi m'entoure un étang purpurin qui ne cesse de grandir. Ci et là remonte à la surface des bulles. Je marche, sans but. Un bruit de glouglou finit par s'entendre. Cette nappe vermeille m'aspire de plus en plus. Mes jambes. Mes chevilles s'enfoncent lentement. Le contact poisseux contre ma peau me fait frémir. La folie me guette à contempler ce terrain dépouillé de vie. Ombra est absent. Je me trouve seul à combattre cette chose.

D'un mouvement brusque, je tente de me détacher. En vain. Du liquide sanglant, une forme attrape mes jambes et m'attire. La poigne s'affermit. Les os se brisent. Autour de mes doigts les ombres se mouvent, se dessinent. De mes lèvres pincées, ne m'échappe aucun son. Un geste et je serais libre... L'acte s'arrête. Morsure. Hésitation. Cela ne peut être possible. Sur les traits du visage, j'y reconnais Ma sœur cadette... Et tout autour d'elle, comme une horde funèbre, toute mes victimes "consentantes". Des dents poussent de leurs bouches et ils me dévorent.

Des lambeaux de chairs rejoignent leurs estomacs. Des taches rouges tachent leurs lèvres. Les os se découvrent sur mon corps englouti. Absent, détaché de toute réalité. Je m'écroule. Le bruit de mastication me rend fou. Je me vide. Ma vision se floute. Les cannibales se repaient de la carcasse de l'inquisiteur. De la mélodie d'horreur... Mes hurlements.

Je hurle. Je me réveille. De la sueur coule sur ma peau. Ruisselle sur le nez. Blafard, mon souffle se hache. Dans ma poitrine, mon coeur bat une litanie brutale, sonore. Encore en nuit où le sommeil m'échappe. Je n'en peux plus... Encore une fois, je ne connaîtrais pas un sommeil réparateur. Haine et dégoût. De la paume de la main, je retire de mes tempes cette pellicule transparente... Soupir.

Ombra, de ses yeux perçants, lis en moi. Sa queue remue de droite à gauche. Tout autour de lui pu la tension. Le bout de mes doigts glisse sur le poitrail, le bas de sa mâchoire. Cruel, je tire sur l'une de ses oreille. Vil animal, il me griffe en toute réponse.

D'instinct, je porte à ma bouche ma main. Ma langue lèche la plaie. Cette saveur éveille de bas instincts. Ceux d'un prédateur. Un être attiré.. Désireux... Fiévreux. Transcendé, mes prunelles regardent la chambre obscure. Tremblant, je me lève. Je marche. J'enfile un pantalon.

« Ombra... Entrainons-nous jusqu'à l'aube... »

Le temps coule au compte goutte. L'odeur de la sueur chatouille le nez. L'ombre tente d'emprisonner entre ses griffes le chat noir. Mais celui-ci s'échappe. Telle une anguille, mon compagnon évite mes pièges. Ma langue passe sur ma lèvre inférieure.. La difficulté de l'attraper m'excite... Tambourinement... Éclair de génie. L'étreinte se raccourcie. Enfin, la proie est attrapée... Je serre et je relâche. Tout sourire, je me contente d'attendre. Ombra revient à moi, d'un pas chaloupé.

Ensemble, nous revenons au plus profond de la chambre. Je passe sur mes épaules, ma cape... L'extérieur m'appelle. Le vent glacial s’écrase contre ma peau. Regard détaché sur le monde, on marche sans but. Les gens nous fuit... Et cette lucidité m’électrise. On craint encore la morsure des chiens muselés... Ah... Délectation. Amusement... Délice. C'est dans une parfaite humeur que je me trouve vers les habitations. Collé dos au mur, mes paupières se ferment. Je suis comme les caméléons, je fonds avec l'obscurité qui se dégage... De là, à toute aise, rien n'échappe à mon regard...

