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 Fiche Eros.

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Criminel

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• Fiche : Cette fiche donne le cancer.
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• Esclave de : FREEDOM SALES ENCULES ! FREEEEDOOOOM !
• Protecteur : Kris Dorn.

MessageSujet: Fiche Eros.   Jeu 20 Déc - 11:54



Nom : Éros.
Prénom : J'en ai pas.
Surnom : Des tas.
Âge : Environs trente cinq.
Titre : Oh j'en ai plein. On m'appelle souvent « tenez mon argent monsieur me cassez pas l'autre doigt s'il vous plaît », par exemple. J'vois ça comme un titre, celui du meilleur enculé de l'année.
Origine : La Capitale, pour ce que j'en sais.
Orientation sexuelle : Bisexuel, mais c'est peut être Exodum qui m'y a « poussé », pour ce que j'en sais. Peu importe, au final je prends autant mon pied avec du bonhomme que de la gonzesse.
Groupe :Criminel, de toute évidence. Anciennement esclave.
Factions : Ma gueule. Je suis un bord à moi tout seul tellement je mobilise du monde.



Vous [350mots]

Un bon mètre quatre-vingts, soixante dix kilos. Des épaules larges et des hanches fines (rappelons qu'à la base mon physique est censé être attractif, mais je le raconterai plus tard). Autrefois, quand j'étais neuf et en possédé par quelqu'un, j'étais tout musclé avec une gueule de puceau. Maintenant je suis bâti sur le mode tout sec, tout nerveux, j'ai perdu quelques dents et on a l'impression que j'ai dormi sous une tondeuse allumée. Des mauvaises conditions de vie ça. Tabasser des gens, toujours manger sur le pouce. Mais poussé à continuer par le feu sacré. J'ai pris des coups, mais jamais assez pour me tuer. J'ai été blessé, surtout par des affrontements contre des rivaux, mais j'ai le grand plaisir de dire qu'ils sont six pieds sous terre et pas moi. De ma période de servitude, je ne garde qu'un tatouage d'aigle sur la joue gauche avec une grosse erreur de perspective et l'annulaire et l'auriculaire de la main droite raides. Je peux les plier, mais difficilement. Pas de chance, je suis droitier. Me regarder faire quelque chose demandant de la dextérité, comme utiliser des couverts, c'est un coup à se payer une bonne tranche de rigolade. Bizarrement, personne n'ose se marrer. J'attire pourtant moi même l'attention sur ce détail et je suis le premier à me gondoler quand je me fous accidentellement un coup de fourchette dans le visage parce que les articulations de mes doigts sont parties en couille. Hey ! C'est marrant ! Mais personne rigole jamais. J'crois qu'ils ont peur que je le prenne mal, je comprends pas pourquoi. Enfin si je comprends très bien, mais je fais celui qui comprend pas. Exprès. C'est plus flippant.
Extérieurement, j'ai l'air d'un fou pas bien dans sa tête. J'encourage les rumeurs. Une bonne dose de communication vaut tous les brisages de doigt du monde. L'expérience m'a appris qu'un meurtre glauque – comme tuer quelqu'un en le jetant dans une broyeuse à saucisse et en mangeant le produit fini – marque bien les esprits, même si je ne suis pas spécialement porté sur l'anthropophagie. Ni sur le pouvoir. C'est juste que pour assurer ma sécurité – puisque condamné à une vie clandestine de part mon statut d'esclave en fuite – j'ai dû grimper de plus en plus haut jusqu'à ce qu'il y ait plein de gens pour casser des gueules à ma place. Je ne me suis sentis en sécurité qu'à partir de ce moment là, ce cette ampleur là. Le problème majeur de l'illégalité, c'est qu'on peut être tellement en danger en peu de temps qu'il y a toujours de nouveaux problèmes à régler. Le truc génial, c'est qu'on s'emmerde jamais.


Opinions et convictions [200mots]

Ouais forcément des convictions... c'est pas moi qu'il faut venir voir en premier. J'ai la conviction en tous cas que les humains m'ont exclus de leur rang délibérément dès lors que j'ai fini à Exodum. Du coup, leurs vies, et surtout, leurs trépas me préoccupent pas beaucoup. Pourquoi j'en aurais quelque chose à carrer ? Je suis un putain de meuble ! Mais je compte bien être la pire douleur anale de l'histoire de l'agencement des intérieurs. Mon but ? Goûter à tous les putain de délices de la vie terrestre avant de rejoindre le Tas de Compost Céleste dans la gloire d'une vie de criminel réussie. Mes moyens ? Un putain de gros réseau que je me fais une joie de diriger. Il m'arrive de financer quelques groupuscules terroristes, parce que foutre la merde améliore les affaires. Mais pas les anti-Géno. Curieusement, je me sens un peu de solidarité avec les esclaves parce que j'en ai fait parti, même si je n'en ai pas fréquenté beaucoup. Ça ne m'empêche pas d'en voler et d'en faire des putes hein, mais si y en a qui montre des qualités pour le trafic de drogue ou la gestion de Éros Incorporation, je lui offre l'ascension sociale de bon cœur. Mais ces petits cons aiment obéir, je suis bien placé pour le savoir, alors ça n'arrive pas souvent. J'ai quelques lieutenants esclaves non-affranchis dans mes rangs, pourtant, mais pas beaucoup.
Si j'avais les couilles de le faire, un jour j'aimerais bien kidnapper un scientifique pour qu'il enlève le mot d'obéissance de ma tête. Mais pour ça, faudrait que j'explique, donc, à une personne extérieure, qu'il est très facile de m'asservir totalement et je lui donnerais même le moyen de le faire. Tu comprends pourquoi ça me stress un brin, et je ne sais même pas si c'est techniquement possible de m'enlever cette putain de plaie aussi douloureuse qu'une sodomie mal faite. Mais globalement, j'évite les scientifiques. Ils me font peur, je leur dois tout. Absolument tout. J'hésite à tous les buter sans somation dès que j'en croise un.
Le reste du monde ? Je le divise entre « clients » et « non-clients ». Les « non-clients » sont les scientifiques, ceux qui m'appartiennent, les rivaux, ceux qui ont quelque chose dont j'ai besoin... et ceux qui me nuisent. Ne pas me rembourser, c'est me nuire, par exemple, et je déteste ça.