Des pas. Mes paupières de nouveau ouvertes, je vois une femme qui part au loin, le visage défiguré d'un morceau de métal... Quel hérésie... De quitter son humanité pour un Géno... Comment une telle chose peut exister ?
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MessageSujet: Re: ...l'on ne dit jamais ce qu'il advint de ce pauvre épouvantail. [Aaron]   Mer 19 Déc - 12:52

La chasse. Rien que le fait de penser qu'il allait chasser le calmait. Comme si ce bout de cerveau qu'on lui avait implanté était là pour cela, à l'origine...se calmer. Oui, renifler les moindres briques des murs, humer les sols humides et crades...le quartier Saint-Dietrich n'était pas sûr, surtout de nuit. Il profitait du long et doux manteau de la reine Mab pour commettre ses atrocités en secret. Tripes, ovaires, foie, reins. Il n'était pourtant pas criminel, mais les toucher le calmait atrocement. Parfois, il avait l'impression d'être autre chose que lui-même, ce petit criminel adolescent qui venait de quitter le cocon familiale. Car Mab était cruelle. Quand Mab arrachait un enfant à son domicile, elle ne le faisait pas à moitié...Mab, c'était l'horreur incarnée, la nuit, le côté du mal, le sombre des petits coupes-gorges de Ishtar, ces rues ancestrales et pourtant aussi mal fréquentées après des siècles. Alonzo s'était déjà demandé si, des siècles auparavant, quelqu'un ressentait ou avait ressenti le même malaise que lui...il n'était qu'un adolescent, après tout. Pire que tout, un noble, il avait été élevé dans la soie, présenté aux personnes les plus fréquentables et maintenant...maintenant il en était là.

C'était fait, maintenant, il l'avait : la Proie était une de ces filles qui s'étaient faite refaire une partie du visage. À la vue de celle-ci, le visage de Alonzo était défiguré en une grimace inhumaine...lui, il subissait les contrecoups d'une saloperie de géno au cerveau implanté contre son gré et voilà que...que une connasse apparaissait, laquelle connasse avait sans doute décidé sur un coup de tête qu'il serait super cool de se faire foutre un géno à la tête. Elle paierait pour son manque de perspicacité. Et puis, en même temps, Alonzo pourrait voir quelle partie du cerveau était affectée par le géno. Prêt ? Il commençait à la suivre, alors, aussi discret qu'une ombre. Nous étions le matin, les rues étaient moyennement fréquentées, il ne pouvait pas se permettre de la tuer à la vue de tous...déjà que son nom commençait à devenir un peu trop connu à son goût...

Il fallait écourter la Chasse, vite. Vite parce que les voix qui étaient dans sa tête résonnaient de plus en plus fort, alors qu'il la suivait, vite tout simplement parce que, au fur et à mesure de ses pas, elle se dirigeait vers des endroits de plus en plus fréquentés. Il ne le fallait pas, elle devait être à lui, toute entière, comme Lou aurait pu être à lui, tout comme il aurait sans doute la trique lorsqu'il éventrerait sa chère demie-sœur...mais pourquoi pensait-il donc à cela ? Était-il donc horrible pour vouloir le malheur de ceux de sa famille ? Les désaccords qui l'opposait pourtant avec Lou était plus ceux du gamin gâté qu'il était avant...pourquoi ressentait-il une telle animosité à son égard, pourquoi était-elle omniprésente dans ses pensées ? Pris par une soudaine pulsion, il s'appuyait contre le mur et, à l'aide de son bar en métal, prit une impulsion de fou, le projetant à toute vitesse vers la fille, agrippant son bras avec celui en fer et l'entraînant dans une petite ruelle perpendiculaire.

Une fois disparue de l'artère, il continua à courir, se foutant des réactions de la Proie. Au contraire, il aimait quand celles-ci poussaient des gémissements, des petits cris. Elles se savaient perdues, elles savaient que c'était sans chance, avec lui. Parce que la bête traquée garde toujours un instinct de bête traquée. La plupart du temps, elles étaient même immobile, incapable de faire quoique ce soit, trop déstabilisées pour se défendre. Bref, il finit par s'arrêter – l'endroit était sombre, il n'y avait personne – et il jeta à terre la fille avant de lui faire exploser le ventre avec son poing de fer.

Le sang jaillit.

Sur sa figure, partout.

Et comme s'il s'agissait d'une douche régénératrice, Alonzo sourit, complètement ivre de bonheur.

Les bruits ; ils s'étaient arrêtés. Mais un bruit étranger vint le troubler dans son repos.

« Mh ? Qui est là ? »
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MessageSujet: Re: ...l'on ne dit jamais ce qu'il advint de ce pauvre épouvantail. [Aaron]   Ven 21 Déc - 1:05

Dans mon monde d'aliénation, il n'y a pas de place pour la raison. Cette petite chose qui peut amener morale et sagesse n'existe plus en mon sein. Elle s'est teintée de noire, d'atrocité... Elle me dicte les pires horreurs au nom de ma foi. Ce n'est que folie, plaisir malsain lorsque je peux agir à ma guise... Cependant maintenant, je ne suis qu'inquisiteur, le mors en dents, les paupières fermées, camouflé dans l'ombre environnante. L'ennui. Quelle cruauté.. Quel agacement. Auprès des habitations, rien ne se passe. A part le passage de la femme au visage défiguré.

J'en soupir. Les paupières fermées, je me glisse dans une douce torpeur. Ombra n'arrive pas à me détacher de cet état d'esprit. Même en cognant sa tête contre ma cheville, je demeure absent à toute tentative. Couché, il patiente. Il contemple une scène qui reste pour l'instant hors de ma portée. Il devine que bientôt un sourire apparaîtra sur mon visage. Et que le prédateur en moi se lèchera babine.

Bruit d'os brisés. Embrun de mort. Parfum de sang. Je reviens à la réalité pour mieux darder mes prunelles sur le carnage. Tout sourire, la scène me régale. L'or de mes prunelles se teinte d'amusement. Le vie coule, tache le sol de sa coulée rubiconde. Les entrailles, amas de chair fumantes, dépassent de la carcasse inanimée. Le corps baigne dans la nappe souillée, sans vie. La Géno a rejoint l'Ombre, la Mort en toute compagne. Et quelle mort... Quelle mort appétissante. Une vision d'horreur qui gèlent les âmes de peur. Mais pour moi, cela représente joie pure primaire. Je me baigne dans l'indécence... Je n'interviens pas. Comment pourrais-je ?

La victime n'est plus que souvenir, qu'amas de chair dégoulinant de pourpre, de boyaux épars et d'oeil vitreux. La femme ne porte plus le nom d'humain mais de charogne... Il ne manque plus que quelques mouches sur la dépouille pour rendre l'acte plus insensé qu'il ne l'est déjà. Puis, c'est bien autre chose qui attire mon intérêt.

Voir cet être se repaître d'une douche sanguinolente m'éveille. Horrible excitation qui me prend au plus profond de mon poitrail. Mes tripes forment un noeud. Un instant ma langue lèche la lèvre inférieure. Adossé contre le mur, je me fais silence. Quelle réaction aura le rat en remarquant deux paires de yeux braqués sur lui ? La fuite ou l'attaque ? Je m'amuse à l'imaginer.

Ce fut une voix qui nous interpelle. Une question. Qui suis-je ? S'il savait la vérité... L'envie me dicte mes agissements. Faire croire que je ne suis qu'un visiteur de passage. Un pas. Puis un autre. A portée de vue, je souffle d'un timbre chaud, suave qui ne cache pas la folie qui m'habite.

« Je ne suis qu'ombre. Qu'une ombre de passage dans votre tableau de folie... »

Je pousse le vice à venir près de la géno. Je me baisse d'un demi. Mon index trempe dans le liquide. La traînée vermeille sur le doigt rejoint ma bouche. Je savoure comme un bonbon le goût de fer. A ma droite, mon précieux compagnon s'étire. Le chat se colle contre ma cheville. Il porte ses deux prunelles sur l'auteur du crime. Miaulement. Griffes qui lacèrent la chair. Il parle mieux que moi...

Relevé, face à la souris brune, je dessine un sourire condescendant. Un sourire qui en dit plus long qu'il n'y paraît.