Votre Histoire [1000mots]

[HJ / Comme tout ça est excessivement long et que c'est pas gentil de faire lire tout ça à mes partenaires de jeu, j'ai fait un résumé :

Il était une fois, un garçon de dix sept ans qu'on connaît pas et dont on se fout pour la suite de l'histoire fut envoyé à Exodum. Il fut transformé en esclave de plaisance nommé Éros et vendu et yaoi yaoi yaoi yaoi, mais le maÎîîÎtre (à prononcer d'une voix suraiguë de yaoiste en mode post-orgasme) se lassa de lui pour ses mises en scène SM et il fut relégué aux tâches ménagères et jardinière, ce qui n'était pas cré cré gentil. Et il lui est arrivé des trucs pas cool et c'était triste, alors je te prie d'éprouver de la compassion pour lui grâce à la subtile ambiance que j'ai insufflé à mon récit. Ensuite le maÎîîÎtre est mort et il s'est enfui. Puis après il a tapé sur des gens avec beaucoup de créativité – et là tu ris parce que c'est rigolo – et il a vendu des services sexuels (pour les deux du fond qui n'auraient pas eu le temps de jouir, là c'est le moment : yaoi yaoi yaoi), pis de la drogue. Oh, et il fait des prêts de thunes aussi. Et pis voilà c'est tout fini.

Et la version qui suit raconte la même chose mais en plus long.]

Y a un truc qui a merdé à un moment, je sais pas quoi. Mais y a un truc qui a merdé en tous cas, ça aurait pas dû finir comme ça. Normalement les esclaves ne vagabondent pas joyeusement en liberté. J'en connais pas qui envisagent d'avoir leur propre argent et leur propre libre-arbitre, le conditionnement est fait pour ça. C'est fatiguant quand des esclaves disent « mais c'est quoi cette merde ? On en veut pas ! » et qu'ils se mettent à réclamer la liberté ou des trucs du genre, c'est plutôt à éviter. Du coup, en général, on nous incite – et par « nous inciter » je veux dire « nous rentrer dans la tête pour le graver dans le marbre » - à être content de notre sort. Sans une suite précis d'événements, je serais exactement pareil : pas chiant, obéissant. Tellement éloigné de ce que je suis maintenant en fait.

Comme tous les esclaves, je ne me souviens pas de ce qui s'est passé avant, je me souviens que de ce qu'un scientifique m'a dit : que j'ai désiré venir là dedans de mon plein gré parce que ma vie était trop merdique. Apparemment j'étais pauvre et sans ressource et je ne sais quoi, j'ai oublié, c'est pas important en fait. J'avais dix sept ans. J'ai accepté l'explication sans broncher. Cette phase là du conditionnement n'est pas déchirante, c'est juste que le temps passe, on se promet de ne pas oublier... ne pas oublier quoi ? On se retourne et on s'aperçoit qu'on ne sait plus d'où on vient. A partir de là, l'apprentissage de l'obéissance peut partir sur des bases saines et on finit dans une gentille famille à sortir les poubelles de madame et à fister monsieur. Fin.
Néanmoins... un détail clochait dans cette fable. Okay donc je suis un pauvre vraiment pauvre avec une enfance merdique et tout ça et au moins là j'ai trois repas par jour et l'assurance de voir se lever le soleil encore longtemps, je dois être gentil et reconnaissant de cette chance nouvelle de rendre service au monde par mon labeur... mais... comment je savais lire alors ? Personne a Exodum ne me l'a appris ! Bah oui, ils font pas tout oublier, ils ne font pas oublier comment on parle, comment on fait les choses les plus simples, que le ciel est bleue et l'herbe verte, ce genre de chose... alors ils ne m'ont pas fait oublier ça. Personne n'a dû y penser, ou alors personne n'a pensé que quelqu'un se demanderait « hey ! Je suis un sale déchet depuis ma naissance, alors comment j'ai appris à lire ? ». Et couramment en plus, comme... comme quelqu'un qui est souvent amené à lire et à écrire, qui a développer sa propre calligraphie en sachant qu'on écrit pas comme ça à l'école, qu'il y a plus de boucle et tout ça. Évidemment au début ça ne m'a pas sauté aux yeux, je manquais de moyens de comparer puisque ma tête était vide, mais la question me hantait quand même. Je n'en ai pas parlé aux scientifiques. J'avais ce seul élément : que ces souvenirs de moi arrivant croûteux, malade, débile, moche, puant et soulagé aux portes d'Exodum pour recevoir la salvation étaient éventuellement faux. Évidemment, quelqu'un a pu m'apprendre à lire à un moment, être un espèce de clodo n'empêche pas d'apprendre ça. Ou alors on m'a « rajouté » le souvenir de savoir lire et écrire. Ils peuvent m'en enlever certains et en laisser d'autres, pourquoi ils pourraient pas m'en rajouter bordel ? J'suis pas le mieux placé pour savoir comment ça marche. C'est quand même possible qu'on m'ait menti. J'aimerais bien.

Enfin... je n'ai pas rué dans les brancards pour m'enfuir et courir vers la Liberté tant chérie. J'ai douté, c'est pas la même chose. J'ai donc reçu toutes les opérations pour faire de moi ce que je suis. Le mot d'obéissance, les manipulations dans mon cerveau, l'étouffement de certaines instincts primaires et le développement d'autres, tout ça. Le doute, c'est bien joli mais comment retourner au monde sans mémoire et sans ressource ? Pour quoi foutre ? Je suis donc resté à Exodum sans rien dire, sans tenter de m'enfuir, comme un con. J'étais pas « fini », j'avais pas encore eu d'opération pour devenir Géno, mis à part le mot d'obéissance et tout ça. J'espérais vaguement des ailes. C'est classe des ailes.