« Qu'avez-vous prévu de faire au témoin de votre crime ? Lui arracher la langue ? »

Saute sur moi.. Dansons.. Pour que la mélodie de tes os brisées m'offrent un doux réquiem....
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MessageSujet: Re: ...l'on ne dit jamais ce qu'il advint de ce pauvre épouvantail. [Aaron]   Dim 23 Déc - 12:07

Qu'attendait-il ? Qu'attendait-il, en vérité ? Il aurait dû profiter des quelques secondes de battement pour arracher la face de son adversaire – la fille, hein, pas l'inquisiteur – bien meurtrie, pour voir ce qu'il y avait en dessous et accroître le nombre de ses connaissances sur les génos. Alors, lorsqu'il s'aperçut réellement de la présence d'un autre individu que lui, lui et lui sur la scène du crime, il ne sut pas vraiment quoi faire ? S'enfuir à toute berzingue ? Non...il pensait à sa famille...il était peut-être devenu fou, c'était enfui de la maison, mais il tenait de tout son cœur à sa petit famille. Sa mère, haute et roide, lui manquait tellement...il pouvait voir rien qu'en y pensant son col haut rouge paré de dorures et son petit sourire fier, qu'elle avait lorsqu'elle l'applaudissait ou qu'il venait de finir une petite représentation privée de piano. Car oui, il avait joué du piano, mais c'était normal, comme chaque enfant de noble, il avait eu droit à une éducation où les arts jouaient un rôle important...à quoi bon, maintenant ?

L'autre solution était, pour l'honneur de sa famille, de se jeter au visage de l'inconnu et de lui arracher la gorge avec les dents...et, mine de rien, cette solution lui paraissait plutôt bonne. Il y avait toutefois un petit quelque chose qu'il n'arrivait pas à apprécier, dans les yeux de l'autre, mais s'il s'y prenait rapidement, il devrait arriver à le tuer. Cette fois-ci, la folie avait laissé sa place à la raison – quoique pour attaquer un inquisiteur, il faut bien entendu avoir encore un peu de folie dans son sang...et ça tombait bien, Alonzo d'Andrasté en avait à revendre. Il resta quelques secondes complètement immobile, fixant sa proie et essayant de se décider si vraiment, il allait ou non l'attaquer. Le sang ne devait pas suffisamment recouvrir son visage pour qu'il ne puisse pas le voir...il serait donc facile à cet homme de délivrer un portrait de lui, et cette fois-ci, c'était sa famille qui risquait d'avoir des problèmes. Lui pouvait toujours se cacher dans les bas-fonds, mais sa famille, elle pouvait très facilement être discréditée et ruinée.

Et puis il devait agir avant que les bruits recommencent, ceux de ses souvenirs, ceux...

NON ! Alors qu'il venait d'y penser, qu'il avait tué depuis si peu de temps, ils étaient déjà de retour. Les yeux d'Alonzo s'agrandirent comme s'il avait vu un mort, il faillit pleurer...il ne fit que faillir, en réalité, face à Aaron Vital, il n'était que plus blanc qu'un linge. C'est alors que soudainement, il se décida à bouger...avant que le bruit ne devienne trop assourdissant – même s'il commençait déjà à le rendre complètement cinglé – et que les voix se mettent à hurler dans sa tête. Un hurlement sortit de la bouche du garçon et il se mit à courir sur l'inquisiteur. Oh, il n'était pas armé, ce gros cinglé, mais son bras était une arme suffisante. Fait d'une matière lourde, il avait l'habitude de le manier et ces sept dernières années, il ne s'en sortait pas si mal.

« MEURS ! »

Le cri de sa voix rendait trop aigu par la souffrance intérieure résonna brièvement avant qu'il ne sauta littéralement sur son adversaire. Plus grand, plus fort que lui, Aaron aurait sans doute toutes les chances de l'emporter, mais il ne fallait pas sous-estimer le bras d'Alonzo et sa folie qui le faisait perdre toutes ses limites. Furieux, voyant déjà sa mère en qui il croyait vraiment tombée de son piédestal, le bras – ou plutôt la main d'acier – commença déjà à serrer le cou de l'homme. Fortement.

« Que... »

Il s'arrêta soudainement.

« A l'aide...je...pitié...je suis perdu...elles...les voix dans ma tête...ça ne s'arrête pas...elles me font faire n'importe quoi ! Haaaa ! »

Les voix ayant haussé d'un ton, il se mis à hurler, essayant de couvrir les bruits.