Au lieu de ça je me suis retrouvé avec les qualifications pour être esclave de plaisance. Je suis beaucoup plus coriace que ne l'est un humain normal (très pratique), et plus attirant aussi. Enfin pour ce que j'en sais. Si ça se trouve, j'ai aussi un implant dans le cul et un rein bionique, ou alors je suis un cerveau flottant dans une cuve, ou une méduse qui rêve qu'elle est moi. J'sais pas. Peu importe. Je ne correspond plus à la définition d'un Homme de toute façon à cause de mon absence chronique de libre-arbitre, mais ça a ses avantages. Je ne suis pas... handicapé par des souvenirs, disons, ou par des besoins étranges. Je vais droit au but sans m'encombrer de beaucoup de question, je suis fait pour ça. Grâce au mot d'obéissance par exemple, impossible d'y échapper. Évidemment maintenant plus personne ne s'en sert sur moi, mais quand tu fais des trucs sans réfléchir une seule seconde pendant plusieurs années pour poursuivre des objectifs précis, ça reste. Et c'est très utile. Je ne m'encombre jamais de réflexion. Pour avoir ça, il faut d'abord faire ça et ci et fin de l'histoire. La morale, c'est pour ceux qui ont le choix de l'avoir. Ça n'a pas été mon cas, tant mieux. C'est beaucoup plus marrant. Tiens, par exemple, cette tranche de rire qu'est le Sénateur Kris Dorn, d'Hellwig. Le pauvre homme a un problème de drogue, un problème qui fait qu'il a besoin de moi très très fort. Et c'est très utile d'avoir un Sénateur qui veut être très très fort ton ami, oh oui, alors j'me suis débrouillé pour qu'il continue à avoir besoin de se droguer en lui faisant du chantage. J'ai exigé qu'il me paie parfois en nature. Pas parce que j'en avais envie, j'ai tout ce qu'il faut sous la main, juste pour voir l'expression de son visage s'écrouler lentement tandis qu'il imagine le mec a l'air dément devant lui en train de l'enculer. Et pour qu'après il se sente sale, seul, et persécuté. Et en plus il n'osera en parler à personne. Et en plus il aura envie d'encore plus se droguer. ET EN PLUS je lui inflige un mal qui ne laisse pas de traces visibles, qui ne fait pas poser de question, seulement de la gêne en public quand des gens voient des morsures sur son épaule ou des trucs comme ça. J'aime ses airs perturbés, j'ai l'impression d'avoir fait un excellent boulot. Mais bref, je n'en suis pas encore arrivé à ces passages là de l'histoire.

J'en étais au moment où, après pas mal d'opérations et de manipulations mentales, j'arrivais à dix huit ans chez le seul propriétaire que j'ai jamais eu. Un noble. J'te dirais pas son nom, on sait jamais, puis j'l'ai eu tatoué sur la joue gauche – gain de temps, gain d'énergie, et je risquais pas de paumer ma propre peau - pendant des putain d'années j'l'ai assez lu comme ça. C'était un gars très bizarre en tous cas. Le jour, c'était un mec autoritaire et pragmatique, et après c'était... un espèce de masochiste. Un je sais pas quoi-sexuel. Ouais, évidemment, vu qu'il m'avait de base acheté spécifiquement pour cet aspect là de sa vie, c'est celui là qui m'avait le plus marqué. Puis c'est pas comme si il nous (par « nous » j'entends les esclaves dans le manoir) parlait quand il n'avait pas un ordre à donner. On était un espèce de mobilier de luxe. Je préfère ça qu'être son confident ou un autre truc idiot, on commence par ce genre d'habitude crétine et on finit par dire servilement « maÎîîÎtre » à chaque fois qu'il passe. Et on dit de lui qu'il est gentil. Et on finit même par l'aimer. Et après on se prend mon pied au cul pour crime de connerie volontaire avec circonstances aggravantes. Mais je digresse. Je racontais ma vie palpitante, là. Enfin, la sexualité palpitante de feu le proprio, sujet follement intéressant si il en est.
Il avait besoin que des esclaves le flagellent en l'insultant pour prendre son pied, je disais. Mais en dehors de ça il était parfaitement normal. Je sais plus ce qu'il faisait de ses journées, un truc à responsabilité je crois. Ça ne m'intéressait pas, dans l'ensemble je préférais l'éviter. Il n'était pas spécialement violent c'est qu'il... en avait rien à foutre, comme dit plus haut.
Il ne m'a blessé délibérément qu'une seule fois : il était bourré ou défoncé, je sais pas trop. Il y avait aussi des amis crétins dans le même état de toute façon. Il m'a ordonné avec le mot d'obéissance de me jeter moi même dans un escalier, estimant que ce serait drôle. Je me suis cassé deux doigts (on m'a rendu très résistant, tu te souviens ?) qui sont restés raide, j'ai du mal à les plier. Mais... c'était pas spécialement choquant. Conditionné à obéir tu sais ? C'est comme... ben une catastrophe naturelle, sur le coup ça fait bien chier mais t'as personne à accuser. C'est comme ça, voilà, et ça sera toujours comme ça. Mais quelque part... j'aimais bien lui taper dessus, le sodomiser ou les machins comme ça quand même, c'était cathartique. En le traitant de grosse truie par dessus le marché. C'était à sa demande, mais quand même.
Je sais pas pourquoi, au moment de l'orgasme ce type hurlait « papa », ça donne pas envie d'avoir une famille en tous cas. Il devait pas avoir des souvenirs d'enfance très heureux. Je connais pas les détails, et c'est plus très important maintenant. A une époque j'aurais peut être pu l'emmerder en allant raconter à des humains rivaux de lui ces détails là, mais de toute façon il m'avait ordonné dès le départ de ne jamais sortir du domaine autour du manoir et de ne jamais parler de sa vie privée à d'autres gens. Je te l'ai dit, malgré ses désirs bizarres il était pragmatique.

Sinon on m'avait attribué d'autres charges, la sexualité du propriétaire ou éventuellement de ses copains bourrés n'occupant pas tout mon temps. La plupart demandaient peu de qualifications, sauf celles concernant la comptabilité des « occupations honteuses » du propriétaire, qui demandèrent un certain apprentissage. Ça m'a donné une bonne idée de la valeur des choses, puis c'était les tâches que je préférais faire. Bon, c'était ennuyeux à mourir comme le reste hein, mais ça se déroulait dans un environnement serein et je pouvais voler une heure ou deux après avoir fini pour lire un bon bouquin, ou faire autre chose de plaisant, du moment que ça restait dans cette pièce où personne ne venait jamais. J'aimais bien qu'on me laisse tranquille, et j'étais la plupart du temps satisfait sur ce plan là. Du moment que je faisais ce que j'avais à faire, on me foutait une paix royale. Ce qui était dommage, c'est que je n'avais pas l'occasion de parler aux autres représentant dans ma caste parce que nous étions tous occupés à nos tâches la majorité du temps.
Avantage majeur de la comptabilité : ça me donnait l'occasion de rencontrer... le mec qui vendait la drogue et les putes au propriétaire. Que je trouvais follement charismatique. Bon, maintenant avec le recul et l'expérience et tout ça je peux te certifier que c'était du petit branleur de compet' mais à l'époque je savais pas. J'adorais tous les passages de son petit numéro, comment il arrivait à se donner l'air dangereux et décontracté à la fois, comment il m'ignorait totalement. En plus, il avait l'air d'être passé par une longue existence pleine de rebondissements ou je sais pas quoi, pendant que je traînais ma bouille de gamin dans une existence dont ma mémoire ne couvrait que quelques années incroyablement chiante de monotonie. Je comprenais même pas de quoi je me plaignais précisément ni ce que j'étais en train d'envier. J'avais trois repas par jour, et je dormais au chaud, et... et quoi ? Tous les questionnements de l'existence étaient résolus, de toute façon. Qui m'a crée et pourquoi ? Des humains, parce qu'ils aiment se faire tripoter la pine. Où je vais après ma mort ? Dans le tas de compost derrière le potager. Fin de la nourriture spirituelle. C'est déjà pas mal, tout ça, puis c'est pas comme si quelque chose de mieux pouvait me tomber sur le coin du buffet. Et rien n'est effectivement tombé pendant sept ans. J'suis resté sept ans là bas. Sept. Putain. D'années. Et c'était pas intéressant. Alors je raconterai que deux événements de là dedans, la fois où j'ai commencé à vouloir me tirer, et la fois où je me suis effectivement tiré.

Le premier truc s'est passé pendant une soirée alcoolisée – pour changer. Un des invités a suggéré de me donner un ordre que je ne pouvais pas réaliser, pour voir ce que ça faisait, vu que j'étais en train de traîner dans le coin et que ça semblait le plus marrant à faire à deux heures du matin. J'en avais aucune idée non plus, de ce que ça ferait, cela dit. Puis c'était pas comme si c'était grave si il m'arrivait un truc, ça faisait bien cinq ou six ans que j'étais là et ma gueule lassait. En fait, ça faisait un bail que j'avais pas dû tabasser le proprio, d'autres arrivés plus récemment s'en chargeaient. 'fin je faisais le ménage, quoi, ou du jardinage, ou de la comptabilité. Des trucs chiants mais inoffensifs. Et ils sont vraiment dégueu, ces deux doigts qui se plient pas là. Enfin bref, tout ça pour dire que faisant parti des meubles, c'était pas vraiment grave si je me pétais à l'usure. Moi même je commençais déjà à songer aux effluves de ce Tas de Compost Céleste, c'est long six ans d'existence pour un esclave de plaisance. Mais il pouvait parfaitement ne rien se passer. C'était d'ailleurs le plus logique, en fait. Si c'était infaisable bah... j'le faisais pas, point.
Ces cons ont débattu entre eux pendant un quart d'heure du meilleur ordre à donner, celui que j'arriverais le mieux à ne pas accomplir, puis mon propriétaire l'a formulé avec le mot d'obéissance et une grande satisfaction. C'est qu'il avait fallu en mobiliser, des neurones, pour trouver l'idée !

- Du matin au soir je t'ordonne... de me désobéir.

Là je me suis pris la tête à deux mains, j'ai hurlé et je me suis écroulé par terre. Voilà. Voilà pourquoi dans le fait d'être un esclave, à peu près tout est cool sauf ça : le mot d'obéissance. Enfin obéir en général mais ça ne me choquait pas, à l'époque. Là je me faisais attaquer dans mon essence... la plus violemment scientifiquement exaltée, disons. Ça n'a pas de comparaison, c'est difficile à expliquer mais... c'est comme si on m'interdisait d'exister, d'un seul coup. Quelque chose qui ne pouvait pas se produire était en train de se produire : j'étais contraint de ne pas pouvoir satisfaire l'ordre de mon propriétaire, à cause d'un putain de paradoxe de niveau cinquième. Les scientifiques d'Exodum ont dû penser que personne ne ferait quelque chose d'aussi con. Et ça faisait mal, terriblement mal. Tomber dans l'escalier c'était ben... un accident, quelque chose qui arrive. Comme les rapports sexuels, j'suis fait pour éponger ce genre de trucs, on s'en fout quoi. Là c'était une douleur terrible, et juste psychologique surtout, mes pauvres défenses intimes venaient de se faire allègrement pulvériser. Je peux supporter n'importe quoi, tant qu'on me laisse la latitude de m'en foutre. Pitié, laissez moi juste m'en foutre. Là pas moyen, je ressentais des... flash dans ma tête, le monde était en train d'exploser sous mon crâne et moi avec, et ça les faisait rire... la chute dans les escaliers avait beaucoup fait rire aussi, mais la souffrance physique est faite pour ça. Y a les grimaces, éventuellement des acrobaties rigolotes ou même du pipi. Basiquement, c'est drôle, et j'ris moi même d'un rien. Mais là, pour la première fois depuis mon nouveau départ, j'me suis dit « putain c'est trop horrible là ».

Et ils ont continué à beugler des ordres rigolos à me donner, du matin au soir, du matin au soir, du matin au soir, du matin au soir... j'ai fini par chercher à m'assommer contre les murs en m'y lançant de toutes mes forces, et là j'ai commencé à leur faire peur. Le proprio a annulé les ordres. L'incident s'est terminé comme ça. J'ai passé quelques heures un peu choqué puis j'ai fini par m'en remettre. Mais pas ma mentalité je-m'en-foutiste programmée.

Je voulais me tirer, à cause de cet événement. Si même être moi faisait mal... pourquoi continuer ? Bon, je pouvais pas plus m'en aller à volonté qu'avant, mais au moins j'en avais envie. Bon début. Ensuite ? Ensuite rien... pendant un an.
Tous les soirs j'devais apporter la bouffe du proprio dans son bureau, pour qu'il mange en lisant sa correspondance, un truc que j'ai fait des milliers de fois, exactement de la même façon à chaque fois, parce que monsieur avait un programme précis. C'est pas différent de d'habitude. La seule différence, c'est que ce con s'est étouffé avec un bout d'os de lapin. J'étais tout seul dans la pièce, pour emmener la vaisselle à la fin tu comprends, et j'ai rien dit. J'ai attendu. C'était long, un peu chiant et un peu dégueu mais j'pouvais pas mettre la main à la pâte évidemment. Pourtant je me sentais incroyablement fébrile, un peu d'exercice m'aurait fait du bien. Tellement excité que j'aurais bien écrasé quelque chose entre mes doigts. Sa trachée aurait parfaitement convenu. J'avais conçu tout un tas de plans bidon dans ma tête pour me tirer, comme convaincre un scientifique de passage ici de me retirer le mot d'obéissance de la tête, va savoir comment, ou me jeter du haut du toit pour les obliger à me sortir du domaine pour m'emmener chez le toubib et ensuite... j'aurais improvisé, j'sais pas, mais j'aurais jamais pensé avoir la chance de voir mon proprio crever, être le seul au courant et avoir toute latitude de me tirer tranquillement avec tout ce que je pourrais voler. C'était trop de chance d'un coup là. Mais il fallait attendre qu'il meurt, après qu'il ait fini de passer les stades tout rouge, tout bleu, tout noir, et finisse tout blanc.