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MessageSujet: Re: ...l'on ne dit jamais ce qu'il advint de ce pauvre épouvantail. [Aaron]   Jeu 27 Déc - 12:35

Le temps coule et rien ne se passe. Je me fais terriblement chier devant le cadavre, à attendre que ma proie au visage souillée se décide. Et rien ne vient.. L'ennui est la plus terrible des gangrènes. Mon regard se déporte de nouveau sur la plaie béante du poitrail. Le glouglou de son sang forme maintenant un étang sanguin sous le corps. La peau s'est couverte d'une pâleur morbide. Dans cet amas pourpre gisent les entrailles, tas de chairs flasques et fumantes, semblable à des vers filiformes. Sourire cruel sur mes lèvres, je m'échappe de ce tableau diaboliquement exquis.

Mes yeux dorés scrutant la souris, je ne quitte pas tout le plaisir malsain qui m'habite. Le fruit de la démence exposé à son attention, je patiente. Fuira-t-il devant moi pour m'éviter ? Ou m'attaquera-t-il ? Je souhaite de tout coeur qu'il me fait face. Je n'ai guère l'envie qu'on me retire cette danse. Une danse magnifique où l'Enjeu est la vie... Cruelle langueur qui me poignarde au fil des secondes. Instant d'éternité. Attendre. La patience est un art qui me fait parfois défaut lorsque l'ennui me guette.

Cet être hérétique à l'Ombre semble réfléchir. Fasciné par sa quête de réponse, mes instincts ne me préviennent que trop tard de l'attaque. Tenu par la nuque, j'affiche un air de dément. Un sourire qui chuchote au plus profond de l'âme : "Fais moi souffrir. Et je rendrais au centuple la douleur offerte.... Os pas os, je te briserais. Et quand cela sera fini, je me laverais dans ton sang. Tes tripes ne seront qu'une traîne pour la mort." Un rire fou me prend... Mes paumes se posent sur les doigts de mon bourreaux.

A mes pieds, mon compagnon hérisse ses poils. Il sent l'ambiance. L'ambiance glacée. Les ombres qui courent sur les murs. Petites formes aériennes glissant sur la surface comme une envolée de papillon noirs. Elles disparaissent aussitôt... Je ne m'amuse que trop... Ombra sait que doucement ma raison défaille et ne reste de moi qu'une psychose cruelle. Ses yeux bleus sont magnifiques. J'imagine déjà le regard de l'aberration dans l'un de mes bocaux... Pour toujours, les orbites au couleur de saphirs m'appartenant. Devant cette pensée, le bout de ma langue passe sur ma lèvre inférieure. Le chat se régale... La souris bientôt couinera... Et chantera..

Délirant, un rire m'échappe à sa demande à l'aide. Du bout des doigts, je caresse l'hérésie qui me tient la nuque. Sur mon visage s'affiche le dégoût de frôler une œuvre allant contre l'ordre des choses.. Un instrument qui remonte en mon âme des pensées les plus malsaines... J'aimerais le déchiqueter pour récupérer ma liberté. Mais je me contente de mettre ma tête sur le côté. Je lui souffle d'une voix amusée malgré la position inconfortable.

« Tes larmes.. Tes peurs... ne te sauveront pas de ma démence... Tu vivras avec au fond de tes toute les horreurs que tu as commises... Ta douleur sera ton instant d'éternité. »

Mes paroles sont un glas. Mon sourire dément ce qu'il risque de voir et revoir chaque nuit qui coule. J'en tremble d'excitation. Du bouts des doigts, je fais en sorte que mes ombres entourent ma gorge..Enflent.. Repoussent cet objecte objet qui s'est arrêté de me serrer. Enfin libre, ma paume masse ma nuque... Mon précieux compagnon se colle contre ma jambe... Tout deux, regardons cet être remplis de ses mauvais souvenirs... La vision est magnifique... Loin de nous.

Quelques pas... Mon visage s'approche de son oreille gauche. Ma langue passe sur le lobe... Mes dents se plantent dans la chair voracement... Une légère compensation... Je crache le morceau de l'oreille. Le sang coule... Contenté, je me recule. Je plisse mes yeux... Tout en caressant le velours du pelage d'Ombra, ma voix s'écoule.

« Pour cette fois-ci, je n'irais pas plus loin.... Silence et je reprends... Comment pourrais je croire que ce sont tes voix qui te poussent à tuer ? »

Ses cris pouvaient être une preuve suffisante.. Mais.. Le plaisir de demander était plus fort que moi...