Qu'est ce qui aurait dû se passer, si, disons, je m'étais pas limite venu dessus face à spectacle et que je ne m'étais pas enfui ? Peut être que je serais revenu à ses descendants, comme les meubles, même si ça ne respecte pas le protocole Raziel. Plus moyen de le respecter après la mort du propriétaire de toute façon. Peut être qu'ils doivent nous tuer tous, dans ce cas là. Je ne sais pas, je ne suis pas resté pour le savoir. En tous cas, il n'y avait plus personne pour me dire quoi faire, et ses ordres à lui venaient de s'évanouir dans le vent. Il n'y avait plus que moi.

Ayant quand même un peu de sens commun, j'ai fouillé dans son bureau une fois le proprio mort pour récupérer de la thune en liquide, des lettres de change et mon acte de propriété. Je sais pas pourquoi, ça me semblait important. En tous cas, j'ai pris tout ce que je pouvais transporter qui avait de la valeur. Il fallait surtout pas que je réfléchisse à ce que j'étais en train de faire, ça allait m'angoisser. Tout seul... ça m'était jamais arrivé, c'était pas possible. Pour aller dans la ville en plus. J'y étais jamais allé avant, y avait eu Exodum, puis le manoir... pas spécialement d'occasion de sortir, trop de boulot à faire de toute façon. Une baraque de cette taille, y a toujours moyen d'occuper utilement un esclave dedans. Bref, j'avais une connaissance toute théorique de l'extérieur et en plus toute mon éducation me hurlait de rester sur mon cul et d'attendre qu'on me dise quoi faire. Mais ma tête hurlait autre chose. Plus de mot d'obéissance ! Peut être que ça sera moins bien, mais en tous cas il n'y aurait plus cette saloperie de lieux commun qui sert de clef à ma volonté : du Matin au Soir. Ils ont choisi une putain de formule toute faite en plus, que n'importe qui peut dire accidentellement ! 'fin, c'est vrai que mis à part pour un esclave en fuite, ce genre de détail n'est pas préoccupant. Mais bref. Je me suis bourré les poches et je me suis tiré, en passant les grilles de l'entrée avec une certaine appréhension. Personne ne m'a rien dit. Je faisais parti des meubles. Tout le monde s'en cogne quand je passe, j'ai forcément une bonne raison de traîner là. C'est pas comme si je pouvais délibérément lambiner ou me tirer.

Bref, je n'ai jamais revu cette maison, je n'y jamais retourné, même si il y reste plein de gens vivants pour pour me reconnaître. J'ai songé à revenir les tuer, évidemment, mais même les domestiques doivent connaître mon mot d'obéissance et j'ai pas d'excuse pour envoyer mes lieutenants à ma place massacrer tout le monde là dedans. Quoique je pourrais plaider la folie. La couleur des volets me revient pas, quelque chose comme ça... hey, c'est une idée à creuser, après un acte cruel aussi dénué de sens les gens auraient encore plus peur de moi, je verrais. Il n'y a plus urgence de toute façon, ça fait neuf ans qu'elle m'attend, elle peut bien continuer quelques jours de plus. Mais je compte bien tout brûler jusqu'au dernier hectare, occupants compris, et chier sur les cendres. Histoire d'être sûr que tout ça reste bien connu de moi seul. Hey, ça la foutrait mal qu'on découvre qu'Eros le Trafiquant, le Vil, l'Enfoiré, binait des navets et balayait sous les meubles fut un temps. Me parlez plus de culture de salade et de taillage de haie, d'ailleurs.

Où en étais je ? Ah oui, ma découverte du monde extérieur, comme il est beau comme il est ravissant. La première nuit que j'ai passé dehors, j'ai déambulé sans but à la découverte de tout. Faire uniquement ce que j'avais envie de faire, c'était très nouveau pour moi et je savais pas par où commencer. Rien que me balader à ma guise, c'était un festival ! … c'est dire comme ma vie était monotone. Là j'avais l'impression de pas avoir assez de sens pour profiter de tout. Donc il m'est arrivé ce qui arrive à tout imbécile qui se balade les poches pleines et l'air béat, en ville, la nuit : j'me suis fait emmerder. Mais même ça c'était génial !

- Oh, ducon, tu files ta thune et y aura pas de violence.

Oh, des petits mecs qui veulent m'agresser. Les répliques clichées et le fait qu'on veuille me dépouiller de ma liberté durement acquise me mirent d'office de travers. Mais je continuais de sourire comme un dément. Ça avait d'ailleurs l'air de les mettre un poil mal à l'aise, les gadjots, mais ils ont pas arrêté pour si peu. Comme il faisait nuit, ils n'ont pas vu le tatouage sur mon visage et les vêtements de mauvaise qualité, ils n'ont vu qu'un type qui se baladait tout seul là où il n'aurait pas dû.

- Tu veux te faire planter hein ? C'est ça ?

- Ouaiiiiis. J'aimerais bien voir ça.

- Ben tiens.

Et il me planta un couteau dans la poitrine, du moins il essaya. Il fut surpris de constater qu'il avait beau appuyer, la lame ne passait pas la barrière de mes côtes. Je meurs vraiment pas facilement, c'est le coté Géno ça. Moi j'le savais et lui non. Et donc j'étais blessé superficiellement par un jeune connard qui savait pas se servir de son couteau. Ça faisait un mal de chien quand même et j'ai failli arrêter de sourire, ce qui aurait été une erreur. Première nuit de liberté et arrêter d'être content pour deux connard et leur couteau minable... l'euphorie m'aurait fait survivre à une immolation en règle. Donc j'ai récupéré la lame de ses mains hésitantes et je lui ai planté dans la gorge, comme je l'ai fait pendant des années avec des lapins ou de la volaille. C'est comme ça qu'on fait bon sang ! Et avec un couteau correct, pas un espèce de surin ! Putain de gamins de la ville, ils savent pas d'où vient la bouffe, ils savent rien d'utile.
Ensuite j'ai menacé l'autre avec mon arme nouvellement acquise, et j'ai exigé qu'il m'emmène chez un tatouer, n'importe lequel je m'en foutais. Pour couvrir le tatouage avec le nom de feu mon propriétaire, tu comprends. Ça serait un peu con qu'on me ramène là bas pour de la connerie pareille. C'est comme... il me fallait je suppose un endroit ou dormir, et de la nourriture, mais où quand comment pourquoi ? Bon, une chose à la fois, commencer par dissimuler les traces, histoire de m'assurer que je puisse gambader longtemps. Donc le gamin, qui semblait plus savoir quoi faire pour garder la vie sauve, m'a conduit chez le tatoueur pendant que je faisais des commentaires extasiés sur le décor tout en le menaçant – et j'lui faisais porter le cadavre de son pote, en plus. Quand on est arrivé, le tatoueur a râlé que j'étais clairement un esclave en fuite, mais le pognon m'a acquis son savoir-faire, et le couteau a acheté son silence. C'est comme ça que je me suis retrouvé avec un tatouage de silhouette d'aigle avec erreur de perspective en prime sur la joue gauche. T'as l'histoire comme ça. Enfin bref, j'ai demandé au seul survivant de la scène, mis à part moi du coup :

- Il est où le tas de compost?

Le gamin a eu l'air surpris. Il m'a demandé pour quoi foutre, comme si ce détail, cette question, était la seule chose qui le sauvait de la folie de cette soirée. Okay, j'avais tué son pote et le tatoueur et je suis un esclave en fuite, okay, mais pourquoi j'avais besoin d'un tas de compost à cette heure de la nuit ?

- Bin pour mettre les cadavres, on va pas les laisser en merde dans un coin. Puis c'est bon pour les salades.

Ça doit être de là que vient la rumeur que j'ai des piles de cadavre dans mon jardin. C'est faux. L'acidité de la décomposition de la viande tuerait les légumes. Je suis pas complètement con non plus.
Après avoir posé les cadavres dans un coin ben... j'savais pas trop quoi faire. Continuer de me promener, sans doute. Mais il allait falloir que je dorme et que je mange à un moment, de préférence dans un endroit sûr, où quelqu'un risquait pas de voler ma thune. Acheter une maison ? C'est pas une bonne idée ça. J'arriverais devant le vendeur dans mes fringues de pauvre, en trimbalant tout mon oseille dans un vieux sac qui servait à ranger les patates. Sans aucune forme de paperasse... Ah si, les lettres de change provenant d'un mec récemment mort. J'étais assez ignorant du vrai monde, celui où t'as des problèmes pour des raisons incohérentes, mais pas à ce point là non plus. Autant arriver directement en disant « bonjour monsieur connard de riche qui est tellement riche qu'il a une maison à vendre, je voudrais aller en prison s'il vous plaît ». En hurlant.
Bref, j'avais de la thune, mais je savais pas quoi en faire. Et il fallait vraiment résoudre ces questions prioritaires. Prendre la moindre décision m'oppressait, je sais pas pourquoi. Ça a pas duré si longtemps, mais c'est vraiment un mauvais souvenir ce moment là où je ne sais pas quoi faire tout en menaçant un gars avec un couteau. Il fallait que je me décide. Finalement, le mec a eu l'air de penser que je réfléchissais à si je devais le tuer ou pas, parce qu'il m'a fait une proposition. Il m'a expliqué qu'il pouvait me mener au mec qui dirigeait tout dans le coin, absolument tout. L'idée m'a tout de suite plu. Un caïd pareil saurait résoudre mes problèmes de clandestinité, sans aucun doute. J'y connaissais rien, moi.

Après avoir rencontré des gens devenus connard par négligence, j'étais curieux de voir ce que ça donnait, un vrai connard dans l'âme. Un vrai méchant. J'ai été déçu. Je m'attendais à une vision d'horreur absolue, au lieu de ça je suis tombé sur un con qui glandait. Quoi ? Des gens qui bossent dur tous les jours ont peur d'un branleur pareil ? Un couteau et trois répliques, c'est tout ce qu'il faut pour tirer de l'argent  ? Nan, même pas, ce connard était proxénète en fait, outre qu'il avait deux trois glandeurs à sa botte pour ramener un peu de liquide puisé directement à la source. Feu le proprio ayant usage des putes, je savais parfaitement ce que c'était moi un proxénète. Je repensais au trafiquant tellement cool que j'avais vu, parfois. Qu'est ce qu'il aurait fait lui ? Il aurait pété la gueule à tout le monde ! … certes, oui, mais je ne sais pas me battre moi. Puis le gars est p'tète mieux armé que moi tiens, et mieux entouré.

En fait, il était dans son bain quand mon otage m'a conduit à lui, et il avait l'air ivre. Il a salué amicalement celui qu'il reconnaissait sans m'accorder d'attention. Normal, j'avais l'air assez misérable et je perdais du sang partout à cause du coup de couteau. Pas vraiment de menace dans l'air quoi. Il a demande à son gadjo si j'étais un « nouvel employé », ou quelque chose du genre. J'ai vu tout rouge, et j'ai eu peur aussi. Hors de question de redevenir ce que j'étais, mais chez quelqu'un d'autre. J'voulais être maître de mon destin et tout ça moi bordel, profiter des joies du libre-arbitre. Pas le choix donc. J'devais buter ce connard. Ça commençait bien tiens, la liberté. Ça devait être ça « avoir des vrais problèmes dans la vie » : toujours de nouveaux gens à devoir assassiner rapidement. Si je me tenais pas à la logique la plus simple, j'allais me faire enculer. Quelqu'un allait comprendre que j'étais armé et pas du tout d'accord pour qu'on me fasse faire quelque chose. Putain, j'avais pas pensé qu'en allant voir un putain de bandit bah... je risquais quelque chose ! Merde. Putain, plus le choix là. Vite vite. Tuer quelqu'un. Tuer quelqu'un, avant qu'il ne te tue.

Je me suis jeté sur le gars pour le noyer. Je lui ai enfoncé sa putain de grosse tête dans l'eau d'une main en le tenant par le cou de l'autre. A moitié vautré dans la flotte, je sentais qu'il se débattait de toutes ses forces, mais une baignoire offre peu de prise, surtout quand on est bourré. Alors ce gars est mort. Je pensais pas que ça serait aussi facile, que la violence frontale marcherait aussi bien, mais j'ai pris tout le monde par surprise en jouant hors catégorie. Je me disais que je n'aurais pas autant de chance deux fois. Et une deuxième fois viendrait certainement, peut être même avant que j'ai le temps de cicatriser, parce que j'avais buté trois gars en une seule soirée. J'en suis venu à me dire que ça serait pas mal d'avoir une armé de méchants à mon service. Il fallait que je prenne la place du calif en lui coupant la tête et en mangeant son cœur pour m'approprier ses pouvoirs – symboliquement. Et tu sais quoi ? Ce réseau de foufou, pour lequel j'avais buté un gars dans sa baignoire, comprenait une dizaine de pute et trois gros bras était aussi calé en vie clandestine que moi. Il me fallait un réseau plus grand alors. Ce que j'ai entrepris de chercher. Pas le choix. C'était ça ou vivre comme un espèce de clodo, en ayant toujours peur de me faire prendre. Et j'avais trop à apprécier de la vie libre pour m'inquiéter des gardes ou quoi, il me fallait une solution qui allait forcément inclure de prendre la place de quelqu'un contre son gré.