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MessageSujet: Re: ...l'on ne dit jamais ce qu'il advint de ce pauvre épouvantail. [Aaron]   Ven 4 Jan - 12:18

Respiration. Alonzo lève la tête, surpris par le bruit qui vient de sa gauche. Il est toujours pris au piège, qu'il le sache, il est inutile de s'enfuir tout de suite, même pour l'amour de sa famille. Le peu de raison qu'il lui reste lui ordonne de rester ici et affronter yeux dans yeux l'homme restant, le fou, l'autre, celui qui a le Chat. Alonzo, dans les brèves dix secondes de pensée autonome qui lui restait pensa d'ailleurs qu'il n'aimait guère les chats. Ceux-là, il les trouvait arrogant, vulgaires charognards ; mais il n'aimait encore jamais tué de chats, et pour cause, ceux-là n'avait pas acquis de prothèses et avec elle, le vice que possédaient les humains. Quelque part par là, peut-être enviait-il l'espèce féline de posséder une certaine innocence...lui aussi aurait aimé que son passe-temps quotidien se réduise à bouffer, dormir et se lécher les poils. C'était donc pour ça qu'il n'aimait ces futiles bêtes qui ne faisaient que lui renvoyer le reflet d'une existence dont il ne profiterait jamais. Foutus félins.

Le laps de temps qu'il lui restait était passé et comme une bête sauvage, l'inquisiteur lui bondit dessus et lui arracha soudainement un bout d'oreille. Riez, braves fous, vous n'avez sans doute aucune idée de la douleur que cela occasionna. Un long cri résonna dans la ruelle déserte, son propre cerveau déjà tellement maltraité par la prothèse eut beaucoup de mal à comprendre ce que Aaron lui voulait. Et puis Alonzo tomba, genoux à terre, sa main gauche appuyée – un réflexe – sur l'oreille blessée : le sang, chaud et fluide, coulait entre ses doigts. Les voix s'étaient calmées, comme apaisées par cette offrande mais la douleur était restée. Là, juste par terre, il pouvait voir ce bout d'oreille abandonné, nageant dans la mare de sang. Si la fille qu'il avait agressée quelques minutes plus tôt pouvait le voir, elle se marrerait bien.

« Je...je... »

Son regard abattu contemplait toujours le bout d'oreille comme si celle-ci pouvait soudainement se mettre à voler et, tout d'un coup, se recoller sur sa tête. Ses lèvres esquissèrent un mot grossier, ses yeux se plissèrent. Alonzo avait l'impression que sa tête venait de se faire écraser par un élévateur tellement la douleur était impressionnante. Il jeta un regard à la rue, observant si oui ou non quelqu'un avait été attiré par le bruit et venait le sauver...il aurait pu crier au meurtre, accuser l'homme en face de lui : après tout, il venait tout de même de lui arracher l'oreille, le suspect le plus évident ne serait pas lui, d'Andrasté. Décidant de mettre son plan à exécution, Alonzo décida de jouer le jeu de l'homme étrange et sadique. Ok, il répondrait à ses questions, cela lui ferait gagner du temps, et mieux encore, peut-être saurait-il pourquoi était-il là, pile par hasard, dans cette curieuse ruelle déserte.

« Les voix...je les entends depuis l'opération...elles me hantent...mais...mais elles se calment quand je tue...quand j'enfonce mes mains dans le sang, que je me calme, calme, calme, calme. Je suis fatigué, je ne peux plus dormir, il faudrait que je tue constamment ! »

En même temps, il n'était pas trop dur de jouer la comédie pour gagner du temps, surtout que ce n'était pas une comédie. Il avait déjà oublié ce qu'il s'était dit à lui-même dans un soupçon de lucidité deux secondes plus tôt pour n'avoir en tête que la douleur, la douleur et les fameuses voix qui allaient revenir très bientôt. Sa main gauche se crispait sur son oreille, comme si, en réalité, le garçon ne désirait qu'appuyer sur la plaie pour la rendre plus grave.

« Mais là, elles...elles sont parties...les voix...hein ? Mon...précieux...elles partiront jamais...jamais les voix...il...il est toujours là...jusqu'à ce que je meure !!! Il veut me tuer, c'est à cause de l'autre ! Un scientifique, il m'a dupé ! Je je... ! »

Comme si quelque chose, quelqu'un dans sa propre tête donnait des ailes à Alonzo d'Andrasté, il courut saisir le bout d'oreille et le colla là où il était avant.

« Ne me touche pas ! Ne me touche plus, tu m'entends ? Je me souviens de tout ! Je me souviens de tout, et tu me le paieras, sale petit vaurien ! Tu sais qui je suis au moins ? »

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Inquisiteur

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MessageSujet: Re: ...l'on ne dit jamais ce qu'il advint de ce pauvre épouvantail. [Aaron]   Mar 22 Jan - 21:56

Sourire fou aux coins de mes lèvres, je le toise de mes deux orbes d'ors. La saveur de son sang persiste encore dans ma bouche comme un bonbon rance, un avant goût de la mort. Ma main s'aventure dans le pelage doux d'Ombra. La douceur de la fourrure me fait oublier le corps gisant dans le lit de sa vie. Le regard topaze sur la proie, il remue la queue. Il se frotte contre ma jambe en attente. Que ferons-nous de ce spécimen à deux pattes ? Ce rat perdu. Chassons le ? Ou attendons la réponse à ma question ?

Le temps file tel un chapelet de plomb. L'ennui une nouvelle fois me dévore de l'intérieur. La cruelle attente me murmure de tremper mes doigts dans le gouffre chaud de son ventre. De dessiner sur le mur à l'encre rouge des visions utopiques d'une vie passée. Les temps de jadis qui m'aspirent et que je n'ai pu savourer par le fait d'être né trop tard. L’Époque où l’Église de l'Ombre est souveraine n'est qu'un vaste reflet dans le jardin de mes pensées. Comme les deux illustres personnages - qui par leur nom – faisaient trembler les hérétiques : Uriel d'Arken et Emile Paole.

Qu'aurais-je pu donner pour une poignée de secondes en tête à tête avec eux ? D'entendre leur voix ? De partager leur vision … Et pourquoi pas, leur lit ? S'ils étaient encore de chair et d'os j'aurais pu me tordre de plaisir sans pudeur... Sans peur. Enroulé de luxure et de sang jusqu'à ce que mon corps se soit rompu, brisé par le vice.. Mon souffle haché. Mes envies éteintes sous les tisons de l'extase violente. Un frisson me traverse. Je me plaît de rêvasser à de telles choses lubriques.

La tentation vrille mes entrailles. Si seulement cela devenait réalité. Soupir. Je ferme mes paupières pour mieux ancrer mon regard dans les yeux voisins. J'écoute ses paroles, sans grand intérêt. Je scrute ses actions. Tout semble si... ennuyeux. Décousu. Fou. L'assassin au visage souillé d'hémoglobine caracole avec la démence. Des voix dans sa tête ? Un trésor. Un soupir s'envole.

Traits stigmatisés par l'ennui, la paume de ma main passe sur le crâne de mon précieux compagnon, lui flatte l'encolure. Ombra saisit l'état d'esprit qui m'habite. Un ennui véritable. Du désintérêt pur et dur. La proie m'a soutiré le désir de jouer. De briser morceau par morceau sa carcasse. Mes lèvres doucement s'étirent. S'ouvrent. Ma voix s'échappe, dénuée de sentiment.

« Je ne comprends pas un traître mot de ce que tu me contes. Des voix te poussent à tuer ? Seule la démence susurre à l'esprit de tels mots hérétiques... » Je lui montre d'un mouvement de la tête la rue. Là. Loin. Cette échappatoire qui lui fait les yeux doux. « Tu me fais perdre mon précieux temps. J'ai cure de ce que tu es. De qui tu es. Et de ce que je risque si je venais à prendre en compensation un autre bout de lobe... Je sais seulement qu'en ce moment tu m'ennuies... Pars avant que je ne change d'avis et que je t'éviscère... »

Je me détourne. J'approche du cadavre. L'or de mes yeux scrute cette geno autrefois femme. Et surtout vivante. Ombra quant à lui focalise son attention sur le rat. Il veille pour moi. Je me doute qu'il me préviendrait si de nouveau la folie lui murmure de m'attaquer. Je serais prêt à le dévorer jusqu'à la moelle ...
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...l'on ne dit jamais ce qu'il advint de ce pauvre épouvantail. [Aaron]

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