C'est comme les fourmilières un réseau criminel. Tu tues la reine, c'est la merde partout et faut saisir sa chance dans le bordel en tabassant tous les rivaux jusqu'à ce qu'ils crient soumission (j'suis pas très versé en mœurs de fourmis). Ils résistent pas longtemps en général parce que c'était anciennement des lieutenants de feue la reine et qu'ils ont l'habitude d'obéir. Mais après faut se friter aux autres fourmilières aussi, une fois les problèmes de clandestinité les plus urgents réglés. Obligé.
C'est toujours la même histoire : les autres te voient comme une nouvelle menace, alors ils tentent de te tuer mais tu te défends, et ce faisant tu vaincs et ton territoire s'étend, et tu te retrouves à affronter de plus gros poissons... jusqu'à ce qu'on te tue et qu'un autre prenne ta place. Mais moi ça m'est pas encore arrivé. Premièrement parce que je fous la trouille, parce qu'on me croit fou et avide de sang. C'est faux... enfin j'ai la conviction que c'est faux. On peut jamais être vraiment sûr avec ces choses là. Enfin je suis assez sain pour jouer de cette image là en tous cas. Au début, je sortais des répliques complètement incohérentes sans le savoir à cause de mes origines non-humaines, maintenant j'appréhende mieux leur psychologie, leurs habitudes. Tout ça est affreusement compliqué, je regrette pas une seconde d'avoir perdu la mémoire. J'serais emmerdé avec tout ça aussi sinon. Tiens, exemple, à un moment une pute me faisait chier avec son môme qu'elle avait pas le temps de s'en occuper avec mon organisation de merde et blah blah blah. Moi j'm'en fous des chiards, puis y a moyen de régler le problème avec logique. Du coup j'ai été logique, cohérent. J'l'ai balancé dans un escalier, histoire d'en finir avec les détails. C'est pas très lourd un môme de deux ans, pas de problème. En général pour ces moments de rigolade là je fais des petits commentaires perturbants. J'suis jamais à cours d'idée de ce coté là, je ne résiste pas à l'effet. La personne me fixe en semblant mourir à l'intérieur pendant que je parle. C'est que c'est toujours fin, sensible et délicat. Vois plutôt :

- REGARDE UN MOME VOLANT ! … ah bah non, dommage. Je savais pas que ça pouvait se plier comme ça un chiard, remarque. Ah ah ah putain, la gueule. En tous cas, voilà un problème d'emploi du temps réglé promptement. Il risque plus de demander de l'attention là.

Jamais plus eu de revendications syndicales après ça. Enfin si des fois, mais j'ai un grand escalier chez moi, y a de la place pour ceux qui veulent, pas de problème. Puis maintenant j'ai tellement d'employés que je sais plus où donner de la tête, des lieutenants s'en chargent pour moi. Et des fois, il faut aller se fâcher derrière les clients. C'est facile pourtant : c'est moi qui dit comment qu'on fait (je souffre d'une curieuse allergie à la contrainte), et on doit me payer en temps et en heure. A partir de là, si tu veux connaître une mort douloureuse et rapide, tu sais comment faire. C'est bizarre, j'ai beau prévenir, les gens persistent à ne pas écouter. Pourtant, j'me décarcasse pour satisfaire leurs besoins les plus destructeurs, comme toujours.
En la matière, un exemple vaut toujours des milliers de discours. J'ai pas tué tant de gens que ça, j'ai juste fait des trucs assez bizarres et cruels pour que tout le monde en parle et ait la frousse. Et du coup j'en ai tué moins. C'est un mal pour un bien ! … ou c'est un mal pour un peu plus de mal dans un univers rempli de mauvaises attentions, alors on s'en fout. Je comprends bien que je n'ai pas été très très gentil... mais donne moi une seule bonne raison de l'être, une raison que je puisse comprendre. Si tu étais à ma place, tu ferais tout pour conserver ta place et tes avantages, tout comme je le fait. Ne fais pas la vierge effarouchée je te prie.

Bref, que disais je ? Ah oui, les rivaux. J'en ai eu de toute sorte. Au début, passé les premières difficultés de ma nouvelle existence, je tenais pas spécialement a mener une politique d'extension de mon activité, je voulais qu'on me laisse tranquille. Mais on est tranquille seulement quand on est mort. Mes collègues de criminalité se sont inquiété de ce malade mental qui venait leur voler de la clientèle et des moyens de production. Au début, c'était ceux de la rue d'à coté, puis ceux du quartier d'à coté... il me reste bien des rivaux encore maintenant, évidemment, personne ne contrôle toute la Capitale, c'est impossible, mais comme ils ne me nuisent pas, ne me volent pas de part de marché, je les laisse tranquille. Tu vois, je suis un mec pacifique dans le fond. En creusant bien. Et vraiment longtemps.

Pour te dire, j'ai fini par diversifier mes activités. Au début, je faisais exclusivement dans le proxénétisme. Ça s'était trouvé comme ça, puis c'était ce que je connaissais le mieux. Après vint le trafic de drogue, et, lorsque j'ai eu les capitaux nécessaires, le prêt d'argent. Ce dernier truc rapporte très bien quand on sait se faire rembourser avec les intérêts, et je suis devenu très fort à ça. C'est même un plaisir, j'fais le con pendant en me moquant de ma victime. J'aime aussi tous les privilèges que m'apporte ma situation. Je n'obéis à personne, et ça c'est très important. C'est ce besoin devenu vital qui m'a d'ailleurs conduit où j'en suis, en y réfléchissant : pour n'avoir personne au dessus de soi, faut vraiment se bagarrer, et pas avec les armes les plus conventionnelles. C'est pas ce que je voulais à la base, mais maintenant que j'y suis je m'en réjouis. Au début, rien que décider quand dormir et manger était un pur délice. Ensuite j'ai voulu un lit plus grand, de la meilleure bouffe... le drame de l'humanité en mois de trois phrases. J'ai découvert aussi... le sexe ! Enfin j'avais déjà eu des rapports sexuels avant, mais jamais à mon initiative. J'ai compris que je pouvais demander à n'importe laquelle de mes putes – homme ou femme – de baisser sa culotte pour moi, ou même à des clients, ou à n'importe qui pourvu que je sois armé. Je me suis un peu calmé depuis là dessus d'ailleurs. Des fois, faut réfléchir pour enculer la bonne personne.

Donc... ces neufs dernières années, j'ai eu plein de problème à gérer pour garder ma réelle identité pour moi et garder la souveraineté sur mon territoire. Y a les collègues des autres coin... et puis ceux qui bossent pour moi qui ont les yeux plus gros que le ventre. Et j'ai des raisons de m'inquiéter. Mais même m'inquiéter prend toute une autre dimension quand c'est pour des soucis plus urgents que « oh mon dieu ça y est les rosiers ont des pucerons ». Pourtant... tu te souviens par exemple du gadjo qui m'a mené à son chef, y a de ça deux pages ? Je l'ai fait tué que quelques mois plus tard parce qu'il en savait trop. Mais il a très bien pu aller bavarder un peu avant que je le dessoude. Évidemment qu'à l'époque j'avais pas la prévoyance de maintenant ! Mais en attendant, il a très bien pu jacter, et je peux pas tuer tout le monde dans le doute. Enfin je crois pas qu'il l'ait fait, vu que rien m'est jamais remonté aux oreilles toutes ces années. Une fois j'ai reçu une note disant « nous savons », j'me suis tellement inquiété que j'ai sérieusement songé à me suicider pour ne pas prendre le risque de me retrouver esclave à nouveau. Sérieux, je préfère mourir de main, maintenant. Quand on a goûté aux joies de diriger des gens et tout ça, on peut pas faire de retour arrière. Impossible. Donc j'y ai sérieusement songé, de me tuer avant que quelqu'un déboule et m'ordonne des trucs humiliants. Mais non en fait c'était de la merde, juste des gadjots qui se sentaient plus pisser et qui m'ont menacé d'aller raconter à la Garde qu'Eros et bah, il fait rien que vendre des trucs qui se vendent pas et que c'est vraiment pas cré cré gentil. J'ai ri. Puis j'les ai fait buter. Mais c'est ce genre d'événement à forte charge nerveuse qui me donne la nostalgie d'Exodum. C'est un peu ce que j'ai le plus proche de souvenir d'enfance. Tu fais rien de plus épuisant que des examens médicaux et des opérations chirurgicales, t'as aucun choix mais aucun devoir non plus. Aucun réel mauvais souvenir. La vie était simple à l'époque. Mais y a pas de choix meilleur à faire maintenant, c'est continuer à diriger tout ce bordel ou rien. C'est tellement le bordel que je me suis mis à tatouer tous mes employé(e)s avec mon nom, n'importe où sur le corps (je leur laisse le choix). Plus pratique, plus simple, gain de temps et gain d'énergie, et en plus je suis sûr de ce qui est à moi ou pas. On peut pas me baratiner, ou si on essaye on fini à poil avec ma gueule à examiner. Et si y a eu mensonge... ben c'est pas cool d'être à poil en tous cas. Plus pratique pour moi, mais pas cool pour la victime. J'trouverai ses organes vitaux plus rapidement.

Bref, t'auras compris, je ne suis pas très sympa si on suit des normes humaines courantes. Mais par contre je suis toujours en vie et je compte bien continuer à l'être le plus longtemps possible avant de mourir, les armes à la main et dans un combat de rue épique, quelque chose comme ça. Mourir libre quoi, ce genre de cliché là.

J'ai fêté – tout seul – un anniversaire important il n'y a pas longtemps tu sais ? Je dois avoir environs trente cinq ans là. Ça fait donc à peu près dix huit ans qu'on m'a effacé la mémoire. J'avais dix sept ans. C'est bon, ça fait donc la majorité de ma vie que j'ai passé sous une forme plutôt que sous une autre. C'est très symbolique, mais important. Éros existe en vrai, ce n'est pas une pure création des scientifiques, pas un objet, il a sa propre personnalité qu'il a fait tout seul et sa propre existence qui défouraille sec. Mais j'ai une petite pensée pour ce jeune homme inconnu quand même. Je n'aimerais pas retrouver la mémoire, je ne pense pas que l'expérience d'être deux en un dans ma tête me plairait, mais pourtant il y a une pierre tombale anonyme dans un cimetière au nom de « jeune homme que je ne connais pas ». Elle est arrivée là toute seul une nuit et personne l'a dérangé parce que c'est pas important. Effectivement, ça ne l'est pas.




Pouvoirs

ʘ GENO
Ʊ Conditionnement : Obéissance (mot: Du Matin au soir)
Ʊ Global: Endurance (+)

ʘ SOCIÉTÉ
₳ Organisation :Secrète (Réseau de Prostitution, trafic de drogue et prêteur sur gage)
₳ Charisme : Charme (Ce type à beau être un enfoiré de première, sa fonction de départ reste de charmer ses "maîtres". Il le fait toujours très bien).

Cas particulier : Les guildes/Maisons Marchandes/Associations criminelles [Coût variable] Le fondateur de chaque organisation a le droit de lui inventer un pouvoir, après en avoir discuté avec les admins. Le coût d'un tel pouvoir sera déterminé par les admins, le pouvoir étant gratuit pour le fondateur de l'organisation.
=> Tatouage pas classe : Quand tu fais parti de la Éros Incorporation, t'as l'obligation d'avoir « Eros » tatoué quelque part sur toi (emplacement au choix de la victime). Okay, c'est moche et aliénant, mais du coup t'as accès plus facilement aux bonnes adresses (niveau blanchiment d'argent, drogue, pute, prêteur sur gages...) à la Capitale.



Hors-Jeu

+ Comment avez-vous découvert le Forum : PAR SATAAAAN.

+ Avez-vous des conseils/des remarques le concernant : NAAAAN.

+ Votre disponibilité (moyenne) : TOUT LE TEEEEMPS.
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MessageSujet: Re: Fiche Eros.   Jeu 20 Déc - 20:37

C'est nickel... Bon, la longueur de l'histoire est tout bonnement indécente, mais comme c'est Toi et qu'en plus, il y a un résumé... J'vais dire ok Smile


Je te valide, puis on s'occupera d'ajouter ton pouvoir et la description de ton organisation, où il faut ^^
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Fiche Eros.

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